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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 08:37

140127-arton8302-f605a.jpgNon seulement ce sont des centaines d’emplois qui sont sauvés, non seulement c’est du travail en plus pour les chantiers français de construction navale, mais aussi c’est un sérieux coup d’arrêt à la circulaire européenne de 1996 sur les travailleurs détachés que nous avons dénoncée ici même : un vrai et très grand pas en avant.


Cela conforte ceux qui comme nous veulent une abrogation de cette circulaire et pousser les organisations politiques et syndicales qui se disent progressistes à la demander...enfin !


Si les grands médias nationaux ont abondamment parlé de la grève des marins (quoique souvent avec quelques approximations – en "oubliant" ceux de la CMN – et oublis : le fond des revendications) ils ont curieusement peu parlé d’un des acquis de cette grève qui est pourtant au cœur du vote de reprise.
Curieusement ? Pas tant que cela quand on examine de près le protocole.

Plus ou moins confusément, on avait bien compris que dans ce conflit se jouait, dans une sorte de quitte ou double de la dernière chance, l’avenir même des compagnies maritimes françaises CMN et SNCM. A force de nous seriner partout que bon d’accord la Corsica ferries n’était peut-être pas bien propre mais le « low cost », dans le maritime comme dans l’aérien, était un mal nécessaire au regard des finances des clients, certains avaient fini par le croire [1]. Vous remarquerez d’ailleurs au passage que pour les François Lenglet (A2) ou les Dominique Seux (France Inter) à la manœuvre de ces justifications,la notion d’usager a disparu au profit de celle de client ce qui est paradoxal quand on pense qu’ils sont payés par le service public !


De plus, à la veille d’une grève bien annoncée par les médias nationaux le gouvernement annonçait lui, le déblocage d’une enveloppe conséquente, ce qui n’arrêtait pas les grévistes. Mais que voulaient-il donc alors ces cégétistes jamais satisfaits, se disait le bon peuple dont nos deux éditorialistes prétendaient se faire l’écho ?


Ce qu’ils voulaient et qu’ils veulent encore, au-delà de leur emploi et même de leur compagnie, c’est ne pas rentrer dans la spirale de la régression sociale par le biais de la mise en concurrence des salariés entre eux.


Comprenons-nous bien. Vous avez d’un côté l’UE et sa circulaire de 1996 sur les travailleurs détachés qui consacre le fait que, quand des salariés se déplacent en Europe ce soit le droit du travail du pays d’origine qui s’applique, et de l’autre des marins en France (et pas forcément français), qui veulent que le droit du travail gagné ici après des décennies de lutte, s’applique à toutes et tous. Et si des polonais, plombiers ou marins, viennent travailler ici, qu’ils soient à égalité de droits et payés comme des salarié-e-s travaillant en France, protection sociale comprise. Autrement dit c’est circulaire Bolkestein d’un côté, contre progrès social et internationale de classe de l’autre.


De plus, les marins savaient que les 30 millions annoncés par le gouvernement ne pouvaient suffire mais qu’il fallait aussi un engagement sur les bateaux à renouveler dont la SNCM a besoin. Eh bien c’est sur ces deux points fondamentaux que les marins ont gagnés ! Sans parler du problème des subventions dont Rouge midi a parlé plusieurs fois, des plaintes enfin déposées à l’initiative de la CGT contre les subventions perçues par Corsica Ferries et de la table ronde avec les collectivités locales pour envisager aux côtés de l’État et la Caisse des dépôts, un retour à une compagnie 100% publique.

Sur les bateaux, la presse en a parlé, n’y revenons pas, le gouvernement prend l’engagement de la construction de deux bateaux supplémentaires d’ici juin ce qui devrait aussi fournir du travail aux chantiers de St Nazaire : très bien.

Sur la question du statut des travailleurs, ce qui pour les marins se traduit par la nature du pavillon (français ou non) et 1er registre. Derrière ces termes, les marins des deux compagnies françaises de Service Public se battaient pour que toute compagnie effectuant des missions de service public en France soit obligée, quel que soit le pavillon qu’elle arbore (la Corsica ferries navigue sous pavillon international italien) d’adopter le droit du travail français. Autrement dit d’aller totalement à l’encontre de la circulaire de 1996 dénoncée ici même et dont le récent aménagement a été, hélas, approuvé à l’unanimité par le sénat français.


Quand d’aucuns présentaient comme « un pas en avant » (sic !) des aménagements à la marge, les marins, eux, se battaient eux pour une véritable réglementation au lieu de cette circulaire et en tous cas sa non application à leur secteur. Aidés par leur avocate, Me Bonnefoi, ils ont à l’appui de leur grève historique sans laquelle il n’y aurait eu aucun gain, musclé leur dossier d’arguments juridiques sur le droit communautaire.


A l’arrivée ils obtiennent (voir document joint)que le droit du travail français s’applique non seulement à leur compagnie, mais soit étendu à l’activité régulière dans l’ensemble de la profession du transport maritime, et demain aux routiers !!


De plus, ils obtiennent aussi, en lieu et place des opérations de contrôle a postériori « justifiées et proportionnées » chères à Sapin, et dont tout le monde mesure l’inefficacité, l’établissement de contrôles avant la mise en place des contrats de travail selon le droit français !! Ce sont des années de lutte et une ténacité à toute épreuve qui trouvent là un aboutissement porteur d’avenir.

Le décret d’application de ces mesures a été présenté par le ministre Cuvillier aux syndicats jeudi 9 janvier et devrait être effectif dans les prochaines semaines. Dans un premier temps, l’état reconnait ainsi que dans les transports ou les secteurs non marchands, c’est à lui de fixer les règles, sans se cacher derrière « Bruxelles ».


A nous de faire en sorte de ne pas en rester là.


A l’issue de cette grève, les travailleurs de France possèdent un sacré levier pour faire évoluer la législation nationale, mettre enfin à bas la circulaire européenne de 1996 et démontrer par la lutte que la solidarité n’a pas de frontières.


L’exact contraire de la préférence nationale qui est tout sauf anticapitaliste et est, comme le dit Fred, [2] " à l’opposé de l’union des travailleurs et des valeurs de la CGT."


Merci à Fred pour ses remarques sur cet article.
Merci à Marc pour les documents qu’il nous a fournis.


[1] et avaler aussi nombre de sornettes qui agrémentaient l’argumentation : personnel trop nombreux, trop payé et fainéant…

[2] Fred Alpozzo, secrétaire du syndicat des marins CGT

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Eco-social
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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