Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 21:49

 

 

 

Le billet d'humeur de François Morel dans le 7/9, l’invité était Philippe Taquet et Paul Chemetov (8h55 - 26 Septembre 2014)
 

 

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:13

Bien entendu, c’est sur des bases internationalistes et anti-impérialistes que le PRCF défend la langue française étranglée par la politique d’anglicisation frénétique pratiquée par les élites « françaises » et par leurs suiveurs petits-bourgeois. Mais il est intéressant de constater que des intellectuels venant de tout autres horizons que le PRCF font le constat effarant que la classe dominante « française » est en train de « suicider » sa langue, comme elle démolit le « produire en France » et la souveraineté de notre pays. Affirmons la dimension culturelle et linguistiques de nos résistances sociales et civiques !

 

Francophonie : l’alerte au déclin

Les Echos | Le 28/08 à 06:00

de Michel Guillou


 

140905-15eme-sommet-Francophonie-Dakar-logo.jpgA l’approche du 15e sommet de la Franco-phonie, en novembre à Dakar, des personnalités de tous horizons expriment leur pessimisme quant à la pérennité de la Franco-phonie en tant qu’espace géopolitique et de la langue française comme langue internationale, et sonnent l’alerte. C’est une rupture par rapport à l’approche officielle, selon laquelle Francophonie et langue française sont sans problème de pérennité. Enfin, on parle vrai du déclin et même du risque de mort de l’une et de l’autre.


Conséquence de la domination du monde anglo-saxon, l’avenir, pour beaucoup, c’est l’American way of life. En avalanche, l’uniformisation et l’anglais s’installent. Un cas fait école, celui des élites françaises. Pour elles, continuer en français n’est pas une priorité, ni une volonté. La fierté de parler français, l’ambition de faire valoir ses valeurs sont abandonnées et, de même, tout nationalisme de la différence. Renonçant à la porte entrouverte, on bascule vers l’assimilation. Le bon sens est balayé. C’est ainsi que la France crée une université française au Vietnam en langue anglaise.


La France n’a pas d’ambition francophone. Le lien francophone est en train de se distendre. Un décrochage se profile enlevant toute crédibilité à l’argument démographique qui fait état de quelque 700 millions d’Africains parlant français en 2050. Les Africains, en effet, se posent la question de la pertinence de leur choix en accusant la colonisation de leur avoir fait parler une langue qui ne leur semble plus utile. Des craquements se font entendre. Il faut se garder de l’optimisme naïf qui voit l’avenir de la francophonie lié à la démographie, et ce d’autant plus que l’usage du français recule dans les secteurs d’avenir, ce qui sème un nouveau doute. Tout est dénommé en anglais. Il s’agit d’un suicide linguistique.


Ce déclin est freiné par les acquis et la force des facteurs historiques d’attractivité. On assiste donc à une mort lente, mais qui s’accélère du fait de la mondialisation et de l’absence de puissantes politiques de résistance. S’il est possible de donner un coup d’arrêt, la relance suppose beaucoup plus.


S’il faut continuer d’accueillir ceux que le projet francophone intéresse, il faut aussi s’attacher à organiser l’alliance des pays vraiment francophones qui utilisent le français comme langue officielle, d’enseignement ou encore d’usage, car ce sont eux qui donnent consistance à l’espace francophone vrai, où l’on agit en utilisant le français. Sans ce resserrement, il ne peut y avoir de francophonie utile répondant aux besoins des parlants français, développant d’un fort sentiment d’appartenance. L’élargissement a trop pris le pas sur l’approfondissement déséquilibrant l’ensemble. Si l’on ne vit pas la même aventure, il ne peut y avoir de communauté francophone. Mais les Institutions de la francophonie apportent-elles une contribution efficace ? La prise en compte de cette question dans la préparation du sommet de Dakar orienterait le choix du prochain secrétaire général.


Quant aux programmes à mettre en oeuvre dans le cadre du vivre-ensemble, beaucoup ont été identifiés. Ils concernent tous les domaines. Un secteur domine au point de devenir un préalable : l’enseignement du français et la formation des enseignants de français. Si le français s’effrite, que restera-t-il ? Mais l’écart est abyssal entre le besoin et l’offre. Cette situation ébranle le socle francophone. Il faut le réduire par un effort mutualisé et massif. Reste la question du visa francophone. Il est urgent de donner une réponse car il ne peut y avoir d’échanges privilégiés sans facilités de circulation des étudiants, des chercheurs, des responsables d’entreprises.


Le président Abdou Diouf a fait un immense travail. Aux chefs d’Etat et de gouvernement de dire maintenant ce qu’ils veulent. Mais sans nouvel élan, le pire arrivera : une mort certes douce, lente, mais certaine.


Michel Guillou

 

Michel Guillou est président du Réseau international des chaires Senghor de la francophonie.

 

 

source: http://www.lesechos.fr/idees-debats [28/

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 13:12

140905-De-funes-copie-1.jpg

 

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre les groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci.

Avec toute la perversité idéologique qui les caractérise, le capitalisme euro-mondialisé et ses collaborateurs hexagonaux présentent le basculement de la France au tout-globish et la relégation largement engagée du français, comme une « ouverture » sur la modernité et sur la pluralité des cultures. C’est également au nom de la diversité culturelle que les régionalismes les plus régressifs tentent d’imposer, Charte européenne des langues régionales et minoritaires à l’appui, la « co-officialité » du français – « langue de la République » au titre de la Constitution – et des langues de territoire au risque clairement assumé, voire revendiqué, d’ethniciser la citoyenneté française et de couvrir d’un voile « culturel » le repartage en cours de la France et son redécoupage en euro-Länder taillés sur mesure pour la « concurrence libre et non faussée » entre les « territoires ».

Comment alors réagir à cette sournoise agression linguistique qui vise à la fois la langue de Molière, la République une et indivisible issue de la Révolution française et – nous l’allons montrer tout à l’heure – toutes les conquêtes du monde du travail ? Car lorsque le français aura été réduit, en France même, au rôle subalterne de « langue domestique »[2], il sera encore plus aisé aux chasseurs de profits du M.E.D.E.F. et du grand capital mondialisé de diviser notre peuple, de dynamiter les avancées sociales et démocratiques de 1905, du Front populaire et du C.N.R., de briser l’aspiration au « tous ensemble » combatif des salariés, de casser les conventions collectives de branche, les statuts nationaux, les services publics et la fonction publique territoriale ou d’État, voire la Sécurité sociale et les retraites par répartition qui forment, aujourd’hui encore, le socle matériel de l’unité nationale-étatique de notre pays.

Pourtant, les résistances linguistiques sont encore faibles, éparses, voire inexistantes dans le mouvement ouvrier et populaire : contrairement à ce qui se passait encore lorsque le P.C.F. de Maurice Thorez et de Jacques Duclos, voire de Georges Marchais, prenait fièrement en charge l’indépendance nationale et la défense de la langue d’Aragon, la résistance à l’invasion du tout-anglais, ou plutôt du tout-américain, dans l’Hexagone, la défense de ce premier service public de France qu’est le français, reste sporadique si l’on excepte les efforts méritoires des associations de défense de la langue française ou ceux de certains syndicats ; on pense à certains dirigeants de la C.F.T.C., à la C.F.E.-C.G.C., ou à l’engagement permanent de la C.G.T.-Carrefour et de ses militants nîmois. Déjà nombre de grandes entreprises travaillent – illégalement ! – en anglais sur le sol même de l’Hexagone, notamment en région francilienne, ce qui occasionne discriminations et souffrance au travail de maints salariés, y compris parmi les cadres. Déjà, les grandes entreprises recrutent honteusement des cadres supérieurs English Mother Tongue[3], ce qui revient à instituer une préférence nationale inversée et à pratiquer une discrimination illégale à l’encontre des salariés dont la langue maternelle est le français ou une langue autre que l’anglais et le français. Comment prendre enfin conscience que, sans notre belle langue française illustrée par l’Édit de Nantes, par le Discours de la méthode, par L’Encyclopédie, par la Déclaration de 1789 et par celle de 1793, la loi laïque de 1905, par Les Jours heureux annoncés par le C.N.R. et par mille autres références lumineuses, la France globishisée ressemblerait bientôt à ce « couteau sans lame dont on a jeté le manche » qu’évoquait jadis Lichtenberg ?

I – Intégrer la dimension linguistique à nos résistances sociales et civiques !

Il faut d’abord prendre la mesure de l’arrachage linguistique en cours : ils arrachent notre langue comme ils virent nos usines, ferment nos hôpitaux, arrachent nos vignes ou éliminent nos exploitations agricoles quand Bruxelles et le M.E.D.E.F. jugent que c’est indispensable à la « profitabilité » du « site France ». Nous n’en sommes plus désormais au franglais, raillé naguère par Etiemble[4], ni à la multiplication des « emprunts » lexicaux à l’anglais. Quand toute la recherche – y compris peu à peu la recherche en sciences humaines, voire en littérature française – bascule à l’anglais, quand de plus en plus de Grandes Écoles et de cycles universitaires se livrent sans vergogne à la langue – non pas de Shakespeare, mais des « traders » et de la City – quand tant de jeunes chanteurs « français » chantent en mauvais anglais, quand tant de films « français », subventionnés par l’argent public, affichent des titres anglais, quand des enseignes « tricolores » comme Carrefour se rebaptisent « Carrefour-Market » ou « Carrefour-City », quand la Société « nationale » des Chemins de fer nomme ses « produits » T.G.V.-Night ou T.G.V.-Family, quand le président de cette société se glorifie d’offrir des cours d’anglais dans ses rames de T.G.V., mais que l’idée ne lui vient même pas d’offrir des cours de français aux étrangers circulant dans ses trains, on n’en est plus à « emprunter » à l’anglais des vocables qui manqueraient provisoirement au français (car des mots français existent depuis toujours, convenons-en, pour dire night, card, map, market ou access - comme on dit chez Total – ou everyone ajustable, comme le proclamait horriblement une pub d’Orange, anciennement « France »-Télécom !) ! En l’occurrence, il s’agit clairement de détruire notre langue nationale, de la polluer au maximum en la saturant et en l’enlaidissant d’anglicismes bas de gamme, de ridiculiser notre pays aux yeux des vrais anglophones, en un mot d’esquinter « ludiquement » notre langue nationale, qui est aussi celle de la Francophonie mondiale, avec des objectifs de classe politiques, économiques, culturels très précis : ringardiser la nation républicaine, éradiquer la fameuse « exception française » issue du Front populaire et de la Résistance antifasciste, insinuer à tout instant le contre-modèle anglo-saxon et néolibéral dans nos cerveaux, distinguer les travailleurs en catégories sociolinguistiques discriminantes[5], faire accroire au bon peuple qu’en un mot, il n’y a pas d’autre alternative que l’Empire euro-atlantique promis par les maîtres de l’U.E., de l’euro, de l’O.T.A.N. et du « Grand Marché Transatlantique » en construction…

Ce ne sont pas là des fantasmes, hélas : déjà en 2006 l’Union des industries de la Communauté européenne (UNICE), ancien nom de l’actuel syndicat patronal européen Businesseurope, promouvait à son de trompes cette politique de substitution et d’exterminisme linguistiques en déclarant, par la bouche de son tout nouveau président d’alors – le triomphant Baron Seillière, qui venait d’imposer en France une grave contre-réforme sur les retraites – que l’anglais serait désormais « la langue des affaires et de l’entreprise » dans toute l’U.E.[6]. Sciemment opérée par un grand patron français devant le Conseil des chefs d’État européens, cette déclaration déshonorante avait d’ailleurs provoqué la sortie immédiate de Jacques Chirac, un acte de dignité nationale qu’il serait naïf d’attendre des présidents de droite et de « gauche » qui lui ont succédé… Notons du reste que le nouveau nom du syndicat patronal, beaucoup moins francophone, est dû au même Ernest-Antoine Seillière...

Comment dans ces conditions ne pas fustiger la honteuse apathie des états-majors syndicaux qui laissent sereinement assassiner la langue de la République et de la Francophonie internationale pour ne pas compromettre leur insertion dans le « syndicalisme » jaune européen (C.E.S.) ou transatlantique (Confédération Internationale des Syndicats) ? Comment ne pas appeler les travailleurs en lutte pour l’emploi industriel en France, pour la défense des acquis de 1945-47, pour les services publics, l’école laïque et la Sécurité sociale, à se saisir enfin, en vrais partisans de la République sociale, souveraine et fraternelle, de ce combat linguistique proprement vital pour l’avenir de notre pays ? Un combat qui fait aujourd’hui cruellement défaut à la plupart des cahiers de revendications des agents des services publics, des travailleurs industriels, des défenseurs de l’Université au moment où les dirigeants de Renault, de Peugeot, de Citroën, d’Auchan, d’Air-France (devenu « Airfrance »[7]), d’EDF, voire de l’Éducation nationale (si friande de Learning Centers, entre autres…), massacrent notre langue en affichant ainsi leur mépris pour leurs salariés, leurs clients ou leurs usagers restés stupidement francophones ?

Au demeurant, la résistance ne saurait être purement collective. Chacun peut commencer par réagir individuellement en suscitant, par son attitude linguistiquement rebelle, la résistance collective à venir. Dire haut et fort « courriel » au lieu d’ « imeïlle » (ce qui écorche, non seulement le lexique français, mais les structures phonétiques de notre langue qui ne connaît pas le son « eïl’ »), cesser de dire à tout propos « OK » (voire, ridiculement, « OK d’accord ! »[8]), refuser de s’exclamer « yèèèèèèsss ! » à toute occasion, souhaiter « bon anniversaire » en chanson et non « happy birthday to you ! », c’est OSER, si peu que ce soit, marcher et parler à contre-courant, c’est offrir à l’auditeur – une fois la surprise passée et le débat civique et linguistique éventuellement lancé – un point de repère et de résistance structurant, c’est susciter la discussion contradictoire, ce havre de l’esprit républicain, en brisant le consensus linguistique (mais aussi culturel et idéologique) mortifère qui infiltre aujourd’hui nos cerveaux, nos cœurs et… nos cordes vocales ! Revivons l’échéance plutôt que la deadline, assumons d’être ou d’avoir un entraîneur plutôt qu’un coach, d’aimer le rétro plus que le vintage, de s’amuser franchement et sans « fun », d’assister à un tournée en direct, de trouver des coins sympa pour la course plutôt que des spot de running... Prenons un plaisir sobre à dominer nos mots, à maîtriser notre communication –à ne rien céder, ni à la mode, ni au conformisme, ni à la paresse. A utiliser ces mots droits et nets, précis et bien connus, qui savent ce qu’ils disent et osent être crûment eux-mêmes, sans se farder d’un latinisme marchand ou se gonfler avec fatuité des reflux de l’air du temps.

II – Vivent les langues régionales !

Entre la récente Loi Fioraso, qui a institué l’anglais comme langue universitaire en ridiculisant l’article II de la Constitution et la Loi Toubon de 1994, et la Charte européenne des langues régionales, qui tend à faire du français un idiome parmi d’autres sur l’ex-territoire national en voie d’euro-fédéralisation, notre langue nationale est délibérément prise en tenaille avec la complicité de François Hollande, en cela aussi digne continuateur de Sarkozy. Par tous les moyens le Parti Maastrichtien Unique a entrepris de banaliser et de désétablir le français, et cela au moment même où les négociations sur le Marché transatlantique menacent de mort l’ « exception culturelle » à l’échelle mondiale, européenne et française, face à la domination globalitaire de l’Oncle Sam. Le projet linguistique de « Charte » des langues minoritaires – dont les origines politico-idéologiques remontent à la pire période de l’histoire allemande[9] – répond clairement au projet politico-territorial porté par le M.E.D.E.F. dans son manifeste Besoin d’aire publié en décembre 2011 à l’initiative de Mme Parisot. Le haut patronat veut ouvertement en finir avec la République française souveraine (notamment avec son cadre territorial « jacobin » issu de la Révolution : communes, départements, État-Nation, tout cela s’insérant dans une Charte de l’O.N.U. proscrivant – au moins en principe – le prétendu « droit d’ingérence » des forts sur les faibles et proclamant au contraire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Et pour cela, il faut dissoudre la République une, laïque, sociale, démocratique et indivisible que proclame – en théorie, nous sommes bien d’accord, mais la théorie n’est pas rien ! – la Constitution actuelle, dans l’U.E. des métropoles et des euro-régions, de préférence transfrontalières. Celles-ci seront centrées en apparence sur les langues régionales (breton, basque, etc.), et dans les faits, sur l’anglo-américain[10], soit –plus marginalement – en allemand[11].

Face à cette grossière subversion de l’unité territoriale nationale qui revient à donner le pouvoir local à des groupes minoritaires d’euro-sécessionnistes, pour la plupart très réactionnaires (cf les Bonnets « rouges » bretons !), il serait à la fois injuste et maladroit de réagir par une crispation à l’encontre des langues régionales et des citoyens qui leur sont très légitimement et très honorablement attachés. Toutes, elles font partie de notre patrimoine national commun, comme l’atteste entre autres le rôle civilisateur éminent des troubadours médiévaux. Tout en promouvant partout le français comme langue commune de la République sociale, une France dirigée par le mouvement ouvrier révolutionnaire n’eût sans doute pas cherché à marginaliser les langues régionales comme l’ont fait la bourgeoisie bonapartiste, puis les notables radicaux de la Troisième République. Il n’est que de voir comment a procédé la jeune Union des républiques soviétiques sur le terrain linguistique : Lénine voyait certes dans le russe la langue incontournable des échanges entre les Républiques fédérées, mais il a rompu avec la russification imposée par les tsars et a fait donner aux langues des « allogènes » (langues du Caucase, de Sibérie, d’Asie centrale…) de larges moyens de se développer. Les Soviets ont même été jusqu’à créer des écritures, des grammaires et des dictionnaires là où ces langues n’avaient qu’une existence orale avant 1917 ; ils ont également suscité une puissante littérature nationale en langue maternelle pour permettre à chacun de ces peuples fédérés d’aller vers le socialisme universel en partant de ses traditions propres et en les revisitant, voire en les dépassant par leurs propres moyens et selon leur rythme propre. Comment ne pas penser ici aux admirables romans kirghizes de l’écrivain soviétique Tchinguiz Aïtmatov (Le premier Maître, Djamila…) ?

Il serait de plus très impolitique pour les défenseurs du français de prendre de front à la fois les tenants impérialistes du tout-anglais et les partisans républicains des langues régionales… tout au moins, ceux qui ne détestent pas « le » français parce qu’ils font la différence entre la langue de Victor Hugo et l’usage oppressif (pas seulement[12]…) qu’en a parfois fait la Troisième République. Rejeter les langues régionales serait d’abord faux dans le principe : de vrais internationalistes défendent tout naturellement le français contre le TOUT-anglais, mais ils ne seraient pas moins tenus de combattre le TOUT-français tel que le colonialisme a tenté de l’imposer en Afrique « au temps béni des colonies » (sic). Notons d’ailleurs que les peuples de l’ex-Empire colonial français ont intelligemment riposté au colonisateur en faisant du français – de LEUR français ! – une « prise de guerre », selon l’excellente expression de Kateb Yacine : loin de s’enfermer dans le « petit nègre » humiliant que leur enseignait le colonisateur, les ex-colonisés ont souvent mis un point d’honneur à cultiver un haut niveau de langue française dans leurs universités, notre enseignement actuel du français, ravagé par quarante ans de contre-réformes néolibérales faisant parfois pâle figure quand on se risque à la comparaison.

En outre, ce rejet prétendument républicain des langues régionales serait suicidaire politiquement pour la défense du français. Le fin marxiste que fut longtemps Mao nous a suffisamment appris, notamment dans son étude dialectique sur la contradiction, qu’il convient dans chaque lutte de distinguer l’ennemi principal de l’adversaire secondaire en réservant au premier l’essentiel de nos coups ; d’autant que souvent, tout ou parti de l’adversaire secondaire peut devenir un allié si l’on sait le dissocier de l’ennemi principal qui le manipule et ne cherche qu’à le poignarder dans le dos le moment venu. Enfin et surtout, il faut faire entendre aux tenants abusés des langues régionales que l’oppression linguistique et scolaire que ces langues ont subie hier (non par la faute de « la langue française », mais par celle de la bourgeoisie autoritaire), ne saurait justifier que leurs partisans actuels aident aujourd’hui à assassiner le français et la Francophonie internationale – ce ferment de résistance mondiale à l’américanisation générale – au profit d’un maître combien plus écrasant : le tout-anglais de l’Empire transatlantique et transpacifique en gestation[13], ce monstrueux totalitarisme planétaire que construisent l’Empire américain et l’Europe allemande en pleine expansion vers l’Est (cf l’actuelle extension de l’O.T.A.N. à l’Ukraine, en attendant qu’arrive le tour de la Biélorussie) : car la légitime dénonciation des crimes passés ne saurait légitimer la collaboration enthousiastes aux crimes présents et à venir !

Surtout, les défenseurs du français et les amis des langues régionales doivent se souvenir les uns et les autres d’une fable très « politique » de Jean de La Fontaine : se disputant un terrier, la belette et le petit lapin portent leur différend devant le Chat Raminagrobis. Feignant d’être sourd, le vieux matou leur demande de s’approcher et, quand ils sont à portée de ses griffes, il les happe et les dévore l’un après l’autre. Aujourd’hui, c’est le Raminaglobish transatlantique qui joue à opposer le français aux langues régionales ; mais une fois qu’il aura désétabli la « belette » francophone en se servant des petits lapins régionaux, qui peut croire qu’il laissera la moindre chance aux langues de territoire ? Si ce rempart mondial au tout-anglais qu’est (encore) la Francophonie internationale venait à sauter, il n’est pas difficile de comprendre que les langues régionales de France seraient encore plus vite englouties que ne l’ont été le gallois ou l’écossais celtique en Grande-Bretagne, ou les langues amérindiennes liquidées ou folklorisées par l’Empire yankee. Quand ce dernier aura finir d’utiliser les euro-sécessionnistes et les langues régionales pour dépecer les États italien, français, espagnol, voire britannique (mais pas la R.F.A., qui s’est « réunifiée » en phagocytant la R.D.A. et en divisant-satellisant les pays voisins, ex-Tchécoslovaquie, ex-Yougoslavie, États baltes, et demain sans doute la Belgique brisée par le « nationalisme » réactionnaire flamand), il aura tôt fait de régler leur compte à l’euzkara, au catalan, à l’alsacien, au corse, comme il l’a si efficacement fait avec le français de Louisiane et comme il s’emploie à le faire aujourd’hui, avec la complicité de Montréal et des gouvernants libéraux du Québec, par l’anglicisation galopante de Montréal[14].

C’est pourquoi tout vrai républicain devrait, au nom de la diversité indispensable à la culture mondiale, défendre TOUTES les langues de France et du monde contre la (non-) langue unique en marche, sans chercher cependant à briser le primat officiel de la langue nationale unifiée là où il en existe une[15]. Car à l’heure actuelle, les nations constituées (ou les États multinationaux hérités de l’histoire et brisés par l’Empire, comme la République socialiste fédérale de Yougoslavie) constituent des remparts pour la défense du droit des peuples à s’autodéterminer et à construire à égalité l’indispensable coopération mondiale entre les peuples.

Il est d’ailleurs surprenant que les organisations écologistes qui, à raison, défendent la biodiversité du vivant contre le rouleau compresseur du consumérisme capitaliste, restent de marbre quand disparaissent jusqu’à huit langues PAR AN et quand de grandes langues nationales et internationales porteuses d’une part majeure des Lumières mondiales, l’italien, l’allemand, le français, le polonais, le russe, sont rapidement boutées hors des secteurs décisifs de la communication mondiale : sciences, technologies, commerce, enseignes, cinéma, chanson, etc. Pourtant, quand une langue s’atrophie en perdant plusieurs fonctionnalités majeures, c’est une manière de vivre et de penser, c’est un regard et une sensibilité différents sur la vie qui plongent dans l’oubli, c’est un « esprit » qui meurt, ce sont des millions d’hommes qui sont subitement niés jusque dans leur histoire et dans leur identité la plus profonde, y compris celle de leur inconscient (que serait une psychanalyse en globish mondialisé ?) : en quoi serait-ce moins grave que de voir s’éteindre une sous-espèce de limaçons en Basse-Silésie ou un sous-groupe de poisson des abysses dans la fosse des Mariannes ?

Il faut donc à la fois défendre les langues régionales, qui devraient trouver place dans l’Éducation nationale partout où existerait une demande significative, et le primat de l’enseignement du français dont l’enseignement – rabougri et désossé par les contre-réformes libérales successives – doit être fortement revalorisé, étendu et requalifié de la maternelle à l’Université comme voie d’accès principale de tous les futurs citoyens-travailleurs aux « lumières communes » dont notre pays fut historiquement le pionnier de Descartes au plan Langevin-Wallon en passant par l’Encyclopédie de Diderot-D’Alembert.

III – Vive l’enseignement des langues de l’immigration de travail !

Curieusement, les mêmes qui s’enthousiasment pour la Charte européenne des langues au nom de la diversité et de l’égalité entre les parlers, ne trouvent rien à dire au fait que les langues de l’immigration de travail ne sont quasiment pas enseignées par l’école publique. C’est ainsi que pas un lycée de l’ex-bassin minier du Nord-Pas-de-Calais n’enseigne l’arabe comme LV 1 ou LV 2, alors que cette langue est parlée par nombre d’anciens mineurs marocains et leurs ayants-droit. Une étrange lacune qui semble ne choquer personne et qui ouvre un espace considérable aux intégristes pour accaparer l’enseignement de cette langue internationale sur des bases lourdement cléricales...

Si l’on voulait réellement accueillir et intégrer ces populations ouvrières, y compris en leur faisant aimer le français et la République, il conviendrait d’en finir avec cette exclusion linguistique par omission. Il faudrait pour cela affronter la députée Marion Maréchal-Le Pen et son prétendu front « national » : cette demoiselle n’a-t-elle pas exigé en 2012 à la tribune du Parlement que les rarissimes cours dispensés en arabe par l’école publique à des enfants d’immigrés primo-arrivants soient supprimés… et que les (très maigres) crédits qui sont alloués à ces cours de mise à niveau soient désormais affectés … au français[16] ? Nullement : à l’enseignement de l’anglais dès l’école primaire ! Bref, le FN n’est pas opposé à toute espèce de langue d’immigration et les mêmes xénophobes qui stigmatisent les populations prolétariennes issues de l’espace africain francophone, n’ont rien à redire contre la colonisation linguistique de l’Hexagone que pratique toute une partie de l’élite friquée venue de l’Europe du nord pour s’approprier des cantons entiers : comme si c’étaient les travailleurs étrangers qui délocalisaient nos usines à l’étranger, et non les P.D.G. « français » du C.A.C.-40, dont Le Monde nous apprend qu’une majorité réside désormais à New-York, et dont certains imposent le « travailler-en-anglais » dans nombre de sociétés franciliennes ! Pour mesurer l’aliénation nationale et l’humiliation linguistique que nous tolérons – et parallèlement l’ampleur du racisme pas seulement linguistique qui hante les meilleurs esprits en France – il suffit de s’imaginer comment réagirait la population française, intellectuels et « bobos » compris, si d’un seul coup toutes les enseignes et pubs en anglais qui nous assaillent étaient subitement écrites ou prononcées en arabe, en wolof ou en berbère ! Et pour mesurer à la fois l’islamophobie d’État et l’autophobie nationale dont font preuve certains dirigeants de la droite, il suffit de considérer la proposition délirante formulée par Jean-François Copé[17] : entre deux pains au chocolat, ce triste sire ne proposait-il pas récemment d’imposer le tout-français dans les mosquées de France, d’y proscrire l’arabe… et de passer désormais les films américains en V.O. de manière à imprégner d’anglais les enfants dès le biberon (plus facile que de créer des postes de français, d’anglais, d’allemand, d’espagnol, de russe, d’italien, etc. dans nos lycées !). Énorme veulerie et terrifiante vulgarité d’esprit qui conduit à vilipender les plus faibles et les plus en dangers – les ouvriers issus de l’immigration – et à ramper voluptueusement devant les plus forts, Européens du nord friqués refusant d’apprendre notre langue, investisseurs à milliards débarqués de Dallas ou du Qatar, U.E. imposant déjà de fait l’anglais comme sa langue officieuse unique en violation des traités européens qui font obligation à la commission européenne de respecter l’identité culturelle des États-membres.

IV – Vive(nt) le(s) français[18] !

Cette résistance linguistique tous azimuts n’implique aucun « purisme ». Comme toute langue vivante, le français comporte plusieurs niveaux d’usage et chacun d’eux est légitime et efficace pour la destination communicationnelle, poétique, professionnelle, nationale, qui est la sienne. Rappelons d’ailleurs que même Malherbe, le poète qui « épura » notre langue et notre littérature au Grand Siècle, se référait aux « crocheteurs des Halles » pour fixer le vocabulaire. La première des choses à faire pour encourager les travailleurs et d’abord, les militants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier, à défendre leur langue, est de les convaincre qu’ils sont compétents en matière de « bon français » puisqu’ils se font clairement entendre de leurs pairs. Au demeurant, qui pourrait parler plus mal le français que les moulins à paroles des « merdias » capitalistes qui ne savent plus faire une liaison évidente, inverser le verbe et le sujet dans une interrogation directe, utiliser la double négation, qui abusent de la novlangue politicienne à la mode et qui – surtout à Paris intra muros – multiplient les anglicismes branchés sans le moindre souci du droit des auditeurs à comprendre ce que disent les chaînes qu’ils financent par leurs impôts ou par l’entremise des pubs (en réalité payées par les consommateurs) qui subventionnent les médias privés. Des études montrent d’ailleurs paradoxalement que les ados qui manient le langage SMS de la manière la plus drôle et la plus inventive sont souvent les plus performants dans l’usage du français « scolaire ». Fi donc des nouveaux puristes qui condamnent le langage des jeunes pour mieux cautionner l’invasion de l’anglo-américain : comme si les multinationales qui imposent d’en haut leur sabir avaient la même légitimité politique à changer la langue que le peuple, le monde du travail et la jeunesse qui, de Tunis au Caire crient en français « dégage ! » à Benali ou à Moubarak, que les syndicalistes de lutte qui se déclarent désobéisseurs et que tous ceux qui ont l’audace d’inventer les néologismes dont ils ont besoin pour dire présenter aux autres leur activité sociale innovante !

Il est également nécessaire de faire de la Francophonie internationale non plus seulement cet espace guindé piloté par les gouvernements (hyper-angliciseurs pour beaucoup d’entre eux, à commencer par ceux de la France, de la Belgique et du Canada…), qui prend prétexte d’une langue commune, qu’ils ne servent guère, pour pontifier sur les problèmes mondiaux, mais un lieu vivant de résistance sociale, d’échange international, d’impulsion culturelle, d’émancipation nationale et de mise en commun linguistique permettant d’affronter à armes égales le rouleau compresseur des oligarchies américanolâtres arc-boutées sur l’exportation de leur langue, réduite au rôle une arme de « soft power » (car contrairement à nos gouvernants, qui considèrent comme un boulet une langue parlée sur les cinq continents, les élites anglo-américaines savent que la pénétration mondiale du globish constitue à long terme une arme économique et commerciale plus efficace que plusieurs alliances militaires ![19]). Face à un tel monstre nourri à la fois par Wall Street, par le Pentagone et par la City, il est vital pour le français d’échanger et de collectiviser la créativité africaine, l’esprit de résistance québécois, la force poétique haïtienne, etc.

Dans le même esprit le français moderne doit dialoguer avec et s’enrichir d’échanges, voire d’emprunts, aux autres langues de France, aux langues de l’immigration ainsi qu’aux autres langues romanes, espagnol, italien, portugais, roumain, qui sont confrontées aux mêmes problèmes d’arrachage linguistique (du moins en Europe) que notre pays, sans négliger bien entendu l’apport de l’espéranto. En un mot, internationalisons les résistances linguistiques et refusons que le tout-anglais règne dans le mouvement syndical international, dans les « alter-summits » (sic) ou dans certaines émissions de prétendue « Underground Democracy » qui, jusque dans leur dénomination, clament le caractère petit-bourgeois, ostentatoire et inoffensif de leur semi-révolte. Entendons enfin le conseil de Montaigne, auteur des Essais et maire de Bordeaux, qui déclarait déjà au 16ème siècle : « que le gascon y aille si le français n’y peut aller ! »…

Cette prise en compte de la diversité linguistique du ou des français n’interdit nullement de se réapproprier le français commun, y compris le vocabulaire et la grammaire – si évolutifs soient-ils – car ceux qui prétendent que tout cela n’est que vieillerie dépassée, qu’il n’y a pas de différence entre l’oral et l’écrit, qu’on peut parler n’importe comment en n’importe quel lieu, font en réalité tout le nécessaire pour se réserver l’écrit et le « bel usage », fût-il mâtiné d’expressions familières employées pour « faire peuple ». Quant à ceux qui défendent l’idée reçue qu’il n’y a pas de normes linguistiques et qu’il suffirait au linguiste de décrire l’état des lieux de la langue sans s’inquiéter de savoir si elle vit ou si elle dépérit, ils méconnaissent ce fait patent que la production de normes linguistiques est un fait langagier constant : celui qui maîtrise bien sa langue, dans quelque domaine que ce soit, et qui peut de ce fait s’en faire le poète, le virtuose et le transformateur actif, travaille et retravaille sans cesse la norme existante. Pour cette raison même, il lui faut bien connaître et manier sa langue, comme l’artisan connaît et manie parfaitement ses outils et sa matière première.

Conclusion - Les « élites » françaises – en réalité l’oligarchie transatlantique et ses collabos de la haute bourgeoisie « française » sacrifient cyniquement une langue dont ils ont profondément honte car elle porte l’inexpiable héritage d’une histoire populaire qu’ils abhorrent : l’héritage de Marat et de Toussaint Louverture, des Communards et du Front populaire, voire de l’Internationale communiste (dont le français était la langue de congrès) et des luttes de libération nationale d’Afrique. Marginaliser cette langue maudite est un enjeu central pour ceux qui veulent, comme le M.E.D.E.F., « reconfigurer les territoires », construire « l’Union transatlantique » et mettre en place « les États-Unis d’Europe, notre nouvelle patrie » - comme si l’on pouvait à son gré changer de patrie, c’est-à-dire de parents et d’histoire. Face à ce énorme parri- et matri-cide de classe et de caste, il revient d’abord aux progressistes d’imposer le débat politico-linguistique : car la substitution linguistique qui vise à exproprier le peuple de ses mots ne pourra l’emporter que si la classe travailleuse se laisse priver de débat sur sa langue. C’est pour la priver de parole à jamais, pour faire d’elle une classe mutique après avoir fait d’elle une masse précarisée et largement chômeuse, que le Parti Maastrichtien Unique, toutes tendances confondues, veut (se) défaire (de) la langue frondeuse de Villon, de Rabelais, de Voltaire, d’Eugène Pottier et autre Jean-Baptiste Clément, sans parler de Félix Leclerc, de Jacques Brel ou des incandescents Fanon et Aimé Césaire.

Première cible de l’exterminisme linguistique de l’oligarchie, la classe laborieuse. Ses organisations syndicales et politiques – et tout d’abord les militants qui ont pris conscience de la nécessité de marier l’émancipation sociale à l’affranchissement national et à la coopération internationale – ont un intérêt vital à engager la résistance linguistique en l’associant aux combats en cours pour le produire en France, les services publics, la protection sociale, la souveraineté nationale, la défense de la paix contre les aventures bellicistes dans lesquelles le Parti atlantique compromet régulièrement notre peuple. Chacun peut sans attendre engager cette résistance aux niveaux individuel, associatif, syndical, politique. Il s’agit moins d’ailleurs de « défendre la langue française » que de SE défendre AVEC la langue française ; c’est pourquoi ce combat a beaucoup à voir avec celui par lequel les résistants sociaux affrontent la novlangue néolibérale (celle qui, par ex. nomme « modernisation » les régressions sociales et « archaïsmes » les acquis sociaux) pour reconquérir un vocabulaire de classe permettant de nommer un chat un chat et M. Manuel Valls un laquais du capital. Il s’agit là d’un combat central et non d’un « à-côté » mineur du combat social : car lorsque les tenants de l’Empire euro-atlantique et de Businesseurope auront détruit nos langues, et avec elles, toute la mémoire consciente et inconsciente du mouvement ouvrier et jusqu’à l’A.D.N. républicain de la Nation, la « France des travailleurs » chantée par Jean Ferrat et l’idéal de République sociale dont notre pays est l’initiateur historique, auront définitivement sombré dans ce que Marx appelait naguère « les eaux glacées du calcul égoïste ». Est-ce vraiment cela que nous voulons pour nos enfants ?

Georges Gastaud e Matthieu Varnier, [1]
Et voir sur LGS : Quand Emmanuel, Macron prend une averse, de Bernard Gensane : http://www.legrandsoir.info/quand-emmanuel-macron-prend-une-averse.html


[1] Georges Gastaud est philosophe, président de l’association COURRIEL pour la résistance au tout-anglais impérial. Auteur notamment de Patriotisme et internationalisme (2011) et de la Lettre ouverte aux ‘bons’ Français qui assassinent la France (2005).
Mathieu Varnier est ingénieur, secrétaire général du COURRIEL.

[2] Et dans un second temps – ce serait sa seconde mort, ignominieuse ! – à l’état de parler aristocratique mondial des « élites mondialisées », dont la soif de distinction pourrait ne pas se satisfaire très longtemps du « globish » imposé partout ?

[3] « Anglais langue maternelle ».

[4] René Etiemble (1909-2002), écrivain et linguiste éminent, auteur notamment de Parlez-vous franglais ? (Gallimard, 1964).

[5] Au sommet, les English Mother Tongue venus d’ailleurs ou provenant des enfants de l’oligarchie « française » élevés directement en anglais, comme les collabos gaulois de César reniaient le celtique en élevant leurs enfants en latin. Au milieu, les « globishisants », parlant plus ou moins bien un anglais d’aéroport et destinés aux fonctions de cadres moyens. En bas, les francophones demeurés (c’est à dire ceux demeurés francophones...), cantonnés dans les tâches d’exécution et parlant un français appauvri et truffé d’anglicisme. Et dans les soutes, les travailleurs immigrés venus de l’espace francophone africain et subissant la double peine linguistique puisque parlant le français avec un accent (comme s’il existait un français sans accent…) et ne sachant pas encore la vraie langue du French Euroland en cours de recyclage linguistique total. Le schéma étant compliqué, notamment pour les travailleurs des services publics d’État, ou pour les enseignants, par la nécessité de parler le français, l’anglais et, si possible, plusieurs langues régionales s’ils veulent par ex. être mutés de la Bretagne à la Corse ou à Perpignan, lorsque le breton, le corse ou le catalan auront obtenu la co-officialité dans les actes publics… Vive la « modernité » ! Et tout cela, bien entendu, sans un euro supplémentaire sur la fiche de paie…

[6] http://www.lefigaro.fr/international/2006/03/23/01003-20060323ARTWWW90... et http://www.observatoireplurilinguisme.eu/index.php?option=com_content&...

[7] « France is in the air » remplaçant dans la foulée le célèbre slogan « Faire du ciel le plus bel endroit de la terre »...

[8] Et si « oui », « d’accord », « ça marche ! », « ça roule ! », « ça baigne ! », vous paraissent trop fades, pourquoi ne pas OSER « Oc » en occitan, « si como no ? », en castillan, etc. ? S’il faut emprunter, il est prudent de ne pas emprunter toujours à la World Company…

[9] Lire notamment : http://www.m-pep.org/spip.php?article3517 . La Charte a été rédigée par la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), groupe de pression directement héritier du pangermanisme allemand et d’une conception ethnique des populations ayant valu la reconnaissance du caractère nazi de certaines de ses formes antérieures.

[10] Déjà, en Catalogne ibérique, des Banques s’affichent uniquement en catalan et en anglais en proscrivant l’espagnol, seconde langue la plus parlée au monde, et le français, parlé de l’autre côté de la frontière !

[11] Arguant de la prochaine adoption de la Charte européenne par le Parlement français, le conseil municipal de Saverne a cru pouvoir annoncer que les séances du conseil municipal se tiendraient désormais en alsacien, avec des traducteurs français pour les non-locuteurs du dialecte, et que les comptes-rendus se feraient « en allemand, forme écrite de l’alsacien ». Fermez le ban ! Le patronat alsacien qui inspirait largement le projet (rejeté par l’électorat républicain alsacien) de fusion des deux départements et de la région Alsace, ne cachait pas que son but réel était de se fondre dans une grande euro-région transfrontalière avec le Bade-Würtemberg allemand. Des projets analogues sont couvés par les hiérarques féodal-« socialistes » du Languedoc-Roussillon, qui lorgnent sur la riche Barcelone, ou par Martin Malvy (Midi-Pyrénées) et Martine Aubry (la vraie patronne du Nord-Pas-de-Calais), qui veulent chacun leur région « transfrontalière ». C’est évidemment l’anglais, et non les langues régionales – purs prétexte d’un instant pour déconstruire mille ans de construction nationale française – qui fédérera ces regroupement clairement antinationaux dans lesquels le Code du travail, les statuts, le SMIG et les conventions collectives ne feront pas long feu.

[12] Poussée par le socialisme ouvrier naissant et encore portée par l’élan de la Révolution jacobine, cette bourgeoisie a AUSSI institué l’école laïque, gratuite et obligatoire, mis en place la loi de séparation de l’Église et de l’État, institué la loi passablement démocratique de 1901 sur les associations, interdit le travail du dimanche… Quelle différence avec l’oligarchie capitaliste actuelle et avec ses reptiliens serviteurs « socialistes » du type de Manuel Valls !

[13] Pressé d’équilibrer les BRIC, qui parlent portugais (Brésil), russe, mandarin ou hindi, l’Oncle Sam mène de front en ce moment deux négociations secrètes ; l’une avec les Européens (Union transatlantique) et l’autre avec les Japonais, les Coréens du Sud, etc. (Union transpacifique). Et quelle sera la langue officielle de l’Union transatlantico-pacifique quand ces négociations seront venues à leur terme et que Wall Street sommera la Maison Blanche d’unifier les deux Unions ? Alors que le système capitaliste fait fonds depuis cinquante ans sur une propagande « antitotalitaire » frelatée, il porte en ses flancs une pensée unique, une langue unique, une économie et une culture uniques qui battent d’avance tous les records de totalitarisme – si l’on tient à utiliser cette notion passablement floue – puisqu’elles s’étendront aux moindres recoins de la planète : plus la moindre île déserte, plus le moindre îlot d’Utopie où fuir ce « devenir-monstre » (dixit André Tosel) de la mondialisation capitaliste. Radicalisée, un tel système unique – heureusement traversé par bien des contradictions – signifierait la mort de l’humanité en tant qu’humaine : car UNE pensée, UNE culture, UNE langue, égalent nécessairement ZERO pensée, ZERO langue, ZERO culture pour peu que l’on ait compris que la pensée a besoin de diversité et de contradictions pour exister. Nous avons défendu par ailleurs la thèse selon laquelle « l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme ». Mais il y a bien des moyens d’exterminer l’humanité en lui laissant l’illusion provisoire d’exister…

[14] Il faudrait aussi évoquer le sort des francophones belges. Violant les prétendues règles démocratiques de l’U.E., la droite dure flamande persécute les francophones qui résident au nord du pays, abandonne la Wallonie en crise à son sort et resserre son étreinte menaçante sur Bruxelles ; or, la seule réponse du chef de file socialiste des francophones, M. Elio Di Rupo, le premier ministre fédéral belge, est de s’adresser à l’ensemble de ses compatriotes en anglais !

[15] Y compris sans doute de l’anglais britannique, en passe d’être avalé par le globish et par l’américain, et dont il serait sans doute stupide de priver les Écossais et les Gallois, sans parler des Irlandais, pourvu qu’ils disposent tous des moyens de recouvrer leur langue historique.

[16] http://www.debunkersdehoax.org/depenses-ahurissantes-pour-les-cours-da...

[17] http://www.slate.fr/story/33579/francais-anglais-langues-etrangeres-ecole

[18] Rappel orthographique : le substantif « le(s) français » en minuscules désigne la langue française et, au pluriel, ses divers usages, hexagonal, québécois, romand, wallon, etc. ; le substantif le(s) Français, avec la majuscule, désigne le ou les citoyens de nationalité française, donc des personnes.

[19] Honte à ceux des officiers français qui acceptent sereinement, pour poursuivre leur brillante carrière au sein de l’O.T.A.N., que l’anglais devienne la « langue de travail » de l’armée « française ».

URL de cet article 26846
Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:27

Cette semaine,  l’hebdomadaire Marianne publie une tribune cosignée notamment par Georges Gastaud intitulée Défendre le français contre le tout-globish. Une tribune à retrouver donc en kiosque et sur le site web du journal rubrique controverse !

 

°

°°°

°

Défendre le français contre le tout-globish

par G. Gastaud, A. Salon, R. Ravat et M. Varnier*

Pour les auteurs de cette tribune, le français est pris en "tenaille". D'une part, expliquent-ils, "la loi Fioraso vient d’instituer l’anglais langue de l’enseignement universitaire". Ensuite, "le Parlement est invité à adopter la charte européenne des langues minoritaires et régionales". Pour eux, "ces "tirs croisés illustrent le démontage de l’Etat-nation". Il est donc temps d'"entrer en résistance linguistique".

 

 

140817-.jpg

 

Vingt ans déjà. Vingt ans que la loi Toubon du 4 août 1994, disposant que le français est « la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics », doit nous protéger d’un flot graduel et continuel de « tout anglais », cette langue d’importation que l’on ne cesse de nous proposer, de nous imposer, de nous vendre. Vingt ans d’une lutte méconnue où, garde-fou, elle a pu matérialiser le bon sens d’une société consciente de ses fondations, mais dont chacun peut appréhender actuellement les limites.

La « langue de la République » en échec

Il y avait déjà la substitution galopante de l’anglais au français dans la pub, la chanson, le cinéma, la recherche et les enseignes commerciales – y compris dans celles où l’Etat est majoritaire (SNCF, EDF, La Poste, Orange…). Cela ne suffisait pas : nos gouvernants, eux-mêmes, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution). La loi Fioraso vient ainsi d’instituer l’anglais langue de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la LRU de Valérie Pécresse, qui aligne nos universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon. Le CSA ( chargé de réprimer l’anglicisation des médias !) « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chanson française.

Empire atlantique monolingue

Le Parlement, lui, est invité à adopter la charte européenne des langues minoritaires et régionales, qui exige une co-officialité des langues régionales sur certains territoires, sapant par l’ethnicisation les fondements universalistes de la citoyenneté.

Une tenaille politique se resserre sur notre langue. Une stratégie linguistique émanant de l’oligarchie « française » et internationale. On sait que l’Union européenne privilégie déjà outrageusement la « langue des affaires et de l’entreprise » comme disait le baron Seillière, alors président de BusinessEurope : qu’en sera-t-il dans l’Union transatlantique ?

En réalité, ces tirs croisés illustrent le démontage de l’Etat-nation, socle du Smic, des conventions collectives, des diplômes nationaux et de la Sécu. Les plus acharnés à promouvoir la charte sont d’ailleurs les mêmes qui, dans les périphéries, rêvent d’euro-régions transfrontalières. Là, le français reculerait, bien plus face à l’anglais qu’en faveur des terroirs ; la loi du profit s’imposerait plus aisément encore qu’elle ne le fait aujourd’hui, où la langue commune, premier service public de France, fédère les résistances ; bref, l’euro-balkanisation du pays et de son substrat linguistique, qui permettrait d’abolir les conquêtes du Conseil national de la Résistance (CNR) au profit d’un empire Atlantique monolingue, est l’arme des puissances d’argent pour diviser et… régner. S’ensuivra une hiérarchisation sociale avec ses discriminations selon que l’on dissertera en english mother tongue, baragouinera globish, ou se contentera d’un français appauvri, miné d’anglicismes grossiers ?

Entrer en résistance linguistique

La nation, l’égalité des peuples et la diversité culturelle sont en danger. Et, pendant qu’un ministre déclare que le français « n’est pas menacé », le gouvernement contribue activement à son déclassement ; un colloque officiel prévu au Sénat le 13 octobre 2014 ne va-t-il pas jusqu’à demander si la loi Toubon « est en adéquation avec les évolutions actuelles » ?

Nous devons entrer en résistance linguistique. Ne laissons pas le basculement au tout-globish s’opérer en silence. Ne nous laissons pas arracher la langue, celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et du CNR, si nous voulons redevenir un peuple libre !


* Georges Gastaud et Matthieu Varnier dirigent l’association Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique), Albert Salon préside l’association Avenir de la langue française, et Régis Ravat est syndicaliste CGT à Carrefour-Nîmes.

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 14:11

140423-FIDEL_CASTRO_Y_GARCIA_MARQUEZ.jpgNous n'allons pas réaliser une nécrographie de Gabriel Garcia Marquez. Celui qui fut un des plus grands écrivains latino-américains du XX ème siècle, récompensé du Nobel de littérature; a produit une oeuvre poncutée par quelques titres connus de tous – de « Cent ans de solitude » à « l'Amour au temps du choléra ».

