Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 11:11

141005-Kharkiv_Lenin.jpeg

 

 

Les vandales sont entrés dans Kharkov. La plus grande statue de Lénine d'Ukraine est abattue par une bande de nationalistes néo-nazis, avec la bénédiction du pouvoir. Terreur dans les localités, bradage du patrimoine national, xénphobie assumée : voilà la face de ces combattants de la liberté soutenus par l'Union européenne et les Etats-unis.

 

Dans la soirée du 28 septembre, une statue de Lénine est tombée en Ukraine. Une de plus, environ 150 monuments liés à l'ère soviétique auraient été abattus depuis le début de l'année. Mais ce n'est pas n'importe laquelle, la plus grande statue de Lénine en Ukraine, érigée en 1963.

 

Le scénario n'est hélas pas nouveau. 3 000 de militants nationalistes était présents place de la Liberté, avec leurs drapeaux bleu-jaune mais aussi rouge et noir, couleurs de l'Organisation nationaliste ukrainienne (OUN) de Stepan Bandera, collaborant avec les Nazis de 1941 à 1945.

 

Les drapeaux de certaines formations politiques de l'extrême-droite comme Secteur Droit, Svoboda, et la milice para-militaire du Bataillon d'Azov, sont reconnaissables.

 

Parmi eux, quelques dizaines – encagoulés, vêtus de tenues de camouflage, à mi-chemin entre des hooligans et des miliciens – ont alors passé des cables autour de la statue de Lénine et aux cris de « Ukraina ! Ukraina » ont déboulonné la statue de Lénine.

 

La suite est à l'image de la situation en Ukraine, un chaos terrifiant semé par une bande de voyous extrémistes bien minoritaires, agissant en toute impunité, protégés par le pouvoir. Pour eux : le communisme est encore l'ennemi à abattre, comme en 1941, Lénine en est le symbole.

 

D'une part, quelques militants néo-nazis vont griffonner sur le socle de la statue « Gloire à l'Ukraine ! » – le cri de ralliement du collaborateur pro-nazi Stepan Bandera –, tandis que d'autres posent avec le logo du bataillon Azov et du parti néo-nazi Assemblée nationale-sociale (SNA) : un « Wolfsangel » qui fut jadis le symbole de la sinistre division SS Das Reich, responsable du massacre d'Oradour-sur-Glane, en France.

 

D'autre part, les miliciens portant les insignes du bataillon Azov en profitent pour scier la jambe de Lénine, tandis que la foule se précipite pour avoir « son » morceau de Lénine.

 

 

141005-Byp.jpg

 

La collaboration des autorités au coup de force

 

Une scène qui pose une question simple : mais que fait la police ?

 

La veille, le samedi 27, une manifestation « pour la paix en Ukraine » avait été violemment réprimée, plusieurs dizaines de manifestants arrêtés car identifiés comme « séparatistes ».

 

Ce 28 septembre, 3 à 5 000 personnes envahissent la « place de la Liberté » avec des fumigènes, des armes tranchantes (dont des haches ou des scies), encagoulés, en tenues de guerre. Ils abattent un des principaux monuments de la ville, sous des cris de guerre. Sans réaction.

 

L'ordre est venu du gouverneur de Kharkov, le businessman Igor Baluta qui a dit : « avoir donné l'ordre aux autorités de prendre les mesures pour enlever la statue de Lénine du registre des monuments historiques et culturels, ainsi que pour la démonter sur le terrain ».

 

Face aux poursuites engagées par la police pour « dégradation du patrimoine public et actes de vandalisme », Baluta a même publié un décret rétro-actif justifiant les destructions des monuments de Lénine au nom … de la mémoire des victimes des famines en Ukraine de 1933.

 

Baluta, qui a participé à l'acte de vandalisme, s'est même fait prendre en photo devant la tête brisée de la statue et en a récupéré un morceau pour se souvenir de ce jour de gloire.

 

Le ministre de l'Intérieur, peu soucieux de l'ordre public, Arsen Avakov – l'homme qui a créé les milices para-militaires sous hégémonie néo-nazie pour soutenir le nouvel Etat ukrainien – a même loué cet acte de vandalisme :

 

« Lénine ? Qu'il tombe. Tant que les gens ne se blessent pas. Que cette idole communiste sanguinaire, en tombant, ne fasse pas une victime de plus. ». Asakov explique qu'il a donné des ordres pour « protéger les gens (Ndlr : les vandales), pas l'idole ».

 

Le conseiller du ministre, Anton Gersachenko, a même proposé qu'à la place de Lénie soit érigé un monument à la gloire de « tous les héros qui ont lutté et qui sont morts pour l'indépendance et l'unité de l'Ukraine ». Comme Stepan Bandera et ses amis de l'OUN ?

 

La rage de la population locale, l'avertissement du Parti communiste

 

Un chêne qu'on abat, pour le festin des vandales. Et les humbles de Kharkov pleurent. Toute la journée de lundi, plusieurs milliers d'habitants de la deuxième ville d'Ukraine ont exprimé leur émotion, leurs regrets, leur rage. Certains ont déposé des fleurs au socle de la statue, d'autres ont effacé les graffitis des nationalistes.

 

Une manifestation s'est même formée ce lundi par quelques centaines de manifestants pacifiques, elle a été agressée par une bande d'ultra-nationalistes, qui ont tiré des grenades lacrymogènes, des pétards contre la foule, jetant les fleurs à terre, scandant des chants nationalistes, lynchant certains manifestants pris à parti et piégés dans les escarmouches.

 

Selon la mission de l'OSCE en Ukraine : « La foule (NdlR : des contre-manifestants) était composée d'hommes et de femmes, et même de mineurs, mais elle était menée par des membres du bataillon Azov, ainsi que des jeunes gens encagoulés ».

 

Face à ce mouvement populaire pour défendre la statue de Lénine, le maire de Kharkov, Guennadi Kernes, a promis de restaurer le monument.

 

Il faut savoir que Kernes est la bête noire des ultra-nationalistes ukrainiens car il est juif et perçu comme pro-russe – même si il s'est rallié depuis à Porochenko. Il a même été victime d'une tentative d'assassinat le 28 avril dernier dans les rues de Kharkov.

 

Petro Simonenko, secrétaire du Parti communiste d'Ukraine (KPU), lui-même menacé par un processus d'interdiction, a rendu un communiqué lourd de sens dénonçant les « vandales » qui, avec les « statues de Lénine font éclater l'intégrité de l'Ukraine » :

 

« La destruction des monuments soviétiques, de Lénine, c'est chez les représentants nationalistes, pro-fascistes maintenant, les oligarques et les nouveaux riches, une façon de détruire la mémoire historique de notre pays, de celui qui a fait tant pour la science, la culture, l'industrie, pour les travailleurs (…)

 

Avec les monuments de la période soviétique, ce sont aussi l'intégrité territoriale que l'on détruit, l'Etat ukrainien.

 

Ce n'est pas un hasard. Chaque action de ces voyous politiques a coûté et coûte cher à des centaines, des milliers, des millions de citoyens ukrainien. On a perdu notre patrie, notre Etat, notre territoire, nos acquis sociaux, le droit au logement, un certain nombre d'avantages dans l'éducation, la santé, la garantie de l'emploi, la stabilité des tarifs : tous ces avantages pour les travailleurs. Aujourd'hui, le gouvernement, ce qu'il reste de l'Etat est utilisé pour satisfaire les ambitions des grands propriétaires fonciers et les oligarques, et pour accuellir les multi-nationales américaines et européennes. (…)

 

A Kharkov, un acte e vandalisme est commis : un monument en l'honneur de Lénine s'effondre à la face de tout le pays. C'est la preuve la plus claire de l'arrivée au pouvoir des vandales.

 

En décembre dernier, une journaliste m'a posé une question en désignant un fragment de granit : Qu'est-ce que c'est ? Elle essayait de comprendre ma relation émotive à ce bout de pierre issu d'une statue de Lénine. Je lui ai alors répondu : « ce sont des morceaux de l'Ukraine ».

 

Une inquiétante ré-écriture de l'histoire : le nazisme blanchi

 

Cette belle et tragique anecdote de Petro Simonenko interpelle. Un puissant mouvement réel de révisionnisme historique est en marche en Europe de l'est, sous le bruit des bottes, alors que l'Occident se crève les yeux pour ne pas voir une réalité qui l'arrange.

 

D'un côté, les forces communistes sont interdites en Hongrie début 2014, des dirigeants de gauche lituaniens poursuivis en justice pour proposer une vision non-conforme de l'histoire. En Ukraine, la troisième force du pays avec ses 14 %, seule force dévouée sans ambiguité à l'unité et l'indépendance du pays, est sous le coup d'un procès pour interdiction.

 

De l'autre côté, en Lituanie, Lettonie, Estonie, les vétérans de la Waffen-SS sont honorés comme héros, les monuments en l'honneur de l'Armée rouge déboulonnés. En Hongrie, le maréchal Horthy est réhabilité comme héros national. En Ukraine, les forces fascistes et néo-nazis prennent une place prééminente, sous l'égide de la figure du nationalisme ukrainien, le collaborateur Stepan Bandera.

 

Pour l'UE, les Etats-unis, le camp du « bien », de la « démocratie », c'est incontestablement le deuxième. Car ces dirigeants-là leur promettent des marchés faciles, des champs et des mines bradés, une main d'oeuvre peu onéreuse ainsi que leur haine farouche du mouvement ouvrier, communiste ainsi que du peuple russe (et accesssoirement des juifs et des étrangers!).

 

On sait le poème de Martin Niemoller : « Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n'ai rien dit, Je n'étais pas communiste / Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n'ai rien dit, Je n'étais pas syndicaliste / quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté, Je n'étais pas juif / quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n'ai pas protesté, Je n'étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher, Et il ne restait personne pour protester ».

 

Aujourd'hui, ce sont les communistes – ultimes défenseurs de l'unité, l'indépendance, la démocratie, l'honnêteté en Ukraine – qui sont pourchassés par un pouvoir sous hégémonie fascisante. Personne ne dit rien car « on n'est pas communiste ».

 

Que se passera-t-il quand les nostalgiques de Bandera, les fanatiques du « national-socialisme » ukrainien, bercés à l'anti-communisme, l'anti-sémitisme, la russophobie, mais aussi la haine des valeurs démocratiques, auront éliminé leurs opposants et conquis l'hégémonie politique ?

 

On comprendra alors qu'avec le Goodbye Lenin célébré par certains, c'était aussi – comme le souligne le KPU – l'adieu à la démocratie et surtout Goodbye Ukraine.

 

 

AC

 

source: http://www.solidarite-internationale-pcf.fr

Partager cet article

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Europe
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : L'Hermine Rouge
  •  L'Hermine Rouge
  • : blog franchement communiste
  • Contact

Pétitions

Recherche

BILLET ROUGE

La grève qui nous sèvre!

par Floréal

150406-radio-france-en-greve-

 

...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

pour signer la pétition

cliquer ici

140812-CISC-copie-1

Billets

A lire ....

150406_ic-155-avril2015-copie-1.jpg

Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

Pour recevoir ce numéro ou vous abonner

Contactez le journal -Initiative Communiste

BP 30111-62802 LIEVIN

ou adressez-vous à un militant du PRCF
 

 

http://services.supportduweb.com/cpt_global/88792-20.png

 

A voir et écouter...

Les cons ça ose tout !
L'âge de la retraite
La grève surprise

A voir et écouter

L'Internationale en breton
L'internationale en français
L'affiche rouge-l'armée du crime
Le chant des partisans (Marc Ogeret)
sortir de l'euro.....
Frédéric LORDON-Médiapart
Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !