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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:22

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(*) Premier secrétaire du Parti communiste de l’Ukraine ( PCU / KPU)


Le pays est au bord du gouffre. Et si l’Ukraine continue, selon le vœu de l’Occident et des Etats-Unis, sa trajectoire de transformation en état périphérique, servant les intérêts des sociétés transnationales, si elle continue sa trajectoire de guerre, où une guerre civile risque de se transformer en conflit entre Etats, nous allons nous retrouver face à une menace réelle de destruction de l’intégrité territoriale, la perte de l’indépendance.


Les oligarques qui ont pris le pouvoir après le coup d’Etat sur le Maïdan en février et leurs complices nationalistes, cherchant à justifier leurs crimes sanglants dans les régions d’Odessa, Marioupol, Donetsk et de Lougansk, prétendent assister aujourd’hui à la naissance d’une nouvelle nation unie.


C’est un mensonge flagrant. Lorsque un Ukrainien tue un autre Ukrainien, lorsque sont massacrés vieillards, femmes, enfants, lorsque les villages sont rasés, les fabriques et les usines, les écoles, les hôpitaux, les crèches, les infrastructures des grandes villes des régions de Donetsk et de Lougansk sont détruits, lorsque des centaines de milliers de citoyens de l’Ukraine à la recherche de paix laissent leurs maisons et deviennent des réfugiés, parler d’une nation unie est un blasphème!


140815-images-1.jpegLe régime national-fasciste mène une guerre de l’information, dont le but est de justifier les crimes contre son propre peuple par une lutte contre les séparatistes et les terroristes.

Pour l’amour de la vérité et dans l’espoir d’arrêter cette guerre fratricide, je tiens à réitérer que les protestations dans le Donbass ont commencé avec les exigences du maintien de la langue russe comme langue officielle, la nécessité de décentraliser le pouvoir et renforcer les pouvoirs des collectivités locales, la possibilité de référendums locaux. Les résidents des régions de Donetsk et de Lougansk sont opposés à la destruction des monuments et des obélisques aux héros de la Grande Guerre patriotique, contre la distorsion de l’histoire.


Ils n’ont pas voulu les entendre ni les écouter et ont déclaré la guerre à leur propre peuple.


On assiste à une chute extrêmement dangereuse de la production, à la montée de l’inflation, des prix et des tarifs, au gel des salaires des employés, à la réduction des coûts pour les programmes de soutien aux retraités, aux femmes, aux jeunes, à la lutte ouverte contre les dissidents et la censure violente dans les médias. La signature d’un accord désastreux d’association avec l’UE, d’un protocole esclavagiste avec le FMI, la perte du marché en Russie et la situation catastrophique avec le gaz (manque d’approvisionnement par la Russie) conduira inévitablement à une hausse du chômage, une baisse du niveau de vie et une montée de la tension sociale.


En 2014, comme en 2004-2005, est venu au pouvoir en Ukraine le même groupe d’oligarques, complètement dépendants et exécutant tous les ordres des USA et de l’Europe. Le danger de leur maintien au pouvoir est renforcé par le fait qu’ils ont pris pour complices l’organisation profasciste « Svoboda » et d’autres courants nationalistes d’extrême-droite. L’arrivée au pouvoir des milliardaires, tant dans l’Administration présidentielle qu’à la direction des régions (à Donetsk – Tarouta, à Dnipropetrovsk – Kolomoysky), la création d’armées de mercenaires privés montrent la division réelle du territoire de l’Ukraine en principautés oligarchiques (féodales).


La guerre continue dans l’intérêt des États-Unis – à savoir le nettoyage des zones pour assurer l’extraction du gaz de schiste.


140815-UKRAINE-2.jpgCette guerre est une lutte des oligarques pour la redistribution des richesses, et ceux qui sont arrivés au pouvoir à Kiev s’efforcent par la guerre de détruire les fabriques et les usines dans la plus grande région économique de l’Ukraine, ce qui rend impossible pour les oligarques du Donbass d’augmenter leurs richesses. Et cela signifie des centaines de milliers de chômeurs.