 

Il serait futile de résumer en quelques mots une œuvre que l'on a placé sous le signe du « réalisme magique », où les charmes projetés de l'exotisme, du fantastique ont fait oublier en Europe combien Garcia Marquez avait l'ambition de relater d'abord cette réalité latino-américaine, dans la richesse de son syncrétisme culturel comme dans le tragique de ses violences originelles.

 

Ici, nous nous concentrerons sur un aspect négligé dans la presse dominante, son engagement politique auprès des processus révolutionnaires, d'émancipation latino-américains : en premier lieu la révolution cubaine, et la relation spéciale entretenue avec Fidel Castro.

 

Une amitié forte, pour deux hommes qui ont marqué à leur façon l'histoire du XX ème siècle, deux grands révolutionnaires dans leurs champs respectifs.

 

 L'article traduit ci-dessous est originellement paru dans le journal mexicain « La Jornada ».

 

°

°°°

°


 

 

Ami intime de Fidel Castro, Gabriel Garcia Marquez était « un homme qui avait une bonté d'enfant et un talent cosmique » selon le leader de la révolution cubaine qui l'a évoqué comme « un homme de demain, que nous remercions d'avoir vécu cette vie pour nous la raconter ».

 

Les deux hommes – le cubain n'est plus âgé que de sept mois – se connurent dans les premiers jours de la révolution, en janvier 1959, quand Gabo (le surnom de Gabriel Garcia Marquez) arriva sur l'île comme journaliste pour couvrir l'arrivée au pouvoir des guérilleros « barbus » que commandait Castro.

 

S'ensuivirent des décennies d'amitié, avec quelques désaccords entre deux hommes qui aimaient se lancer mutuellement les épithètes de « démesurés », et d' « exagérés ».

 

Critique des dictatures et des régimes autoritaires de droite d'Amérique latine, Garcia Marquez resta toujours fidèle à cette amitié avec Fidel Castro, y compris au risque d'être critiqué, à de multiples reprises.

 

« Notre amitié fut le fruit d'une relation cultivée pendant toute ces années où le nombre de conversations, toujours agréables pour moi, se chiffre par centaines », rappelle Castro en 2008 alors qu'il reçoit Gabo et son épouse Mercedes, deux années après la crise de santé qui l'a conduit à abandonner le pouvoir en 2006.

 

Garcia Marquez, qui restera très longtemps à son domicile à La Havane, a participé en 1959 à la fondation de l'agence cubaine Prensa Latina et en 1986 à la création de la Fondation du nouveau cinéma latino-américain et de l'Ecole internationale de cinéma de San Antonio de los Baños, à 30 km au sud-ouest de la Havane, qui a formé des générations de cinéastes.

 

Des visites nocturnes

 

Gabo, qui recevait dans son foyer de la Havane des visites nocturnes fréquentes de Fidel, soulignait à son tour sa « dévotion pour les mots, son pouvoir de séduction ». « Quand il était fatigué de parler, il se détendait en parlant », écrivait-il sur le leader cubain.



Une de ces nuits, racontait l'écrivain colombien en 1988, il lui demanda ce qu'il aurait aimé le plus faire au monde : « Me poser dans un coin », lui répondit immédiatement Fidel.

 

Leur histoire commune a pu avoir commencé en Colombie en avril 1948 : le lendemain de l'assassinat de l'homme politique de gauche Jorge Eliecer Gaitan, Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, tous deux âgés de 21 ans, participèrent à la révolte qui est entrée dans l'histoire sous le nom de « El Bogotazo ».

 

« Aucun n'avait d'informations sur l'autre. Personne ne nous connaissait, et nous-mêmes, nous ne nous connaissions pas », rappelle Castro dans un article publié en 2002 à l'occasion du lancement du livre « Vivir para contarla » du Prix nobel de littérature.

 

Toujours un fidèle défenseur de la révolution cubaine, Garcia Marquez fit office d'émissaire spécial du leader cubain auprès du président nord-américain Bill Clinton.

 

En 1994, il participa à la solution de la crise qui culmina en un accord migratoire entre La Havane et Washington.

 

En 1997, Gabo porta à Bill Clinton – qui lui avait dit que Cent ans de solitude était son roman préféré – un message de Fidel Castro où il proposait aux Etats-unis une coopération dans la lutte contre le terrorisme.

 

La coopération cubano-américaine fut éphémère. Washington réagit en incarcérant les combattants anti-terroristes cubains en septembre 1998 qui mettait en garde depuis la Floride sur les plans, attentats criminels qu'organisaient les extrémistes de Miami.

 

Les amis de Gabo

 

Gabriel Garcia Marquez fut l'ami d'écrivains tels que Mario Vargas Llosa, Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Julio Cortázar et Pablo Neruda, également du réalisateur espagnol Luis Buñuel.

 

Mais aucune amitié ne l'a marqué autant que celle qu'il a cultivé pendant un demi-siècle avec Fidel Castro. Ils étaient si proches que, dit-on, Garcia Marquez envoyait les brouillons de ses romans à Fidel pour qu'il les lise avant de les publier.

 

« Je suis un ami de Fidel et je ne suis pas un ennemi de la révolution. Voilà tout », avait dit à une occasion Garcia Marquez, selon ce que rapporte le livre « Gabo et Fidel ».

 

Sa santé commença à faiblir en 1999, quand il fut traité d'un cancer lymphatique. En 2012, ses proches expliquèrent qu'il avait des problèmes de mémoire et qu'il avait cessé d'écrire.

 

Garcia Marquez fut hospitalisé fin mars à cause d'une infection pulmonaire. Et quand on le déclara guéri la semaine passée, les médecins l'avertirent que sa santé restait fragile.

 

Marié depuis plus que cinquante cinq ans avec Mercedes Barcha, García Márquez avait deux enfants. L'aîné, Rodrigo, a réalisé plusieurs films à Hollywood, comme Nine Lives et Albert Nobbs.

 

Ces dernières années, il était revenu de temps en temps en Colombie, bien que ce soit pour se réfugier dans sa résidence, dans la ville coloniale de Cartagena de Indias.



Gabo apparut pour la dernière fois en public à la porte de sa maison de Mexico le 6 mars, le jour de son 87 ème anniversaire. Il ne dit même pas un mot, il ne laissa qu'un sourire las aux journalistes qui lui chantèrent las Mañanitas, cette chanson d'anniversaire typiquement mexicaine. Sur le revers de sa veste, il portait une rose jaune.

 

 

source: solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:54

131214-s-glochos.jpgLe groupe Les Glochos, originaire de Pontivy (Morbihan), a enregistré une chanson sur les Bonnets rouges. Le Refrain ? « Si les Bretons, ils ont mis des bonnets rouges, c’est qu’on les avait énervés. »© Ouest-France

 

 

Le groupe Les Glochos, originaire de Pontivy (Morbihan), a enregistré une chanson sur les Bonnets rouges.

Le Refrain ? « Si les Bretons, ils ont mis des bonnets rouges, c’est qu’on les avait énervés. »

Tranche de saucisson
 

C’est une chanson intitulée« Bonnets rouges »et signée Les Glochos, groupe originaire de Pontivy et célèbre pour ses albums emballés dans des boîtes de camembert, de suppositoires, de cirage ou sous vide avec une tranche de saucisson.

Réécrite trois fois

« Quand j’ai commencé à écrire la chanson, je trouvais sympa la révolte des Bonnets rouges, explique Franck Jégoux, guitariste et auteur des Glochos. Mais j’ai déchanté un peu après, quand j’ai vu qu’il y avait pas mal de casse et que c’était très mélangé comme mouvement. Résultat, c’est une chanson que j’ai réécrite trois fois. Je tenais à faire une version sans trop prendre parti. »


La version finale a été enregistrée la semaine dernière .  La précédente version était plus trash », rigole Franck Jégoux .

 

 

 

 

 

source: ouest-france.fr

(4/12/2013)

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:00

L’association progressiste et internationaliste COURRIEL (collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistiques), qui lutte contre le tout-anglais patronal, réagit vertement à la tentative de Sarkozy de s’approprier Jeanne d’Arc à l’occasion du 600ème anniversaire de sa naissance. Alors que le gouvernement UMP "cauchonne" l’ensemble de l’héritage national progressiste issu des Lumières, de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, que plusieurs ministres UMP travaillent avec acharnement à basculer notre pays à la langue de l’Empire états-unien, défendons la langue de la République et l’ensemble des langues de France et du monde contre la langue unique destructrice de diversité et facteur de politique, d’économie et de pensée uniques.

 

120106-passion_de_jeanne_d_arc.jpg

 

 

Nous vous souhaitons un happy birthday, miss Jeanne d'Arc !

 

par le courriel

 

Laissera-t-on la langue française disparaître sous le monopole du business globish ?

 

Il y a exactement 600 ans, dans un village nommé Domrémy que l’occupant anglais n’allait pas tarder à mettre à sac, naissait Jeanne Darc (sans particule), la jeune fille patriote qui symbolise universellement la fierté des peuples qui combattent l’occupation étrangère et qui s’insurgent contre l’esclavage national.


Depuis que cette héroïne populaire, - livrée aux flammes anglaises à l’âge de 19 ans par l’évêque « français » Cauchon -, est devenue une figure éminente du « roman national » français, elle a souvent été récupérée par l’extrême droite et la réaction monarchiste (alors que l’opposition entre républicains et royalistes n’avait aucun sens au 15ème siècle…) ; mais la libératrice d’Orléans n’en fut pas moins ardemment célébrée par des révolutionnaires en lutte contre le fascisme et l’impérialisme. Bête noire de Hitler, Dimitrov évoque ainsi la jeune patriote française dans un rapport fameux prononcé en 1937 à la tribune de l’Internationale communiste ; quant au Procès de Jeanne d’Arc de Brecht et d’Anna Seghers, il célèbre la signification profondément politique et populaire des « voix » qui ordonnaient à la cette fille de laboureur de faire sacrer un roi français pour mieux chasser l’occupant anglais ; et cette pièce de Brecht se conclut par cet appel qui vaut aujourd’hui pour tous les peuples qui, à notre époque, sont encore soumis à l’occupation d’une puissance étrangère : « Français, libérez votre terre, vous qui la cultivez ! ».


Il n’en est que plus consternant de constater qu’historiquement, politiquement, et surtout, linguistiquement, ce n’est pas la jeune patriote martyrisée qui triomphe aujourd’hui symboliquement sur notre sol, mais les glauques héritiers du traître Cauchon et de son commanditaire, le cruel Duc de Bedford. Non seulement en effet nos « élites » politico-économiques ne savent plus que faire pour aligner notre modèle social-républicain issu du CNR, de 1936, de 1905 et de 1789-94 sur les « modèles » anti-sociaux allemand ou anglo-saxon, non seulement ces « bons Français » cauchonnent nos conquêtes sociales, nos services publics, nos industries et notre production agricole, non seulement ils font table rase de notre souveraineté politique et budgétaire en rampant devant les Diktats d’Angela Merkel, non seulement ils mettent l’armée française au service des croisades néo-coloniales de l’OTAN, non seulement ils défigurent le message universaliste de 1789 et du CNR en harcelant les immigrés et leurs descendants français, mais ils s’acharnent sur la langue française à laquelle ils rêvent de substituer le tout-anglais patronal porté par le capital euro-mondialisé . Et les « élites » de la Suisse romande, de la Belgique « francophone » et du Québec se comportent exactement de la même manière avec une seule obsession en tête : s’aligner sur tous les plans, social, politique et linguistique, sur les normes régressives de la mondialisation néolibérale et de l’Europe des financiers.


Ce n’est pas en effet un xénophobe conservateur mais un « Européen » convaincu, le philosophe Michel Serres qui observe qu’ «  il y a plus de mots anglais désormais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands à l’époque de l’Occupation ». C’est le linguiste Claude Hagège qui classe le français, langue de la francophonie internationale parlée sur cinq continents, parmi les « langues menacées » du monde. Ce pronostic n’a hélas rien d’alarmiste. Il ne s’agit plus seulement aujourd’hui des « modes » culturelles portées par l’industrie du spectacle au risque de marginaliser la chanson et le cinéma francophones.


On n’en est plus aux seuls « emprunts » occasionnels à l’anglais, ni même au franglais naguère dénoncé par Etiemble ; désormais, c’est méthodiquement qu’une majorité de rédactions, de « communicateurs » bornés, d’hommes politiques « branchés », de pubards sans imagination et de grands patrons à la fois colonisés et colonisateurs, substituent en masse des tournures anglaises (souvent bien « improbables » !) à des expressions ancrées depuis toujours dans la langue de Molière. Ce linguicide, - s’il est permis de proposer ce néologisme douteux pour stigmatiser une entreprise exterminatrice sans précédent à cette échelle -, n’est pas seulement ignoré par l’U.E., - que ses traités obligent pourtant théoriquement à protéger l’ « identité » de ses États-membres - : clandestinement et dans le dos des peuples, l’UE institutionnalise l’anglais comme l’unique langue véhiculaire de l’Union . Et cet arrachement des langues nationales est ouvertement favorisé par certains « bons Franceuropéens » comme le Baron Seillières : l’ex-patron du MEDEF n’a-t-il pas inauguré ses fonctions à la tête de Businesseurope (le syndicat patronal européen) en déclarant : « je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires » ?


Quant à cet autre « bon Français » qu’est M. Trichet, n’a-t-il pas entamé son discours inaugural au parlement européen en s’exclamant : « I’m not a Frenchman ! »… Un anti-patriotisme que Madame Parisot, qui dispute à A. Merkel le titre envié de Miss Mark, a porté à incandescence dans une récente tribune du Monde : la boss du MEDEF y somme les Français d’opter sans retard pour une « nouvelle patrie » (sic), c’est-à-dire d’abandonner cette République française si ringarde (et sa langue nationale porteuse d’histoire frondeuse ?) au seul profit de cette Europe du business que certes, aucun privilégié n’aura jamais la tentation de trahir !


Les choses en sont désormais au point que l’actuel gouvernement, si soucieux de défendre l’ « identité nationale » menacée comme on sait par le terrassier sénégalais ou par la serveuse « musulmane » francophone (sic), n’a ni yeux, ni langue ni oreilles pour faire respecter la loi et la constitution françaises. Et nos supermarchés peuvent impunément se rebaptiser Simply Market, Carrefour City, Carrefour Planet, nos « services publics » peuvent illégalement promouvoir leurs « produits » Speed, TGV Family, TGV Night, Rail Team (SNCF), leurs Flying Blue, leur AirFrance by Regional, leur everywhere ajustable (France Telecom, sans trait d’union ni accents s’il vous plait !) sans que leurs ministères de tutelle respectifs rappellent jamais ces contrebandiers de l’Oncle Sam au respect de la loi Toubon votée en 1994 par le parlement unanime ! Mais comment compter pour cela sur Lady Lagarde, qui pilotait notoirement son ministère des finances en anglais, sur Borloo, qui veut faire de l’anglais une langue maternelle bis en France, sur Luc Chatel qui veut soumettre step by step, selon sa forte expression, les enfants de maternelle à un « bain linguistique » permanent en anglais, alors qu’à cet âge-là la langue maternelle française est loin d’être acquise ? Un Chatel qui étend illégalement l’enseignement en anglais dans le secondaire (« le français est la langue de l’enseignement », stipule la loi Toubon)…


Évoquons à peine l’Université et les Grandes Écoles où la constitution est allègrement piétinée, notamment par Sciences Po (dont tous les enseignements se délivrent en anglais dans la nouvelle antenne de Reims, sans doute pour rapprocher les futurs élus de la « France d’en bas »…). Le comble de l’odieux est atteint par J.-F. Copé : mariant comme personne l’islamophobie et l’autophobie nationale, le patron de l’UMP exige que la télévision publique projette chaque soir des films américains sous-titrés de manière à forcer nos compatriotes à ingurgiter, non pas la langue de Joyce et de London, mais l’idiome mutilant et mutilé de Rambo et de l’American Way of Life ; en guise de piètre compensation pour les francophones attardés, Sir Copé voulait même initialement substituer le français à l’arabe liturgique dans… les mosquées ! Faut-il citer aussi Gérard Longuet, qui ne voit aucun inconvénient à ce que des prises d’armes de l’armée française s’effectuent en anglais, ou Valérie Pécresse, dont la politique universitaire conduit à privilégier la publication d’articles dans les revues anglophones comme critère majeur pour la promotion des chercheurs ? Et le ministre de la culture n’est pas en reste : ses services subventionnent sans états d’âme les mal-nommées « Francofolies » (sic) qui, de manière provocatrice, ont jugé plaisant de ne programmer que des chanteurs anglophones le… 14 juillet 2011 ! Avant même que n’aient lieu tous ces débordements honteux, l’ancien ministre socialiste H. Védrine s’était publiquement interrogé à propos de cette déferlante américano-maniaque : « le français survivra-t-il à un tel traitement. Peut-être… » !


La question se pose alors à tout citoyen conscient : que devient l’Etat de droit tant vanté quand des ministres « français » et de prétendus services publics s’assoient à ce point sur la Constitution qui stipule que la langue de la République est le français  ? Où en est la démocratie quand cette politique d’arrachage linguistique est cachée au peuple, quand elle est soustraite au débat public, quand les résistants au tout-anglais sont exclus des médias audiovisuels, quand les milliers de citoyens manifestant à Paris contre le tout-anglais le 18 juin 2011 sont censurés [1] par les chaînes nationales qui leur préfèrent, en prime time, un rassemblement de motards en courroux ? Et à quel rôle indigne d’accompagnement l’opposition parlementaire s’abaisse-t-elle quand Mme Aubry remporte haut la main le Prix de la Carpette anglaise 2010 pour son effort acharné visant à substituer le bien-pensant Care anglo-saxon aux notions révolutionnaires de droits sociaux et de fraternité républicaine ?


Résumons-nous : l’extermination en cours du français et des autres langues nationales n’a rien d’une « mode » anodine : il s’agit d’une guerre d’extermination culturelle portée par l’oligarchie des affaires et relayée par une partie de la fausse gauche : en France, en Europe, à l’échelle du monde, il s’agit d’établir, officieusement d’abord, officiellement ensuite, le monopole du business globish.


Et la fonction insidieusement totalitaire de cette langue unique est de consolider la pensée unique, le marché unique, la monnaie unique, l’économie unique, la politique unique et la sous-culture unique dont rêve le « monde des affaires » .


Les effets de cet arrachage linguistique, - que d’aucuns osent présenter comme une « ouverture à la diversité » alors même que les bacheliers britanniques sont dispensés d’étudier une langue étrangère ! – sont prévisibles : effacement programmé des nations comme espaces publics d’une possible souveraineté populaire, alignement des droits sociaux sur les « standards » régressifs des pays anglo-saxons, arasement de la diversité culturelle mondiale [2], promotion d’une élite euro-mondialisée de locuteurs mother tongue english régnant sur les milliards d’individus non anglophones, semi-anglophones (et omni-« jargophones » !) qui hanteront les bas-fonds de la planète ? Confrontés à ces cadres english mother tongue que recrutent déjà illégalement de très grandes entreprises, que deviendront les ouvriers, employés, paysans, artisans, enseignants, cadres moyens, ingénieurs et enseignants de France, sinon des étrangers sur leur propre sol ? Cette discrimination linguistique frappera en priorité les immigrés issus de l’espace africain francophone (dont nos lycées n’enseignent toujours pas les langues d’origine…).


Ces travailleurs subiront la double peine linguistique ; eux dont le français n’était déjà pas toujours la langue maternelle, devront apprendre à remiser au second plan la langue de Césaire et de Fanon s’ils veulent travailler en « France », cet étrange pays chaque jour plus semblable au fameux « couteau sans manche dont on a perdu la lame »… Bref, on ne combattra pas l’indigne « préférence nationale » prônée par l’extrême droite, en instaurant en douce la préférence nationale à l’envers au profit du « natif » anglophone, que promeuvent nombre de firmes « françaises » dans le silence des autorités chargées de combattre les discriminations : les deux indignités, - la xénophobe et l’ « autophobe » - , finiront par s’additionner pour exclure les classes populaires en favorisant l’ « élite » euro- et américano-formatée…


Quant aux objections qu’il est habituel d’opposer aux résistants linguistiques au tout-anglais, elles font figure de contrefeux douteux. Que le français, comme l’anglais, l’espagnol, le portugais, etc. aient longtemps été utilisés par les dominants de l’hémisphère nord pour refouler les langues des peuples colonisés ou, en France même, pour marginaliser les « patois » (sic), nul n’en disconvient, et encore moins les initiateurs de ce texte, dont certains sont férus de langue régionale et dont d’autres ont combattu Hitler dans les rangs des FTPF et des FTP de la Main-d’œuvre Immigrée. Mais pas plus qu’il n’était décent en 1940 d’alléguer les massacres de la Grande Guerre pour refuser de résister à Hitler, il n’est loyal aujourd’hui d’invoquer les oppressions linguistiques d’hier pour collaborer au néocolonialisme linguistique d’aujourd’hui.


Refusons que le français, ce premier service public de France grâce auquel l’Occitan et l’Alsacienne peuvent faire république avec le fils d’immigrés, le Flamand et la Bretonne, soit pris en tenaille entre, d’une part, le business Globish, et d’autre part l’ultra-régionalisme des nantis qui s’arment de prétextes linguistiques pour lorgner vers Barcelone, Anvers, Milan, et surtout, vers Bruxelles et Francfort. Car les langues régionales, patrimoine de toute la nation, ne sont qu’un prétexte pour casser la république une et indivisible ; le vrai but des ayatollahs de l’euro-régionalisation à prétexte linguistique est d’« ethniciser » le monde du travail pour mieux « re-féodaliser » le territoire national. Du reste, si le français, langue de la francophonie mondiale, était finalement marginalisé sur son sol d’origine, quelle autre langue de France ou du monde n’y « passerait »-elle pas encore plus rapidement ? Au lieu donc d’aider le Ramina-Globish exterminateur, les amoureux des langues de France et d’ailleurs doivent aider l’ex- « belette » francophone et les ex-« petits lapins » basque, breton, catalan, corse, sans oublier les langues honteusement déniées de l’immigration ouvrière, à fédérer leurs contre-attaques ; car il en va des langues comme des luttes sociales : elles sont condamnées à résister ensemble ou à être arrachées séparément.


C’est pourquoi, que l’on se reconnaisse ou pas dans le souvenir injustement dénigré ou récupéré d’une patriote de 19 ans torturée à mort pour ses idées, il est urgent que tous les résistants à l’ogre néolibéral cessent de regarder de haut le combat linguistique. « Désobéisseurs » et « indignés », réapprenons à crier, dans le français frondeur du « 9-3 », de Tunis et du Caire, « dégagez ! » à tous les destructeurs de peuples. Car si demain les revendications populaires elles-mêmes devaient s’ânonner dans la novlangue mondiale des maîtres, ceux-ci auraient atteint leur but final : forcer les peuples à clamer leur résistance dans la langue indigne, dérisoire et soumise, de la new collaboration !


SIGNATAIRES:

* Georges Hage, député honoraire du nord, co-président d’honneur du COURRIEL
* Léon Landini, co-président d’honneur du COURRIEL, a. officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance
* Georges Gastaud, président du COURRIEL, philosophe
* Matthieu Varnier, chercheur en robotique, secrétaire général du COURRIEL
* Gilles Bachelier, animateur du Comité Républicain des Gaullistes de Gauche
* Claude Beaulieu, animateur du Comité Valmy
* Danielle Bleitrach, sociologue, militante communiste
* Michèle Chopard, artiste en photomontage, Belgique
* Aurélien Djament, chercheur en mathématiques
* Olivier Denhez, agrégé d’histoire
* Barbara Y. Flamand, écrivain, Belgique
* Vincent Flament, professeur de français
* Cyrille Ferro-Steyaert, fonctionnaire
*Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, vice-président du Pôle de Renaissance Communiste en France ;
* Patrick Kaplanian, ethnologue
* Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine
* Maurice Le Lous, vice-président du Cercle Littéraire des Ecrivains Cheminots
* Pierre Lévy, journaliste, directeur de Bastille-République-Nations
* Elisabeth Loubet-Gauthier, professeur de philosophie retraitée
* Laurent Nardi, professeur de lettres (74)
* Jacques Nikonoff, universitaire, président du M’PEP
* Pierre Pranchère, a. maquisard FTPF, a. député de Corrèze
* Lakis Proguidis, écrivain
* Jean-Luc Pujo, président des Clubs Penser la France ; Pierre Roche, historien (Paris).

 

 

 

1. Le 18 juin 2011, une manifestation réunissant des milliers de personnes venues de France, d’Afrique, de Suisse, du Québec, de Belgique, du Liban, etc. a défilé à Paris pour défendre le français face au tout-anglais. Le soir, aucun J.T. ne leur a accordé une image…
2. Pourquoi serait-il honorable de défendre la biodiversité et odieusement « nationaliste » de défendre les langues menacées par la novlangue américaine unique ?

 

 

source: humanite.fr 

vendredi 6/01/2012


Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 19:33

Christa Wolf, la plus grande romancière est-allemande est morte

 

111203-wolf.jpg

 

Elle est morte jeudi à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie. Une des figures incontournable de la littérature allemande, mais aussi de l’engagement politique s’est éteinte.


Il n’y a pas si longtemps, elle fêtait son quatre-vingtième anniversaire à l’académie de Berlin des Beaux Arts, c’était l’occasion pour l’Humanité de lui rendre à hommage, en compagnie d’écrivains, politiques et universitaires du monde entier qui considèrent Christa Wolf non seulement comme une grande écrivaine, mais aussi comme une maître à penser. François Mathieu écrivait alors plein d’espoir à son sujet : « On vient de fêter le quatre-vingtième anniversaire d'un grand auteur de langue allemande. Le jury Nobel, qui attribua récemment son prix à Günter Grass et Elfriede Jelinek, pourrait en raison d'une vie et d'une œuvre, miroir de tous nos combats, lui attribuer son prix 2009. » Lire la suite de l’hommage


 Auteur qu’on a connue très tôt en France. Dès son premier ouvrage, Le Ciel partagé, un roman d'amour avec pour fond la division de l'Allemagne, est publié en RDA en 1963 et paraît l'année suivante aux Éditeurs français réunis. Par la suite, ses romans ont été très vite traduits et édité en France. Née en Prusse Orientale en 1929, Christa Wolf fuit en 1945 avec sa famille devant l'Armée rouge dans le Mecklembourg. De nombreux thèmes hérités de cette période, comme la guerre, la captivité, la perte du pays natal, de la confiance et du sens de la vie, les illusions, la peur de la mort, seront au cœur de ses romans.  Après des études de germanistique, Christa Wolf travaille dans l'édition. Communiste convaincue, elle s'oppose néanmoins à la soumission de l'art et de la culture au pouvoir politique. Son opposition lui vaut la perte de son siège au comité central du Parti socialiste unifié, et sa mise sous surveillance par la sécurité - d'État. C’est alors qu’elle « revisite » le romantisme allemand et nombre de ses œuvres et vies d'écrivains. Jusqu’à proposer un dialogue entre deux des plus grands suicidés de la littérature romantique allemande.


En 1990, elle publie Ce qui reste où elle révélait ses accointances avec la STASI en tant que «collaboratrice non officielle» de 1959 à 1962, soulevant une vague d'indignation dans les médias. Un peu après, elle s’en est expliquée dans une conférence terriblement émouvante : Ils ne m'auront pas, article publié dans l’Humanité en 1996.


Lire aussi les chroniques littéraires de Jean-Claude Lebrun consacrées à Christa Wolf : Christa Wolf Tout dire, pour soi-même et pour les autres, et Christa Wolf Comme Christa T.

  • Bibliographie sélective

 «Correspondance entre Christa Wolf et Franz Fühmann (1968-1984). Monsieur, nous nous retrouverons», Aufbau-Verlag, Berlin, octobre 1995.

 «Ce qui reste», roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1990.

 «Cassandre», roman traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein.

 «Christa T.», roman traduit par Marie-Simone Rollin, Seuil, 1972.

 «Le Ciel partagé», roman traduit par Bernard Robert, Editeurs français réunis, 1964.

 «Trame d'enfance», roman traduit par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1971.

 «Aucun lieu, nulle part», traduit par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein, Alinéa, 1985.

 

 

source: humanite.fr (2 décembre 2011)

Repost 0
Publié par L'Hermine Rouge - dans Culture
commenter cet article

Présentation

  • : L'Hermine Rouge
  •  L'Hermine Rouge
  • : blog franchement communiste
  • Contact

Pétitions

Recherche

BILLET ROUGE

La grève qui nous sèvre!

par Floréal

150406-radio-france-en-greve-

 

...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

pour signer la pétition

cliquer ici

140812-CISC-copie-1

Billets

A lire ....

150406_ic-155-avril2015-copie-1.jpg

Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

Pour recevoir ce numéro ou vous abonner

Contactez le journal -Initiative Communiste

BP 30111-62802 LIEVIN

ou adressez-vous à un militant du PRCF
 

 

http://services.supportduweb.com/cpt_global/88792-20.png

 

A voir et écouter...

Les cons ça ose tout !
L'âge de la retraite
La grève surprise

A voir et écouter

L'Internationale en breton
L'internationale en français
L'affiche rouge-l'armée du crime
Le chant des partisans (Marc Ogeret)
sortir de l'euro.....
Frédéric LORDON-Médiapart
Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !