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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:51

♦La dégradation de plusieurs États de la zone euro, dont la France, a encore réduit le cercle des pays les mieux notés.

♦Les banques, les entreprises publiques ou privées mais aussi les ménages devraient en subir les conséquences.

 

La semaine qui s’ouvre est à hauts risques, après que Standard and Poor’s a dégradé vendredi 13 janvier la note de plusieurs États de la zone euro, dont la France qui a perdu son triple A. La réaction des marchés va être scrutée de près dès lundi 16 janvier. 


Même si Fitch a prévu de ne pas dégrader la France en 2012, l’agence Moody’s doit, elle, se prononcer mercredi 18 janvier au plus tard, et le mouvement est de toute manière enclenché. Paris affrontera un test majeur jeudi 19, date prévue pour l’émission de nouvelles obligations.


À l’échelle de l’Europe, un sommet est prévu le 30 janvier avec l’objectif de consolider un nouveau traité renforçant la zone euro. Or Standard and Poor’s critique « un désaccord ouvert et prolongé des dirigeants européens concernant l’approche à adopter pour faire face aux enjeux actuels ».

Les États vont-ils emprunter plus cher ?

« Il n’y a pas de lien automatique entre la note d’un pays et le taux d’intérêt auquel il emprunte sur les marchés », assure Pascal Canfin, eurodéputé (EELV) et spécialiste des questions financières. Ainsi, la perte du triple A cet été par les États-Unis n’a pas eu de conséquence négative sur leurs conditions d’emprunt. Reste que la France, comme les autres pays dégradés, ne peut pas prétendre au même traitement que la première économie mondiale.


La hausse des taux exigés de Paris pourrait s’avérer minime dans la mesure où les investisseurs auraient déjà anticipé cette nouvelle donne dans leur stratégie. « La France risque cependant un effet boomerang, relève Norbert Gaillard, enseignant à Sciences-Po Paris (1). Car cette dégradation va entraîner celle des institutions financières nationales et freiner la croissance, par ricochets. Cela va progressivement ternir le jugement porté sur l’état du pays et conduire les investisseurs à exiger, un jour ou l’autre, des taux d’intérêt supérieurs… »


Quelles conséquences pour les entreprises ?


La SNCF a fait savoir vendredi 13 janvier que « l’évolution de la notation de la France devrait avoir un impact » sur la sienne. Toutes les entités publiques vont en effet voir leurs notes rétrogradées dans la foulée, car les agences estiment qu’elles ne peuvent pas être mieux notées que leur tutelle.


Les notations des banques, publiques ou privées, vont aussi baisser. En France, ces dernières relativisent au motif qu’elles ont déjà subi par anticipation la dégradation de la note française sur leurs conditions de financement. 


N’empêche, les agents économiques craignent de se heurter à une restriction accrue des crédits, tendance perceptible depuis l’automne. D’autant que les banques doivent mettre des ressources de côté pour renforcer leurs fonds propres d’ici à l’été, conformément aux nouvelles exigences européennes. Autre inquiétude : une hausse de la fiscalité sur les entreprises, au cas où l’État cherche de nouvelles recettes…


Les particuliers sont-ils concernés ?


En France comme en Europe, les stratégies de désendettement des États ont conduit à des plans de rigueur qui écornent de manière plus ou moins drastique le pouvoir d’achat des ménages. De nouvelles répercussions sur le porte-monnaie seront inévitables en cas de nouveaux plans de rigueur.


Les épargnants aussi sont touchés, ne serait-ce qu’à travers la baisse des rendements de l’assurance-vie. Enfin, la raréfaction du crédit pourrait aussi peser sur les candidats à l’achat immobilier. Les banques sont de plus en plus sélectives pour accorder un prêt. Et les taux risquent d’augmenter, même si les banques se financent aujourd’hui au niveau historiquement bas de 1 % auprès de la Banque centrale européenne (BCE) qui fait tout pour les maintenir à flot.

L’Espagne et l’Italie dégradées verront-elles leurs difficultés aggravées ?

Standard and Poor’s a dégradé de deux crans les notes de l’Espagne et de l’Italie, respectivement à « A perspective négative » et BBB+. Ces pays sont pourtant engagés dans des plans d’économies de dizaines de milliards d’euros et avaient enregistré la semaine dernière un premier répit sur les marchés. 


Leur dégradation étonne Norbert Gaillard, pour qui « elle risque d’avoir un effet auto-réalisateur en aggravant les difficultés de ces pays, mais aussi de décourager les populations. C’est d’autant plus grave qu’en cas de coup dur, la zone euro n’a pas les moyens de se porter à leur secours. »

L’existence de la zone euro est-elle menacée ?

Standard and Poor’s a assuré que l’éclatement de la zone euro ne faisait pas partie de son scénario. Mais la perte du triple A par la France – et par l’Autriche, du fait de ses nombreux investissements en Hongrie, au bord de la faillite – menace le fonds de soutien aux États fragiles. « Si la France est dégradée, souligne Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank, le Fonds européen de stabilité financière ne pourra pas conserver son triple A », dont il bénéficie aujourd’hui grâce à la garantie apportée par les pays les mieux notés de la zone euro. Une mauvaise nouvelle alors que le FESF peinait déjà à convaincre des investisseurs étrangers, dont la Chine, de contribuer à une augmentation de ses ressources.

Surtout, cette décision vient consacrer une zone euro à plusieurs vitesses. La France, en particulier, a quitté le noyau dur des pays les plus solides où ne restent plus que l’Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg. « Le “décrochage” entre Paris et Berlin est aujourd’hui patent », fait remarquer un observateur.


L’agence américaine pointe « l’accroissement des divergences de compétitivité entre les pays du noyau dur et les pays dits “périphériques” » comme une des causes de la crise de la dette. Pour Norbert Gaillard, « la Grèce pourrait sortir de la zone euro dans les prochains mois mais il ne s’agirait alors que d’un reformatage. En revanche, si l’Espagne ou l’Italie sortaient de la monnaie unique, alors, on pourrait parler d’explosion. »

Est-il possible de remonter la pente ?

L’Australie, la Finlande, la Suède, le Canada et la Norvège ont été dégradés « au début des années 1990, retrace Norbert Gaillard. Il leur a fallu dix ans pour regagner la meilleure note, en réduisant leurs dépenses publiques et en dégageant des marges de manœuvre pour la croissance. » C’est bien la capacité à créer de la richesse qui est évaluée par les agences, puisque seule la croissance permet de réduire durablement l’endettement.


Standard and Poor’s souligne que « le seul pilier de l’austérité budgétaire risque de mener à l’encontre du but recherché », en « affaiblissant les perspectives de croissance ». Or la chancelière allemande Angela Merkel a appelé à accélérer le renforcement de la discipline budgétaire dans le nouveau traité européen en préparation.


L’urgence, plaident un grand nombre d’observateurs, serait d’alléger la pression sur les pays dans la ligne de mire des investisseurs. Si Standard and Poor’s salue l’action des « autorités monétaires de la zone euro qui ont joué un rôle décisif afin d’éviter un effondrement de la confiance des marchés », plusieurs voix souhaitent voir la Banque centrale européenne aller plus loin en achetant massivement et directement de la dette aux pays en difficulté, comme le fait la Réserve fédérale aux États-Unis… Une intervention que l’Allemagne persiste à refuser.


(1) Auteur de Les agences de notation, La Découverte, 128 pages, 2010, 10 €.

 

MARIE DANCER

 

source: la-croix.com

dimanche 15/01/2012

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Publié par L'Hermine Rouge - dans France
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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