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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 10:46


140818-LT-GAD.jpgPour les quelque 1.000 salariés de Josselin demeure l'espoir qu'aboutissent les négociations

engagées récemment avec SVA Vitré.

 

Fermer l'usine de Lampaul-Guimiliau (29) n'aura pas suffi. La direction de Gad SAS envisage désormais une liquidation judiciaire de son abattoir de porcs de Josselin (56). Les salariés, qui ont manifesté, hier, à Lorient, espèrent que le salut viendra d'Intermarché et de son projet de reprise.


Un peu pris de court par l'annonce-choc de leur direction lors du comité central d'entreprise (CCE) de mercredi dernier, les salariés de Josselin ont organisé, dans l'urgence, hier, à l'appel de la CFDT, une manifestation à Lorient.


Ils ont voulu profiter de la caisse de résonance du Festival interceltique de Lorient pour alerter la population et exprimer toute leur inquiétude. « Nous voulons alerter tous les gens qui peuvent avoir une influence dans ce dossier », a indiqué Patrick Piguel, représentant CFDT, alors qu'environ 200 salariés ont défilé dans les rues de la ville en fête, derrière une banderole intitulée, non sans humour « Le bas Gad de Josselin ».

Des problèmes de trésorerie

C'est donc à l'occasion d'un CCE extraordinaire, mercredi dernier, que la direction a informé les représentants du personnel de son intention de solliciter le tribunal de commerce de Rennes pour l'arrêt du plan de redressement en cours et l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire. « La direction nous a présenté un projet de requête où il est dit que l'entreprise ne peut pas faire face aux objectifs du plan de continuation », a expliqué Patrick Piguel.


Les problèmes de trésorerie de la filiale de la coopérative Cecab ne sont pas nouveaux. À cela s'ajoute l'embargo russe en cours depuis le mois de février et qui risque de s'aggraver en raison des récentes décisions de Vladimir Poutine. Sans compter, enfin, les difficultés de la filière porcine liées à une baisse de la production et à la compétitivité allemande.
Selon les salariés morbihannais, le fait qu'une grande partie des équipes commerciales a quitté l'entreprise, refusant une mutation de Lampaul vers Josselin, n'a pas arrangé non plus les affaires de la société.


Patrick Piguel ajoute qu'à court terme, l'entreprise faisait face au remboursement d'une échéance d'une dette s'élevant à 4,5 millions d'euros à payer le 10 octobre.

L'espoir d'une reprise par Intermarché

Pour les quelque 1.000 salariés de Josselin demeure cependant l'espoir qu'aboutissent les négociations engagées récemment avec SVA Vitré, la filiale du groupe Intermarché. C'est le seul acteur, à ce jour, à s'être manifesté pour la reprise de l'abattoir. Selon la CFDT, les négociations seraient toujours en cours. « Mais nous serons vraiment rassurés quand il y aura une offre écrite », insiste Annick Le Guével, déléguée.

 
Le dossier de liquidation judiciaire devrait être déposé au tribunal de commerce, fin août-début septembre. Deux options sont possibles : soit la juridiction rennaise se prononce pour une liquidation judiciaire immédiate, ce qui constituerait un drame pour les salariés, ou alors elle prononce la liquidation avec continuité de l'activité pendant deux mois, si un repreneur a déposé un dossier de reprise. « Mais il faudra aussi que la Cecab puisse assurer la trésorerie », notent les représentants syndicaux. Cette liquidation devrait permettre, en tout cas, à l'éventuel repreneur d'acquérir les actifs de la société sans en assumer le passif.


Pour Patrick Piguel, quoi qu'il en soit, « il est nécessaire qu'Intermarché sorte du bois au plus vite ». Car, dit-il, « le temps joue contre nous ». Une nouvelle réunion du CCE est prévue le 22 août.


En complément

 

 

Paroles de manifestants

« Montrer qu'on est là »
Aurélie, 30 ans, de La Chapelle-Caro, a 11 ans d'ancienneté chez Gad Josselin (découpe). « Je suis là pour manifester et essayer de garder nos emplois. On nous a annoncé que notre entreprise allait fermer fin août. C'est pour ça qu'on est venu à Lorient, pour montrer qu'on est là. Évidemment, comme tout le monde, on est inquiet, on a des enfants, une maison à rembourser. Ça fait un moment qu'on se doutait de l'issue mais pas à ce point-là. Et pourtant, les salariés ont toujours été présents, on a toujours fait ce qu'on nous demandait ».

« On attendait notre tour »
Nathalie, 38 ans, de Mauron, 16 ans d'ancienneté chez Gad Josselin (découpe) : « La crainte qu'on a, c'est que tout finisse à la fin de l'été. On se plaît ici. Je n'ai jamais été déçue par l'entreprise. Mais, comme mes collègues, je commence à avoir la trouille. Du coup, ça donne envie de baisser les bras, de décrocher. On se doutait que ça allait être notre tour. Ils n'auraient jamais dû monter les salariés de Josselin contre ceux de Lampaul. On est quand même tous dans la même galère. Aujourd'hui, on préfère se dire que tout est fini plutôt que d'y croire encore... ».

« Il nous faut un repreneur »
Pascal, 46 ans, de Ploërmel, salarié de Gad Josselin depuis 24 ans : « Nous sommes ici pour réveiller la population et les acteurs de la filière agroalimentaire. On a tous la trouille : être licencié comme une vieille chaussette, sans même un merci, au bout de 24 ans, c'est dur à digérer. L'avenir s'annonce assez gris. La stratégie du groupe a été très mauvaise. Il fallait trouver des débouchés. Il faut que la filière et notre gouvernement se bougent un peu. Le problème, c'est qu'on est livré à notre sort. On attend un repreneur ».

« Mauvaise gestion de nos dirigeants »
Didier, 45 ans, 22 ans d'ancienneté (conditionnement) : « Ce n'est pas la première fois qu'on se fait avoir mais, aujourd'hui, les choses se présentent plutôt mal. La faute à nos dirigeants et à leur mauvaise gestion. Après Lampaul, ça va être notre tour. On s'est quand même pris une bonne claque dans la figure quand on nous a annoncé la probable liquidation judiciaire de notre boîte. Une chose est sûre : elle va fermer et un repreneur va se présenter quand tout sera à zéro : il y aura du monde à attendre à la porte. Le problème est de savoir combien de salariés seront repris ».

 

« Chronique d'une mort annoncée »

Jean-Marc Detivelle, délégué FO du site Gad de Lampaul-Guimiliau : « C'est le scénario banal d'une chronique d'une mort annoncée. C'est certes triste pour les gars de Josselin mais c'est ce qui leur pendait au nez. Je ne pense pas qu'ils soient surpris ». (Photo d'archives Le Télégramme)

 

Frédérique Le GALL

 

 

source: letelegramme.fr

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Eco-social
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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