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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:13

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La dernière réforme mise en œuvre par le nouveau gouvernement de droite de Mariano Rajoy, une nouvelle contre-réforme du code du travail (la neuvième en vingt ans), est peut-être l'étincelle qui a mis le feu à la poudrière sociale espagnole.
 

 

Dans un pays où le chômage concerne une personne sur quatre, et un jeune de moins de 25 ans sur deux, où près de 40% des travailleurs subissent un contrat précaire et où 10 millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté, le projet du gouvernement visant à achever la précarisation du salariat espagnol est apparu comme l'affront de trop.

Parmi les mesures prévues par cette nouvelle réforme, une réduction des indemnités de licenciement pour le patron limitées à 33 jours par année travaillée contre 45 actuellement, et à 20 jours en cas de licenciement économique, ainsi que l'institutionnalisation de « contrats aidés » avec d'importantes subventions publiques pour l'embauche de jeunes non-qualifiés, dans le privé, dans des contrats précaires, au salaire minimum. Le projet de contrat unique, uniformisant la multitude de contrats précaires actuellement en vigueur, reste en débat.

Autrement dit, une mesure qui acte de nouveaux les cadeaux au patronat tout en approfondissant la précarisation des travailleurs.

La réponse des travailleurs a été massive ce samedi 19 février, peut-être la plus grande manifestation de ces dernières années, avec près de deux millions de travailleurs dans les rues, répartis entre 57 cortèges dont 500 000 à Madrid, 400 000 à Barcelone, 220 000 à Valence, 150 000 en Galice, 130 000 en Andalousie, 80 000 dans les Asturies et en Castille-Léon, 60 000 en Aragon.
 

 

Un potentiel immense existe en Espagne pour mettre en échec la politique du patronat, appliquée désormais par le gouvernement de droite (PP) du Parti populaire mais avec le soutien explicite du PSOE, qui a mis en place tous les plans d'austérité précédents depuis 2008.

Le cri de « Grève générale ! » est monté dans toutes les manifestations du pays, se joignant puis dépassant le mot d'ordre officiel de « Non à la réforme du travail ! ». Toutefois, cette perspective évidente pour les travailleurs qui se sont mobilisés en masse samedi ne l'est pas pour les directions des deux grandes centrales syndicales espagnoles.

 

Face à l'appel de la base à la « grève générale », les directions syndicales avancent le dialogue social

Les dirigeants des deux grandes centrales syndicales espagnoles, de l'UGT (tradition socialiste) et des Commissions ouvrières (tradition communiste, aujourd'hui « a-politique »), se sont empressés de rassurer le gouvernement sur leur résolution à refuser l'affrontement et à ouvrir au plus vite le 'dialogue social' :

« Notre objectif, a déclaré le secrétaire de l'UGT Candido Mendez, n'est pas de chercher l'affrontement, mais bien ce corriger ce qui est un égarement, du point de vue social et du travail ».

Même son de cloche chez le secrétaire-général des Commissions ouvrières (CC.OO), Ignacio Fernandez Toxo : « Les syndicats ne cherchent pas l'affrontement, mais bien la rectification de la réforme du travail, et visent à offrir un exutoire aux citoyens, afin qu'ils expriment leur opposition à cette politique de coupes et de licenciements que tente d'imposer le Gouvernement ».
 

 

Il ne faut pas oublier que cette manifestation, organisée sciemment un samedi, ne s'accompagnait pas d'un appel national à la grève, et que la question d'une « grève générale » posée par les bases syndicales reste contournée par les directions syndicales.

Ainsi, le secrétaire-général des CC.OO lance un appel à Mariano Rajoy : « J'espère sincèrement que nous ne serons pas contraints à aller jusqu'à la grève, et cela dépend du gouvernement ». Cette réforme de précarisation des travailleurs corrigée conviendrait donc au secrétaire du syndicat historiquement sur des positions de classe en Espagne.

Un cas isolé ou une ligne coordonnée à l'échelle européenne ?

Mais si les dirigeants de l'UGT et des CC.OO freinent jusqu'à présent tout appel à la grève générale, porté par les militants syndicaux, ils se sont empressés samedi de lancer un appel à la mobilisation pour le... 29 février, jour de la mobilisation européenne convoquée par la Confédération européenne des syndicats (CES).

Ce n'est pas un hasard si les deux dirigeants syndicaux ont été parmi les premiers signataires d'un appel européen signé par huit responsables de grands syndicats membres de la CES dont Susanna Camusso de la CGIL, Michael Sommer de la DGB, mais aussi François Chérèque de la CFDT et Bernard Thibault de la CGT (Le social doit être le ciment de l'UE) prenant la défense du « modèle social européen » supposément trahi par la politique d'austérité actuelle.

Un communiqué où il est entre autres affirmé qu'il n'y a « pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen », qui appelle à « une gouvernance économique forte de la zone euro », à une « future révision des traités intégrant la dimension sociale » et qui se conclut par l'idée que pour sortir de la crise, « il faut agir dans un cadre commun européen et ainsi renforcer le dialogue social ».

La position des dirigeants syndicaux espagnols est tout sauf un hasard, elle correspond à la lettre à la politique de la CES à l'échelle de toute l'Europe, freiner le développement des luttes, prôner le dialogue social, enfermer la perspective vers un cadre institutionnel européen.

Mais en Espagne, comme ailleurs, rien n'est écrit et la mobilisation des bases peut aussi créer les conditions d'un mouvement de lutte dépassant les compromissions des centrales réformistes et mettant en échec les plans anti-sociaux du patronat et de l'UE, ainsi que des partis qui les servent.

 

source: solidarité internationale-PCF

21/02/2012

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Europe
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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