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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 13:03

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Ces 2 et 3 décembre 2011 à Caracas est fondée la Communauté des États Latinoaméricains et des Caraïbes (CELAC). Elle remplace une OEA (Organisation des États Américains) décrédibilisée par son alignement sur les États-Unis, par un organisme exclusivement latino-américain et politiquement pluraliste. Celui-ci réunira pour la première fois sans les USA ni le Canada, 32 chefs d´État [1] sur un total de 33 pays représentant 550 millions de citoyen(ne)s sur un territoire de plus de 20 millions de kilomètres carrés.


D´ores et déjà le président équatorien Rafael Correa a manifesté son souhait de voir se créér au sein de la CELAC une commission des droits de l´homme réservée aux latino-américain(e)s pour se substituer une CIDH devenue caisse de résonance de campagnes médiatiques contre les gouvernements progressistes qui se multiplient en Amérique Latine.


Aujourd’hui nous pouvons être fiers de nos progrès. Je parle de notre Amérique latine et des Caraïbes, qui surgit avec une force extraordinaire pour faire un pas de plus-décisif"sur le chemin de l’intégration et de l’unité, de la naissante souveraineté nationale, conscients que sûrement les Etats-Unis voudront saboter aussi cette expérience, comme il le firent avec le Congrès Anfictionique de Panama (en 1816, Ndt).


Parler d’une Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes signifie commencer à assumer la souveraineté régionale, laissant de côté le "protectionnisme" des Etats-Unis et du Canada, conscients que les vieilles recettes qu’ils nous imposèrent depuis 500 ans signifièrent seulement douleur et peines pour les grandes majorités : exclusion sociale, pauvreté, pendant que les pays centraux restaient avec nos ressources naturelles.


Bienvenue la CELAC, cette décision de nous unir et de chercher des solutions conjointes, même si tous les gouvernements de la région n’ont pas la même tendance idéologique et si certains veulent continuer à miser sur la dépendance impériale.


L’établissement d’un schéma d’intégration politique, social, culturel et économique implique la fixation de mécanismes souverains d’auto-détermination et l’usage de matières premières et ressources naturelles (le plus grand réservoir d’eau) qui tomberait dans la réversion de l’exercice de contrôle et de domination que les USA exercent encore sur nos territoires.


Nous commençons à nous voir de nos propres yeux et non, comme nous l’avons fait depuis plus de cinq siècles, avec des yeux d’étrangers. Nous voir avec nos propres yeux signifie récupérer notre mémoire et chercher comment satisfaire les besoins de nos compatriotes plutôt que les exigences des organismes internationaux. Un peuple qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va, et, par conséquent, le destin s’imposera toujours de l’extérieur.


C’est un long chemin de comprendre qu’intégration ne signifie pas seulement échange commercial ou négociation sur les tarifs douaniers. Et peut-être le coup de pied initial eut lieu à Mar del Plata en 2005, quand nous les latino-américains avons dit NON à l’ALCA. Bien sûr, qu’avant les mouvements sociaux réussirent à gérer le gouvernement (et certains le pouvoir) avec des gouvernants engagés avec leurs peuples et non avec les banques créancières ni avec les recettes-tant de fois responsables d’hémorragie-des organismes internationaux.


C’est un long chemin qui commence assumant un changement historique : nous passons de l’étape de la résistance à l’étape de la construction. Maintenant il nous faut créer, inventer, chercher les chemins pour de nouvelles théories, des programmes, des plans, et de nouveaux chemins qui aboutissent à des sociétés plus justes, plus équitables. Cela fait plus de 500 ans que nous payons les pots cassés du désastre capitaliste.


Mais pour cela nous devons obtenir la libération. Et je parle des 1.400 centimètres cubes de nos cerveaux, conscients que tant de paradigmes qu’ils nous imposèrent comme vérités absolues ne sont rien d’autre que des bêtises pour nous maintenir divisés, soumis. Commençons par formater notre propre disque dur.


Le brillant universitaire français Rémy Herrera écrit : "La gravité extrême de la crise qui frappe actuellement l’Europe, spécialement la zone euro, devant l’évitement des dettes appelées ’souveraines’ de Grèce et d’Italie, entre autres, nous conduisent à poser la question : les peuples européens n’ont-ils pas tiré les leçons des expériences vécues par certains pays du Sud, provenant des stratégies anti-crise qui ont été adoptées dans ces pays ?"


Jusqu’à maintenant, ce sont les recettes du Nord, supposées de validité universelle, qui furent administrées systématiquement dans les économies du Sud et ce alors qu’elles ne leur ont convenu que très rarement. Mais ces temps-là ont changé, indique t-il.


Sans aucune cachotterie le dirent les présidents sud-américains : l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner dans le Groupe des 20 et la Brésilienne Dilma Roussef quand elle expliqua qu’ "au Brésil nous avons des emplois quand en Europe croît le chômage : nous n’allons pas permettre que s’exportent des emplois à d’autres pays", après avoir indiqué que le Brésil ne reçoit plus d’instructions sur sa politique économique d’organismes internationaux.


Aujourd’hui notre région est l’unique espace dans le monde qui a résisté à la crise économique mondiale du capitalisme, qui a atteint le plus grand activisme global anticapitaliste et anti-impérialiste, en phase avec les "indignés" de plus de 75 pays, y compris entre autres le Chili et la Colombie, pays qui suivent encore le scénario néo-libéral et impérial.


Beaucoup alertent dès maintenant sur le fait que la CELAC, est et sera un objectif militaire des Etats-Unis, considérant qu’Obama (à la veille de sa tentative de réélection) ne voudrait pas être pointé comme le Président qui a laissé perdre son arrière-cour.


