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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 23:46

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Botaniste bénévole, cet étudiant toulousain est mort samedi en marge des manifestations contre le barrage de Sivens, dans le Tarn. Les premiersrésultats de l’autopsie s’orientent vers une bavure policière. Un drame qui s’inscrit dans une logique de violence à l’oeuvre depuis des semaines.

Avec mille précautions, le procureur d’Albi a révélé dimanche les résultats de l’autopsie de Rémi Fraisse, ce jeune homme de vingt et un ans mort, dans la nuit de samedi à dimanche, en marge d’un rassemblement contre le barrage de Sivens (Tarn). L’étudiant aurait été victime d’une « explosion ». Des analyses doivent établir si « une grenade, lancée depuis la zone où les gendarmes étaient retranchés », peut en être « à l’origine ». Mais tout semble corroborer les nombreux témoignages qui affluent sur une violence démesurée des forces de l’ordre, faisant pleuvoir sur les manifestants tirs de Flash-Ball et grenades, en tirs tendus et sans sommation. Si ces faits étaient avérés, Rémi Fraisse pourrait être le premier manifestant tué par des forces de l’ordre depuis Malik Oussekine, en 1986. « Ce mort aurait pu être évité », regrettent sur place les nombreux militants qui n’ont cessé d’alerter, depuis des semaines, sur les violences policières. La famille va déposer plainte pour homicide volontaire par «une ou plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique. » D’aucuns dénoncent aussi le comportement de quelques « excités », arrivés ces derniers jours, pour ferrailler avec ces forces de l’ordre chauffées à blanc.
 
1-QUE S’EST-IL PASSÉ DANS LA NUIT DE SAMEDI À DIMANCHE ?

C’est vers 16 h 30, samedi, que les premiers affrontements ont commencé en marge du festival contre le projet de barrage de Sivens, qui devait se tenir tout le week-end. Vers 18 heures, Philippe Maffre, militant à la Confédération paysanne, comptabilise « 36 cars de flics » aux abords du site. D’après les témoignages recueillis par le site Reporterre, Rémi Fraisse aurait été touché vers 2 heures du matin par l’explosion d’une grenade, envoyées en nombre sur les manifestants. Son corps aurait été récupéré par les gendarmes mobiles, en plein milieu des affrontements. « Je l’ai vu se faire toucher alors qu’il y avait des explosions à côté, raconte Camille à la journaliste de Reporterre. Ils ont envoyé des grenades explosives, des tirs de Flash-Ball. Après, cette personne s’est retrouvée à terre. » Bonnie explique aussi : « Il y a eu des tirs de grenades, puis j’ai vu un gars au sol se faire traîner en arrière, tenu de part et d’autre par des flics. Après ça, il y a eu un écran de fumée, ils se sont retranchés, et les tirs de grenades se sont calmés. » Les affrontements durent jusqu’à au moins quatre heures du matin.
 
2-QUI ÉTAIT RÉMI FRAISSE ?

Contrairement à ce qu’a d’abord affirmé le procureur d’Albi, lors d’une première conférence de presse dimanche, Rémi Fraisse, vingt et un ans, n’était pas un « casseur violent » venu « pour en découdre avec les forces de l’ordre ». Cet étudiant en BTS de gestion et de protection de la nature, à Toulouse, était bénévole à l’association Nature Midi-Pyrénées, affiliée à France Nature Environnement. « Son truc à Rémi, c’était les plantes et les fleurs », raconte Pascale Mahé, la directrice de cette association de naturalistes. Passionné par la botanique, il s’était spécialisé dans le suivi d’une plante rare et fragile : la renoncule à feuille d’ophioglosse. « Il était très doux et très tendre, poursuit Pascale Mahé. Ce n’était certainement pas un anarchiste radical. » Son père, médecin, a témoigné hier sur Bfmtv du comportement non violent de son fils, parti manifester « sans casque ni rien pour le protéger ».
 
