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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 20:52

120205-Ludo-De-Brabander.jpgLa Syrie est à feu et à sang. Les Occidentaux y entrent difficilement. Telle est l’image qui nous parvient. Ludo De Brabander, porte-parole de l'association néerlandophone Vrede (« Paix »), a voulu en avoir le cœur net. Il s’est rendu en Syrie, a pu se balader tranquillement à Damas et s’est rendu à Hama par ses propres moyens. Il en est revenu avec un récit très nuancé.

 

Ludo De Brabander. Mon voyage au départ du Liban s’est effectué sans anicroches. À la frontière, j’ai tout de suite reçu un visa. À Damas, il n’y avait rien de surprenant à voir, la vie y suit son cours normal. Je n’ai pas vu de check-points ni rien qui suggère la moindre guerre civile. En route pour Malullah, une bourgade au nord de Damas, je n’ai dû franchir qu’un seul check-point.

Mais la situation est sans doute différente à Homs ou à Hama, des villes où les insurgés sont en force ?

Ludo De Brabander. Même à Hama j’ai pu entrer simplement, à mon grand étonnement. Les magasins sont ouverts et, dans les petites échoppes, en rue, c’est la foule habituelle. Mais ça peut très vite changer. Brusquement, j’ai entendu tirer dans deux quartiers tout près du centre : des tirs de mitrailleuse et des explosions de grenades, pendant deux heures. En une seconde, Hama est devenue une ville fantôme, les rues se sont vidées et j’ai dû m’en aller. Après ça, j’ai vu patrouiller les milices Shabiha masquées du président Assad.

Vous avez pu parler avec beaucoup de gens ? Que disent-ils ?

Ludo De Brabander. J’ai parlé avec des gens de différentes tendances. J’ai rencontré un député du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, qui appuie le gouvernement de Bashar al-Assad. J’ai causé avec des jeunes en rue. À Beyrouth, j’ai rencontré des opposants, dont un responsable du Conseil national syrien. Il est clair qu’il règne une grande diversité, mais ce n’est certainement pas un pays en guerre civile et le président a encore une grande partie de la population derrière lui, ce qui explique pourquoi il est toujours aussi solidement en selle.

Comment cela ?

Ludo De Brabander. Assad a sans aucun doute sa propre base de soutien, qui est parfois très fanatique et qui traite tous les opposants de « terroristes ». Mais il y a aussi beaucoup de gens et de groupes de population qui soutiennent passivement le gouvernement. Ils n’aimeraient pas voir Assad disparaître par crainte de ce qui pourrait venir après : soit le chaos, soit une reprise du pouvoir par les Frères musulmans. Ce n’est pas du tout une perspective plaisante pour les alaouites (la minorité chiite dont Assad fait partie, NdlR), les chrétiens, les druzes, pas plus que pour tout une partie de la classe moyenne sunnite qui a intérêt au calme et à la stabilité.


Avez-vous eu un aperçu du mouvement de protestation ?

Ludo De Brabander. Parler politique en Syrie n’a jamais été facile, les gens sont méfiants et ils ont peur. Mais, d’après ce que j’ai pu entendre, je constate quand même qu’une partie de l’opposition a des revendications justifiées, démocratiques et sociales, et qu’elle entend les défendre de façon pacifique. Assad a, par exemple, négligé l’agriculture au profit de la libéralisation et de l’industrialisation, ce qui a causé des problèmes dans les campagnes et les petites villes. Il y a beaucoup de chômage, surtout parmi les jeunes. Et, à Deera, les élèves et les enseignants se sont mis en grève pour un meilleur enseignement. Mais il y a également une résistance armée, de la part des soldats déserteurs et de toutes sortes de groupes qui sont équipés à partir de la Turquie et de la Jordanie.

Et quelle est votre impression à propos de l’intervention du régime ?

Ludo De Brabander. Il intervient de façon très musclée contre l’opposition, mais pas dans les proportions que décrivent nos médias. La violence se concentre à proximité des villes de Homs, Hama et quelques quartiers périphériques de Damas, puis dans les villes plus petites. Divers témoins confirment qu’on tire sur des manifestants pacifiques, mais qu’il y a également des actions armées de la part des insurgés. J’ai parlé avec un jeune qui, lors d’une manifestation à Damas, s’est fait ramasser et a été relâché ensuite. Un de ses amis a eu moins de chance : voilà 60 jours qu’il a été pris et qu’il a « disparu ».

J’ai rencontré une militante des comités locaux de coordination qui a été arrêtée pendant 18 jours pour avoir distribué des tracts, mais elle a été relativement bien traitée. D’autres se sont, en revanche, fait malmener et tabasser, parfois avec une issue fatale. En Syrie, il y a toujours eu une certaine censure. Mais, cette fois, contrairement à mes précédents séjours, je n’ai pu trouver de journaux étrangers nulle part. À la TV de l’hôtel, j’ai toutefois pu regarder Al Jazeera sans problème, et Internet était parfaitement accessible, y compris les sites de l’opposition syrienne, en anglais, du moins.

Et quid des actions militaires contre les insurgés armés ?

Ludo De Brabander. Ici, on ne sait pas toujours clairement qui tire sur qui, comme lors de l’incident que j’ai vécu à Hama. Il y a des postes militaires de contrôle dans les régions à problèmes, mais je n’ai rien vu d’un déploiement de force massif de l’armée gouvernementale. Je n’ai même pas vu un seul char, pas même à Hama ou à Homs. Mais on les avait peut-être mis à couvert, bien sûr.

Que pensez-vous de l’appel à une intervention militaire ?


Ludo De Brabander. Quand vous circulez à Damas, l’idée d’une intervention militaire est absurde. Pour faire quoi ? Pour faire dégénérer l’affaire en une guerre ouverte ? Si vous voulez intervenir militairement en Syrie, vous devez le faire aussi dans cinquante autres pays. Dans l’opposition aussi, des groupes importants s’expriment d’ailleurs contre toute forme d’intervention militaire. C’est pourquoi l’appel de Vrede vzw, d’intal et de Vredesactie contre toute intervention militaire en Syrie – et en Iran est absolument justifié.

 

Entretien mené par Bert De Belder pour le Parti du Travail de Belgique

et publié dans son journal "Solidaires"

4/02/2012

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.I.
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

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