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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:27

Cette semaine,  l’hebdomadaire Marianne publie une tribune cosignée notamment par Georges Gastaud intitulée Défendre le français contre le tout-globish. Une tribune à retrouver donc en kiosque et sur le site web du journal rubrique controverse !

 

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Défendre le français contre le tout-globish

par G. Gastaud, A. Salon, R. Ravat et M. Varnier*

Pour les auteurs de cette tribune, le français est pris en "tenaille". D'une part, expliquent-ils, "la loi Fioraso vient d’instituer l’anglais langue de l’enseignement universitaire". Ensuite, "le Parlement est invité à adopter la charte européenne des langues minoritaires et régionales". Pour eux, "ces "tirs croisés illustrent le démontage de l’Etat-nation". Il est donc temps d'"entrer en résistance linguistique".

 

 

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Vingt ans déjà. Vingt ans que la loi Toubon du 4 août 1994, disposant que le français est « la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics », doit nous protéger d’un flot graduel et continuel de « tout anglais », cette langue d’importation que l’on ne cesse de nous proposer, de nous imposer, de nous vendre. Vingt ans d’une lutte méconnue où, garde-fou, elle a pu matérialiser le bon sens d’une société consciente de ses fondations, mais dont chacun peut appréhender actuellement les limites.

La « langue de la République » en échec

Il y avait déjà la substitution galopante de l’anglais au français dans la pub, la chanson, le cinéma, la recherche et les enseignes commerciales – y compris dans celles où l’Etat est majoritaire (SNCF, EDF, La Poste, Orange…). Cela ne suffisait pas : nos gouvernants, eux-mêmes, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution). La loi Fioraso vient ainsi d’instituer l’anglais langue de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la LRU de Valérie Pécresse, qui aligne nos universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon. Le CSA ( chargé de réprimer l’anglicisation des médias !) « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chanson française.

Empire atlantique monolingue

Le Parlement, lui, est invité à adopter la charte européenne des langues minoritaires et régionales, qui exige une co-officialité des langues régionales sur certains territoires, sapant par l’ethnicisation les fondements universalistes de la citoyenneté.

Une tenaille politique se resserre sur notre langue. Une stratégie linguistique émanant de l’oligarchie « française » et internationale. On sait que l’Union européenne privilégie déjà outrageusement la « langue des affaires et de l’entreprise » comme disait le baron Seillière, alors président de BusinessEurope : qu’en sera-t-il dans l’Union transatlantique ?

En réalité, ces tirs croisés illustrent le démontage de l’Etat-nation, socle du Smic, des conventions collectives, des diplômes nationaux et de la Sécu. Les plus acharnés à promouvoir la charte sont d’ailleurs les mêmes qui, dans les périphéries, rêvent d’euro-régions transfrontalières. Là, le français reculerait, bien plus face à l’anglais qu’en faveur des terroirs ; la loi du profit s’imposerait plus aisément encore qu’elle ne le fait aujourd’hui, où la langue commune, premier service public de France, fédère les résistances ; bref, l’euro-balkanisation du pays et de son substrat linguistique, qui permettrait d’abolir les conquêtes du Conseil national de la Résistance (CNR) au profit d’un empire Atlantique monolingue, est l’arme des puissances d’argent pour diviser et… régner. S’ensuivra une hiérarchisation sociale avec ses discriminations selon que l’on dissertera en english mother tongue, baragouinera globish, ou se contentera d’un français appauvri, miné d’anglicismes grossiers ?

Entrer en résistance linguistique

La nation, l’égalité des peuples et la diversité culturelle sont en danger. Et, pendant qu’un ministre déclare que le français « n’est pas menacé », le gouvernement contribue activement à son déclassement ; un colloque officiel prévu au Sénat le 13 octobre 2014 ne va-t-il pas jusqu’à demander si la loi Toubon « est en adéquation avec les évolutions actuelles » ?

Nous devons entrer en résistance linguistique. Ne laissons pas le basculement au tout-globish s’opérer en silence. Ne nous laissons pas arracher la langue, celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et du CNR, si nous voulons redevenir un peuple libre !


* Georges Gastaud et Matthieu Varnier dirigent l’association Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique), Albert Salon préside l’association Avenir de la langue française, et Régis Ravat est syndicaliste CGT à Carrefour-Nîmes.

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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