Tous ne dansent pas au même rythme, c’est certain. Cinq des 33 pays, Panama, le Mexique, le Chili, la Colombie et le Costa Rica-ont des gouvernements qui continuent d’être attachés nombriliquement à Washington. Pour cela, ce sera aussi un forum pour le débat d’idées, pour l’exposition de consensus et de divergences. Durant cinq siècles ils nous divisèrent pour nous dominer. C’est l’heure de chercher le destin commun.


Il faut commencer par définir ce que l’ont veut avec la CELAC. Le président équatorien Rafael Correa jeta sur la table ses cartes, ce doit être un forum pour la résolution de conflits régionaux qui remplace l’OEA, parce que nous savons maintenant que ne vont pas les résoudre ni le Conseil de Sécurité des Nations Unies et encore moins d’autres instances.

Les pays de la CELAC aujourd’hui additionnés, représentent 6,3 milliards de dollars de Produit Intérieur Brut (PIB), ce qui en fera la troisième puissance mondiale économique, la principale réserve pétrolière (approximativement 338.000 millions de barils de pétrole), la troisième productrice d’énergie électrique et la principale économie productrice d’aliments, étant précisé que les quatre principales économies au sein de la CELAC sont le Brésil, le Mexique, l’Argentine et le Venezuela.

UNASUR [2], avance dans l’architecture financière

Le Conseil Sud-américain de l’Economie et des Finances de l’UNASUR a dessiné le document qu’il envisage d’avancer sur les possibles mécanismes financiers pour se substituer au dollar comme monnaie de paiement (expérience qui déjà se réalise entre l’Argentine et le Brésil, et entre les pays de l’ALBA avec le Sucre) et un plan d’infrastructure conjoint comme outils pour affronter les effets de la crise financière internationale.


Ainsi, ont été avancées des propositions concrètes avec l’objectif de développer le commerce intra-régional qui incorporent la valeur ajoutée et par conséquence de l’emploi et du bien-être pour les peuples de la région.


Trente et un projets ont été avancés qui exigent un investissement de 16.000 millions de dollars. Aussi fait partie de l’ordre du jour la coordination dans l’usage des réserves et la mise en fonctionnement de la Banco del Sur, qui pourra être opérationnelle une fois que le Parlement uruguayen approuve le document constitutif de l’entité, ce qui est prévu avant la fin de l’année selon le président José Mujica.


"L’Amérique latine vit une renaissance politique, économique et culturelle sans précédents. L’Amérique du Sud se présente aujourd’hui comme un exemple au monde", a soutenu la Colombienne Maria Emma Mejia, secrétaire générale de l’UNASUR, qui a remplacé à cette charge l’ex-président argentin Nestor Kirchner.


La coordination des politiques économiques entre les membres de l’UNASUR fait partie de la stratégie régionale pour faire face à la crise internationale - avec son épicentre aujourd’hui en Europe - et dessiner des instruments d’action conjoints pour éviter tout assaut économique.


"C’est un très bon signal pour affronter la crise systémique du capitalisme du Nord et construire des formules de développement économique pour la région. Dans cette époque du bi-centenaire, nous sommes en train de parler d’une nouvelle indépendance", a dit le chancelier vénézuélien Nicolas Maduro.


Un autre des thèmes remarquables a à voir avec la possibilité de coordonner l’usage de réserves au niveau régional, comme le fonds anticyclique, qui atteindrait la somme de 600.000 millions de dollars. L’objectif est de compter sur un instrument qui puisse apporter un secours aux pays membres en cas de "spéculations financières" autour de leurs monnaies. "Il existe trois postures différentes sur la proposition pour coordonner la gestion des réserves. Par conséquent, ce sujet se maintiendra dans le conseil technique", a soutenu le ministre argentin Amado Boudou, qui a ajouté qu’il "est important de montrer que dans la région il y a un consensus pour affronter une crise qui aura un impact global".


L’autre instrument duquel on parla est la Banco del Sur. Cette entité a déjà été approuvée par les Parlements d’Argentine, de Bolivie, du Venezuela et du Brésil. L’Uruguay est en plein débat sur le projet. Dès que celui-ci sera approuvé, l’entité régionale pourra compter sur l’entrée en fonction de plus de 60% de son capital constitutif. L’initiative envisage l’intégration d’un capital total de 20.000 millions de dollars.

Et pardonnez-moi, mais avec ces nouvelles, regardant le monde depuis le balcon du Sud, je me sens très fier d’être latino-américain, de faire une réalité du slogan qu’un autre monde est possible...si nous travaillons tous ensemble, d’en-bas.


Aram Aharonian


Aram Aharonian est journaliste et enseignant uruguayo-vénézuélien, directeur de la revue Question, fondateur de Telesur, directeur de l’Observatoire latino-américain en Communication et Démocratie (ULAC).

 

 


[1] de Antigua y Barbuda, d’Argentine, des Bahamas, de Barbados, du Belize, de la Bolivie, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de la Dominique, d’Equateur, du Salvador, de Grenade, du Guatemala, du Guyana, de Haïti, du Honduras, de Jamaïque, du Nicaragua, du Mexique, du Panama, du Paraguay, du Pérou, de la République Dominicaine, de San Cristobal et Nieves, de San Vicente y des Grenadines, de Santa Lucia, du Surinam, de Trinidad et Tobago, de l’Uruguay et du Venezuela.

 

[2] L’UNION DES NATIONS SUD-AMÉRICAINE Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Chili, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela. Sur son site en français on peut lire le très instructif traité de création de l’UNASUR

 

 


source: rougemidi.org (Traduction de l’espagnol par Gérard Jugant d'après texte publié sur le Web Alainnet )


 

 

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Planète
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

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Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

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