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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 18:11

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Mais pourquoi donc les Bretons mangent-ils du beurre salé ? Pour avoir la réponse, poursuivons notre visite guidée en Bretagne en passant par les cuisines où vous apercevrez, sur la droite, un étrange gâteau au beurre : le kouign amann. C'est très bon et ça se mange sans faim !

Le journal vient d'arriver et le pain est tout frais. Dans la cuisine, la cafetière a lâché un rot signifiant que tout est passé. Il prend un bol, le remplit, ajoute deux sucres et le pose sur la table. Il se dirige vers le frigo. Ouvre la porte. Jette un oeil en haut, en bas, au milieu. Et lance soudain un cri à glacer le sang : « Y'A PLUS D'BEEEURRE !!! ». C'est ainsi qu'en Bretagne certaines matinées démarrent vraiment en eau de boudin.

Du beurre en cadeau de mariage

Ne cherchez pas ! Aucune région française ne compte autant d'accros au beurre, autant de travailleurs du petit matin qui ne peuvent affronter la rigueur du quotidien si leur café n'a pas été accompagné de cet indispensable ami du petit-déjeuner. Et bien sûr, cette quasi-dépendance tient à la particularité multiséculaire du beurre breton : il est salé. Il a du goût, du caractère et depuis nombre de générations, il est inscrit dans la traçabilité bretonne.


Mais il fut pourtant, pendant bien longtemps, un produit de luxe pour la classe rurale qui le produisait. Avec sa couleur dorée comme l'or, il était le produit précieux des campagnes où on le réservait pour le vendre au marché, souvent en motte joliment moulée. Dans les fermes, on devait se contenter généralement du saindoux, la graisse de porc. Quand il y en avait.

C'était un tel don du ciel, ce beurre, qu'il lui arrivait de servir de cadeau de noce. On offrait 25 kg de beurre comme on fait aujourd'hui un chèque pour offrir collectivement un voyage aux Antilles.


L'historienne Ségolène Lefèvre rappelle même, à ce propos, que pour l'un de ses deux mariages, Anne de Bretagne reçut en guise de cadeau, une bulle papale l'autorisant à manger du beurre salé même en période de carême, autorisation qui s'étendit à ses sujets. À l'époque, il est vrai, le duché de Bretagne était fort bien représenté à Rome comme en témoigne encore la présence de la chapelle Saint-Yves-des-Bretons devant laquelle, curieusement, a explosé un engin artisanal, l'an dernier. De toute évidence, il visait plutôt un pizzaïolo du coin que la pieuse descendance de la duchesse Anne.

Chez les seniors, on se souvient aussi qu'il n'y a pas si longtemps, des collégiens partaient en pension le dimanche soir avec un paquet de beurre dans leur paquetage, délicatement glissé par une mère attentionnée au cas où le menu de la cantine serait insuffisant en lipides qu'on croyait indispensables pour bien graisser la mécanique cérébrale du fiston pensionnaire. Et dans certaines crêperies, on pouvait apporter son beurre. C'est dire s'il occupe depuis longtemps une place que résume ce quadra breton : « La famille de ma femme est normande. Ils mettent de la crème dans tous leurs plats mais jamais de beurre sur la table ». Pauvre garçon !

Exonérés de gabelle

Mais pourquoi donc le beurre breton est-il salé ? D'abord parce que dans le lointain temps jadis, le sel était abondamment utilisé pour conserver les aliments. Il pouvait ainsi tenir plus longtemps et voyager bien au-delà de la Rance qui, contrairement à certains commentaires fantaisistes, n'a jamais été ainsi dénommée parce qu'elle marquait la limite de fraîcheur du beurre breton.


Mais si les Bretons ne lésinaient pas sur le sel, c'est aussi, et surtout, parce que la Bretagne était l'une des rares régions exonérées de gabelle, cet impôt sur le sel qui fut une sorte de TVA du temps jadis puisqu'elle touchait pratiquement tout le royaume. Sauf la Bretagne et quelques rares territoires. Quand on connaît l'aversion ancestrale des Bretons pour la fiscalité en tout genre (comme l'a prouvé un récent mouvement de mauvaise humeur !), on peut cependant penser qu'ils auraient préféré se mettre au beurre doux et au saindoux que de devoir garnir les caisses d'un souverain se faisant du beurre sur leur dos. Pour ne pas payer de taxe, ils étaient prêts à tout !


Par la grâce de cette exonération fiscale, le beurre salé a donc prospéré sur les tables bretonnes mais aussi dans les casseroles où il a très longtemps été symbolique de la cuisine bretonne au beurre, un brin roborative.

Un gâteau venu d'ailleurs

Depuis le tournant des années 80 et le virage de la gastronomie armoricaine, devenant soudain inventive et inspirée, le beurre est un peu moins présent dans la cuisine armoricaine. Mais il n'a pas perdu de poids dans la grande spécialité bretonne : le kouign amann. Un truc indéfinissable mais qui en bouche, renvoie le miel au rang de produit acidulé.


Un dessin animé japonais qui a fait marrer les réseaux sociaux, témoigne que même au pays du Soleil Levant, le kouign amann a eu un effet ravageur sur les Nippons médusés par leur découverte de ce gâteau semblant tombé de la Voie lactée.


Si vous êtes en vacances dans la région, vous ne pouvez donc repartir sans l'avoir au moins goûté. Et si vous trouvez que ce n'est pas assez sucré, vous pouvez rajouter dessus une couche de caramel au beurre salé. C'est très bon et cela vous fera une petite douceur pour achever agréablement notre balade estivale chez les Bretons typiques.

 

Merci de votre visite et, en sortant, n'oubliez pas le druide.

 

 

René PEREZ

 

source: http://www.letelegramme.fr

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Bretagne
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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