Cette guerre – c’est la destruction physique des citoyens de l’Ukraine qui se sont permis de revendiquer le droit à la vérité de l’histoire, de parler leur langue, de demander l’utilisation de l’argent gagné pour le développement de leurs régions, et non pas pour nourrir les fonctionnaires de Kiev qui piochent dans le budget pour se remplir les poches.

Cette folie doit cesser!

 Quelle est la cause et qui est le principal responsable de ce qui se passe ?

Il est évident que ceux qui toutes ces années ont intimidé les citoyens ukrainiens par des mensonges sur le passé soviétique, sur les pages tragiques de notre histoire, ont fait cela pour détruire les principes de justice sociale, le système du pouvoir populaire, et pour pouvoir s’enrichir par la dure exploitation des autres, le chômage, la hausse des prix et des tarifs, le faible niveau des salaires et des pensions. La raison de ce qui se passe est dans le système politique qui est le gardien des intérêts du capital et des oligarques. La raison est la privatisation illégale des biens publics, qui a conduit à une énorme stratification sociale entre une poignée de riches et les pauvres. La plupart en travaillant s’appauvrissent, et plusieurs centaines de tyrans deviennent riches. Beaucoup de gens ne remarquent pas comment, dans un flux dense d’événements tragiques, sont relégués au second plan les problèmes clés et les maladies de notre société : la corruption, l’oligarchie, la profonde stratification sociale, la collusion entre les fonctionnaires et les criminels, le mépris pour les droits des personnes. Les conversations à ce sujet sont de plus en plus pour la forme. Les vraies solutions sont reportées pour « après », pour « après la victoire. » Seulement une victoire sur qui ?


Les participants au Maidan et ceux qui l’ont utilisé à leurs propres fins font valoir qu’il s’agissait d’une révolte contre un régime criminel. Cependant, comment à la fin se fait-il que des citoyens ukrainiens tirent maintenant sur d’autres citoyens ukrainiens ? Et ceux qui faisaient partie de ce régime se sentent bien dans les « nouvelles conditions » ? Comment se fait-il que l’indignation face à l’indifférence des autorités à l’opinion publique a donné lieu au refus d’entendre nos concitoyens qui ont une opinion différente ? Et comment se fait-il que, dans le sillage d’un sentiment anti-oligarchique, à nouveau les oligarques se retrouvent au pouvoir ? Pas moins cyniques ni cupides.


Comment se fait-il que les gens de l’Ukraine qui ont apporté une grande contribution à la Grande Victoire du peuple soviétique sur le fascisme, aient porté au pouvoir un régime national fasciste ? Le régime instauré après le coup d’état sur la Place de l’indépendance a provoqué une confrontation civile et la société a basculé dans la guerre civile. Bien que, en fait, les raisons d’un conflit au sein de la société n’existaient pas.


Dans leurs demandes, les travailleurs ukrainiens dans l’Est et l’Ouest, le Sud et le Nord, le Centre et les régions, sur les Maïdan et anti-Maïdan exigeaient des solutions à des questions similaires : surmonter les inégalités sociales, assurer une répartition équitable de la richesse sociale, briser la toute-puissance des oligarques et mettre fin à la corruption. Les citoyens ukrainiens veulent améliorer l’efficience et la responsabilisation du gouvernement.


Mais tout cela a fini par des conflits internes, suivant la technique du grand capital. Avec son aide, le mécontentement social de la société dans son ensemble a été détourné dans le canal de la haine mutuelle. Malheureusement, cette technique a marché. Et cela va fonctionner aussi longtemps que nous ignorerons l’intention criminelle des oligarques.

Est-il un espoir pour une résolution rapide du conflit ?

Dans la logique imposée par le capital – aucun. En effet, dans les relations entre le pouvoir, qui protège les intérêts du capital, et les gens ordinaires, entre les nouveaux maîtres, qui sont devenus oligarques, et les travailleurs, rien n’a changé. La classe des propriétaires s’est rendu compte depuis longtemps qu’elle a besoin du pouvoir comme une garantie de la poursuite de son enrichissement, et les travailleurs persistent dans un état d’illusion que leurs exploiteurs propriétaires sont jour et nuit à réfléchir à la façon de faire le bien pour eux, et votent pour les oligarques, se condamnant  ainsi à la pauvreté.


