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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 23:06

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Owen Breuil était sur place quand Israël a lancé son opération « Bordure protectrice ».
Le travail qu'il menait avec Médecins du Monde est passé de la prévention à l'urgence. (Photo Sacha Petryszyn)

Le Morlaisien Owen Breuil, 34 ans, est coordinateur général pour la Palestine de Médecins du Monde. Il était à Gaza pendant les longues semaines de conflit, cet été. Il témoigne.
Expliquez-nous quelle est votre mission en Palestine ?
Je suis arrivé en Palestine en avril en tant que coordinateur général pour Médecins du Monde (MDM). Il y a quelques mois, MDM a ouvert un nouveau projet pour réduire l'impact psychologique de la violence des colons sur les familles palestiniennes à Naplouse (Cisjordanie). Et à Gaza, avant le début de l'opération israélienne « Bordure protectrice », nous travaillions avec onze dispensaires et les communautés (environ 800 personnes) pour les préparer à faire face aux urgences, notamment à travers des formations aux premiers secours. Nous venions également d'amorcer un projet sur le planning familial en partenariat avec une association palestinienne appelée CFTA.
Quels souvenirs conservez-vous du début des hostilités ?
Dès mon arrivée, on sentait que le climat était extrêmement tendu. Il y a eu comme un cheminement, une descente aux enfers. Tout a basculé avec la disparition de trois colons. Lorsque leurs corps ont été découverts, Jérusalem a été témoin de plusieurs manifestations d'extrême droite, suivies du meurtre par immolation d'un jeune adolescent palestinien. Ce qui a provoqué une vague d'émeutes dans les quartiers de Jérusalem pendant une semaine. Deux jours après la fin des émeutes, la guerre à Gaza commençait.
La bande de Gaza a été sévèrement touchée. Pouvez-vous nous dire à quel point ? C'est très impressionnant. Nous avons visité les zones particulièrement touchées. Il y a des éclats d'obus partout. Par endroits, il ne reste plus rien, c'est rasé. Il y a entre 60 % et 100 % de destruction. À Gaza city, les bombardements ont touché de nombreux bâtiments. Pendant les cinquante jours de conflits, les Gazaouïs ont eu le sentiment atroce de n'être en sécurité nulle part. Tout le monde pouvait être victime. Les familles, les civils et les hôpitaux n'ont pas été épargnés. Même les ambulances et les abris des Nations unies (UNRWA) ont été ciblés et touchés. Toutes les limites ont été dépassées. Les lois internationales, les conventions de Genève... ont été bafouées.
Avez-vous pu mener à bien votre mission ?
Depuis le début de l'opération militaire israélienne, tous nos programmes à Gaza ont été considérablement affectés et nous avons réorienté nos actions pour répondre aux besoins les plus urgents. Des livraisons de médicaments pour la pharmacie centrale de Gaza du ministère de la Santé palestinien ont pu être organisées dès le mois de juillet, malgré les bombardements. La plupart des déplacés se réfugient dans les écoles où l'on a installé deux cliniques mobiles. Elles remplacent les hôpitaux détruits. Chaque semaine, ce sont près de 800 consultations qui sont ainsi réalisées par ces cliniques. Nous continuons à collecter de l'argent afin de lancer trois cliniques supplémentaires.
Combien de temps faudra-t-il à Gaza pour se relever ?
 C'est difficile à dire. Ça va être très long. Dans des zones très urbanisées, il y a 200.000 personnes qui ont leur maison partiellement ou complètement détruite. Des tours entières de huit étages sont à terre. Je ne sais pas qui va pouvoir financer de tels travaux.
Dans quel état psychologique se trouvent les Gazaouïs ?
Les gens sont traumatisés. La durée des attaques a été très éprouvante. Personne ne croyait que ce serait si long.
À votre avis, comment sortir du conflit ?
Tout le monde s'accorde à dire que c'est impossible de revenir au statu quo. Il faut que les négociations avancent. Il ne faut pas oublier que Gaza était déjà, avant cet été, une grande prison à ciel ouvert dépendante de l'Égypte et surtout d'Israël. Il faut d'abord lever le blocus. Israël le concède très difficilement mais l'Europe a son rôle à jouer dans la fin du blocus. Ce qui permettrait à Gaza de normaliser la situation et de commencer à se développer.
Entretien réalisé par Steven LECORNU
Pratique
Renseignements pour aider (dons par exemple) sur www.medecinsdumonde.org ou à l'adresse postale : Médecins du Monde, 62, rue Marcadet, 75018 Paris.

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Planète
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

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