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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 23:00

Roland-Weyl.jpgAu cours de la réunion du réseau ANR-PCF du 24 novembre 2011 dont l’introduction de Nicolas Marchand est publiée sur le site, Roland Weyl a fait l’intervention suivante.


1- Sur la dimension et la gravité de la crise :


1ère approche :

La dette n’est plus seulement celle du Sud, ni seulement celle de la Grèce ou de l’Italie, mais celle des États-Unis, cela inculpe l’ensemble du système. On parle toujours de la dette et des débiteurs mais jamais des créanciers. Il n’y a pas une fatalité de la dette : en principe l’État est l’instrument par lequel les peuples collectent leurs ressources pour les dédier à la satisfaction de leurs besoins. Mais en fait les États fonctionnent comme collecteur des ressources des peuples pour satisfaire des besoins privés confiscatoires.


2ème approche :

Aux temps lointains où le Parti refaisait l’éducation du jeune intellectuel que je croyais être, j’ai cru apprendre que :

Le capitalisme est grevé d’une contradiction en ce qu’il prélève sur la valeur produite un profit qui ampute d’autant le pouvoir d’achat sur lequel il fait son profit. D’où la dispute des marchés, par le jeu de la concurrence.


Mais le jeu de la concurrence génère une concentration au bout de laquelle la recette de la concurrence ne fonctionne plus. D’où l’obligation de marchés artificiels, ne reposant plus sur de la valeur produite marchandisée : les marchés financiers, et... le commerce (et l’utilisation) des armes (avec en prime, par la vertu de la guerre, la destruction du capital mort créant un marché pour le capital vivant). Ce qui conduit à dire que nous sommes sous l’épée de Damoclès du pire des conflits mondiaux (Occident contre couple russo-chinois ?) dont les menaces d’Israël contre l’Iran peuvent être le déclencheur.


2- La réponse est économique mais pas seulement : on ne peut pas traiter du pouvoir politique en négligeant le pouvoir économique, mais l’inverse est aussi vrai : sous peine d’économisme il ne suffit pas de dire ce qu’il faudrait faire mais qui va le faire et comment. Il ne peut pas y avoir de pouvoir économique sans pouvoir politique. La question du pouvoir politique est essentiel.


Or c’est la question sur laquelle les médias, devenus le principal instrument de domination de classe, s’emploient le plus à brouiller les cartes, à la faveur de la nature des institutions de la 5è, et aussi de l’idéologie de technicité spécialisée générée par la révolution scientifique et technique.


Le principal fléau politique contemporain est la délégation de pouvoir, nourrie d’une entreprise permanente de découragement, et de diversion sur la politique spectacle, vedettisée, professionnalisée et politicienne, couverte d’un cortège de formulation mystifiantes. Ainsi (y compris au niveau international) la « société civile », par rapport à quelle société non civile ? Et la tendance qui s’infiltre même dans notre mouvance, du prétendu dépassement du rôle des partis politiques.


3- Une telle situation devrait normalement être celle où le Parti trouve sa principale raison d’être, comme porteur de la nécessité de changement fondamental entre pouvoir sur les peuples et pouvoir des peuples, à la fois comme organisateur de l’indispensable action citoyenne pour l’inversion des rapports de pouvoir, et comme porteur de la bataille des idées motivant l’engagement de masse dans cette action citoyenne.


Or il en est absent, comme si l’idéologie opportuniste de la mutation faisait encore sévir la peur de faire peur, le souci de rassurer et d’être crédible, selon les idées dominantes. Et puis le Parti m’a aussi appris qu’il n’était pas imperméable à l’idéologie dominante. Le mot d’ordre de « démocratie participative est-il vraiment toujours exempt de l’idée de faire « participer » (pour une part) à un pouvoir délégué ? La présentation de notre programme est-elle toujours exempte d’une candidature à une délégation du pouvoir au Parti ? Les assemblées citoyennes sont-elles toujours exemptes d’un rôle purement consultatif ?


Et le FN profite de cette vacance pour occuper le terrain de façon trompeuse et démagogique, jouant le populisme contre la véritable souveraineté populaire. (Ne pas oublier que le nazisme était le national-socialisme, qu’Hitler a d’abord emmené les ouvriers à l’assaut des banques, drapeau rouge en tête et que Dimitrov définissait le fascisme comme caractérisé par le soutien populaire).


4- Il est urgent que nous retrouvions la fonction historique du Parti, au moment où l’Histoire en a le plus besoin : l’organisation de la prise en mains par le peuple de son pouvoir effectif sur les institutions et donc de leur réforme à cette fin. Cette lutte pour le pouvoir est quotidienne, dans chaque opposition, dans chaque revendication : c’est ainsi que s’entend la notion de rapport de forces. Et j’avais appris que le peuple ne fait pas son éducation dans les discours mais dans l’expérience qu’il tire de son action, à quoi le rôle du Parti est de l’aider ; par exemple, l’indispensable bataille pour une 6è République suppose déjà de la mener comme si on y était déjà.

Mais pour cela, il faut s’efforcer de ne pas seulement mettre à sa disposition de longs documents scientifiquement impeccables, mais des mots d’ordre simples et motivants, et de ne pas mener les actions au service des élections, mais les campagnes électorales comme des moments de l’action, en n’oubliant pas qu’on ne gagne pas des élections par les campagnes électorales mais par l’action entre deux campagnes.


Roland Weyl, contribution à la réunion d’ANR-PCF du 24/11/ 2011

 

 

source: Faire vivre le PCF  (6 décembre 2011)

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.F.
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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