140815-UKRAINE3.jpgCertains représentants de l’ancien régime oligarchique, après le coup d’Etat sur le Maïdan, s’enfuirent, et l’opposition oligarchique arrivée au pouvoir a pris pour alliés les nationalistes – néo-fascistes, ainsi qu’une partie importante des partisans de M. Ianoukovitch, puis a continué à faire ce que faisaient leurs prédécesseurs au pouvoir. Le «népotisme», la corruption continuent de prospérer. Les fonctionnaires et les grandes entreprises volent même en temps de guerre. L’Ukraine traverse un stade d’oligarchisme militaire, lorsque les oligarques ne se cachent plus derrière des sbires, et occupent directement les hautes fonctions publiques. Et renforcent leur régime non seulement par des ressources administratives, et la violence directe, en s’appuyant sur les armées mercenaires privées.


Pour la première fois dans l’histoire de son indépendance, l’Ukraine a un président oligarque. Pour la première fois, les oligarques ont formé des unités militaires, qui refusent d’obéir aux lois de l’Ukraine. Au sein de l’Ukraine se sont formées des « principautés » oligarchiques et les nouveaux magnats se battent pour leur contrôle par l’entremise du peuple ukrainien.


Et pour que ce fait ne saute pas aux yeux, on a vendu à la société ce conte sur l’intégration européenne sous forme d’une association avec l’UE, mais sans adhésion à l’UE, qui explique et excuse tout – et les mesures antisociales, et l’exploitation accrue, et le pillage du pays.


Les gens se laissent une fois de plus berner. Et c’est la raison principale pour les événements d’aujourd’hui, et encore plus – c’est la raison de la catastrophe nationale qui approche. Tant que la société ukrainienne ne se débarrassera pas de la bride oligarchique, le développement sera impossible. L’Ukraine sera constamment frappée par les échecs économiques, les crises politiques et les conflits civils.

 

Tout cela aurait pu être évité. Nous, communistes, avons offert d’organiser un référendum sur le choix du vecteur de l’intégration économique (association avec l’UE ou Union douanière) dès 2013. S’asseoir à la table des négociations et entamer un dialogue avec toutes les régions en Janvier et Février 2014 et exclure la guerre. Faire une réforme réelle du gouvernement local et, et pas seulement en paroles, décentraliser le pouvoir. Garantir et non pas empiéter sur les droits socio-culturels de la population. Tenir des référendums régionaux en Mars de cette année. Arrêter les provocations étrangères. S’abstenir des nominations provocatrices de milliardaires, de parrains, de «copains» et former un gouvernement de professionnels, en tenant compte de la représentation des intérêts de toutes les régions. Et le conflit se serait résorbé de lui-même. Nous avons proposé cette voie. Mais aucun des partis oligarchiques des clans opposés ne nous a soutenus. Au contraire, le nouveau régime a commencé à cultiver dans la société le revanchisme nationaliste, tout en s’occupant de la redistribution de la propriété.


Le refus d’écouter les revendications légitimes des citoyens, le revanchisme outrancier des politiciens vainqueurs de Kiev amorça le processus de décomposition.

Je tiens à souligner que l’Ukraine a perdu non pas le contrôle du territoire, mais la confiance du peuple. La clé du problème est la restauration de la confiance en Ukraine. La confiance au sens large.


Malheureusement, on ne voit aucun signe de retour à la raison. Par conséquent, l’est du pays est livré aux flammes. Les oligarques des deux camps ne font pas que dresser les populations l’une contre l’autre. Ils essaient d’attirer dans le conflit les Etats voisins.


Aujourd’hui, nous sommes témoins de la tragédie qui se déroule. La guerre civile a commencé. Les citoyens ukrainiens sont en train de s’entretuer, de tuer des civils en masse. Les combats détruisent les villes, les gens sont obligés de se cacher dans les sous-sols. Il y a des milliers de réfugiés.


Il y a quelques mois, on a promis aux gens la paix et la prospérité. Aujourd’hui, ils ont la guerre. Cette guerre, comme un «trou noir», aspire la population, forçant les gens à répondre constamment aux questions sur comment sauver leur vie, comment protéger leur famille, leur ville. Et chaque nouveau coup, et chaque nouvelle mort provoque une nouvelle escalade du conflit, sème la haine mutuelle pour des décennies.


Cependant, l’intervention d’éléments extérieurs de plus en plus nombreux n’éteint pas le conflit, mais attise les flammes de la guerre. Ce n’est plus un conflit au sein de l’Ukraine  mais une opposition des puissances mondiales: les Etats-Unis, l’Europe, la Russie. Et c’est  une tournure des événements terrible qui menace de se transformer en une grande tragédie, non seulement pour l’Ukraine mais pour tout le continent.


Comment résoudre le conflit?

 

Le principal problème aujourd’hui c’est la volonté des autorités à résoudre le problème uniquement par la force. On impose à la société l’idée que la conclusion de la guerre à travers le sang et la mort de personnes, citoyens d’un même État – c’est une victoire. En fait, la paix – c’est le dialogue et l’acceptation d’autres points de vue.


Le conflit ne peut être résolu que par des moyens politiques. Il faut des consultations, des contacts, des négociations. Mais pas ceux qui sont maintenant en cours. Se rencontrer seulement pour insulter et cracher sur l’autre n’a pas de sens.


Il est évident que nous devons entamer un dialogue dans le sens d’un effort général pour réduire les menaces sur la population civile. Il est nécessaire de former un réseau de groupes de contact des responsables gouvernementaux, des représentants des collectivités locales, des représentants des opposants, agissant dans chacune des localités.


Nous croyons que la guerre ne résoudra rien. Avec le Donbass il est nécessaire de parler. Et pas seulement avec le Donbass. Avec chaque région. Y compris la Transcarpatie. Pourquoi, par exemple, le président parle de décentralisation, mais ne va pas dans les régions avec son projet, ne le défend pas devant les collectivités locales, ne l’améliore pas.


Il faut regagner la confiance du peuple. Il s’agit d’un long processus qui nécessite des solutions dans le domaine de la politique linguistique, culturelle, sociale, économique et dans la réforme du système de gouvernement, en termes de transmission de grands pouvoirs à l’autonomie locale. Sinon, le problème n’e sera pas résolu.


Nous avons besoin de commencer à construire une nouvelle vie, plutôt que de s’engager dans l’imposition de valeurs douteuses. Les héritiers des collaborateurs nazis, avec leurs portraits de Bandera, ne seront jamais admis à Donetsk. Et jamais une telle guerre ne sera juste, jamais elle ne sera une « bonne cause » qui pourrait donner naissance à une «nouvelle nation." Dans une telle guerre il n’y aura pas de gagnants. Tous perdront, et l’Ukraine sera perdue. Il est nécessaire de trouver des moyens pour une solution pacifique au conflit. Et si dans l’histoire il n’y a pas de précédents, c’est le moment d’en créer.


Pourquoi la direction du pays n’entreprend-elle rien?


Kiev ne veut pas entendre les demandes légitimes de la population de l’Est et cela ne fait que renforcer les manifestations anti-gouvernementales. Compter sur le fait que la situation sera "résolue" par la destruction physique des ennemis du nouveau régime – c’est monstrueux. Et encore plus monstrueux de propager ce point de vue parmi les autres citoyens.


Néanmoins, le pouvoir suit cette voie.Tout d’abord, le régime actuel est en quelque sorte convaincu que la guerre va effacer tous ses crimes. Regardez : aujourd’hui le gouvernement fonctionne sans aucun programme. On ne peut pas considérer comme un programme le galimatias que Iatseniouk a prononcé lors de sa nomination. Il n’y là  aucune réponse aux questions posées dans les industries et les régions, les programmes sectoriels, la budgétisation de tous ces projets. Aucun programmes d’adaptation de l’économie ukrainienne aux normes de l’UE, si vous avez déjà décidé de commencer ce processus. Aucune décision sur les relations commerciales et économiques avec la Russie. Pas de réponse à la question de savoir comment compenser les pertes possibles de l’Ukraine sur les marchés de l’Union eurasienne.


Actuellement un seul programme est mis en œuvre – la réduction de toutes les prestations sociales. Là encore, le gouvernement a annoncé des compressions budgétaires de 40 milliards de hryvnias, et en même temps décide d’augmenter les dépenses de guerre. D’où viendra cet argent? La réponse est évidente – des programmes sociaux. Dans le même temps on a la hausse des tarifs des services publics. Les entreprises ferment et les gens perdent leur emploi. Comment survivront les travailleurs ukrainiens dans de telles conditions? La réponse du gouvernement est «serrer la ceinture» et endurer. Ainsi, la guerre est juste une couverture des plans oligarchiques réels. C’est le deuxième point


Derrière le rideau de slogans chauvins est lancé un processus à grande échelle de redistribution de la propriété. La nouvelle élite oligarchique est en train non seulement d’essayer d’enlever les propriétés et les filières de corruption de l’ancien régime, mais procède à l’achèvement de la privatisation des biens résiduels de l’État dans leur propre intérêt. Tout cela sous couvert de restauration de la justice et de réformes nécessaires.


Troisièmement, faire dégénérer le conflit interne dans un plan très dangereux de confrontation russo-ukrainienne. La guerre est une justification pour les oligarques. Mais y meurent ceux que les oligarques ont volé, volent et vont continuer de voler.

 

Il est clair que cela ne va pas continuer longtemps. Ce n’est même pas le fait que tôt ou tard les oligarques de nouveau seront d’accord et vont se réconcilier. La collusion des oligarques ne remplacera pas la justice sociale. Les gens commencent à comprendre que la guerre ne se fait pas dans leur intérêt, ni celui de l’Etat ukrainien, mais pour les bénéfices des oligarques, des fonctionnaires corrompus et leurs maîtres et patrons occidentaux. Et les principaux ennemis de la société sont les oligarques ukrainiens. Une vague de mécontentement se prépare. Les événements dans le pays mènent vers la révolution socialiste. Et nous serons aux côté des travailleurs dans leur lutte.


Les communistes sont actuellement accusés de beaucoup de péchés. Mais combien y a-t-il de vérité dans ces accusations?

 

Je veux juste dire de manière responsable – il n’y a pas de décisions visant à soutenir le séparatisme, scission ou division du Parti communiste de l’Ukraine n’a pas accepté et ne le sera jamais. C’est notre position de principe. Nous sommes pour une Ukraine unie, indépendante et prospère.


Nous, communistes, avons rassemblé et unifié nos terres, nous avons créé un complexe économique exceptionnel, dont la puissance a permis l’entrée de l’Ukraine dans les dix pays les plus développés d’Europe et du monde. Le régime national-fasciste actuel, comme ses prédécesseurs dans les années de l’indépendance, n’a rien fait pour multiplier ce potentiel. Ils ne peuvent rien proposer de plus intelligent que ce que nous communistes avons fait. Les oligarques au pouvoir menacent depuis toujours les intérêts nationaux. Ils sont avides dans leurs croyances. C’est pourquoi ils font tout pour éliminer le Parti communiste de la vie politique, pour empêcher le peuple ukrainien de choisir son avenir, en accusant le parti de trahison et d’activités anti-ukrainiennes – c’est un non-sens et une provocation.


Ils essayent de faire du Parti communiste un épouvantail, de le faire passer pour l’instigateur de la guerre avec un seul but – éliminer la force politique qui peut effectivement conduire les luttes sociales contre le régime oligarchique.


Par conséquent, nous mettons en garde les travailleurs – derrière l’écran de la répression anti-communiste se constitue une nouvelle collusion oligarchique. C’est le processus qui a eu lieu à la demande des Etats-Unis en Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale, et en Europe de  l’Est – dans les années 90 du siècle dernier.


Pour évincer de la scène politique du Parti communiste, il y a toutes ces poursuites judiciaires et toute cette saleté déversée. Cela va jusqu’à la pression physique et morale sur les militants du parti. Au parlement, a été formé un nouveau parti, "trompe l’oeil", flirtant avec la rhétorique socialiste. Il est dommage que certains de nos anciens membres du parti – des députés du peuple aient décidé de trahir et soit devenu un participant à ce processus. Le KPU a déjà donné une évaluation très critique de ces actions. Ils ont trahi non seulement le parti mais tous les travailleurs.


Le Parti communiste sous une telle pression pourra-t-il maintenir son influence et se rendre à la prochaine législature?


Nous sommes conscients de toutes les difficultés existantes. Le «Parti de la guerre" ("Patrie", "OUDAR", "Svoboda" avec les "vieilles carcasses" du régime de Ianoukovitch) a fait tous ses efforts pour interdire le parti avec l’aide des tribunaux sous contrôle, pour empêcher notre participation aux élections. Ils veulent tenir des élections uniquement dans les territoires où ils ont établi leur contrôle total, dans une guerre médiatique sale contre les ennemis de leur régime, la terreur physique et morale, dans une nouvelle forme d’escalade de l’agression, de la  « guerre humanitaire ».  

Mais ces élections ne sont pas démocratiques. Un Parlement ainsi formée sera illégitime pour l’ensemble du pays. Donc, la situation deviendra encore plus grave. La tenue d’une campagne électorale seulement dans une partie du territoire de l’Ukraine, à savoir sans l’Est, privant de possibilité de voter des millions d’électeurs – c’est nuire à l’intégrité territoriale. En conséquence, nous obtiendrons seulement un approfondissement de la crise et une traduction  politique de la division. Malheureusement, cette thèse des communistes a été pleinement confirmée par les élections soi-disant présidentielles en mai, après quoi a commencé un nouveau cycle d’exarcerbation du conflit.


En outre, vous devez comprendre que le Président Porochenko se précipite pour organiser des élections législatives anticipées pour les raisons suivantes:

- Les électeurs ne doivent pas sentir la détérioration des conditions de vie qui découlera de la signature du protocole inégal avec le FMI, de l’accord d’association meurtrier avec l’UE, une forte hausse des prix et des tarifs pour le logement et les services communaux, etc, c’est à dire les électeurs doivent être dans l’état de l’illusion que le « parti de la guerre » remplira ses promesses;

- Les électeurs ne doivent pas comprendre pour quoi ils se battent et laissent tuer leurs fils, dans cette guerre qui est inutile pour les personnes qui travaillent ;

- Le Président se hâte de former un Parlement «à sa botte», d’adopter des amendements à la Constitution et d’avoir plus de pouvoirs que Ianoukovitch;

- L’électeur n’a pas à comprendre que des élections anticipées, ce n’est pas seulement un milliard de hryvnias du budget, mais c’est avant tout l’échec de la coalition du parlement formé après le Maidan à s’acquitter de ses obligations.


Comme en 2004-2005, ils sont déchirés par des contradictions internes dans la lutte pour les postes, ils sont avides de profit.


L’équipe Porochenko en 2014 et l’équipe de Iouchtchenko en 2004-2005 représentent les mêmes forces politiques, les mêmes oligarques. En bref, comme on dit, "bonnet blanc et blanc bonnet".


Afin d’assurer la volonté des citoyens le pays a besoin de paix et de tranquillité. Les gens devraient être les participants actifs et les créateurs de leur propre avenir. Les gens ont le plein droit de déterminer le développement de l’Etat, et de ne pas servir les intérêts des Etats-Unis et de l’Occident. Comme dit le proverbe: "Le soleil se lève à l’Est, à l’Ouest – il se couche."


En ce qui concerne les perspectives du parti – je suis confiant pour l’avenir. Le PCU – ce n’est pas un projet oligarchique, pas une politique éphémère. Nous sommes un parti avec une solide base idéologique, un parti de vainqueurs et de créateurs, de grandes réalisations, un Parti de la justice et des grandes idées qui a toujours vécu et vivra dans l’esprit des gens. Le brouillard des illusions se dissipera et les travailleurs comprendront que leur croissance et leur bien-être futur n’est possible qu’avec les communistes.


Petro SIMONENKO

Premier secrétaire                                                                                                         le 6/08/2014

du Parti communiste de l’Ukraine

 

 

Article reposté des sites:

http://www.initiative-communiste.fr et http://histoireetsociete.wordpress.com

Article affiché sur le site du Parti communiste d’Ukraine: http://www.kpu.ua

Lien: http://www.kpu.ua/ru/78094/petr_symonenko_kak_otsenyt_sytuatsyju_v_ukrayne

 

 


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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !