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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 21:14

140921-Ukraine-and-Europe.jpgCe mardi 16 septembre 2014, l'Accord d'association Ue-Ukraine a été adopté dans l'euphorie générale, les acclamations du « roi du chocolat » Petro Porochenko, à la tête d'un régime des oligarques, soutenu par les fascistes : le règne des banquiers européens peut commencer en Ukraine.

 

Ce mardi 16 septembre, 535 députés européens (face à 127 contre, 35 abstentions) ont voté l'Accord d'association avec l'Ukraine, un vote unanime de la droite, du PS et des Verts européens. Un accord qui étend le libre-échange, les politiques d'austérité imposées dans l'UE à ses frontières.

 

Au Parlement ukrainien, 355 des 381 députés présents votaient l'Accord d'association. Une « union sacrée » révélatrice réunissant le parti fasciste Svoboda, les partis libéraux pro-européens UDAR de Klitschko, Patrie de Timochenko et les ex du Parti des régions de Ianoukovitch.

 

Le Parti communiste, seule force d'opposition conséquente, a été privé de la parole depuis que son groupe parlementaire a été dissous. Il est actuellement en procédure d'interdiction.

 

« Non à l'Europe américaine » face au TAFTA ? Mais c'est l'Europe qui pousse au libre-échange, aux réformes libérales en Ukraine !

 

Même si l'extrême-droite – brouillant les pistes – a voté contre, c'est le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) regroupant communistes, partis de gauche radicaux et euro-sceptiques qui a exprimé une opposition conséquente et massive au prélude à « une thérapie de choc pour l'Ukraine ».

 

Ces derniers mois, le grave accord de libre-échange Amérique du nord-Europe (TAFTA) a concentré toutes les attentions.Il a suscité les slogans trompeurs « Non à l'Europe américaine » – vieille rengaine des socialistes – laissant croire qu'une UE « indépendante », « sociale » serait en train d'être pervertie par le TAFTA, qu'il faudrait se battre pour l' « Europe aux européens ».

 

Une drôle de réécriture de l'histoire quand on sait que l'adoption du libre-échange fut la raison d'êtrede la construction européenne, que l'Europe s'est construite sur impulsion américaine avec le Plan Marshall imposant l'unité européenne comme condition à sa réalisation.

 

La confusion retombe. L'Union européenne n'est pas victime de l'agression libre-échangiste américaine. Elle utilise le TAFTA pour approfondir la libéralisation/privatisation de ses secteurs publics, la casse de son agriculture familiale, des acquis sociaux des travailleurs.

 

Surtout, en coordination étroite avec le FMI, c'est bien l'Union européenne qui joue le rôle de bélier des intérêts impérialistes occidentaux en Ukraine, et demain en Moldavie.

 

Les intérêts économiques européens sont supérieurs à ceux américains dans le vaste marché ukrainien de 45 millions de personnes, avec son énorme potentiel de matières premières (pour le fer, charbon, manganèse, gaz, le seigle, le blé, l'orge … l'Ukraine est un leader mondial) et de main d’œuvre compétente et peu chère (avec un salaire moyen de 150 €!).

 

En effet, les deux premiers partenaires commerciaux de l'Ukraine sont à égalité la Russie (25 % de ses exportations, 36 % de ses importations) et l'Union européenne (27 % de ses exportations, 35 % de ses importations). Le premier investisseur en Ukraine est l'Allemagne avec 16 % de ses IDE, alors que 66% des IDE viennent de l'UE !

 

Les Etats-unis arrivent très loin derrière (entre l’Égypte et le Kazakhstan!) en 11 ème place comme partenaire commercial avec 1,6 % de ses exportations et 3 % de ses importations.

 

Parmi les grandes entreprises ayant signé des contrats depuis 2011 en Ukraine, on retrouve certes les géants de l'énergie américains Exxon et Chevron mais aussi les groupes allemands RWE, Siemens, l'entreprise anglo-hollandaise Shell ou encore la française EDF et l'italienne ENI.

 

Ce que prévoit l'Accord d'association : des réformes structurelles libérales au libre-échange inégal

 

L'Accord d'association, conclu en mars 2014, ne devrait rentrer en vigueur qu'à partir du 1er janvier 2016 pour éviter toute déstabilisation économique pour une Ukraine actuellement intégrée à l'Union douanière avec ses partenaires commerciaux traditionnels : Russie, Biélorussie et Kazakhstan.

 

Que prévoit-il ? Il faut pour cela consulter deux documents : non seulement les grandes lignes de l'Accord d'association du 6 mars et surtout le « Programme européen pour les réformes en Ukraine du 4 juillet.

 

Sur les grandes lignes, l'Union européenne a quatre objectifs : (1) accompagner le FMI dans les « réformes structurelles » ; (2) réaliser l'Accord de libre-échange Ukraine-UE (DCFTA) ; (3) libéraliser le marché de l'énergie ; (4) transformer l’État ukrainien sous la tutelle européenne.

 

1 – Accompagner le FMI dans ses réformes structurelles ultra-libérales :

 

Le FMI a en effet décidé en mai 2014 d'accorder un « plan d'aide » de 17 milliards de $ en échange d'une série de « réformes structurelles » : baisse réelle des salaires et retraites, licenciement de 10 % des fonctionnaires, hausse de 50 % des tarifs de l'énergie, hausse des taxes indirectes et bien sûr libéralisation/privatisation du marché de l'énergie.

 

L'Union européenne a accompagné ses propositions par son propre plan de 11 milliards de $, dont 8 millions en prêt des banques européennes et 3 millions de dons dans le cadre de programmes pour favoriser l'intégration européenne.

 

L'UE compte jouer un rôle d'expertise, de conseil, de supervision des « réformes structurelles » avec ses organismes (TRADE, ENTR, TAXUD, ECFIN, MARKT ou DEVCO) pour réaliser « les réformes fiscales, la libéralisation de l'énergie ainsi que l'adoption d'un climat favorable aux investissements », selon le document datant du 4 juillet.

 

Un programme qui ressemble plus à une mise sous tutelle de la part des « experts » financiers européens qu'à une aide humaniste désintéressée.

 

2 – Réaliser un accord de libre-échange (inégal) avec l'Ukraine :

 

La DCFTA (« Deep and comprehensive free trade area ») intègre l'Ukraine au monde libre selon les quatre libertés prévues par Maastricht : liberté de circulation des travailleurs, des biens, des capitaux, des services.

 

Les libertés démocratiques – expression, conscience, association – semblent accessoires dans un pays où un parti qui représente 3 millions d'électeurs, le Parti communiste, va être interdit, alors que des milices néo-nazis sèment la terreur en Ukraine, agressant, torturant, voire tuant leurs opposants.

 

La DCFTA prévoit un accord « libre et non-faussé » : (A) l'Ukraine doit supprimer ses barrières douanières, accorder la liberté totale de circulation aux capitaux et aux biens européens, la liberté de circulation des travailleurs ukrainiens ; (B) mais en échange les biens et services ukrainiens doivent attendre de se mettre aux normes européennes pour accéder au marché européen.

 

Un marché de dupes qui permet au capital ouest-européen, affamé de débouchés, de faire main basse sur les secteurs stratégiques libéralisés du pays, aux marchandises européennes de détruire une industrie et une agriculture puissantes mais peu « compétitives » face aux géants allemands ou français.

 

La soi-disant « harmonisation des normes sanitaires et légales » sera le prétexte pour fermer les marchés européens aux biens ukrainiens, une façon aussi de restructurer (c'est-à-dire détruire) l'appareil productif ukrainien.

 

Les agences européennes comme TRADE ou DEVCO fourniront encore une fois une assistance technique pour supprimer les barrières commerciales, examiner les conditions de l'ouverture aux capitaux étrangers de l'agriculture ukrainienne pour un « land grabbing » de grandes dimensions.

 

3 – Libéraliser le marché de l'énergie … pour les monopoles ouest-européens :

 

C'est le gros morceau : casser le monopole public de Naftogaz.

 

Ianoukovitch a déjà commencé le travail en séparant gestionnaire du réseau et exploitant, en ouvrant le marché à de nouveaux partenaires dans le réseau (l'allemand RWE) ou l'exploitation (les américains Exxon, Chevron, le britannique Shell).

 

Mais il a refusé d'augmenter de façon drastique les tarifs du gaz et du chauffage par peur de perdre sa place politique. Le FMI lui imposait 50 % de hausse immédiate des tarifs, de 100 % d'ici 2017. Il a refusé, il a été renversé par un coup d'Etat. Le nouveau gouvernement mené par le banquier Iasteniouk a adopté comme première mesure : la hausse des tarifs de l'énergie de 50 %.

 

Il faut savoir que l'Ukraine faisait profiter à sa population des tarifs les plus bas d'Europe : deux fois moins chers qu'en Russie, cinq fois meilleur marché qu'en Roumanie et huit fois plus abordables qu'en Pologne. Pour rester dans une comparaison entre pays de l'Est européen.

 

Le « Programme européen pour des réformes en Ukraine » insiste sur : la diversification des fournisseurs (RWE et GDF se sont déjà manifestés), la suppression aux barrières sur les investissements des grands groupes énergétiques, l'entrée dans la communauté energétique.

 

Ce programme sera supervisé par les agences européennes ENER et DEVCO essentiellement.

 

4 – Réformer l'Etat ukrainien : un État sous tutelle européenne

 

C'est la mission principale confiée aux « conseillers », « experts » de l'UE : transformer l'Etat ukrainien unitaire et corrompu, au service des oligarques mais avec une base populaire, en un Etat décentralisé et corrompu, au service des oligarques et des groupes ouest-européens.

 

Nous avions révélé que le 18 juin 2014 le Conseil européen a décidé de voter l'envoi d'une « mission de sécurité » pour « réformer les services de police » locaux. Dans la police, la justice, l'administration fiscale et dans une dizaine de ministères-clés, l'Union européenne va superviser la « transformation » de l'Etat ukrainien.

 

Des méthodes qui ressemblent à celles des Etats anglais et français au XIX ème siècle qui commençaient par envoyer des « conseillers », « experts » pour gérer les pays qu'ils mettaient sous leur dépendance avant de les coloniser : Perse, Egypte, Inde, Tunisie ...

 

Cela ressemble aux thérapies de choc de « state building » (ou « state reform ») adoptées récemment en Irak par les Etats-unis, au Kosovo par l'UE. Avec les résultats que l'on connaît.

 

En tout cas, les lignes sont plus claires après ce vote au Parlement européen. Les députés socialistes et verts sont loin d'être « frondeurs » : au niveau européen, 177 socialistes et 35 verts ont voté pour, seuls 1 socialiste (tchèque) et 2 verts (allemand et letton) ont voté contre.

 

Du côté de nos « indignés » français, 11 députés socialistes et 6 verts ont voté pour, 0 contre. Parmi les Pour, on peut citer : Eva Joly, José Bové, Vincent Peillon, Edouard Martin, Pervenche Bérès ou Isabelle Thomas.

 

Cessons les slogans trompeurs sur l' « Europe américaine ». L'UE sert les intérêts des monopoles européens, elle est un rival commercial des USA mais aussi son allié géopolitique : c'est elle qui est à l'avant-garde de la casse de l'Etat ukrainien, c'est elle qui sert de prétexte et instrument à la casse de nos acquis sociaux, c'est contre elle que nous devons lutter !

 

 

source: http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net |17/09/2014

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Planète
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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