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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 09:37

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Le débat sur la réforme territoriale a montré, une fois encore, à quel point la Bretagne est attachée à son identité. Il est vrai qu'aucune autre région de France continentale ne cumule autant d'éléments constitutifs d'une identité. Voyons cela en poursuivant notre petite visite guidée dans la singulière péninsule armoricaine. C'est bon, tout le monde suit derrière ?


En discothèque, on danse seul. Tous au milieu de la piste mais seul. En revanche, si votre passage estival en Bretagne vous conduit à un fest-noz, vous ne manquerez pas d'observer que les danseurs sont ici tous soudés, en se tenant par la main. La gavotte, à elle seule, est symbolique d'une des caractéristiques des Bretons. Ils jouent collectifs et se recherchent les uns les autres depuis les temps immémoriaux où il fallait être une belle bande de costauds, avec des gestes bien cordonnés, pour soulever des pierres de plusieurs tonnes et les faire tenir debout. Depuis, ils ont conservé quelques solides habitudes.

« T'es de Guingamp ? »

En période estivale, les occasions de se retrouver entre Bretons ont souvent pris la forme rectangulaire et réglementaire de simples plaques minéralogiques. Combien de soirées festives, combien d'amitiés sont nées parce que dans un camping d'Espagne ou d'Italie, un 22 avait collé sa tente pas loin d'un 56. « T'es de Guingamp ? Non, c'est pas vrai ! Moi, j'suis de Pontivy ». Et c'est parti. Le foot, la météo, les filles... Imagine-t-on un gars de Lamotte-Beuvron tomber dans les bras d'un gars de Sully-sur-Loire, sous prétexte qu'ils habitent dans deux départements voisins ? C'est à peu près la même distance mais la force d'attraction n'a pas tout à fait la constance magnétique des ondes armoricaines. Les Bretons ont donc été logiquement parmi ceux qui ont le plus regretté la disparition progressive des numéros minéralogiques par département qui créaient des affinités et parfois de belles rencontres. Seuls, les Bretons de Paris n'ont vraiment pas été étouffés par les regrets. Dans la capitale, ils se sont longtemps fait traiter de ploucs et, de retour au pays, l'été, ils passaient pour des Parigots-têtes-de-veau à cause de leur 75 au derrière. La double peine !

Le Breton revient de loin !

Bien sûr, les Bretons ont parfois tendance à en faire des tonnes avec leur identité régionale et leurs réflexes communautaires. Mais il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas une autre région en France continentale combinant autant de facteurs constitutifs d'une identité. Une géographique particulière en forme de nez (que dis-je un nez, c'est un cap, c'est une péninsule !) qui forme un territoire parfaitement homogène à quatre ou cinq départements. Mais il y a aussi des racines multimillénaires encore inscrites dans les pierres, une Histoire singulière oscillant entre les royaumes de France et d'Angleterre, une langue, une culture, une musique, un patrimoine... Tout y est, y compris les équipes de foot ! Alors forcément, ça crée des liens et même quelques bouffées d'orgueil à grands coups de gwenn ha du (on en reparlera) et de binioù puisqu'aujourd'hui, la Bretagne est à la mode et qu'il est de bon ton de dire qu'on a un cousin à Landerneau (29) ou une tante à Guémené-sur-Scorff (56). On exagère à peine. Le Breton pourtant, revient de loin car il a tout de même subi quelques siècles d'humiliation et de vexations à coups d'interdictions de parler breton, de remontrances aux ploucs analphabètes, d'émigration vers la capitale pour aller creuser le métro, de Bécassine et compagnie, de « pommes de terre pour les cochons, les épluchures pour les Bretons » et tout le bazar. Par réaction, il lui arrive donc aujourd'hui d'étaler un sentiment de fierté communautaire puisque les données se sont spectaculairement inversées. La Bretagne a aujourd'hui les meilleurs résultats scolaires du pays, la culture régionale la plus dynamique, des festivals de musique et des rassemblements maritimes au top du top et quelques autres références flatteuses sur sa carte de visite ripolinée.

Accrochée à son identité

Cette revendication identitaire ne va toutefois pas jusqu'à exiger d'exhiber son bulletin de naissance. La preuve : trois des Bretons les plus connus (Stivell, Kersauson et PPDA) n'ont pas vu le jour sous le ciel armoricain. Ce qui ne les empêche pas de revendiquer haut et fort leur appartenance à la tribu qui vient d'être soumise à un test grandeur nature autour de la réforme territoriale. Une fois encore, l'Ouest s'est distingué et la Bretagne s'est singularisée. Partout ailleurs, on a prôné le regroupement de régions au nom de la complémentarité.


Les Bretons, du moins la majorité d'entre eux, ont vu la problématique sous le seul angle de l'identité régionale, ce qui les a amenés à revendiquer, non pas une fusion entre deux régions, mais le rattachement d'un unique département (la Loire-Atlantique et donc Nantes, ex-capitale du duché) dans le seul objectif de reconstituer la Bretagne historique. L'attachement au concept d'identité était d'autant plus revendiqué en cette année de célébration du 500e anniversaire de la mort d'Anne de Bretagne, la duchesse icône des Bretons.


Après les bonnets rouges, ils n'ont pas poussé la dévotion jusqu'à créer maintenant le mouvement des bonnets d'Anne mais tous les arguments ont été sortis, y compris le risque de perte d'identité dans un Ouest élargi. Elle est bonne celle-là ! On se demande si ce n'est plutôt du côté de la Vendée ou du Maine-et-Loire qu'on pouvait légitimement nourrir quelques craintes de voir débarquer en force les Bretons avec leurs festoù-noz, leurs bombardes et leurs binioù, leurs bonnets rouges et leurs chapeaux ronds, leurs crêpes à l'andouille et leurs têtes de lard... Vu de loin, il y a de quoi être effrayé !

 

René PEREZ 

 

source: http://www.letelegramme.fr [15/08/2014]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Bretagne
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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