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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 22:36

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Il était militant communiste. Mais il était avant tout « Monsieur le maire ». Même quand il ne l'était plus. L'action était son moteur, bien plus que les dogmes. Les Douarnenistes étaient tous ses enfants et ils l'ont aimé. Longtemps.

Dans les années 1970-1980, il était l'un des membres du Parti communiste français « pour qui l'union de la gauche était une évidence », rappelle Jean-Yves Le Drian dans son hommage (lire en page 11).Une union à laquelle Michel Mazéas a donné forme en conduisant les affaires de la ville avec le socialiste Jean Peuziat. Mais la force qui l'animait, la puissance de son désir d'agir pour son prochain ont retenti bien au-delà. C'est sans doute là qu'est la singularité du personnage, qui a déteint sur la ville.

Le drapeau rougeà l'extérieur de l'église

Notre confrère, le journaliste douarneniste Jean-Jacques Chapalain, raconte cette anecdote. « Ma mère était ouvrière d'usine et catholique pratiquante. Et elle votait pour Michel Mazéas. « On est du même monde », disait-elle à son propos, avant d'aller se confesser pour avoir voté pour un communiste... Quand il allait aux enterrements, le drapeau rouge restait à l'extérieur de l'église et c'est lui qui chantait le plus fort, se souvient encore Jean-Jacques Chapalain. Il connaissait tous les cantiques en latin ».

L'amitiéavec Philippe Paul

Cette volonté de dépasser les clivages, Michel Mazéas en aura fait la démonstration jusqu'au bout. Il entretenait une amitié sincère avec celui qui est aujourd'hui dans le fauteuil de maire, l'UMP Philippe Paul. Le ciment de cette amitié, c'est leur passion commune pour l'aviation. « Après mon passage dans l'Armée de l'air, je suis venu le voir à la mairie. Je savais qu'il pilotait. Je voulais qu'il me fasse rencontrer des gens. Plus tard, je peux en faire la confidence aujourd'hui, quand j'étais adjoint de Jocelyne Poitevin et lui dans l'opposition, le dimanche, nous allions ensemble aux meetings aériens. Lui, moi et mon fils Ludovic. Et quand je suis devenu conseiller général, il me présentait à tout le monde aux meetings en le précisant. Les gens devaient trouver ça drôle... ». Philippe Paul a du mal à cacher son émotion, quand son regard se pose sur la photo au-dessus de son bureau de maire. Un B17, à bord duquel il y a Michel Mazéas. « C'est lui qui m'avait demandé de prendre cette photo... Nous ne parlions quasiment jamais de politique. Mais je l'avoue, il m'arrivait parfois de l'appeler pour lui demander conseil ».

Une empreinte indélébile

Hugues Tupin, élu PC douarneniste a rejoint l'équipe de Michel Mazéas en 1989. « J'ai adhéré au parti cette même année. J'avais 32 ans. Là, j'étais à l'école ! », se souvient celui qui repart à l'assaut de la ville aujourd'hui, dans une liste d'union citoyenne. « J'ai pu constater qu'une équipe en place peut faire, bâtir, transformer la vie des gens. L'échelle de la ville, c'est la bonne. C'est là que tout commence. Michel était convaincu de ça. Qu'on pouvait faire des choses. Et il les a faites. Au fond, la ville a peu changé depuis lui. L'hôpital, la MJC... Il a apporté aux habitants ce dont ils avaient besoin. Ce qui a permis à la ville de s'ouvrir vers l'extérieur. Aujourd'hui encore, grâce à lui, l'image de Douarnenez à l'extérieur est bonne. Michel Mazéas, c'est une empreinte de la ville, belle et indélébile ».

 

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Homme d'action et de passions

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« Mich'», homme d'action et de passions. Action pour développer sa Ville et faire bouger tous les quartiers. Passions pour la voile, la mer, l'histoire, la culture et l'éducation. Témoignages et hommages.


Jean-Michel Le Boulanger. « L'incarnation de Douarnenez ». Actuel vice-président de la Région, Jean-Michel Le Boulanger a fait ses premières armes aux côtés de Michel Mazéas. Il a été son adjoint de 1989 à 1995. « Des moments très denses et je lui dois beaucoup ». Une époque politique surtout marquée « par le duo indissoluble que formaient Michel Mazéas et Jean Peuziat (NDLR : disparu le 17 avril 2008). L'un était prof, l'autre ouvrier ; l'un était laïc, l'autre catholique ; l'un était communiste et l'autre socialiste ». Des différences mais « les deux avaient leur ville chevillée au corps et ont toujours su dépasser leurs contradictions pour se retrouver au service des autres. Avec Michel, nous partagions aussi la même passion : l'Histoire ». Les deux ont participé, avec Fanch Hascoët, aux publications des « Mémoires de la Ville » : des ouvrages de référence. Jean-Michel Le Boulanger retient surtout la personnalité d'un « vrai patron qui a incarné la Ville ; comme le sont parfois les grands hommes politiques. Avec le décès de Michel, c'est la page d'un siècle et demi d'histoire qui se tourne ».Daniel Bouër. « Le développement du tissu associatif ». Le socialiste Daniel Bouër a été adjoint de Michel Mazéas de 1977 à 1989 au sein d'une Union de la gauche avant l'heure. Des années de cohabitation qui « n'étaient pas toujours très faciles ». Comme cette opposition au sujet de la centrale de Plogoff. « Élu communiste, Michel était pour l'installation de la centrale alors les élus socialistes étaient contre. Michel était un grand homme d'action et pragmatique. Il a toujours cherché à développer le tissu social et associatif de Douarnenez. Comme la construction de l'hôpital ou encore le développement de la MJC ou celui de la voile scolaire ».Joël Perrot. « Un grand homme de la mer ». Entre Joël Perrot et Michel Mazéas, les rapports ont souvent été vifs. Durant trois mandats, et dans des formations politiques opposées, Joël Perrot et Michel Mazéas se sont « souvent pris la tête lors de conseils municipaux ». Mais « finalement, on s'aimait bien et on se respectait beaucoup ». Et surtout, « on partageait la même passion de la mer et de la vie des marins-pêcheurs. J'étais patron pêcheur et Michel était fils de pêcheur ». Un monde qui les rapprochait. « À partir des années 2000, on se retrouvait à 9 h, tous les matins, cinq jours par semaine, pour prendre un café au Bar de la criée. On parlait de tout, de la pêche, des bateaux, des marins et de nous ». Dominique Le Bihan. « Par tous les temps ». Vice-champion du monde de windsurf dans les années 1980, Dominique Le Bihan avait douze ans en 1967 quand il est entré à Jean-Marie-Le Bris, où Michel Mazéas était prof d'histoire-géo. « Il venait de monter une section voile. Mes parents m'y ont aussitôt inscrit. Le samedi et le mercredi, avec son fils Loulou, il nous encadrait. Il n'avait pas peur de nous envoyer en mer par tous les temps. On a commencé à faire des régates, des championnats. De fil en aiguille, il s'est retrouvé responsable de l'équipe de France d'Optimist. Nous étions plusieurs Douarnenistes dans l'équipe, dont François Bonizec, Bernard Conan... Et nous avons été deux à être sélectionnés pour le championnat du monde en 1969 ». Une carrière sportive internationale s'annonçait pour Dominique Le Bihan et la voile scolaire venait de naître à Douarnenez, autour de l'Optimist, un petit bateau dont l'usage n'était pas encore répandu en France. Michel Mazéas a fait construire la flottille qui a équipé le centre nautique dans les années 1960-1970.

 

 


 

« Il a fait apparaître de véritables quartiers dans toute la ville »

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14 février 1928. Naissance à Ploaré dans un foyer de marin pêcheur.De 1948 à 1983. Instituteur des écoles publiques puis professeur de collège.1969. Entrée en politique comme conseiller municipal. Maire de 1971 à 1995. En 1995, il est battu par Joseph Trétout de 51 voix. Il restera conseiller municipal jusqu'en 2008.« Toute la ville a bougé ». « Tout a bougé dans tous les quartiers sous ses mandats », disait, hier, un ancien cadre des services municipaux. Avec notamment de nombreux lotissements communaux comme Le Carbon, Listrouarn, Ploaré, Bréhuel. Des lotissements « qui ont fait apparaître de véritables quartiers ». Sous les mandats de 1977. Michel Mazéas également : construction de la MJC, une des premières du Finistère. Construction de l'hôpital et du foyer-logements du Golven. Construction de la nouvelle mairie et déménagement des services de la mairie installée dans la Maison Charles-Tillon.Le Port-Rhu. Aménagement de tous les quais du Port-Rhu en 1990 et 1991 pour créer le Musée du bateau inauguré en 1992.1993. Achat du site des Plomarc'h pour en faire un conservatoire des animaux de ferme bretons.

Une cérémonie publique d'hommage est organisée vendredi 20 décembre, à 15 h, dans la salle Jules-Verne, avant une inhumation dans l'intimité familiale, au cimetière de Ploaré.

 

 

source: letelegramme.fr

(19/12/2013)

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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cliquer ici

140812-CISC-copie-1

Billets

A lire ....

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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BP 30111-62802 LIEVIN

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La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

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