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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 23:48

Réussir un échange véritable entre militants d’une entreprise dans une rude bataille revendicative autour de questions aussi complexes que : Monnaie, économie, Europe, Euro, mondialisation, pouvoir des transnationales et solidarité de classe... n’est pas simple. L’attention de l’intervenant aux réalités du débat, l’efficacité de l’animatrice et l’engagement des participants dans une lutte de haut niveau ont permis un grand débat. Essai de compte rendu, partisan et engagé dans le débat, je le revendique.

 


Fralib : rencontre(s) de lutte

 

 

111208-FRALIB.jpg

 

 

A l’initiative de militants à Fralib Gémenos, avec l’aide décisive du cercle Manouchian, de Rouges vifs 13, l’économiste Jacques Nikonoff est venu participer dans l’usine à un débat sur les perspectives : luttes, économie, Euro, Europe...


Prévu au départ dans le réfectoire de l’usine occupée ce débat a eu lieu dans les locaux du CE en raison de l’évolution positive de la lutte ; la cour d’appel ayant annulé le PSE patronal et les licenciements. Les travailleurs demandent le redémarrage immédiat de la production et la mise en place dans le temps de leur proposition de maintien de la production. L’usine est prête, les salariés aussi.


Pendant plus de deux heures, opinions et analyses se sont confrontées au point que J. Nikonoff a failli ne pas avoir le temps de parler tant il y avait à dire dans l’assistance. Aussi bien parmi les travailleurs de FRALIB et leurs délégués que parmi les aubagnais apportant leur expertise : responsables de la section du PCF, candidate Front de gauche, militantes du M’Pep ou d’Attac, de la FASE... L’échange d’idées a eu lieu.


Marquée par la réflexion politique poussée des militants de l’usine, épaulés par les dirigeants syndicaux. Comment gagner sur les revendications en tenant compte du rapport de force, dans l’usine, au plan local, régional, international ? La conjoncture électorale est-elle favorable ? L’un d’entre eux revenant d’un comité central de groupe en Hollande appelait l’attention sur le fait que la solidarité de classe est comme toujours à construire avec en face un patronat sachant jouer de tout. Les emplois délocalisés de France sont "promis" en Pologne, si bien que là bas la question n’est pas vue de la même façon. Surtout quand le syndicat a l’histoire de Solidarnosc.


Les questions de ce qu’est la politique européenne, de son sens, du rôle de l’économie européenne au service d’Unilever et des monopoles transnationaux est donc première.Tout comme celle des transformations possibles.


En quelques mots en prise directe sur les interventions des uns et des autres J Nikonoff a précisé son point de vue : Sur la réalité de la construction européenne, dès le départ au service exclusif des monopole du charbon et de l’acier -CECA en 1956- pour développer l’exploitation des salariés de toute l’Europe capitaliste. Des institutions (parlement européen, BCE...) visant à institutionnaliser cette orientation. Ce qui pose la question du "réalisme" ou de "l’irréalisme" de ceux qui à la direction du PCF du PGE et ailleurs (au PS c’est un credo fondamental !) pensent aujourd’hui ce système amendable....


Le conférencier a clairement retenu la remarque de participants sur l’idée : ce n’est pas sortir de l’Euro (et de l’Europe) qui est la question utile mais sortir du capitalisme, en France et en Europe. Cette façon de voir ramène d’ailleurs à la question de la sortie mais en la posant autrement : changer de classe au pouvoir en France et en Europe... Dans quel ordre de temps ?... sortir puis changer... changer donc sortir pour pouvoir changer... nul autour de la table n’a prétendu pouvoir répondre... Ce sont les luttes, les choix fondamentaux des français qui décideront en dernier ressort, et non des stratégies électorales pré-établies par des appareils politiques du PS, du PCF, du Front de gauche....


La question du rapport entre luttes et moments politiques (la séquence présidentielles- législatives avec ses configurations locales) a été naturellement l’autre objet occupant le débat.


Débat compliqué, de nombreux points de vue s’exprimant avec parfois plus que des nuances pour les membres d’un même parti présents autour de la table, PCF par exemple. Le Front de gauche venant accentuer encore ce phénomène par sa nature de coalition aux limites évolutives.


L’ensemble des participants m’a paru cependant d’accord sur deux points d’importance :

 -Les propositions du PS, propositions d’accompagnements récemment condamnées en Grèce et en Espagne, mèneraient en France aussi à l’impasse. Nous avons assez donné avec la gauche plurielle.

 -Le Front National est en embuscade : il parvient à tenir un discours de révolte et de pseudo radicalité sociale, de colère.

 

Ce discours est compréhensible et entendu par la classe ouvrière. Autrefois cette radicalité et cette colère étaient portés par les communistes qui les rendaient eux cohérentes par leurs propositions de société socialiste et communiste. Attention à la dimension produire en France, protéger nos frontières, particulièrement présente avec sa dimension écologique (limiter les transports inutiles) dans la lutte des Fralib. Les débats menés dans la lutte, montrent combien les exploités peuvent être radicalement trompés par le pire des porteurs de l’idéologie capitaliste. Aujourd’hui en passe de réussir son opération de camouflage.


La candidate du Front de gauche a développé ses propositions stratégiques qui se heurtent bien sûr à sa conception des alliances et à l’absence d’analyse des impasses passées, en France et dans toute l’Europe.


Face à cette situation, des salariés en lutte, des militants communistes membres ou non du PCF ont souligné l’importance décisive des luttes revendicatives et politiques, avant pendant et après les moments électoraux. Finalement, J Nikonoff par son rappel d’une partie de son histoire personnelle [1] a rappelé l’essentiel : la nécessité d’un parti de classe, organisé à l’entreprise et porteur sans ambiguïté des intérêts des exploités. Des interventions de salariés ont étoffé ce propos.


En 30 ans, le capitalisme a su tant au plan national que mondial réorganiser en profondeur les sites et conditions de la production. Aux exploités, aux communistes de savoir, de l’usine au monde, se réorganiser dans les conditions mondiales actuelles nouvelles.


Les solutions économiques et monétaires avancées par nos camarades d’Amérique du Sud avec la constitution d’une "monnaie commune", le sucre et non "unique" comme l’Euro montrent que rien n’est définitivement inaccessible, y compris sur les questions monétaires en apparence si loin de notre pouvoir. La lutte et l’optimisme de classe qui en découlent, ouvriront toutes les portes.


Permettez au rédacteur de ce compte rendu d’ajouter que la construction aujourd’hui en cours en Amérique du Sud n’est possible qu’appuyée sur les luttes multiformes des peuples du sous continent et Cuba socialiste.


Comme l’a dit en conclusion l’un des dirigeants syndical de la lutte : le défi est immense mais nous sommes obligés de le relever.


Paul Barbazange


PS : Curieusement, mais peut être est ce une indication de nos difficultés générales, personne n’a même évoqué la perspective de luttes interpro de la semaine du 13 décembre.

J . Nikonoff a présenté son livre "Sortir de l’Euro"


[1] années 1970 où ouvrier à Rateau-La Courneuve, il a participé à un affrontement politique de grande ampleur dans une usine où les communistes étaient puissamment organisés.

 

 

source: Faire vivre le PCF (mardi 6 décembre 2011)

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.F.
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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consacrée au dossier Renault

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