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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:53
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Demain, salariés et usagers de la protection sociale ont rendez-vous dans la rue pour une journée de mobilisation interprofessionnelle, à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires, contre les dangers d’un projet de budget qui franchit une « marche de plus vers la privatisation de la santé et de l’action sociale ».

La protection sociale, c’est ce qui permet de vivre ensemble. » Sa remise en cause est « inacceptable ». Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT (lire notre entretien), explique les raisons qui ont poussé son syndicat à organiser une Journée nationale de mobilisation demain. Alors que les députés examineront le budget de la Sécurité sociale mardi prochain, Marisol Touraine, ministre de la Santé, a déjà présenté en Conseil des ministres un plan d’économies drastique, dont 700 millions d’euros pour la seule branche famille. Chômage, politiques systématiques d’allégement de cotisations, fraude patronale sont les principales sources du déficit de la Sécurité sociale. La réponse du gouvernement consiste pourtant une fois de plus à réduire l’accès aux prestations, ce qui pousse un peu plus le système dans les bras du secteur privé. La mobilisation de demain vise à mettre au contraire en débat une ambition de reconquête des missions de santé et de la Sécurité sociale. 


Casser le système, affaiblir les services publics et l’universalité des droits à la protection sociale via les 21 milliards d’euros d’économies, pour forcer les Français à se diriger vers le privé et ainsi faire de la Sécu un bien individuel et non plus un bien commun universel, tel est le sens caché du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015. L’alerte est lancée via la journée de mobilisation interprofessionnelle des syndicats CGT, FSU et Solidaires. Demain, les syndicalistes ont rendez-vous dans la rue, dans les entreprises, avec pour objectif de sensibiliser les salariés et les usagers aux dangers de cette « marche de plus vers la privatisation de la santé et de l’action sociale », pour reprendre les mots de la secrétaire générale CGT santé, Nathalie Gamiochipi.


Au fil du texte et des mesures, les coups de rabot et l’austérité puissance dix assombrissent le paysage sanitaire. Avec 3,2 milliards d’euros en moins en 2015 et 10 milliards sur trois ans, la branche maladie est la plus grignotée. L’hôpital public est sérieusement mis en danger, puisque l’« effort » demandé est une diminution des dépenses de 520 millions d’euros. « La situation financière des établissements est catastrophique, dénonce la dirigeante syndicale. Partout, il y a des plans sociaux (Institut Curie, Périgueux, etc.) Partout, il y a des fermetures de services envisagés. Les situations sont très en tension. Et on va en rajouter encore ! Sachant qu’au bout, pour les patients, c’est l’accès à la santé qui en pâtit : renoncement aux soins, délais d’attente aux urgences… » Sans compter qu’avec la future loi santé et l’obligation pour les hôpitaux de se regrouper en GHT (groupement hospitalier de territoire) avant fin 2015, « le privé aura toute latitude pour se recomposer où il veut, sur les activités de son choix, les plus rentables », fait remarquer Nathalie Gamiochipi. À cela s’ajoute le pari risqué sur l’ambulatoire, qui consiste à réduire la durée d’hospitalisation pour renvoyer les patients à leur domicile, ou encore l’objectif d’améliorer la « pertinence et le bon usage du soin », qui vise en fait à limiter les médecins dans leur prescription médicale. Une potion amère, quand 83 % des salariés estiment que la santé est leur principale préoccupation quotidienne, selon un sondage BVA-Domplus.

Une baisse des pensions 
pour 460 000 retraités

Et malheureusement, la situation des hôpitaux n’est pas un cas isolé. Tous les organismes sociaux en sont également victimes. À force de tailler dans les effectifs, les dossiers s’empilent et les accueils ferment… Inconcevable il y a encore quelques années d’imaginer qu’en France, et plus spécialement dans le nord du pays, 6 000 personnes puissent se retrouver privées du versement de leur retraite depuis en moyenne trois mois, les agents n’étant pas en mesure de traiter les dossiers. Inconcevable encore, l’agression d’un agent de la CAF de Bordeaux, qui a mis l’ensemble des personnels girondins en grève.


Malheureux aussi, les retraités qui subiront, en plus du gel des pensions à peine compensé par une prime exceptionnelle pour ceux d’entre eux touchant moins de 1 200 euros par mois, une hausse de la CSG. Et pour ceux dont le revenu fiscal de référence est supérieur à un certain seuil – 13 900 euros pour une part, 21 322 euros pour deux parts – le taux de contribution ne sera plus de 3,8 % mais de 6,6 %. Avec, pour conséquence, une baisse des pensions net pour 460 000 retraités.


Mais la grande surprise du PLFSS est la remise en cause de la politique familiale. Pour économiser 750 millions d’euros sur la branche famille, le gouvernement divise la prime à la naissance de 923 euros par trois à partir du deuxième enfant, réforme le congé parental en raccourcissant la durée du congé pour les mères. Les aides à la garde d’enfant accordées aux ménages qui font appel à une assistante maternelle ou à une nounou à domicile seront abaissées en fonction des revenus. Et la majoration des allocations familiales, initialement dès les quatorze ans de l’enfant, devra attendre le seizième anniversaire. Face à cette charge contre les familles, le Parti socialiste propose de faire ces économies ailleurs et remet en cause le principe d’universalité des droits, en proposant de moduler les allocations familiales.


Reste que le « trou » de la Sécu n’est pas le fait de dépenses « excessives », mais il est plutôt à chercher du côté de la crise sociale, du chômage et du manque de rentrées fiscales avec, notamment, le « pacte de responsabilité ». « Le dernier rapport de la Cour des comptes fait état de 24 milliards d’euros non recouvrés auprès des employeurs », rappelle Denis Lalys, secrétaire de la fédération CGT action sociale. « Avec les exonérations, ils remettent tout en cause. Ce n’est pas une question de choix budgétaires, mais de politique », dénonce le syndicaliste. Bref, « l’accès aux soins et la protection sociale concernent toute la population et interrogent également les questions liées à l’emploi et aux salaires », résume-t-il. Alors qu’une véritable réforme du financement visant à consolider le système solidaire pourrait être étudiée, avec la mise en place de mesures comme la modulation des cotisations sociales des entreprises, tenant compte tant de la part des salaires dans la valeur ajoutée de l’entreprise que du comportement des entreprises par rapport l’emploi. En attendant, « du succès du 16 octobre dépendra la suite », conclut Denis Lalys.


La carte des mobilisations en Bretagne

=> Côtes d'Armor

-Lannion         :  14 heures, devant l'Hôpital,

-Saint-Brieuc : 10 heures 30, Rond-point Hunaudaye-près de la CAF.

 

 => Finistère

-Brest            : 11 heures-Place de la Liberté pour aller vers la CPAM ,

-Carhaix        : 14 heures 30-Maison des services publics,

-Douarnenez: 15 heures-devant le Centre Hospitalier Michel Mazéas,

-Morlaix         : 15 heures-devant la CPAM,

-Pont l'Abbé  : 10 heures 30-devant l'Hôtel-Dieu,

-Quimper       : 11 heures-devant la CPAM,

-Quimperlé    : 11 heures-Coat Kaër pour aller vers l'Hôpital.

 

=> Ile-et-Vilaine

-Redon        : 17 heures-devant la sous-préfecture,

-Rennes      : 11 heures 30-Place de la Mairie,

-Saint-Malo : 11 heures devant la CPAM.

 

=> Morbihan

-Lorient        : 11 heures devant la CPAM.

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Eco-social
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

pour signer la pétition

cliquer ici

140812-CISC-copie-1

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

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