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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 00:20

(Re) lisez « La Lutte des classes en France »

de Karl Marx...

...le parallèle est
 proprement saisissant

Par Gérôme Truc, sociologue, enseignant à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.


Jadis incontournable, Karl Marx est désormais passé de mode. On ne l’enseigne plus guère –y compris dans les amphithéâtres de sociologie et de sciences politiques (a fortiori dans ceux d’économie). On le lit encore moins. On lui préfère Edgar Morin ou Stéphane Hessel. Le manifeste des Indignés plutôt que celui du parti communiste.


Le fait est que l’on a tort. Il n’est nul besoin d’être marxiste pour trouver encore un intérêt de tout premier ordre à la (re)lecture d’un ouvrage comme la Lutte des classes en France. Publié pourtant il y a plus de cent soixante ans, au lendemain de la révolution de février 1848 – qui mit fin à la monarchie de Juillet et instaura la IIe République–, on ne peut qu’être frappé par l’écho de ses premières pages avec notre actualité immédiate. Le parallèle entre la description que Marx offre des dérives de la monarchie de Juillet et ce que nous vivons aujourd’hui est proprement saisissant.


Marx, le meilleur commentateur de notre actualité ? Qu’on en juge dans le texte :

«Après la révolution de juillet, (…) Laffitte laissa échapper ce mot : “Désormais, ce sera le règne des banquiers.” (…) Ce n’est pas la bourgeoisie française qui régnait sous Louis-Philippe, mais seulement une fraction de celle-ci (…) : l’aristocratie financière.» (Cela ne date donc pas d’hier…) « Par ses embarras financiers, la monarchie de Juillet fut dès lors dépendante de la grande bourgeoisie, et cette dépendance fut la source inépuisable d’une gêne financière croissante. » (La crise de la dette avant l’heure.) « Il était impossible de subordonner la gestion de l’État à l’intérêt de la production nationale sans équilibrer le budget (…) Et comment établir cet équilibre (…) sans rejeter une partie considérable du fardeau fiscal sur les épaules de la grande bourgeoise elle-même ? » (Le bouclier fiscal, déjà ?)

« Bien mieux, l’endettement de l’État était d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui régnait (…). En fait, le déficit de l’État était l’objet même de sa spéculation et la source principale de son enrichissement. À la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt (…), une nouvelle occasion d’escroquer l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de négocier avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables.» (C’était avant les agences de notation et le triple A.)

« Le déficit de l’État étant d’un intérêt immédiat pour la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on comprend dès lors que les dépenses publiques extraordinaires dans les dernières années du gouvernement de Louis-Philippe aient largement dépassé du double celles sous Napoléon (…). » (C’était combien, déjà, le prix de la suite de Nicolas Sarkozy lors du G20 à Cannes ?) «Les sommes énormes qui passaient ainsi entre les mains de l’État facilitaient en outre des contrats de livraison frauduleux, la corruption, la concussion, des filouteries de toutes sortes.» (Affaire Takieddine, affaire Bettencourt…)

 

«Et les fractions de la bourgeoisie française exclues du pouvoir de crier “Corruption !” (…) La bourgeoisie industrielle voyait ses intérêts menacés, la petite bourgeoisie était moralement indignée (Eh oui, on s’indignait déjà à l’époque…), l’imagination populaire scandalisée, Paris inondé de pamphlets (…) où l’on dénonçait et stigmatisait de façon plus ou moins spirituelle le règne de l’aristocratie financière.» (Avez-vous récemment fait un tour en librairie ?) On sait ce qui s’ensuivit. De mauvaises récoltes et une crise économique aggravée conduisirent à une explosion du nombre de chômeurs et de pauvres, et ce fut alors, à nouveau… la révolution.


Marx, commentateur de notre actualité ?

 

Gérôme Truc


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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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consacrée au dossier Renault

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