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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 14:14

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L’Amérique Latine est-elle en train de se débarrasser de la tutelle de Washington ?

 

La Celac (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes) vient de naître à Caracas, sans les États-Unis. L’événement est vraiment historique. Le chantier de l’intégration continentale a franchi une nouvelle étape.


Deux cents ans après les proclamations d’indépendance, 33 pays, hétérogènes, réunis à Caracas les 2 et 3 décembre 2011 (presque tous leurs chefs d’État étaient présents), ont commencé à matérialiser le slogan « l’Amérique latine aux Américains » (du Sud), que le président Roosevelt lança au début du XXe siècle avec une tout autre signification : l’Amérique (du Sud) aux Américains (du Nord). Certes, le chemin sera encore long vers une intégration sans la tutelle de Washington, mais les vents ont tourné.


La déclaration du sommet fondateur de Caracas fixe le but final du processus : une « grande patrie », le vieux rêve de Bolivar, de José Marti, des « libertadors ». La Celac disposera, pour ses débuts, d’une structure légère, d’une troïka de direction (Chili, Venezuela, Cuba), qui fonctionnera entre chaque sommet annuel, et les décisions seront prises par consensus la première année et aux quatre cinquièmes des voix ensuite. Elle n’aura cependant pas de budget propre, ce qui limitera dans un premier temps ses pouvoirs. Les médias latino-américains soulignent le « rôle moteur » du président Chavez et l’importance de la « course de fond engagée ». L’Alba (Venezuela, Cuba, Équateur, Bolivie, Nicaragua et quelques petits États des Caraïbes) aurait souhaité aller plus loin dans les structures et les moyens de l’intégration, mais le bilan reste néanmoins significatif des nouveaux rapports de forces et du recul de l’hégémonie des États-Unis.


Certes, au-delà des bonnes intentions, les contradictions et obstacles seront nombreux à dépasser :

- poids continental et ambitions régionales et internationales du Brésil,

- influence de Washington sur les gouvernements conservateurs (Mexique, Chili, Colombie, Honduras, Panama),

- contre-offensive des États-Unis (coup d’État au Honduras, ingérences multiples en Colombie, en Équateur, provocations contre Cuba…), tentatives redoublées de déstabilisation du Venezuela bolivarien…

- persistance de l’OEA (Organisation des États américains), créée jadis pour servir de « ministère des colonies » aux États-Unis et aujourd’hui affaiblie. L’un des objectifs de nombreux pays de la Celac est, à terme, de la substituer. Un bras de fer et une course de vitesse sont désormais engagés. Les résultats des récentes consultations électorales consolident les processus démocratiques en marche. L’élection présidentielle vénézuélienne, à l’automne 2012, constitue pour tous, d’ores et déjà, un enjeu de la plus haute importance, marqué par l’état de santé du président Chavez, qui soigne un cancer grave. Pendant que les chefs d’État dessinaient un avenir indépendant, quelques centaines de manifestants, beaucoup de dames des beaux quartiers, comme jadis au Chili de Salvador Allende, manifestaient dans les rues de Caracas en tapant sur des casseroles. « On a faim ! »... de pouvoir. Ceux-là préparent la revanche de classe.


Tous les chefs d’État – certains sans doute moins spontanément que la plupart –, à l’instar de l’Équatorien Correa, ont insisté sur ce « pas en avant » vers une véritable indépendance, vers une coopération économique équitable, un dialogue souverain, la résolution des conflits sans la tutelle du puissant voisin du Nord, etc.


En 1904, le poète nicaraguayen Ruben Dario écrivait à Malaga : « Vous êtes les États-Unis, vous êtes le futur envahisseur de l’Amérique qui a du sang indien… » L’Amérique du Nord est intervenue militairement à près de 200 reprises dans l’histoire de ce qui fut son « arrière-cour ». Les temps ont bien changé. Même si l’impérialisme cherche à reprendre la main, le continent lui échappe. De nombreux pays sont des laboratoires de changements sociaux et démocratiques. 
On débat, on tâtonne, autour du « socialisme du XXIe siècle », sans tabou…


Le 13 juin 1826, Simon Bolivar, dans une lettre au « libertador » Santander, affirmait prophétiquement : « Les États-Unis semblent destinés par la providence à répandre dans notre Amérique des misères au nom de la liberté. » Aujourd’hui, « notre Amérique », au nom de la liberté, combat la misère et la dépendance. Avec volonté politique, renforcement de l’État, des services publics, redistribution, stabilité, croissance, efforts en matière de santé et d’éducation, et des progrès sociaux reconnus par la plupart des observateurs et spécialistes.


Jean Ortiz,

universitaire communiste

 

 

source: humanite.fr (Lundi 5 décembre 2011)

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Planète
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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