3-DES SEMAINES DE VIOLENCES POLICIÈRES…

Les affrontements de samedi 25 octobre durant lesquels Rémi Fraisse a trouvé la mort ne sont pas des actes isolés, mais ils s’inscrivent dans une logique de violence enclenchée depuis plus de deux mois. Sur place, les militants ne cessent d’alerter sur le comportement des forces de l’ordre. « Début septembre, j’ai personnellement dit au préfet : “Si on continue comme ça, on va avoir un mort”, raconte Philippe Maffre, membre de la Confédération paysanne. On a un cocktail explosif avec des jeunes idéalistes prêts à tout pour leur cause et des forces de l’ordre d’une rare violence. Ils m’ont moi-même pété une épaule en m’arrêtant lors d’une manif. » Dès le mois d’août, des affrontements éclatent entre gendarmes mobiles et opposants au barrage de Sivens, installés jour et nuit dans la forêt ou dans la petite vallée du Tescou. La situation s’envenime encore le 1er septembre, lorsque les engins de chantier entrent en action. Ceux qui veulent leur barrer la route n’appartiennent pas tous à la frange radicale des opposants, pas mécontente d’affronter des uniformes. Sur le terrain ce jour-là et les jours suivants, sont aussi présents les membres du collectif de la zone humide du Testet, aux méthodes pacifiques. Mais les charges des gendarmes mobiles ne font pas de distinction entre les opposants. Ceux qui grimpent aux arbres pour les sauver de la tronçonneuse ou ceux enterrés jusqu’au cou sur le passage des engins sont brutalement dégagés, les coups de matraque pleuvent. Tirs de lacrymogènes et de Flash-Ball sont quotidiens. Le 9 septembre, soixante-dix opposants font irruption à Albi dans les locaux du conseil général du Tarn, maître d’ouvrage du barrage. Selon le président du département, Thierry Carcenac (PS), ils provoquent alors des dégâts et agressent le personnel. Les militants sont très violemment délogés par les forces de l’ordre. Cet événement a pour conséquence d’étendre la mobilisation aux lycéens tarnais. La plupart des élèves du lycée Victor-Hugo de Gaillac observent un sit-in le lundi 15 septembre devant leur établissement. Les opposants au barrage venus de Sivens, invités par les élèves, se heurtent aux cordons de gendarmes mobiles. La situation dégénère brutalement. « Les lycéens ont reçu des coups de matraque et de bouclier », raconte Valentin, dix-sept ans. Le jeune homme se rend souvent en forêt de Sivens, proche de Gaillac : « Tous les jours il y a des violences, témoigne-t-il. Au début les gendarmes utilisaient des grenades lacrymogènes. Puis sont apparues les grenades assourdissantes et les grenades de désencerclement. Il y a un mois, j’ai pris un Flash- Ball dans la jambe. Presque tous les jours des zadistes sont blessés. Une grenade de désencerclement a été jetée dans une caravane où se trouvaient six personnes. » Christelle (1) raconte que, mi-octobre, une grenade a éclaté au moment où elle voulait la renvoyer, se retrouvant avec la main ensanglantée. Les pouvoirs publics ont clairement choisi une pure logique répressive. « À maintes reprises, nous avons prévenu que la répression aboutirait à un drame, rappelle Roland Foissac (PCF), vice-président du conseil général. Rien ne justifiait samedi une telle présence de forces policières. »
 
4... ET DES NOUVEAUX MANIFESTANTS PLUS RADICAUX

Depuis quelques semaines, les militants historiques – les « bouilles » – et plus récents– les « zadistes » – ont vu débarquer sur le site des activistes plus âgés et plus radicaux. « Ils ont vraiment gâché la fête, résume Christian Conrad, soixante-sept ans, opposant historique au barrage, qui a cessé hier une grève de la faim de cinquantecinq jours. À l’AG de vendredi, on avait tous dit qu’on ne voulait pas de débordements. Nous sommes des pacifistes. Et les autres excités qui se prétendent anarchistes sont arrivés… Je les tiens pour responsables aussi de la mort de Rémi. » Philippe Maffre va encore plus loin : « Soit ce sont des purs et durs, soit des RG (des ex-renseignements généraux – NDLR) », lâche-t-il. Cécile Duflot a demandé hier une « enquête claire et précise sur les agissements des forces de l’ordre » à Lisle-sur-Tarn. Sur place, les militants réclament l’arrêt des travaux et un moratoire sur le projet. « Sinon, ça va péter pour de bon », prévient Philippe Maffre. 
 
Les voix s’élèvent pour réclamer l’arrêt des travaux
 
Plusieurs responsables politiques se sont déjà prononcés pour l’abandon pur et simple du projet, à l’instar du député européen José Bové (Europe Écologie-les Verts, EELV), de l’ancienne ministre de l’Écologie, Delphine Batho (PS), et de la députée écologiste, Cécile Duflot, qui a jugé le projet « surdimensionné, inutile 
et trop coûteux ». « Aucun projet d’aménagement 
ne peut justifier de telles violences et la mort d’un jeune adulte », a, pour sa part, déclaré hier le PCF, 
qui exige également « l’arrêt des travaux ». Thierry Carcenac, 
le président (PS) du conseil général du Tarn – maître d’œuvre du barrage –, 
a laissé entendre hier que le projet était suspendu depuis le drame, par souci de « retenue » et de « décence », tout en précisant que l’assemblée départementale devrait 
en discuter.

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Publié par L'Hermine Rouge - dans France
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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