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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:40

Paul-BARBAZANGE.jpgRéunir et rassembler la diversité des communistes n’est pas, ne sera jamais chose simple. Surtout en période électorale quand tant de questions allant des hommes et de leurs histoires locales jusqu’aux choix stratégiques tendent plutôt à éloigner. Surtout quand au travers d’une violente crise systémique le "neuf" tape à la porte et qu’il faut inventer. Raison de plus pour profiter des moments qui rassemblent et permettent de progresser, tant en ce qui concerne les contenus que la fraternité.


Vendredi 13 janvier 2012, j’ai répondu avec Marie Christine Burricand à l’invitation de nos camarades Rouges vifs 13 qui recevaient leurs amis pour les vœux.

 

J’ai passé une excellente soirée. Belle par le nombre (nous étions plus nombreux que l’année précédente), belle par la diversité : des FRALIB bien sûr qui étaient près d’une dizaine et heureux d’être là (et encore d’autres fralibiens se sont excusés car ils avaient une autre initiative ailleurs), des précaires du commerce, des chômeurs, des gens des quartiers alentours, des jeunes militants associatifs de l’antiracisme et du droit des migrants, des militants d’associations de quartiers, des militants syndicaux d’entreprises... Un rassemblement, à mes yeux, plus jeune et directement lié à la production que dans de nombreuses sections du PCF.


Belle par l’atmosphère, par le discours rigoureux de Serge prenant justement l’exemple des FRALIB pour illustrer les positions de l’organisation qu’il préside sur la sortie de l’euro et de l’UE. UE qui est à contrario de ce qui se fait en Amérique du sud (et dont la gauche française pourrait s’inspirer) où après être sortis de l’ALENA, les peuples se regroupent avec l’ALBA et maintenant la CELAC.

Belle parce que les participant-(e)-s sont reparti-(e)-s en se disant que l’espoir est dans les luttes présentes et à venir et que plus que jamais, c’est dans la rue (et les entreprises occupées) que ça se passe.

Pourtant, même là, l’intervention de Jean Luc Mélenchon la veille à la télé a marqué. Et au delà du discours, occupé les échanges. Tout comme d’ailleurs, les conditions concrètes de l’ensemble de la séquence électorale en cours (et ses avatars dans les diverses circonscriptions des Bouches du Rhône !).

Les luttes seront décisives, avant, pendant et après les élections. La façon dont les communistes, membres ou non du PCF participeront à ces luttes, proposeront des luttes, des rassemblements politiques, influera fortement. Le résultat électoral dépendra de ces luttes, mais le développement des luttes dépendra aussi pour partie des résultats électoraux. Nous le savons.

Nous avons dans ce domaine une vraie expérience : 1936, 1945, 1968, et même 1981 et 1995. Sommes nous, les uns et les autres en capacité d’interroger, de bouger avec les militants cette question ?


Sommes nous les uns et les autres capables d’agir pour briser l’attentisme électoral ? Mener les luttes et manifestations politiques nécessaires ? Dans combien de sections, de fédérations du PCF, avec combien de groupes communistes ont eu lieu de réelles mobilisations de lutte politiques contre la crise... trop peu !


Comment se situent les syndicalistes CGT, FSU, SUD par rapport aux luttes, par rapport aux échéances politiques, à leurs contenus ? Comment appréhender la réalité du Front de gauche... son hétérogénéité, sa diversité, ses multiples évolutions possibles... vers un outil politique au service d’ambitions personnelles, vers une social-démocratisation ou vers un outil utile aux luttes ?


Il ne peut suffire d’avoir un programme plus ou moins bon... Le mouvement ouvrier en avait un en 1981 ! Il ne peut suffire d’avoir un candidat bon orateur et débatteur télévisé de talent.


Arriver à organiser les luttes anticapitalistes, avant, pendant et après la séquence électorale, préoccupait tous les participants. Répondre n’était facile pour personne.


Comment les articuler aux moments électoraux : campagnes, meetings et votes ? Comment faire "exploser" les calendriers et les programmes électoraux ?


La forte présence des FRALIB par les questions politiques que posent leur lutte peut aider à éclairer certains aspects.


Jean-Luc Mélenchon, le lendemain même de sa désignation par 57 % des communistes (rappelons à cette occasion que 43% avaient donc voté pour une candidature issue de leurs rangs) a visité leur usine. Il a indiqué son intention d’instaurer des contrôles et taxes douanières aux frontières européennes. Malheureusement, c’est en Pologne que le trust UNILEVER essaie de délocaliser les emplois. C’est bien l’Europe capitaliste qui est en cause, sa construction depuis 1956 contre les exploités.


La question de la protection des salariés et des productions en France en face de la rapacité des transnationales et de leur outil politique et institutionnel européen.


Cette lutte pose tout aussi clairement la question des financements : accès aux crédits, répartitions et contrôles des crédits bancaires. Pour réussir, la reprise sous une forme coopérative aura besoin de crédits. Quelque chose d’autre sera-t-il possible sans bouleversement révolutionnaire de la sphère du crédit ? Aujourd’hui par BCE et banques interposées, l’argent va à la spéculation, aux profits, au paiement de la dette... à la rente capitaliste et non à l’emploi, à la production. Au dernier trimestre les banques ont failli remettre en cause la poursuite de la production à Net Cacao. Maintenant ce sont les raffineries Petroplus qui ne disposent plus des fonds bancaires de roulement nécessaires à la production.


Le pouvoir doit changer de main. Ce sont eux ou nous !


Le front de gauche est encore très loin de le dire avec suffisamment de cohérence et de vigueur. Je l’ai senti en écoutant jusqu’au bout Mélenchon. Je l’ai senti bien plus fort dans cette amicale rencontre. Le problème n’est ni le Front de gauche, ni Mélenchon : la question à laquelle nous nous heurtons est quelles luttes, quels niveaux pour la lutte et quels contenus de classe ?


Quelle articulation entre luttes et séquences électorales ?


Quel rassemblement arriver à construire entre communistes dans le cadre national ?


Comment aborder les questions internationales : Europe, Euro, guerres coloniales... ?


Oui, j’ai passé un bon moment avec des camarades communistes de Rouge vifs 13. Oui l’essentiel se réglera dans les luttes le plus souvent à l’entreprise. Oui le peuple de France, les 92 % de salariés, ont besoin d’un grand parti communiste national.


Travaillons à son existence, avant, pendant et après son congrès de 2012.


Nous avons tous, communistes au delà des nuances qui nous séparent, à nous saisir de cette question.


Paul Barbazange

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.F.
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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A lire ....

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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sortir de l'euro.....
Frédéric LORDON-Médiapart
Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

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