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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 21:36

140823-OF-retour-sur-la-semaine-ou-tout-bascule--jpgLe vendredi 4 août, les services administratifs allemands quittent Quimper pour rejoindre Lorient. 

Collection archives municipales de Quimper

 

 

Manon LOUBET.


Jeudi 3 août

 

En juin 1944, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) fédèrent les différents mouvements de résistance locale et organisent la libération de Quimper. Les Francs-tireurs partisans (FTP), de tendance communiste, rejoignent aussi le mouvement. Ce qui leur manque à ces résistants ? Des armes.

Le jeudi 3 août, les patriotes se rendent à Langolen, au nord-est de Quimper pour récupérer des armes provenant d'un parachutage. Sept compagnies, soit près de 860 hommes, vont se former et encercler la ville de Quimper.

 

Vendredi 4 août

 

Dans la matinée, les services administratifs allemands se préparent à quitter Quimper. Ils ont reçu l'ordre de rallier Lorient. Ils plient bagages et s'en vont en voiture, emmenant avec eux quelques « collabos ». La foule les hue, mais finalement le départ de l'ennemi se déroule dans le calme. Les Quimpérois sont en pleine effervescence. La rumeur court : les Américains seraient proches. Des drapeaux français et américains sont hissés. On brûle le portrait d'Hitler. Un Quimpérois, Yves Guillou, va même accrocher un drapeau tricolore en haut de la cathédrale Saint-Corentin. On croit à la liberté. Les véhicules des FFI défilent dans les rues, applaudis par les Quimpérois, alors qu'aucun coup de feu n'a été encore tiré. Et pourtant, même si de nombreux convois sont partis, les Allemands sont toujours dans la ville, au Likès et au Séminaire. Le soir, des premiers accrochages ont lieu dans les rues entre les Allemands et les FFI.

 

Samedi 5 août

 

La liesse de la « Libération » n'a duré qu'une journée. Dès 8 h, des Russes blancs, qui se battent aux côtés des Allemands, arrivent en ville, venant de la direction de Pont-l'Abbé. Ils tirent dans les fenêtres et arrachent les drapeaux tricolores. Ils prennent en otage le curé de la cathédrale et demandent à ce que le drapeau français hissé en haut de la cathédrale soit retiré. Yves Guillou retourne courageusement l'enlever. Les Allemands ont repris le dessus.

Pendant ce temps-là, à Gourvily, FFI et soldats allemands s'affrontent pendant une heure. Des deux côtés, des hommes sont tués, ainsi que des civils. De nombreux coups de feu sont tirés du mont Frugy par les FFI. Les Allemands incendient la préfecture et volent tout ce qu'ils trouvent comme objets de valeur. Ils emmènent les fonctionnaires de la préfecture en otages à la prison Saint-Charles. Alors que la veille, Quimper résonnait d'allégresse, la journée du 5 août est lourde d'incertitudes.

 

Dimanche 6 août

 

Le climat est tendu, les rues sont désertes et les Quimpérois sont inquiets. La messe du dimanche est annulée. La garnison allemande, qui a vu sa situation confortée par les renforts, fait régner la peur sur la ville.


De leur côté, les résistants ont pris position sur toutes les routes de sorties de Quimper, bloquant l'entrée ou la sortie de l'ennemi.Pourtant, dans l'après-midi, un convoi de véhicules allemands force le passage de Rosporden, pour se diriger vers Lorient.

Les FFI doivent renforcer le secteur.

 

Lundi 7 août

 

Lorsqu'un nouveau convoi allemand tente de passer le passage de Rosporden, cette fois-ci les trois camions sont bloqués par le feu des patriotes. Les Allemands abandonnent leurs véhicules et se dispersent dans les jardins voisins.

Certains sont morts ou blessés. Les FFI, qui veulent éviter un massacre, proposent des négociations à l'ennemi. Mais les Allemands refusent de se rendre.

 

Mardi 8 août

 

Les Allemands annoncent qu'ils quitteront Quimper vers midi. À 12 h 30, ils font sauter leurs munitions au Likès et au Séminaire. Ils incendient également le relais téléphonique de Kerfeunteun. Vers 13 h, un convoi de 250 soldats allemands se dirige vers la sortie nord pour rejoindre Crozon. C'est la compagnie des patriotes de Briec, qui est positionnée là-bas. En tout, 200 partisans sont répartis à Tréqueffelec, Kermahonnet, au Loch et à Gourvily. Les FFI ouvrent le feu. L'affrontement est rude entre les Allemands et les résistants. Mais vers 18 h, les soldats allemands n'ont pas le dessus. Ils abandonnent leurs camions, leurs morts et blessés pour tenter de gagner à pied la presqu'île de Crozon, à travers champ. Les chiffres divergent, mais il semblerait qu'une dizaine de patriotes a péri dans cette bataille, tandis que les Allemands auraient perdu une cinquantaine de soldats. Quimper est enfin libérée. Dans la soirée, c'est la liesse populaire, la vraie cette fois-ci. L'occupant a quitté la capitale de Cornouaille.


Mercredi 9 août

 

« Je suis heureux de vous annoncer que Quimper est entièrement libérée. Je vous demande de rester calmes... Les FFI occupent la ville et feront respecter l'ordre... » On peut lire ces phrases sur des affiches collées dans les rues de Quimper, signées Berthaud, le chef des FFI du Finistère. Le nom du nouveau préfet est annoncé : Aldéric Lecomte. Rue Kéréon, on s'arrête pour regarder le portrait du Général de Gaulle dont les Quimpérois ne connaissent pas encore les traits. Les FFI défilent en ville, sous les cris de joie des habitants. Ce n'est que le 22 septembre que les Américains arriveront à Quimper, après la reddition de Crozon.

 

 

source: http://www.ouest-france.fr [8/08/2014]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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La Guerre Sacrée

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Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

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