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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:33

La guerre civile ukrainienne a atteint un tournant et un grand nombre de faits distincts pointent vers cette conclusion :


La situation militaire sur le terrain


Les Forces armées ukrainiennes (les Ukies) sont en train de perdre, sévèrement. Tous les rapports provenant de sources novorossiennes conviennent de ce que les forces ukrainiennes sont soit encerclées, soit en pleine retraite. Et des sources ukrainiennes le confirment également. A Kiev, des manifestations de colère des nationalistes accusent le Haut commandement militaire de minimiser le nombre réel des victimes, et d’avoir abandonné les forces qui combattent dans le Donbass. Même Oleg Liashko a déclaré que les forces ukrainiennes avaient été « trahies ».


Des manifestations ont eu lieu devant l’état-major général ukrainien, où de nombreux manifestants du secteur droit ont réclamé la création d’un « bataillon des généraux », qui serait formé seulement de généraux envoyés pour combattre en personne (une excellente idée, qui a toute mon approbation !). D’autres exigent aussi la démission du ministre de la Défense ukrainien. Des femmes ukrainiennes obligent régulièrement des convois militaires à s’arrêter sur les routes, souvent en se tenant debout ou même couchées devant des camions, pour empêcher leurs hommes d’être envoyés à la mort.


Des bataillons ukrainiens au complet désertent le front et des forces spéciales sont envoyées pour les arrêter. Apparemment, la police ukrainienne a peur d’arrêter les soldats pour désertion, en raison de leur grand nombre.


La ville de Marioupol est maintenant encerclée et les élites politiques locales, ainsi que le personnel du SBU (services secrets ), ont fui.


Porochenko a annulé son voyage en Turquie et a réuni son Conseil de sécurité. Kolomoïski, qui contrôle le sud-ouest de l’Ukraine, a fait la même chose avec son propre Conseil de sécurité (oui, comme il a sa propre armée, il a aussi son propre Conseil de sécurité). Timochenko veut introduire la loi martiale complète. La population masculine jusqu’à l’âge de 60 ans est maintenant mobilisée (bien que pas encore appelée, pour autant que je sache). Iatseniuk et Porochenko ont tous deux exigé que l’Otan intervienne et accepte de considérer l’Ukraine comme un allié privilégié, en quelque sorte.


En d’autres termes, tous les signes montrent une panique totale, complète et absolue à Kiev.


La situation politique


La Russie : Poutine a rencontré Porochenko et les dirigeants de l’UE, et il leur a transmis un message très simple mais fort : « Ce n’est pas avec nous qu’il faut discuter, nous ne sommes pas partie au conflit ; discutez avec les Novorossiens ». Par ailleurs, le Kremlin parle maintenant ouvertement de « Novorossiens » et de « forces novorossiennes ». En outre, les Russes envoient également officiellement un deuxième convoi d’aide et ils ont annoncé que ce ne serait pas le seul. Au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le représentant russe, Vitaly Tchourkine, a mis au défi le représentant ukrainien d’expliquer où étaient cachés les enregistrements des conversations entre l’ATC de Kiev et le MH17, et pourquoi. Avec l’automne qui arrive rapidement, l’UE a poussé Kiev à reprendre les négociations gazières que les Russes avaient déclarées dans « l’impasse ». D’après tous les rapports, le « Voentorg » (une contraction russe signifiant « commerce militaire », qui était le nom de l’édifice où l’on pouvait acheter de l’équipement militaire, du temps de l’ère soviétique) entre la Russie et la Novorossia a encore augmenté, et les Novorossiens obtiennent à présent davantage d’hommes, y compris des spécialistes, et davantage d’équipement.


Contrairement aux prédictions de la foule de ceux qui dénigrent Poutine, le remplacement de Strelkov par Zakharchenko n’a été suivi d’aucune « trahison » de la Novorossia. Bien au contraire, dès que Zakharchenko a pris ses fonctions, les Novorossiens ont lancé une offensive générale. Quant à Strelkov lui-même, il est apparemment en bonne santé, et il est censé faire une apparition publique aujourd’hui en Crimée. Ce que racontaient tous ceux qui prétendaient que Poutine poignardait la Novorossia dans le dos, qu’il avait une sorte d’accord avec Obama, que Strelkov avait été éliminé par les Spetsnaz du président russe, et toute la propagande catastrophiste habituelle des ennemis de Poutine, il apparaît donc maintenant clairement que tout cela n’était que pure foutaise. De toute évidence, certains détracteurs de Poutine sont payés par les oligarques russes, d’autres sont juste trop médiocres pour comprendre la politique sophistiquée du Kremlin en Ukraine. Quel que soit le cas, ce genre de stridences est maintenant complètement discrédité par les faits, et ceux qui les émettaient n’ont plus qu’à rester au loin et à marcher dans la honte.


La dernière initiative de Poutine est pour le moins brillante. Pensez-y : les mères et les épouses des militaires ukrainiens exigent que leurs hommes leur soient rendus, le régime de Kiev les ignore, et Poutine intervient pour manifester qu’il est d’accord avec elles, demandant aux Novorossiens d’ouvrir des couloirs humanitaires afin de leur permettre de quitter la bataille en toute sécurité et de rentrer à la maison. Il fait montre ainsi de plus de sollicitude envers les Ukrainiens que le régime ukrainien lui-même, il encourage la désertion de soldats ukrainiens, il réduit les pertes des deux côtés, et il porte un autre coup mortel au moral ukrainien. Cerise sur le gâteau, il réalise tout cela par une simple déclaration, écrite de telle manière que personne ne puisse le cas échéant le condamner pour quoi que ce soit. Du côté des Novorossiens, Zakharchenko a déjà accepté, mais à la condition que les Ukrainiens laissent derrière eux toutes leurs armes lourdes et les munitions qui vont avec. Parfait. Inutile de dire que le Haut commandement ukrainien a, lui, rejeté l’offre et a ordonné aux unités encerclées de briser leur encerclement à tout prix en faisant feu de toutes leurs armes. Essayez seulement d’imaginer comment cette réponse est ressentie par les parents de ceux qui sont coincés dans les différents « chaudrons » !


L’Union européenne : l’UE est totalement bloquée. Apparemment, le chaos au Banderastan, combiné avec les sanctions russes et la crise du gaz, est en train de faire effet progressivement dans le cerveau racorni des Eurobureaucrates : ceux-ci réalisent peu à peu qu’ils ont été au moins aussi stupides que les Ukrainiens, et que les États-Unis les ont eux aussi utilisés pour leurs propres objectifs impériaux. « Que l’UE aille se faire foutre ! », effectivement. Et grave. Le mieux que ces bureaucrates malheureux puissent faire est d’aller à Minsk et d’accepter de négocier avec la Russie les conditions dans lesquelles l’Ukraine ratifierait l’accord avec l’UE. Exactement ce que la Russie avait exigé dès le premier jour et ce que l’UE avait toujours rejeté de façon méprisante, avec son arrogante réponse : « ce ne sont pas vos affaires ». A présent, il ne reste plus à Ashton et quelques autres qu’à s’humilier et à demander gentiment à la Russie de venir leur parler.


Les États-Unis : le pauvre oncle Sam a l’air vraiment pathétique, aussi stupide que confus. Le mieux que les États-Unis puissent faire, c’est d’accuser la Russie d’envahir l’Ukraine et de se contenter de la menacer de sanctions supplémentaires, dès lors qu’Obama a déjà admis que les États-Unis n’avaient de toute façon pas d’option militaire en Ukraine. Pour mesurer le degré de désarroi parmi les néo-conservateurs américains, je vais citer un article d’Herbert E. Meyer, ancien assistant spécial du directeur de la CIA et Vice-président du Conseil national du renseignement de la CIA sous l’administration Reagan, article écrit récemment pour le Penseur Américain et modestement intitulé « Comment résoudre le problème Poutine ». Voici tout ce que ce génie a trouvé :

« Puisque la subtilité ne fonctionne pas avec les Russes, le président et ses homologues européens devraient également faire en sorte qu’il soit bien clair que la manière dont ces gens (les oligarques russes) résolvent leur problème Poutine ne nous intéresse en aucune façon. S’ils peuvent suggérer à ce bon vieux Vladimir de quitter le Kremlin avec les honneurs militaires et une salve de 21 coups, cela nous va. Si Poutine est trop têtu pour admettre que sa carrière est terminée, et que la seule façon de le faire sortir du Kremlin, ce soit les pieds devant, avec le trou d’une balle à l’arrière de la tête, cela aussi nous convient.

Nous n’aurions rien non plus à objecter à un peu de justice poétique… Par exemple, s’il arrivait que la prochaine fois que Poutine reprendra l’avion pour rentrer à Moscou après une autre visite à ses bons amis de Cuba, ou du Venezuela, ou d’Iran, son avion se fasse pulvériser en plein ciel par quelque groupe para-militaire plus ou moins trouble qui, d’une certaine manière, de façon inexplicable, aurait mis la main sur un missile sol-air. »


Je ne sais pas si M. Meyer pense que Mme Nuland distribuant des biscuits place Maïidan a été la subtilité que la Russie n’a pas appréciée ou comprise, ou si son article est une expression de la subtilité des États-Unis, mais il a clairement de ces « moments à la Pat Robertson » (celui-ci voulait que les États-Unis assassinent Hugo Chavez), qui prouvent simplement que les anglo-sionistes n’ont pas de diplomatie en tant que telle et que la pensée magique devient un mécanisme d’adaptation déterminant lorsque le manque de véritable diplomatie devient par trop évident.


Et maintenant, où allons-nous ?


Difficile de le dire. Je pense qu’Oleg Tsarev a raison, quand il dit que dès que le régime ukrainien commencera à s’effondrer, l’Occident s’avisera soudainement de demander des négociations. Zakharchenko, dans sa conférence de presse capitale, a clairement indiqué que des options telles que la fédéralisation ou la décentralisation ne sont plus sur la table, et que rien de moins que la pleine indépendance ne pourra faire l’affaire. Peut-être. Peut-être pas. Il y a beaucoup d’exemples historiques montrant que des mouvements séparatistes se sont finalement contentés de moins, souvent de façon judicieuse. Mais dans ce cas, nous avons affaire à plusieurs problèmes qui s’entremêlent :

a) au plan géographique : l’Ukraine est un pays artificiel ;
b) au plan politique : à l’intérieur, le régime de Kiev est nazi ;
c) au plan géostratégique : à l’extérieur, le régime de Kiev est une marionnette russophobe des États-Unis ;
d) au plan économique : l’Ukraine est économiquement morte.

 

Tous ces facteurs pointent clairement vers la même conclusion : l’Ukraine doit être désagrégée. Cela peut se produire de façon catastrophique : l’est irait à la Novorossia, le sud à Kolomoïski, le centre à Porochenko et l’ouest se séparerait complètement. Certains signes montrent que c’est ce qui est en train de produire petit à petit. De surcroit, tout cela est aggravé par le fait indéniable que l’Ukraine est déjà un État en faillite et qu’une minorité non négligeable de la population ukrainienne est constituée de nationalistes véritablement enragés. Pour l’instant, donc, les choses ne se présentent pas au mieux pour une solution négociée.


La Novorossia a probablement le potentiel pour se reconstruire et devenir plus ou moins vivable, de manière stable : le plus gros de son industrie est en ruines, mais son « capital humain », sa population, est constitué de gens très brillants et qui travaillent dur, et ses dirigeants politiques sont clairement des personnes capables. Mais à moins d’une sorte de miracle, le reste de l’Ukraine va probablement continuer à s’avachir jusqu’à en arriver à ce genre de pagaille que les États-Unis excellent à laisser derrière eux dans des endroits comme la Libye ou l’Irak. Ou peut-être pas : peut-être va-t-il enfin pousser une colonne vertébrale aux Européens et peut-être auront-ils le courage de dire aux États-Unis de rester en dehors, et puis ils essaieront de résoudre ce vilain désordre entre eux et la Russie ? Je n’en suis pas encore à retenir mon souffle, cependant, pas tant que la nomenklatura anglo-sioniste actuelle sera au pouvoir dans l’Union européenne.


Une chose pourrait changer cette spirale descendante : un changement de régime à Kiev. Je ne veux pas parler d’un remplacement de Porochenko par Liashko ou Iarosh, mais d’une insurrection anti-nazie ou d’un coup d’État. Je vais être honnête avec vous : avec le genre de terreur que le SBU et les oligarques sont capables d’infliger au grand public, ce n’est pas très probable. Mais qui sait ce sur quoi pourrait déboucher une vague de mécontentement populaire ? Si les phénomènes de foire actuels pouvaient être chassés par les gens encore à moitié sains d’esprit, et si commençait un processus de dénazification, alors peut-être quelque chose pourrait-il tout de même être sauvé ? Encore une fois, je ne suis pas très optimiste. Mais tenons-nous en à la situation actuelle.


La situation actuelle

 

Je dirais que les choses paraissent mieux maintenant qu’elles ont jamais paru auparavant. C’est loin, très loin d’être terminé, et beaucoup de choses pourraient aller mal encore, mais au moins en ce moment, les choses semblent plutôt bonnes.

 

A moins d’un revirement soudain, les villes de Lugansk et de Donetsk vont probablement être délivrées de la plupart des pilonnages d’ici 10 à 14 jours. Actuellement, les Novorussiens contrôlent toute la frontière entre la Russie et la Novorossia, ce qui rend le commerce militaire (Voentorg) beaucoup plus facile. Zakharchenko et ses hommes semblent faire de l’excellent travail et la rumeur veut que Strelkov soit bientôt de retour avec un titre un peu spécial.

 

La direction Novorossienne et le Kremlin sont clairement sur la même longueur d’onde et il n’y a aucune raison de soupçonner une quelconque surenchère militaire russe, sous la forme d’une intervention. Je suis convaincu que la Flotte de la Mer Noire fera ce qui est nécessaire pour garder la côte novorossienne en sécurité, de sorte qu’aussi longtemps que les Forces Ukrainiennes ne seront pas en mesure de monter une attaque surprise depuis le nord, Marioupol a toutes les chances de tomber très bientôt. De plus en plus de rapports font état de mouvements de partisans dans la province de Zaporozhie, et, si cela est vrai, c’est là quelque chose de très intéressant, qui pourrait commencer à affecter également d’autres régions et des villes comme Kharkov et Kiev. Je ne vois toujours pas les tanks novorossiens marcher sur Kiev, mais un succès opérationnel semble bel et bien en gestation en ce moment même.


Par tempérament, par mon éducation et de par mon métier, je suis quelqu’un de plutôt prudent, mais aujourd’hui, je suis prudemment optimiste, au moins pour la Novorossia.

 

Le Saker
Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr

 

 

Post Scriptum. Ceci, juste reçu d’un bon ami :

 

République populaire de Donetsk (RPD)

  • Volnovakha a été prise par les forces armées de Novorossia (FAN) ; le chaudron sud-ouest est maintenant fermé.
  • Yalta (près de Marioupol) a été prise, les FAN sont maintenant à 12 km de Marioupol.
  • La route Marioupol – Zaporozhye (Berdyansk) est fermée par les FAN. Pratiquement toutes les agglomérations autour de Marioupol semblent avoir été prises par les FAN. Le chaudron de Marioupol est refermé.
  • Les combats ont dépassé la frontière et se sont étendus à la province du Zaporozhye. Des groupes de sabotage et reconnaissance (GSR) et des mouvements de guérillas sont actifs à l’intérieur des frontières de Zaporozhye.
  • Les forces répressives ukrainiennes capitulent un peu partout dans les nombreux chaudrons, et l’augmentation du nombre de redditions s’accélère.
  • Les FAN poussent vers l’extérieur, vers Yasinovataya, Maryinka, Karlovka, Krasnogorovka (ouest de Donetsk)

Et la PLUS GRANDE NOUVELLE (pour l’instant pas totalement confirmée) : l’aéroport de Donetsk aurait été pris par les FAN aujourd’hui.

 

République populaire de Lougansk (RPL)

  • Lutugino est partiellement contrôlée par la milice, les combats urbains y sont très intenses, bien que Rodakovo ait été perdue (on est en train d’échafauder des plans pour la reprendre sous peu).
  • Lyashko semble être toujours pris au piège dans Severodonetsk, qui est assiégée par la brigade de Mozgovoi (je n’ai pas plus d’informations qu’il y a quelques jours).
  • La RPL a encerclé Shchastye et Metallist et avance contre les positions ukrainiennes, dans ce secteur ainsi que dans la direction du nord-est (Stanitsa Luganskaya, qui reste encore contestée).
  • Les FAN continuent à avancer sur Deblatsevo, en capturant des points de contrôle à la périphérie de la ville.
  • La RPL prévoit des avancées majeures dans les prochains jours, et espère nettoyer la plupart des chaudrons restants.

Post Post Scriptum. Et ceci publié par Russia Today :

La Pologne a refusé le droit de survol à l’avion du ministre de la Défense de Russie, Sergey Choïgou, qui revenait de Slovaquie ; c’est ce qu’a rapporté le correspondant de RIA Novosti. L’avion a atterri à Bratislava. Le ministre revenait de la célébration du 70e anniversaire du soulèvement national slovaque, qui a eu lieu dans la ville de Banská Bystrica. Mais la Pologne a interdit l’entrée de son espace aérien à l’avion Tu-154, selon un correspondant de RIA Novosti qui était à bord, et qui cite l’un des membres de l’équipage. L’avion a dû faire demi-tour et se poser à Bratislava une heure plus tard. Des négociations sont en cours sur la question en ce moment. Tous les passagers sont maintenant à bord de l’avion.


Commentaire  sur le Post Post Scriptum : comportement plutôt mesquin et infantile, à mon avis. Cela pose vraiment la question de savoir ce à quoi les Polonais pensent qu’ils parviendront avec ce genre d’actions, à part l’honneur douteux de « faire la soubrette » de l’Oncle Sam une fois de plus (ceux qui suivent la politique polonaise sauront ce que je veux dire).

 

 

source: http://www.vineyardsaker.fr[30/08/2014]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Europe
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

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à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

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