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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 22:43

Il faut partir en ce qui concerne les propos de Poutine, de la situation telle qu’elle est en train de se créer en Ukraine à partir de l’opération punitive, des atrocités commises par Kiev et de la totale perte de légitimité de ce gouvernement issu d’un putsch, organisé de l’étranger et qui est soupçonné de livrer le Donbass aux appétits des oligarques et de Chevron, avec le fils du vice-président Biden, déjà installé aux commandes et l’OTAN dans la mire. Novorassia a été bâtie sur un refus celui du régime des oligarques installé depuis 23 ans au pouvoir, à ce titre ce projet a fédéré les forces politiques et culturelles les plus diverses, des communistes aux nationalistes. Mais ce rassemblement est antifasciste, s’il fait souvent référence aux slaves et aux russes, ce n’est pas dans une vision d’exclusion comparable à celle de Kiev mais bien dans un rassemblement des peuples qui était déjà le projet de l’Union soviétique. Donc le mouvement est et demeure progressiste. A ce titre l’interpellation à Poutine est aussi celle que l’on retrouve actuellement dans la société russe: Est-ce qu’un système dominé par les intérêts des oligarques peut être patriotique, antifasciste, d’indépendance nationale et populaire? Incontestablement Poutine est confronté à ces questions.


Les négociations avec les putschistes de Kiev sont impossibles. dit AlexeI MozgovoÏ commandant de brigade et porte parole de Novoroussia


- Avez vous des des plans pour arriver à Kiev ?…


– Ces plans nous les avons toujours eus, et nous avons toujours tenté de faire voir à Vladimir Vladimirovich Poutine – un homme sage, un homme d’État – que négocier, tel que nous l’entendons, est un crime puisque nous ne pourrons jamais reconnaître le gouvernement de Kiev

 

… Notre objectif le plus élevé est le renversement du système oligarchique à Kiev et la création de la Nouvelle Russie. J’espère que le 31 décembre Vladimir Vladimirovich portera un toast avec champagne à la naissance de l’État de la Nouvelle Russie et félicitera les Ukrainiens pour la fin de l’oligarchie

 

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LE CONTEXTE DE L’INTERVENTION DE POUTINE
 
Poutine, selon nous, est confronté à ce problème dans un contexte où il mesure bien la mauvaise foi de l’occident. Le fait que celui-ci derrière les Etats-Unis ne se contentera pas de l’Ukraine et que désormais la lutte est engagée. Que le projet est d’asservir la Russie et de le remplacer pour mettre en place un régime docile comme le fut celui d’Eltsine.
Cette visée des Etats-Unis, de l’OTAN est une attaque frontale contre le projet eurasien et au-delà contre une transformation du système financier envisagé avec la Chine et les Brics.
 
Donc sur le plan politique, Poutine sait qu’il ne gagnera rien à céder à l’occident, même si comme il l’a dit il ne veut pas d’un conflit international et s’il n’a pas renoncé à avoir des relations apaisées avec l’Union européenne qui n’a rien à gagner à suivre les Etats-Unis et l’OTAN.
 
C’est un homme d’Etat et un homme sage dit, non sans raison, MozgovoÏ qui lui-même n’est pas seulement un guerrier mais un politique. C’est-à-dire que Poutine est capable de beaucoup de patience, de retenue dans les émotions et il privilégie avant toute avancée des pièces de son jeu le rapport des forces, l’équilibre. Jusqu’ici cela l’incitait à privilégier le fait que le Donbass, à l’inverse de la Crimée, appartenait à l’Ukraine et qu’il fallait une solution négociée et sur ce point, nous allons voir que malgré les interprétations qui ont été données à ces propos il n’a pas changé.
 
 Mais il y a aussi Poutine, un personnage contradictoire, beaucoup plus sentimental qu’il n’y paraît et qui vibre probablement aux "idées", une petite racaille, comme il le dit de lui même, qui s’est sauvé de la délinquance en s’inventant être une sorte de James Bond restaurant la grandeur perdue de sa chère Russie. C’est pour cela que dans un des articles de ce blog, j’ai accordé une telle importance à l’analogie entre ce qui se passait au Donbass et au siège de Leningrad. Poutine ne renoncera pas à la solidarité avec les gens du Donbass, le voudrait-il qu’il y perdrait l’adhésion de son pays à sa politique. Et le nombre de Russes partis volontairement combattre dans le Donbass témoigne de ce courant puissant.
 
UNE ERREUR DE TRADUCTION MAIS UN CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE
 
Disons tout de suite à propos de son intervention de dimanche, qu’il y a effectivement une erreur de traduction, comme le signale un des lecteurs de ce blog:  Poutine n’a pas parlé de "gosoudarstvo" (un état) mais de "gosoudarstvennost" (disons du "statut administratif", région décentralisée, autonomie, état fédéré, etc). La newsletter du journal La Tribune publie à l’instant un article où il parle aussi de l’organisation d’un état. Je viens de réécouter l’interview de Poutine, il parle d’organisation administrative et pas d’état. Ce serait contraire à la ligne qu’il tient depuis le début. Mais ça va faire encore un peu de propagande russophobe demain dans la presse.
 
Je suis d’accord avec cette précision, et à l’appui de cela il faut voir que dans le même interview, il dit que la solution doit être négociée entre Kiev et Novorossia . C’est une guerre civile à l’intérieur d’un pays, la Russie ne doit pas être concernée et encore moins les pays occidentaux qui sont à l’origine de cette catastrophe;
 
Mais il y a un mais, jusqu’ici Poutine soutenait l’idée d’un fédéralisme mais n’avançait aucune forme de ce fédéralisme. Là il fait référence à une disposition administrative héritée de l’Union soviétique et toujours en vigueur aussi bien dans la Fédération de Russie qu’en Ukraine. Nous avons déjà souligné le fait que la Crimée et à l’intérieur de la Crimée, la base de Sébastopol avaient des statut spéciaux. Sébastopol avait un statut de ville autonome et la Crimée était une région autonome avec son parlement propre. Ce qui par parenthèse valide le référendum d’autodétermination décidé par le président du dit parlement. On a beaucoup parlé et avec raison de la provocation qui a été celle du régime putschiste de Kiev de supprimer le statut du russe comme langue administrative régionale, mais on a peu parlé de la tentative d’enlever son autonomie à la Crimée. Les mesures anti-putsch prises par les autorités de Crimée répondent à ces deux dispositions et le référendum aussi. Ce n’est pas le cas du Donbass qui est comme tout le sud-est et l’est "départementalisé" et dépend de l’Etat central.
 
Il y a donc une évolution dans le discours de Poutine mais elle a été mal interprétée. Poutine ne remet pas en cause l’appartenance de Novorossia à l’Ukraine, depuis le début il considère qu’à l’inverse de la Crimée, les populations du sud et de l’est sont ukrainiennes, de culture et de langue russe, ce qu’on appelle un peuple frère comme la Biélorussie, des Russes mais appartenant à une autre république. Il n’a pas changé d’avis, et c’est d’ailleurs ce qui lui interdit l’intervention. Mais pour la première fois en tenant compte de la position des combattants de Novorossia tout en se prononçant encore pour une négociation directe entre eux et le gouvernement de Kiev, il s’avance en donnant une formule celle d’une région autonome, ayant son parlement.
 
L’INTERVENTION PRÉCISÉE OFFICIELLEMENT

On remarquera que la référence mal interprétée est supprimée.

Poutine: impossible de dire quand la crise politique en Ukraine prendra fin.

Le président russe Vladimir Poutine a appelé Kiev à entamer des pourparlers substantiels sur une désescalade de la crise dans l’Est de l’Ukraine. Il a ajouté que c’est une illusion de croire que les rebelles resteraient tranquillement à regarder leurs maisons détruites.


"Nous avons convenu d’un plan, de sorte que sa réalisation doit être poursuivie", a déclaré Poutine sur Canal 1 TV, ajoutant que le gouvernement ukrainien "doit immédiatement entamer des pourparlers substantiels – pas une discussion technique – sur l’organisation politique de la société et de l’Etat dans le sud de l’Ukraine afin que les intérêts des personnes qui y vivent soient protégés. "


Le plan, selon le chef de la Russie, met les négociations au centre du processus de paix. Dans une référence claire au renversement de Viktor Ianoukovitch par le mouvement Maidan en Février, Poutine a déclaré que des erreurs telles que les coups d’état doivent être évitées , car c’est la cause principale de la crise actuelle.


Le président russe a appelé Kiev à considérer la prochaine période d’automne et d’hiver et à penser à la saison de chauffage. "L’infrastructure dévastée du sud nécessite une réparation complète sinon les gens pourraient simplement geler à mort", dit-il.


"Il semble que seule la Russie se soucie de cela. La première condition la plus essentielle est de mettre fin aux opérations de combat et commencer la reconstruction de l’infrastructure, la reconstitution des stocks, faire les réparations nécessaires et l’entretien prévu pour être prêt pour la saison froide ".


M. Poutine a déclaré que, " bien que la résolution de la crise dépende désormais principalement de Kiev, il est impossible de dire quand elle peut finir." Il a dit que cela pourrait s’expliquer par les prochaines élections législatives ukrainiennes. Le président ukrainien Petro Porochenko a dissout le parlement du pays le 25 Août et convoqué des élections législatives pour le 26 Octobre.


"Tous les participants à la course électorale voudront montrer qu’ils sont cools," a déclaré M. Poutine. "Tout le monde va vouloir montrer qu’ils sont des hommes forts ou des "StrongWomen", et qu’en période de lutte politique aigüe il est difficile de s’attendre à ce que quiconque recherche une résolution pacifique et non militaire."


" Dans le même temps, c’est une illusion de penser que les rebelles s’assiéront et attendront patiemment le début des pourparlers promis, a déclaré M. Poutine, surtout quand ils voient les villes et villages dans le sud-Ukraine bombardés et mis à terre avec des tirs directs."

 
Il y a incontestablement une évolution de Poutine mais elle n’est pas aussi rustique et ignare que celle de nos médias.
 
Danielle Bleitrach

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Europe
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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Frédéric LORDON-Médiapart
Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !