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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 15:47

150406-Cogres-cgt-sante.jpg

 

 

La fédération santé de la CGT a tenu son 11ème congrès à Reims, du 23 au 27 Mars dernier, où les congressistes ont eu à faire face à un débat houleux opposant les tenants de la direction fédérale à ses contradicteurs lui reprochant des entraves au fonctionnement démocratique de l'organisation.

 

Un congrès sous tension sous l’œil égrillard des Echos

Une semaine de travaux qui a cependant permis aux délégués de s'exprimer, d'entrée, sur les dysfonctionnements et les erreurs "stratégiques" de l'équipe sortante, singulièrement sur le non respect du mandat fédéral donné à la secrétaire générale sortante, Nathalie GAMIOCHIPI, lors du CCN Confédéral qui devait destituer Thierry LEPAON.

 Dans cette affaire les médias ne se sont pas privés de broder avec une certaine jouissance qui relève du voyeurisme sur les liens supposés entre Nathalie GAMIOCHIPI et Philippe MARTINEZ.


Liens qui auraient motivés la violation du mandat fédéral en vue du comité national fédéral (CNF) afin de rejeter les propositions initiales de T. Lepaon à propos de la nouvelle composition du Bureau confédéral. Propositions dont était porteur P. Martinez et qui ont été finalement effectivement rejetées par le Comité confédéral national (CCN) du 13 janvier.

 

Si la presse a judicieusement été informée (par qui ?) de l'ambiance du congrès, la principale réprimande adressée à l'équipe sortante était le déni de démocratie. La secrétaire générale sortante et son équipe dirigeante auraient fait fi, un nombre de fois trop important, des remarques - avertissements - orientations de la CNF... Trop, c'était trop !


Au cours du congrès, ce que d'aucun pourrait considérer comme chaotique mais qui somme toute pourrait appartenir à la vie démocratique, a vu à plusieurs reprises les protestataires envahir la tribune pour faire valoir leurs demandes.


Ce congrès certes éprouvant pour tous les congressistes, et sans doute davantage les primo-congressistes, a fini par accoucher d'un événement inédit à la CGT : la révocation pure et simple de la secrétaire générale sortante et du bureau fédéral en entier au profit d'une nouvelle équipe autour de Mireille STIVALA (aide-soignant au Centre Hospitalier de Sarreguemines) élue nouvelle secrétaire générale.

Mais pour être inhabituel cela constitue-t-il un crime? Une direction syndicale a été récusée et congédiée par une base en colère, au fond n'est-ce pas là la forte expression de la souveraineté des militants?

Un congrès qui laissera des traces

Aux différents commentaires, témoignages et prises de position qui ont suivi le congrès on voit bien que ce qui s'est passé au cours du congrès va connaître des prolongements.


Ceux qui soutenaient l'ancienne direction et l'ancienne secrétaire générale font valoir que d'une part la nouvelle secrétaire qui faisait partie de l'ancienne commission exécutive ne s'est pratiquement pas exprimée durant le congrès (Marc Auray de Vinatier) et que d'autre part ses résultats électoraux dans son propre hôpital comme le nombre de syndiqués font partie des plus mauvais résultats de la fédération.


Pour les soutiens du « coup de balai » il s'agit à la fois d'une expression démocratique et d'un positionnement de classe sanctionnant une équipe qui a soutenu T. Lepaon jusqu'au bout.

Quel avenir pour la CGT santé … et pour la CGT ?

Il nous semble trop tôt pour un avis définitif et seul l'avenir tranchera.

Car ce qu'on peut regretter c'est que les affrontements aient pris la forme de confrontations de personnes ou de clans se déchirant pour parvenir à la direction!

 

Quid du débat de fonds, du débat d'orientation?

Dans sa lettre d'après congrès , Marc Auray (USD du Rhône, Région Rhône Alpes, EX membre de la CEF) indique en effet :

"A remarquer que le congrès n’a eu que très peu de débat sur l’orientation et que l’on ne me fasse pourtant pas croire qu’il n’y a pas de divergence"

Car il semble en effet qu'il y ait bel et bien eu occultation de tout débat de fond au cours de ce congrès, le document d'orientation reprenant d'ailleurs le document élaboré par l'ancienne direction. Et le votant.Et cette occultation est devenue récurrente dans la CGT. Depuis de nombreuses années les divergences fondamentales qui depuis longtemps existent sont niées ou contournées.


Pourtant il y a incontestablement un courant réformiste partisan d'une adaptation du syndicalisme à la société, au salariat … sous couvert de modernité, partisan du "dialogue social" et de l'insertion dans une "Europe sociale". Installé confortablement dans la CES. Un courant qui inspire l'orientation confédérale et ses directions notamment depuis le début des années 90.


Et à l'opposé un courant de lutte de classe partisan de la lutte pour les revendications sans compromission, recherchant la convergence des luttes et la construction du « TOUS ENSEMBLE ». Visant à combiner l'action immédiate à l'objectif de la transformation de la société. Fortement présent dans les bases syndicales et les équipes de terrain et qui s'est vigoureusement manifesté durant la récente crise « Lepaon ».

 

Faute donc de se confronter à cette réalité ce sont les affrontements de personnes, de chapelles et de clans qui tiennent le devant de la scène! Dans l'incompréhension des militants et du sens à donner aux confrontations qui ont lieu. C'est pourquoi le FSC prône, haut et fort, le retour aux références de classe, véritable colonne vertébrale du syndicalisme de lutte pour faire face à la destruction des conquis sociaux.


Depuis le ralliement au "syndicalisme rassemblé" et l'adhésion à la CES, le syndicalisme Français dérive vers un fonctionnement technocratique, une coupure mortelle entre les bases combatives et des directions contaminées par les méthodes managériales, un syndicalisme de sommet coupé des préoccupations des travailleurs et le clinquant de la "com" (On a recruté un directeur de la communication à la direction confédérale!)!


Le travail de terrain, la formation idéologique des militants, l'éducation à la résistance aux idées dominantes et aux campagnes médiatiques de l'adversaire étant largement abandonnés.

 

L'appartenance de trop de responsables à divers "cercles de réflexion" extérieurs à l'organisation comme par exemple , "Confrontations", à des officines diverses, ou des institutions comme le Conseil Economique Social et Environnemental, véritable lieu de collaboration avec le patronat et certains politiques, en même temps que lieu de reclassement pour les dirigeants constitue le signe d'une situation alarmante avec laquelle il est nécessaire de rompre!


Lutte des places ou lutte des classes, là est la question!

Et par ailleurs, La collaboration de classe désarme les travailleurs et les rend plus sensible à une extrême droite se parant de vertus sociales pour mieux défendre férocement le système

Le remaniement d'une direction est-il l'augure d'une véritable renouveau syndical? L'avenir tranchera! Mais sans un débat critique sur le bilan et les orientations prises ces 20 dernières années le risque est grand de rester dans l'ornière!

 

Après celles des banques-assurances et du commerce, c'est la troisième fédération en un an qui porte à sa tête une équipe non adoubée par la direction sortante, ni par la confédération. Et à chaque fois pour la même raison : des problèmes de démocratie interne, confisquée par ce qu'un militant de la santé a appelé la « CGT d'en haut ».


Au-delà donc des incertitudes qui demeurent quant aux orientations des nouvelles directions issues de ces renouvellements, cette situation constitue un avertissement pour la direction confédérale. La préparation du 51e congrès en 2016 doit effectivement lever tous les obstacles à un véritable renouveau de la CGT qui ne se réduit ni à des combats de chefs ni à des variations sur les mêmes orientations.Et c'est donc à la mise en œuvre d'un congrès préparé et se déroulant de manière réellement extraordinaire que toute la CGT doit s'atteler!

 

Le Front Syndical de Classe

Sur la base de témoignages et de commentaires

de participants au congrès

 

source:http://www.frontsyndical-classe.org

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 14:56

150406-Mireille-STIVALA-nouvelle-SG-FD-Sante-CGT-copie-1.jpgMireille Stivala, aide-soignante, a été élue ce vendredi 27 mars

secrétaire générale de la fédération CGT de la Santé et de l’action sociale

 


150406-logo-cgt-sante.jpgAucun des membres du bureau sortant de la fédération de la santé de la CGT, y compris sa numéro un, Nathalie Gamiochipi, n’a été réélu ce vendredi, à l’exception du trésorier lors du congrès de l’organisation. Une nouvelle équipe dirigée par Mireille Stivala a été désignée .

Le XIème congrès de la fédération de la santé et de l’action sociale CGT s’annonçait mouvementé . Il n’a pas déçu. Elle est aide-soignante et vient de Sarreguemines. La Lorraine Mireille Stivala succède à l’Ariégoise Nathalie Gamiochipi au poste de secrétaire général de la fédération de la santé de la CGT. Cette dernière a vu sa candidature à un deuxième mandat rejetée ce vendredi comme tous les autres membres du bureau fédéral sortant, à une exception près, le trésorier. Si ce n’est une première dans la confédération, c’est en tout cas historique.


Dès mardi, le ton était donné . Une majorité des interventions s’était focalisée sur les méthodes de la direction sortante. Ses soutiens ont tenté de faire de la bataille interne un débat de fond, accusant les opposants à la direction actuelle de la fédération de la santé CGT d’être sur la même ligne que la CFDT. Mais en réalité, ce n’est pas sur la ligne qu’a porté la contestation, le congrès condamnant unanimement la loi FPH comme la loi Santé. Dénonçant le manque de démocratie dans la deuxième fédération de la CGT, avec près de 75.000 adhérents, elles ont souvent porté sur le registre des valeurs du syndicat, en écho à la crise qu’a provoqué le train de vie de Thierry Lepaon à la tête de la confédération. Sur cette affaire, Nathalie Gamiochipi n’avait pas respecté le mandat impératif que lui avait donné sa fédération . Elle avait décidé de soutenir l’équipe qu’avait choisie Thierry Lepaon pour lui succéder alors que son comité national fédéral (parlement de la fédération) avait décidé de voter contre. L’événement a été vécu en interne comme le « déni de démocratie » de trop. « La démocratie syndicale s’arrête aux portes de notre fédération, nos dirigeants sont plus préoccupés par leur devenir que par l’avenir des salariés », « il faut que la fédération n’oublie pas que sans nous elle n’est rien », « on en arrive même à se dire que notre prochaine manif de psychologues, on va la faire à la fédé pour être entendus » : les critiques ont fusé tout au long du congrès… Le rapport d’activité comme le rapport financier ont été rejetés à une large majorité.

Echec d’une ultime manoeuvre

Si elle affirmait devant la presse être la seule candidate à sa succession mardi dernier, Nathalie Gamiochipi se savait menacée mais pensait avoir neutralisé son opposition : elle pensait réussir à évincer la plupart de ses opposants de la future commission exécutive de la fédération de 60 membres, la direction élargie de la fédération qui a, ces dernières années, joué au moins partiellement un rôle de contre-pouvoir face au bureau fédéral, la formation plus restreinte qui gouverne avec Nathalie Gamiochipi. En outre, prête à prendre le risque de leur donner les clés de l’organisation, elle avait aussi conclu un accord avec les trotskystes du Parti ouvrier indépendant (POI) à qui elle avait promis des postes dans son équipe rapprochée. On citait le nom de Marc Auray comme possible entrant au bureau fédéral. Il est lui aussi contraint de quitter la commission exécutive dans laquelle le POI aurait cependant encore un représentant en la personne de Rodolphe Berger. La stratégie a échoué. Contrairement à une rumeur, Nathalie Gamiochipi n’a pas retiré sa candidature mais elle n’a recueilli que 43,4 % des voix, ce qui lui a fermé la porte et du secrétariat général et de la commission exécutive. Les autres membres de son bureau ont aussi été exclus de la nouvelle CE, à une exception près.

 

Elle et ses soutiens ont ensuite tenté une ultime manoeuvre pour garder la maîtrise de la direction de l’organisation, fusse à distance. Mais le médecin urgentiste Christophe Prudhomme n’a pas convaincu le congrès qui lui a préféré Mireille Stivala, largement élue, elle, à la commission exécutive (75,1 % des voix). Celle-ci n’aura pas la tâche facile : elle va trouver une organisation profondément meurtrie par les dissensions internes.


Si la fédération de la santé CGT est la première à voir son équipe sortante candidate à un nouveau mandat renvoyée depuis au moins la fin des années 1980, c’est la troisième en un an à changer brutalement de direction lors de son congrès. C’est en effet ce qui est déjà arrivé à celle des banques et assurances en mai 2014 et à celle du commerce, en janvier 2015, où les secrétaires généraux qui étaient partants n’ont pas été remplacés par ceux qu’ils souhaitaient. Dans ces deux cas, il y a aussi eu une rébellion de la base contre des pratiques de direction autoritaires et le nouveau secrétaire général n’a pas été celui attendu. Dans les deux cas, le nouveau numéro un a été élu contre l’avis de la confédération, à l’époque dirigée par Thierry Lepaon.


Le scénario s’est-il reproduit sur la Santé avec Philippe Martinez, qui lui a succédé en février ? En tout cas, pas officiellement. La situation est compliquée par le fait que – l’information est publique - Nathalie Gamiochipi est la compagne de l’ancien secrétaire général de la Métallurgie CGT. Dans ce contexte, lors de son discours de ce mardi au congrès de la santé CGT, le leader syndical s’est gardé de prendre officiellement position dans la guerre interne, axant son intervention sur la dénonciation - consensuelle - de l’austérité et des réformes en cours du système de protection sociale. Cela n’a échappé à personne. Une autre posture aurait, il est vrai, été très risquée pour Philippe Martinez qui doit encore se faire un nom et une réputation dans la confédération et qui prône partout la nécessité d’écouter la base.


Il est clair que le basculement de la fédération de la santé va modifier les rapports de force dans la centrale et devrait interroger son numéro un sur sa stratégie. Il s’est beaucoup appuyé sur les appareils pour arriver à sa tête. Il n’est évidemment pas pour rien dans le vote positif de Nathalie Gamiochipi en janvier. Si l’équipe proposée par Thierry Lepaon, avec lui à sa tête, a été retoquée car n’obtenant pas les deux tiers des voix, les voix de la santé lui ont permis d’atteindre 57,5 % donc ont crédibilisé celui qui était secrétaire général de la fédération de la métallurgie CGT. Philippe Martinez avait alors publiquement affirmé alors que la numéro Un d’alors de la santé, qui reste membre de la commission exécutive de la confédération, avait respecté là le mandat que lui avait donné son organisation. Le congrès de cette fédération vient de lui signifier que cela n’a pas été le cas.


Leïla de Comarmond 

source: http://www.lesechos.fr


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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 09:46

150330-cgt-fo-solidaires-copie-1.jpg

Déclaration des organisations syndicales

CGT, FO et Solidaires

 

Combattre et réduire le chômage, permettre la création d’emplois en changeant de politique économique, préserver les droits et tous les régimes sociaux, garantir et promouvoir le service public, augmenter les salaires (secteurs public et privé), les retraites, les pensions et les minimas sociaux, constituent des priorités sociales, de surcroît en période de crise.


Réunies le 17 février 2015, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires affirment leur détermination pour faire aboutir ces revendications et lutter contre l’austérité et ses impacts destructeurs tant socialement, économiquement que démocratiquement.


Le « pacte de responsabilité », la rigueur budgétaire, la réforme territoriale, nombre de dispositions du projet de loi libérale « Macron » ainsi que plusieurs décisions des pouvoirs publics et du patronat aggravent la situation des salarié(e)s, des retraité(e)s et des chômeurs(ses).


De nombreuses luttes et mobilisations syndicales sont d’ores et déjà engagées dans les entreprises, les services publics et les secteurs professionnels.


Pour faire converger ces revendications et exiger du gouvernement et du patronat qu’ils y répondent, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires s’engagent dans un processus de mobilisation. Conscientes de leur responsabilité, elles invitent les retraité(e)s et les chômeurs(ses) à se mobiliser et appellent l’ensemble des salarié(e)s, du public et du privé, à une journée de grève interprofessionnelle et à manifester le 9 avril 2015.


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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 14:35

150406-jeunes.jpgLe chômage touche près de 2 millions de jeunes de moins de 25 ans, près de 25% des jeunes en France, contre 10% de la population active, note un rapport publié cette semaine par le Conseil économique et social.


La politique des « contrats jeunes », la précarisation croissante des droits a largement participé de l’aggravation de la situation faite aux jeunes.  En janvier ils étaient 699 000 sans emplois contre 659 000 il y a un an. Un jeune sur cinq est encore en recherche d’emploi 3 ans après sa sortie de l’école. La situation est pire en outre-mer (40% de jeunes chômeurs en Guyane et 55% à Mayotte).


«L’entrée dans l’emploi est très souvent marquée par une succession de stages et d’emplois précaires » souligne le Conseil économique et social (CESE) dans un rapport qui constate qu’il y a 4 fois plus de CDD chez les jeunes que dans la population âgée de plus de 30 ans. L’enchaînement des missions de courte durée accroît les difficultés de constitution des droits au chômage et tout cela aboutit à ce qu’un jeune sur cinq vit en-dessous du seuil de pauvreté. Les demandeurs d’emploi de moins de trente ans représentent 40% de ceux qui ne touchent aucune indemnité. Ils représentent un quart des 140 000 sans domicile en France.


La précarité entraîne aussi le renoncement aux soins pour un jeune sur cinq entre 23 et 25 ans.

La situation n’est pas meilleure pour les étudiants dont la moitié cumule leurs études avec un emploi et un tiers travaillent à temps plein.


Le 9 avril, les syndicats ouvriers CGT et FO, la FSU et Solidaires appellent à la grève et à la manifestation contre la loi Macron de destruction des droits ouvriers et le Pacte de responsabilité tout entièrement tourné vers les intérêts des employeurs.

 

 

source: http://parti-ouvrier-independant.fr

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 17:30

150226-charb-macron« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre » Emmanuel Macron, ministre des finances PS, banquier, capitaliste et homme politique de droite


Alors que l’UMP’PEN ne cesse de faire chorus à la propagande patronale invectivant les travailleurs traités d’assisté, notamment les chomeurs qui refuserait de travailler pour être payés à ne rien faire, c’est le ministre de l’économie du gouvernement Valls-MEDEF qui fait une nouvelle fois la démonstration que ce gouvernement PS glisse de plus en plus vers la droite dure.


Car dans les faits, qui peut croire que les chômeurs dont plus de 35% ne touchent aucune indemnisation, dont plus de 50% perçoivent moins de 500€par mois et dont seulement 12% - de privilégiés donc selon Sarko-Valls-Le Pen-Gattaz ? touchent plus de l’énorme somme de rendez vous compte 1000€ par mois ne cherchent pas de travail?


Disons plutôt qu’avec près de 6 millions de chômeurs dans notre pays, le système capitaliste fait une nouvelle fois la preuve de son incapacité à assurer la prospérité pour les travailleurs alors que la classe capitaliste s’accapare toujours plus de richesses. Car les profiteurs, les assistés, les affameurs du systèmes, c’est bien les capitalistes ! C’est tous ensemble et en même temps que l’on doit s’organiser et se mobiliser pour renverser le système capitaliste.

 

JBC pour www.initiative-communiste.fr – @PRCF_


La moitié des chômeurs

touchent moins de 500 euros par mois

Un tiers des chômeurs ne touche aucune indemnité. La moitié d’entre-eux ne reçoit pas plus 500 euros par mois et les trois quarts moins du Smic. Seuls 6 % perçoivent plus de 1 500 euros. 17 600 personnes touchent plus de 4000 euros par mois, 0,4 % de l’ensemble. Le régime français d’indemnisation des demandeurs d’emploi est loin d’être trop généreux1 et de « désinciter » à la reprise d’un travail.


Selon les chiffres de l’Unedic, les chômeurs reçoivent en moyenne 1 100 euros net par mois d’indemnité2, montant du niveau du Smic et l’équivalent de 71 % du salaire net de référence. Ce chiffre est trompeur car il ne porte que sur les chômeurs indemnisés dans le cadre du régime général de l’assurance chômage. Pour comprendre combien perçoivent les chômeurs, il faut élargir le champ de la mesure. Aux 2,1 millions de demandeurs d’emplois indemnisés par le régime général, on doit d’abord ajouter les 485 000 chômeurs en fin de droits, qui touchent au mieux l’allocation de solidarité spécifique (ASS, d’un montant mensuel maximum de 480 euros mensuels). Il faut enfin compléter par le nombre de demandeurs qui ne touchent rien, par exemple des jeunes qui n’ont pas cotisé. Sur les 5,5 millions de demandeurs d’emploi au total de juin dernier, seule la moitié percevait une allocation. Il est vrai que parmi ces demandeurs, une partie a touché un salaire par ailleurs. Si l’on ne compte que les chômeurs de catégorie A (ils n’ont strictement aucune activité) qui ne sont pas indemnisés (1,4 million, donnée de décembre 2013), on arrive à total de quatre millions de demandeurs d’emploi qui n’ont pas d’autres revenus.

  • 1. Voir aussi « Les chômeurs français sont-ils trop indemnisés », Alternatives Economiques, n°340, novembre 2014.
  • 2. « Eclairages », études et analyses n°9, Unedic, novembre 2014. Données au 30 juin 2014.

 

source: http://www.initiative-communiste.fr

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 13:34

Depuis le mois d’octobre c’est une crise ouverte qui agite la CGT avec l’affaire Lepaon. www.initiative-communiste.fr a très régulièrement ouvert ses colonnes pour relayer les prises de positions des syndicalistes de combat ; le secteur luttes du PRCF a également très régulièrement pris la parole sur le sujet.  Mais cette affaire n’est que le symptôme visible d’une crise plus large, et de la mutation d’une CGT dont la tête désormais intégrée à la CES a rompu avec les fondamentaux du syndicalisme de classe et de masse. Notre ami Stéphane Sirot, fin spécialiste de l’histoire de  de la CGT dans la tribune suivante revient sur ce que révèle cette crise. Il y développe les perspectives qui s’ouvrent pour une possible relance d’un syndicalisme de combat permettant de remettre les travailleurs du pays à l’offensive.

150224-stephane_sirot.jpgpar Stéphane SIROT, historien français, spécialiste de l’histoire et de la sociologie des grèves, du syndicalisme et des relations sociales. Il est professeur d’Histoire à l’Université de Cergy Pontoise et auprès de l’IEP Paris (Sciences Po) ainsi que l’IAE de Nantes

Lendemains de crise : la CGT à la croisée des chemins – par Stéphane Sirot

Des révélations du Canard enchaîné, le 29 octobre 2014, sur la coûteuse rénovation du logement de fonction loué à Vincennes pour le désormais ex-secrétaire général de la CGT, jusqu’à la validation par son Comité confédéral national (CCN) d’un nouveau bureau confédéral (BC) et d’un nouveau secrétaire général le 3 février 2015, la centrale de Montreuil a traversé une tempête d’une ampleur sans précédent. La série à rebondissements des révélations sur les privilèges accordés à Thierry Lepaon a jeté une lumière crue sur des mauvaises pratiques en voie d’institutionnalisation et fait remonter à la surface des évolutions qui, depuis un quart de siècle, marquent une nette mutation de la CGT par rapport à ses valeurs et à ses engagements historiques. L’année des 120 ans de la plus vieille confédération née en 1895 pourrait être celle de son renouveau ou, à défaut, de son lent déclin vers un syndicalisme résiduel.

La CGT au miroir de sa crise

150224-cgt_1936_conges_payes.jpgAu-delà du naufrage d’une équipe dirigeante et des turpitudes individuelles d’un homme qui s’est retrouvé par défaut à la tête de l’une des deux grandes confédérations françaises où il n’a jamais réussi à s’imposer, la crise de la CGT a eu un effet loupe.


D’abord, sur le fonctionnement de la confédération et l’état de la démocratie syndicale en son sein. Durant leurs mandats, pour mieux asseoir un pouvoir voulu autant que possible sans discussions de fond et sans partage, Louis Viannet et, surtout, Bernard Thibault, ont volontairement affaibli le rôle du BC, au profit d’une instance plus pléthorique, la Commission exécutive confédérale (CEC), elle-même progressivement attachée à s’imposer face au CCN, pourtant la seule instance représentant l’ensemble des structures territoriales et professionnelles du syndicat[1].


Ce processus a contribué à enfanter des pratiques de direction sans dialogue, sans orchestration des débats et, au bout du compte, sans ligne clairement assumée, alors même qu’étaient opérés des choix remaniant grandement les options séculaires de la CGT. Ses secrétaires généraux se sont ainsi érigés en incarnations vaguement autoritaires d’une équipe dirigeante de plus en plus déconnectée de ses organisations et de ses militants de base. Un tel système a favorisé la constitution d’une oligarchie de fait, fonctionnant en vase clos, éloignée des réalités du terrain, accaparée par ses fonctions de représentation institutionnelles et secouée par de récurrentes manœuvres de pouvoir autour de batailles d’écuries convoitant pour leur poulain le poste suprême.


Face à une direction confédérale peu soucieuse d’ouvrir des discussions, d’imprimer une orientation issue des remontées du mouvement social et volontiers enferrée dans des stratégies d’autoreproduction, les fédérations, à commencer par les plus puissantes d’entre elles, ont vécu de plus en plus isolément leur vie, se constituant parfois en baronnies largement détachées des enjeux confédéraux. Une CGT composée de micro-pouvoirs lui conférant un visage sans cesse plus fragmenté s’est au final dessinée durant ce dernier quart de siècle.


D’ailleurs, les critiques sur l’absence d’impulsion collective, de ligne confédérale franche, limpide et assumée, mais aussi sur les aléas de la mise en oeuvre des décisions du 50e congrès confédéral réuni à Toulouse en mars 2013, transpirent des multiples prises de position des instances territoriales et fédérales votées à l’occasion de la « crise Lepaon ». Ainsi le 9 décembre 2014 l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) demande-t-elle « un point d’étape sur la mise en œuvre des orientations issues du 50e congrès confédéral de notre CGT », appuyée le 13 janvier 2015 dans sa démarche par la Fédération des finances.


S’agissant du fonctionnement des instances dirigeantes, le « relevé de décisions sur la situation de la CGT » rédigé le 11 décembre 2014 par la Fédération des services publics réclame « les dispositions nécessaires à la réorganisation du travail de la direction et de la maison confédérales, sous le contrôle de la CEC et du CCN ». Dans le même ordre d’idées, six jours plus tard, la Fédération des ports et docks veut « redimensionner la Maison confédérale tournée vers ses organisations, avoir des instances (BC, CEC, CCN) qui travaillent et creusent au fond les questions d’ordre politique, social et économique qui mettent les organisations de la CGT en mouvement… ». Plus abruptement, la contestataire UL des syndicats CGT de Seclin et environs (Nord) demande d’« en finir avec la lutte des places » qui, selon elle et d’autres, tend à accaparer les dirigeants confédéraux.


Il serait possible de poursuivre la litanie des citations montrant à quel point, aux yeux d’un grand nombre de ses propres structures, la confédération apparaît alors comme un bateau ivre sans gouvernail. Ces organisations, orphelines d’une stratégie ouvertement définie et souvent sévères à l’égard des orientations développées sous les mandats de Bernard Thibault, exigent des mises au point et l’ouverture de francs échanges sur des enjeux majeurs. L’appel à l’« organisation d’un débat » est une expression d’ailleurs récurrente des textes produits pendant la « crise Lepaon ». Ledit débat, tel qu’il est en général requis, touche à l’ensemble des activités et des dimensions de la vie militante et de l’organisation qui la coordonne. Les propositions de l’UGFF du 9 décembre 2014 en font la synthèse : « Projet syndical, unité et stratégie des luttes dans le champ syndical et au-delà, outil syndical, rôle et place des syndiqués, démocratie ». Derrière une telle affirmation se dessinent, en creux, les interrogations, voire les préventions sur le « syndicalisme rassemblé », les pratiques de lutte, les places respectives du rapport de forces et de la négociation collective à froid, donc le degré d’engagement de la CGT dans les processus de « démocratie sociale » institutionnalisée. Autrement dit, l’ensemble des mutations entreprises par la direction de la CGT depuis la seconde moitié des années 1990 se trouve convoqué.


Un peu comme un repas de famille qui tourne mal fait ressurgir les ressentiments enfouis de longue date, la crise de la CGT a soulevé le couvercle d’une marmite qui, manifestement, bouillonnait sous une chape de plomb désormais fissurée. C’est d’ailleurs l’un des enseignements remarquables de ces derniers mois : la poussée de la base s’est révélée telle que, cette fois, les manœuvres d’appareil tentées par quelques dirigeants – ou anciens dirigeants sans mandat – soucieux de préserver leur pré carré s’en sont trouvées enrayées. Si cet élan ne retombe pas, l’occasion d’une relance est offerte à une CGT désormais à la croisée des chemins.

Après les tempêtes : vers une thérapie salutaire ou vers une longue agonie ?

150224-logo-cgt.gifIl n’y aura pas de congrès confédéral extraordinaire, contrairement au voeu de militants et d’organisations aux condamnations anciennes et connues face aux évolutions de la CGT. Pour autant, la préparation du 51e congrès prévu pour se tenir au printemps 2016 donne l’occasion à la confédération de procéder enfin à une forme d’inventaire du dernier quart de siècle.


A cet effet, quelques thèmes majeurs peuvent être dégagés. A commencer par celui de la démocratie syndicale. Une réappropriation des valeurs fondamentales du fédéralisme, cette marque de fabrique historique de la CGT, mérite d’être considérée. Les syndiqués qui seront peut-être appelés à y réfléchir pourraient partir de ces considérations produites par Emile Pouget lorsqu’il présentait en 1908 l’organisation dont il était alors l’un des principaux leaders : « … la Confédération n’est pas un organisme de direction, mais bien de coordination et d’amplification de l’action révolutionnaire (…). Ici, il y a cohésion et non centralisation, impulsion et non direction (…). C’est là ce qui fait la puissance rayonnante de la Confédération : l’impulsion ne vient pas d’en haut, elle part d’un point quelconque et ses vibrations se transmettent, en s’amplifiant, à la masse confédérale[2] ». Une direction confédérale capable, en somme, d’être un chef d’orchestre susceptible de mettre en musique une partition sans fausses notes, de porter une ligne édifiée par d’incessants allers-retours entre la base et le sommet. En adaptant ces principes au temps présent, n’y a-t-il pas ainsi matière à couper court à la perpétuation de directions hors-sol incapables de tenir le rôle à la fois de coordonnatrices et de porte-voix du contre-pouvoir dont elles ont la responsabilité ?


150224-1884-des-syndicats-pour-la-republique-sirot.jpgLe rapport au politique est par ailleurs une thématique de fond déterminante. Cette question est devenue sulfureuse à Montreuil depuis Louis Viannet et, a fortiori, Bernard Thibault, tant elle plaçait ces dirigeants face à leurs options mutantes non pleinement assumées. Pour ne pas la soulever, elle a sciemment été réduite à la relation syndicat/parti, si sensible à la CGT, compte tenu d’un passé composé d’une relation parfois incestueuse avec le PCF. Du coup, l’essentiel de la question politique, c’est-à-dire le rapport au projet de société et à l’utopie, la relation aux institutions, aux pouvoirs, s’en est trouvée mise sous l’éteignoir. Le pragmatisme sans perspective ni contenu a ainsi pu momentanément triompher aux étages dirigeants de l’immeuble de la porte de Montreuil. Une CGT repensée ne peut s’exonérer de remettre sur le métier des questions stratégiques en lien avec la question politique. La CGT doit-elle s’assumer en syndicat réformiste ou, au contraire, revenir aux fondamentaux de ce que les syndicalistes d’action directe et leurs héritiers appelaient la « double besogne », c’est-à-dire sa dimension de défense des revendications quotidiennes mais également de changement social, de rupture avec le capitalisme ? Or, au tournant des XXe-XXIe siècles, la dynamique centrale dans laquelle s’inscrivent, à des degrés divers, l’ensemble des organisations de défense du salariat, est celle d’un syndicalisme de cogestion qui, en termes d’analyses et de pratiques, est principalement soucieux d’une prise de participation, parallèlement aux structures de pouvoir, à l’administration et à l’aménagement du monde tel qu’il est, sans perspective de transformation d’ampleur. Cette orientation n’a pas produit d’effets fructueux pour le monde du travail qui, depuis plus de trois décennies, voit ses droits et ses protections se diluer au fil de négociations « donnant-donnant » déséquilibrées. De surcroît, cette démarche cogestionnaire a produit un mouvement syndical en général, et une CGT en particulier, en situation d’affiliation au champ institutionnel, donc de moins en moins en capacité de contredire ses choix et n’ayant même plus forcément la détermination de s’y essayer. C’est la raison pour laquelle une réflexion autour des thématiques institutionnalisation/désinstitutionnalisation, affiliation/désaffiliation, obéissance/désobéis -sance paraît d’une absolue nécessité. Bref, quel syndicalisme veut la CGT ? Souhaite-t-elle creuser une démarche de négociations sans rapport de forces déterminé, d’accompagnement des décisions prises par l’ordre dominant ou, au contraire, veut-elle « refonder son analyse et son action, à partir de la nature de classe des rapports sociaux », comme l’y invitait le 22 décembre dernier, dans une adresse au BC et à la CEC, le Bureau régional de l’Union régionale d’Ile-de-France ?


Un tel questionnement conduit inévitablement à reposer la problématique du rapport de la CGT aux processus de « dialogue social ». Depuis les années 1980, une dynamique politique transpartisane s’est enclenchée, depuis les lois Auroux de 1982 jusqu’à la présidence Hollande, en passant par la loi Larcher du 31 janvier 2007, visant à orienter le syndicalisme vers la négociation collective centrée sur l’entreprise et à en faire un co-législateur, par des interactions d’une ampleur inédite entre le contrat et la loi. De ces mécanismes destinés à contourner la régulation conflictuelle des rapports sociaux résulte une double institutionnalisation du syndicalisme : par le haut, les directions confédérales semblant peu à peu davantage fréquenter les ors de la République que les assemblées générales de grève ; par le bas, via les instances de représentation du personnel, de plus en plus occupées à négocier des accords d’entreprise ou à accompagner des plans sociaux, sur fond de réunions au nombre démultiplié et de cumul des mandats, notamment encouragé par la loi de 2008 sur la représentativité et par une désyndicalisation réduisant comme peau de chagrin le vivier du renouvellement.


En somme, depuis trois décennies, la fonction d’« agence sociale » du syndicalisme, soit sa participation à des fonctions économiques ou sociales de l’Etat et plus récemment aux enjeux gestionnaires de l’entreprise, s’est renforcée de manière assez radicale, au détriment de sa fonction de « mouvement social », celle de la fabrique de la contestation[3]. Cela ne va pas sans poser problème, en particulier à un type de syndicalisme, tel celui de la CGT, qui s’est édifié et consolidé à partir de pratiques qui lui permettaient, à l’instar de la grève, de prendre racine de manière sans cesse renouvelée dans les profondeurs de l’univers salarial. Une entreprise de déconstruction des dynamiques politiques et des évolutions du syndicalisme ayant conduit à cette situation est un point de départ pour une réflexion fructueuse sur les modalités, l’ampleur et les limites de la participation des représentants de la CGT à cette dimension institutionnelle de son activité.


Plus largement, la CGT gagnerait à engager un bilan de l’ensemble de ses pratiques. Ainsi de son rapport à la grève, par rapport à laquelle une prise de distance s’est dessinée à mesure que grossissaient les tendances à l’institutionnalisation[4], tandis que des modes de mobilisation traditionnels telle la journée d’action démontrent depuis vingt ans leur épuisement. Ou encore sa relation aux autres syndicats, donc sa manière de concevoir l’unité qui, au cours du dernier quart de siècle, est volontiers devenue une finalité sans contenu – sous le vocable passablement creux de « syndicalisme rassemblé » – plutôt qu’un éventuel outil en vue du triomphe d’objectifs et de revendications fermement définis.


Enfin, la question de l’intégration de la CGT au syndicalisme européen ressort comme un sujet transversal. D’une manière ou d’une autre, cette dimension suinte de la quasi-totalité des thématiques qui viennent d’être évoquées, tant l’inclusion, voire la dilution du syndicalisme traditionnellement défendu par la confédération de Montreuil dans le syndicalisme bruxellois à dominante social-démocrate a accompagné et parfois accéléré les métamorphoses de la CGT.


On l’aura compris, la tâche est rude et ample. C’est pourtant l’unique manière pour la CGT de retrouver un cap, de se renouveler et d’espérer repartir sur des bases saines et clarifiées. Si les forces internes déterminées à contourner ces débats pour que rien ne change l’emportent au cours des douze prochains mois, le risque est grand de voir la CGT emprunter le chemin d’un syndicalisme résiduel. Car la situation est critique. Elle recule quasiment partout aux élections professionnelles, y compris dans ses bastions historiques, et elle perd des adhérents, une tendance que les affaires Lepaon ont d’ailleurs ponctuellement nourrie (des syndicalistes parlant à cet égard, en privé, de « démissions Lepaon »). De surcroît, les partenaires les plus naturels de la CGT sont en échec : la FSU vient de subir une mémorable défaite aux élections professionnelles dans les fonctions publiques ; SUD ne décolle quasiment nulle part voire régresse quelquefois. A l’inverse, le syndicalisme réformiste assumé (CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA) se porte dans l’ensemble assez bien en termes électoraux. Et dans les cas où la CFDT stagne ou recule, c’est d’ordinaire l’UNSA ou la CFE-CGC qui raflent la mise. Entre ce champ syndical réformiste d’un côté et l’effritement des syndicats les plus contestataires de l’autre, FO (et/ou parfois des syndicats conservateurs comme le SNALC dans l’Education nationale) regagne du terrain perdu au cours des dernières années et pourrait en fin de compte se replacer au centre du jeu social, d’autant plus si la CGT et les organisations traditionnellement situées dans son sillage ne tirent pas les leçons de leur situation respective. A cet égard, il appartient à l’aînée d’entre elles de montrer l’exemple.

 


[1] Voir à ce sujet l’intéressant entretien donné par René Mouriaux au Journal du dimanche le 30 janvier 2015.

[2] L’opuscule d’Emile Pouget sera réédité dans le courant de l’année 2015 par les éditions de l’Arbre bleu, avec une préface critique de Stéphane Sirot.

[3] Pour reprendre les notions forgées par Pierre Rosanvallon dans La question syndicale, Paris, Hachette, 1998 (1988).

[4] A l’instar des syndicalismes du monde occidental, comme le montre Jean-Christian Vinel (dir.), La grève en exil ? Syndicalisme et démocratie aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest (XIXe-XXIe siècles), Nancy, éditions Arbre bleu, 2014.

 

A lire de Stéphane Sirot :

 

source: http://www.initiative-communiste.fr (20/02/2015)

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 13:08
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Des empolyés de SANOFI manifestent à Toulouse en 2012
« Scandaleuse », « choquante », « incompréhensible »: la prime dite de « bienvenue » accordée au nouveau dirigeant du groupe pharmaceutique Sanofi soulève l'indignation. Il faut dire que la somme est plutôt rondelette.

Olivier Brandicourt va recevoir une indemnité forfaitaire brute de 2 millions d'euros dès sa prise de fonction début avril et une autre du même montant en janvier 2016, s'il est toujours en poste à ce moment-là.


Après les retraites chapeau et les parachutes dorés, voici donc les bonus de bienvenue ou « golden hello ». Cette pratique, très répandue aux Etats-Unis, où l'on parle de « golden handshake » (« poignée de main en or »), consiste à accorder des primes d'accueil aux grands dirigeants d'entreprises pour les remercier d'avoir accepté de rejoindre leur société. En football, on appelle cela une « prime à la signature ».


« C'est incompréhensible ! » Le porte-parole du gouvernement sort de ses gonds. Stéphane Le Foll réclame « un peu de morale ». « Tous ces gens qui expliquent que c'est le mérite, que c'est l'économie libérale, la prise de risque qui doivent faire les résultats, à peine prennent-ils la tête d'une entreprise – c'est-à-dire qu'ils n'ont pris encore aucun risque – sont assurés d'avoir une rémunération sans commune mesure. Il faut qu'il y ait des règles qui soient réaffirmées. »


La ministre de l'Ecologie qualifie cette indemnité de « pas normale du tout » et espère qu'Olivier Brandicourt renoncera à sa prime. Ségolène Royal appelle à « un peu de décence » : « Les médicaments sont remboursés par les Français et finalement ce sont tous les Français qui paient la Sécurité sociale qui vont payer les primes de bienvenue au patron de Sanofi ». Un comble !


Même son de cloche du côté des syndicats. Thierry Bodin (CGT) rappelle que « Sanofi a supprimé 5.000 emplois en six ans, alors que le groupe a reçu plus de 150 millions de crédits d'impôts en 2013 ». Selon lui, « le gouvernement devrait taper du poing sur la table pour qu'il y ait des engagements et un contrôle de l'utilisation de ces sommes ». Il dénonce une politique à deux vitesses : « On voit que le conseil d'administration soigne bien ses dirigeants, plutôt que ses salariés. »


Première entreprise pharmaceutique française, numéro 2 mondial, Sanofi dispute à Total le titre de première capitalisation de la Bourse de Paris et réalise près de 34 milliards de chiffre d'affaires par an. Depuis 2008, les plans de réduction des coûts se succèdent et entraînent en juillet 2012 un vaste mouvement social au sein du groupe, les sites de Toulouse et de Montpellier lancent les « jeudis de la colère ».


Le plan de restructuration est alors jugé « inacceptable » par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Et Pierre Cohen monte au créneau contre les licenciements abusifs : le maire de Toulouse qualifie la direction de Sanofi de « patrons voyous ».

De son côté, la direction juge cette indemnité « conforme aux pratiques de l'industrie pharmaceutique, du CAC 40 et au code Afep-Medef ». « Nous ne faisons que compenser les avantages auxquels Olivier Brandicourt a renoncé en quittant son précédent employeur », précise une porte-parole. Et de préciser que l'ancien patron du groupe, Christopher Viehbacher, avait bénéficié d'un mécanisme similaire à sa prise de fonction. Rien de nouveau sous le soleil…

 

Dominique Garandet

source: http://www.lejdc.fr

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:08
 
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Entretien réalisé par Sébastien CREPEL, Kareen JANSELME et Clothilde MATHIEU pour le journal l'Humanité (vendredi 6 février 2015).

Élu mardi 3 février secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez explique, dans son premier entretien à la presse écrite, 
comment il entend permettre au syndicat de dépasser la crise qu’il a traversée en donnant la priorité à l’action sur le terrain.

François Hollande a annoncé jeudi qu’il entend « aller plus loin encore » dans la même politique après le pacte de responsabilité et la loi Macron, deux réformes que vous combattez. Pourtant, les mobilisations peinent à s’imposer. Le moment est-il propice pour réussir la journée d’action interprofessionnelle que vous souhaitez organiser ?


Philippe Martinez Manuel Valls avait donné le ton des intentions du gouvernement lors de son voyage en Chine, où il a vanté les mérites de la France tels qu’il les voit : affaiblissement du Code du travail, facilité de licenciement, etc. Il n’est donc pas surprenant que Hollande ait confirmé que son cap ne changerait pas. Mais peut-être est-il mal informé ou pas assez à l’écoute, car le climat social a évolué ces derniers mois, et notre proposition d’une journée de mobilisation tient compte de ce fait. De nombreuses luttes se développent sur les salaires, comme chez Thales, où toutes les organisations syndicales seront mobilisées, mardi prochain, ou encore chez les routiers. Les manifestations des cheminots et dans l’énergie témoignent aussi de ce frémissement. À partir de ce constat, nous estimons qu’il y a besoin de convergences public-privé, mais aussi entre organisations syndicales contre les politiques d’austérité du gouvernement. Notre campagne sur le coût du capital a aussi contribué à lever le doute dans l’esprit des salariés sur le fait que l’argent existe pour augmenter les salaires. Au niveau national, la confédération propose des initiatives qui permettent à tous ceux qui se battent dans leur entreprise de se retrouver.


Le gouvernement a aussi annoncé sa volonté de légiférer après l’échec de la négociation sur le dialogue social…


Philippe Martinez C’est la première fois depuis que François Hollande est président qu’aucun syndicat ne signe d’accord au bout d’une négociation. À cette occasion, deux problèmes ont été soulevés dans toutes les organisations syndicales : le premier concerne la forme des négociations. Aujourd’hui, c’est le patronat qui impose son timing et dirige de A à Z le rythme des négociations qui ont même lieu dans leurs locaux. Et c’est toujours le patronat qui propose un texte. Si l’on faisait l’inverse, peut-être que ce serait le Medef, et non les syndicats que l’on classerait dans le camp des contestataires ! Le second problème portait sur le fond des propositions : la création de conseils d’entreprises acterait la réduction du nombre d’élus du personnel, mais aussi des moyens des salariés de se défendre et de proposer des alternatives face aux restructurations. En France comme dans de nombreux pays d’Europe, la représentation syndicale assume le pouvoir de négociation. Le gouvernement a dit qu’il voulait légiférer, mais nous pensons qu’il ne peut pas faire une loi sur la base d’une négociation qui a échoué. Il faut qu’il entende nos propositions.


Vous avez évoqué la revendication de la CGT d’une nouvelle réduction du temps de travail. Ne craignez-vous pas d’apparaître à contre-courant du discours dominant ?


Philippe Martinez Si c’est le cas, nous en sommes fiers ! Partout en Europe, les syndicats posent la question d’une réduction massive du temps de travail. C’est un passage obligé pour que ceux qui ont un travail aient plus de temps pour vivre et pour que ceux qui n’en ont pas puissent trouver un emploi.


Vous insistez beaucoup sur l’importance de l’unité syndicale pour faire face au patro

 -nat et inverser le rapport de forces. Est-elle possible ?


Philippe Martinez On peut choisir de mettre en avant tout ce qui nous oppose : on est alors sûr de ne pas parvenir à des actions communes. Mais on peut aussi s’inspirer de ce qui se fait dans les entreprises où, malgré les désaccords et les tensions, des actions communes se mènent. Chez les routiers par exemple, ils ne sont pas entrés dans l’action tous ensemble, mais aujourd’hui tous les syndicats s’y retrouvent pour faire avancer dans le bon sens les négociations. Rien n’est impossible si on écoute les salariés. Ils connaissent nos désaccords, on met plus souvent ce qui nous oppose en avant que ce qui pourrait nous rassembler. Nous voulons œuvrer à des convergences. Le congrès de FO propose une journée d’action, nous aussi, nous allons leur proposer d’en discuter, tout comme nous allons faire la même démarche auprès de la CFDT.


N’avez-vous pas peur de ne pas être compris de vos syndiqués, au vu de la nature des accords signés avec le patronat par la CFDT ?


Philippe Martinez Cette question fait débat dans la CGT, je ne le nie pas. Quand un accord est signé par un syndicat parfois contre l’avis même des salariés, forcément cela pose problème. Je comprends ce mécontentement, je l’ai moi-même partagé à l’occasion d’accords chez Renault. Cela doit-il empêcher toute convergence à l’avenir, quand les salariés hésitent à se mobiliser, et nous demandent de nous mettre d’accord ? Choisir de ne pas discuter par principe ou par posture est à mon avis une erreur.


La crise qui a explosé il y a trois mois au sein de la CGT a soulevé de nombreux débats chez les syndiqués : démocratie interne, redéfinition du rôle des instances de la CGT, création de règles de vie transparentes et homogénéisées, perte d’efficacité syndicale, rapport au politique… Comment ces questions ont-elles été abordées lors du comité confédéral national (CCN) de mercredi ?


Philippe Martinez À partir de faits réels, la presse a parfois amplifié l’ampleur des dysfonctionnements constatés. Mais en effet, des choses anormales ont été faites, comme les factures des travaux dans un appartement qui ne nous appartient pas. Cela remet en cause des valeurs essentielles de la CGT, celles de milliers de militants qui, tous les jours, mouillent la chemise, sont discriminés, sont réprimés, sont bénévoles parce que les heures de mandats syndicaux ne sont pas élastiques. Cet engagement militant a été percuté par ces révélations. Nous avons besoin de faire la clarté, en essayant malgré l’impatience, de trouver la vérité. Même si, lorsqu’on a comparé ce qui s’est passé à la CGT avec certains salaires de patrons ou avec les parachutes dorés, c’est plus qu’excessif, c’est même à la limite de la déontologie pour les journalistes. Le lendemain des révélations dans le Canard enchaîné, j’ai passé sept heures chez Airbus à Toulouse. Les camarades étaient contents de me voir. Cela s’est bien passé. Nous avons pris des mesures pour obtenir de la transparence, des règles de vie, pour créer des processus de décision plus élargis. Le boulot est en cours, il est difficile. Car il n’y a pas que la confédération qui doit changer ses pratiques, il y a aussi les fédérations, sans toutefois tout uniformiser.


Qu’en est-il sur les autres points ?


Philippe Martinez Un premier bilan sur la mise en œuvre des résolutions de congrès a été dressé. Sur notre conception du syndicalisme, sur la conception des luttes, sur le syndicalisme rassemblé, nous sommes allés loin dans la discussion, plus loin que sur l’indépendance vis-à-vis du politique. Je vais prendre l’exemple de la Grèce. Pour la première fois depuis de nombreuses années, il y a un parti qui arrive au pouvoir pour rompre avec l’austérité et conduire une tout autre politique. Évidemment, nous regardons cela avec attention, mais il ne faut pas faire des raccourcis entre les situations politiques de la Grèce, de l’Espagne et de la France. Syriza, Podemos et le Front de gauche, ce n’est pas la même chose. Et ce qui marque le syndicalisme européen, c’est son manque d’indépendance vis-à-vis du politique. En Grèce, un syndicat a failli s’écrouler avec le Pasok. Tandis que l’autre organisation syndicale est très liée au Parti communiste grec (KKE). C’est donc plus compliqué qu’il n’y paraît. La CGT doit échanger avec les partis politiques, sauf un (le Front national – NDLR). Des partis avec lesquels nous pouvons nous retrouver, mais il ne faut pas que ce soit l’œuvre de quelques-uns ou de petits groupes. Au sein de la CGT, il y a des syndicalistes engagés politiquement – d’ailleurs de moins en moins, comme dans la société – et d’autres qui sont engagés dans les mouvements citoyens et associatifs, mais la majorité n’est engagée nulle part ailleurs. Personne ne doit décider à leur place. Ce n’est donc pas un sujet tabou, mais il faut en discuter et se mettre d’accord au sein de la CGT.


Comment comptez-vous associer les syndiqués à la préparation du prochain congrès de 2016 ?


Philippe Martinez Nous avons choisi une préparation extraordinaire du congrès, plutôt qu’un congrès extraordinaire. La première chose est d’aller voir les salariés, les syndiqués, pour savoir ce qui marche et ne marche pas dans le syndicat. Nous avons proposé qu’il y ait au moins 2 000 rencontres avec des syndicats qui correspondent à leur diversité dans la CGT. On veut rééquilibrer le temps passé avec les patrons ou les ministres avec celui passé auprès des syndiqués. Chaque fois qu’on va dans un syndicat, on se fait engueuler les cinq premières minutes et ensuite, on reste trois heures. Et les copains nous demandent de revenir ! Puis, ils veulent que nous visitions leur boîte : nous avons besoin de dirigeants qui aillent vérifier dans les boîtes comment se passe le travail. Je me battrai pour le faire. Certains disent que 2 000 visites, ce n’est pas assez. Mais ça changera déjà nos habitudes ! Et si on peut en faire 5 000, on en fera 5 000. J’ai déjà pris des rendez-vous. J’ai une petite expérience et en plus, j’aime ça !


Chaque nouveau secrétaire général parle de lancer une campagne de syndicalisation. Comment rendre la vôtre fructueuse et faire en sorte que la CGT soit à l’image du salariat d’aujourd’hui ?


Philippe Martinez Il faut faire un état des lieux très précis de l’implantation de la CGT, et de là où sont les salariés. Si on veut être efficace, il faut savoir où aller et à qui s’adresser. Après, il faut être partout. Il y a des déserts syndicaux connus : les privés d’emploi, les précaires et par principe toutes les nouvelles formes de salariat. Les boîtes d’intérim sont présentes dans les entreprises. Même si elles sont situées dans l’atelier ou dans les services, on passe devant et on ne s’y arrête pas. Il faut se déplacer dans les déserts syndicaux et dans les « petites oasis », ces entreprises où il n’y a que 100 syndiqués pour 15 000 salariés… Ça demande du volontarisme. On veut organiser une grande campagne de syndicalisation pour que tout le monde travaille en même temps et pour dire aux salariés qu’on a besoin de syndiqués. C’est vital. Ce n’est peut-être pas la première préoccupation pour d’autres. Ça dépend du type de syndicalisme que l’on porte. On peut avoir des syndicats sans adhérent. Ce n’est pas notre conception. Pour nous, le nombre de syndiqués est le garant de la démocratie interne et de notre représentativité.


Avec une composition du bureau confédéral comportant une surreprésentation du secteur public (8 membres sur 10), ne vous exposez-vous pas aux critiques ?


Philippe Martinez Ça ne me dérange pas de m’exposer ! Mais on prend la question sous le mauvais angle. Si on fait un état des lieux du salariat, ne trouve-t-on pas des milliers de salariés du privé dans une entreprise publique comme la SNCF ? EDF, qui est une entreprise publique et nous espérons bien qu’elle va le rester, ne fait-elle pas travailler des milliers de salariés du privé ? Quel est le statut des salariés d’Orange ? Public, privé ? On ne peut plus raisonner comme cela. Au bureau confédéral, chacun n’est pas rangé dans une case. Le bureau doit s’occuper de la CGT et de ce qu’elle veut faire à partir des réalités de tous.


Vous avez déclaré que le bureau confédéral allait impulser et proposer, sans avoir des membres spécialisés sur des dossiers. Est-ce un signe que le rôle de la confédération va changer ?


Philippe Martinez Ça ne fait que deux ans que je suis membre de la Commission exécutive confédérale. Et depuis, j’entends parler de dysfonctionnements. Soit on refait la même chose, soit on réfléchit, on écoute, et on se demande pourquoi ça ne marche pas. Quand on est accaparé par les dossiers, la notion d’organisation est moins visible et la notion d’équipe ne l’est plus du tout. Il faut une notion d’équipe, c’est important. On a toujours beaucoup demandé à la confédération. Il le faut, non seulement pour organiser une journée interprofessionnelle, mais aussi sur tous les sujets. Et en même temps, il faut donner à la confédération les moyens de les traiter. Il faut aussi moins d’étanchéité entre les organisations. Et s’adapter aux réalités de terrain. Que la confédération propose sans imposer et mette tout cela en musique.

 

 

source: humanite.fr/

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 11:15
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Le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, qui avait révélé le scandale du Mediator, a découvert « avec effarement » l'amendement de la loi Macron instaurant un « secret des affaires » susceptible d'écarter journalistes et lanceurs d'alerte. « Avec cet amendement, l'affaire du Mediator ne serait jamais sortie », prévient-elle.

Pourquoi estimez-vous que cet amendement est dangereux ?
Avez-vous lu l'amendement initial ? C'était... terrifiant ! Une information devenait protégée dans la mesure où celle-ci avait « une valeur économique » ou encore parce qu'elle n'était « généralement pas connue ou aisément accessible ». Cela voulait dire, pas question de mettre le nez dans nos affaires ! Pas d'investigation possible ! C'est tout simplement incroyable. C'est une chape de plomb qui s'abat avec le verrouillage de toute info qui pourrait gêner les intérêts d'un industriel. Qu'elle provienne de la presse ou d'un lanceur d'alerte.

Cela vous a immédiatement fait penser à l'affaire du Mediator ?
Oui ! Sortir cette affaire, vous vous en souvenez, n'a pas été une promenade de santé. C'est grâce au relais de la presse que le scandale a véritablement éclaté. Le livre que j'avais écrit et qui donnait l'alerte avait été censuré par le tribunal de Brest. Les motifs donnés par le jugement donnent un aperçu de ce que serait le prétexte du « secret des affaires » : le sous-titre « combien de morts » avait été censuré parce que cette mention était, je cite, « une imprudence par l'important discrédit qu'elle pourrait faire supporter au fabricant du produit et les conséquences sur l'image de ce dernier, et, par là-même, son activité industrielle, économique, et commerciale » et dépassait « à l'évidence la seule liberté d'expression en matière de presse ». Avec l'amendement de la loi Macron, en sus de la censure, c'était le spectre de la ruine et de la prison ! Je n'aurais personnellement jamais eu le courage d'affronter cette perspective et certainement renoncé à publier mon livre.

Le revirement du gouvernement, hier matin, qui promet d'amender l'amendement (sic) pour garantir la liberté de la presse, la liberté d'information et la liberté d'investigation vous satisfait-il ?
Les derniers éléments qui m'ont été communiqués, hier midi, ne me rassurent pas du tout. Il est, par exemple, fait mention d'un risque « grave » pour la santé pour échapper à cette loi. Tout est dans ce terme de « grave » et son appréciation. Le diable se glisse dans les détails. Dans le jugement qui a condamné mon éditeur à retirer le livre sur le Mediator (NDLR, le jugement a été cassé en appel, huit mois plus tard), c'est bien la contestation du mot « grave » par le juge qui a abouti à cette condamnation, ainsi que la préservation de l'intérêt commercial de la firme. Servier estimait que je surévaluais le risque et contestait la gravité des faits dénoncés...

Quelle solution s'impose à vos yeux ?
Il me semble qu'il faut retirer la totalité de l'amendement et le réécrire plus tard, après audition de lanceurs d'alerte et de journalistes. Pour moi, le problème a été abordé à l'envers. Si on doit protéger les firmes de l'espionnage industriel, ce n'est pas en muselant la critique.


Propos recueillis par Hervé Chambonnière  pour le Télégramme (30/01/2015)
source: letelegramme.fr
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:16

GEG : une autre politique est possible… à condition de construire une alternative politique qui remette en cause le système, et sorte du carcan de l’UE !

141107-ampoule-reseau-electrique-300x198-copie-1.jpgAlors que la décision de la majorité municipale d’attribuer le marché de l’éclairage public à un groupement privé Bouygues Vinci, entérinant la procédure d’appel d’offre lancée par la municipalité Safar sanctionnée dans les urnes, n’en fini pas de faire des vagues, voici quelques éléments de réflexion. Non pour polémiquer, mais pour être constructif.

D’abord, il faut constater que la responsabilité de la municipalité précédente, mais également de la droite dans le choix de la SEM ne fait aucun doute. Une SEM n’est pas publique, cela est certain.
Ensuite, sur la procédure qui a conduit à retenir l’offre du consortium de Bouygues Vinci plutôt que la SEM contrôlée en partie par  Grenoble (GEG) : l’appel d’offre ne pouvait pas et n’a pas été truqué. Et bien sûr, il est hors de question d’appeler à truquer et fausser un appel d’offre, comme le propose certain irresponsables anti-républicains revanchards.

Question technique ou choix politique?

141107-geggif.gifPour autant, doit on en conclure, qu’il n’y a pas d’alternative ? S’agit il au fond que d’une question technique sur laquelle l’équipe municipale n’a aucune latitude et qui donc mécaniquement échappe à la décision des citoyens?

C’est ce que nous dit la majorité municipale EELV-PG, expliquant :

  1. qu’ils ne font là qu’assumer une décision prise par la précédente municipalité.
  2. qu’ils y sont contraints, car l’éclairage public est une obligation et qu’il faut donc un prestataire pour assurer ce service public. La municipalité ne saurait s’exonérer des contraintes du Code des Marchés Publics et elle serait obligée donc d’attribuer le marché.
  3. que la priorité est d’assurer la mise en œuvre du plan lumière. mais qu’il ne faut pas voir là un choix politique remettant en cause les engagements pris dans la campagne (on peut ici citer l’engagement n°23)

En un mot, on entend là le discours habituel du TINA (there is no alternative : il n’y a pas d’alternative) justifiant de tout les reculs, de toutes les régressions. Bref, il n’y aurait d’autre choix que de confier – au prix forts – pour les 8 prochaines années (engageant au passage également la prochaine mandature, ce qui est particulièrement anti-démocratique) l’éclairage public à des intérêts privés.

Assumer sa responsabilité politique

Bien sûr, le pouvoir municipal est un pouvoir limité. Nous ne saurions le dénier. Ce qui ne saurait l’exonérer de sa responsabilité d’explication et de mobilisation politique : dès lors qu’il serait contraint d’appliquer des décisions en contradiction avec le mandat confié par les citoyens, son premier devoir est il d’expliquer que c’est comme ça, ou de mobiliser pour que les choses changent? Et donc d’assumer sa responsabilité politique.


S’il ne s’agit que d’appliquer des règles déjà décidées, immuables, que de mettre en place les choix politiques de ceux qui occupaient leurs sièges avant eux, pourquoi donc voter? A Grenoble, les électeurs ont voté précisément pour que les choses changent. Pour rompre avec la politique de la précédente municipalité.


Bref, quand le système n’est pas acceptable, il faut en premier lieu le dénoncer et organiser la mobilisation pour changer le système.

 

Ce qui doit donc nous amener à examiner précisément les raisons du choix fait par la majorité municipale de M Piolle à travers 3 questions :

  1. Grenoble est elle obligée de mettre en concurrence le marché de l’éclairage public alors qu’elle contrôle la SEM GEG, effectuant cette prestation jusqu’alors? Si oui pourquoi?
  2. Pourquoi cette procédure de dialogue compétitif, très contraignante, plutôt qu’un marché public classique ?
  3. Grenoble est elle légalement obligé d’attribuer le marché, à l’issue de la procédure de dialogue compétitif (article 67 du code des marché public) ?
  4. Existe t il des alternatives ?

Grenoble est elle obligée de mettre en concurrence le marché de l’éclairage public alors qu’elle contrôle la SEM GEG, effectuant cette prestation jusqu’alors? Si oui pourquoi?

141107-UE-services-publics-interdits.jpgLa réponse est oui. Car GEG est une Société d’Économie Mixte. C’est à dire une entreprise à capitaux mixte public privé et donc de droit privé. Bien sûr, il semblerait logique que puisque Grenoble contrôle GEG, elle puisse contractualiser librement avec son entreprise. Cela n’est pas possible. En raison des directives européennes qui l’interdisent : les règles européennes ne permettent pas de considérer les SEM autrement que comme un acteur privé (100%) et donc obligeant à la mise en concurrence. Quand bien même, le public y serait 100% majoritaire.

Modalités d’intervention des SEML

Les collectivités territoriales ont la possibilité de concéder la réalisation d’opérations d’aménagement prévues par le code de l’urbanisme à toute personne y ayant vocation. Ainsi, les SEML peuvent-elles se porter candidates pour la réalisation de ces opérations. La collectivité et la SEML concernée sont liées par un contrat définissant l’objet de celui-ci, sa durée, les conditions de rachat ou de résiliation ou déchéance par le concédant ainsi que, s’il y a lieu, les modalités d’indemnisation du concessionnaire, les obligations des parties, etc.


La Commission européenne a souligné le non-respect, par les collectivités territoriales des principes de publicité et de mise en concurrence à l’occasion des concessions publiques d’aménagement accordées aux SEML. Par ailleurs plusieurs décisions de la Cour de justice des communautés européennes ont confirmé l’analyse de la Commission (arrêt Stadt Halle du 11 janvier 2005, arrêt Coname du 21 juillet 2005 et arrêt Parking Brixen du 13 octobre 2005).


Cette jurisprudence a défini, en s’appuyant sur plusieurs critères, les organismes dits “ in house ” ou “ opérateurs internes ” qui, dans leurs relations avec des personnes morales de droit public dont ils dépendent, peuvent être exclus de toute procédure de publicité et de mise en concurrence lorsqu’ils sont candidats à des marchés publics.


Au regard de cette jurisprudence, les SEML sont exclues du champ d’application du “ in house ” dans leurs relations avec les collectivités territoriales en raison de la présence d’actionnaires privés en leur sein.


Le droit français a été mis en conformité avec le droit européen par la loi no 2005-809 du 20 juillet 2005 relative aux concessions d’aménagement. Dès lors qu’une concession d’aménagement est conclue entre une collectivité territoriale et une SEML, les obligations de publicité et de concurrence doivent être respectées. Seules les concessions conclues entre une collectivité territoriale et une structure juridique publique qui est une émanation de cette collectivité échappent à cette obligation.


http://www.collectivites-locales.gouv.fr/societes-deconomie-mixte-locales-seml

Où l’on constate une fois de plus que quand le PRCF dénonce l’Union Européenne, ce n’est pas par idéologie, mais bien parce que l’UE oblige concrètement et systématiquement – au nom de la concurrence libre et non faussée –  à la libéralisation, la privatisation des services publics.


C’est vrai pour GEG, c’est vrai également pour l’ensemble du secteur de l’énergie. On a encore pu le constater avec la privatisation des barrages hydroélectriques que vient de voter EELV avec le PG avec la loi de transition énergétique en application là aussi des directives européennes. Et on pourrait multiplier les exemples (La Poste, les transports, la protection sociale, les mutuelles….)

Pourquoi cette procédure de dialogue compétitif, très contraignante, plutôt qu’un marché public classique ?

la réglementation encadre strictement les cas où une procédure de dialogue compétitif peut être utilisée pour la mise en concurrence d’un marché public, notamment car elle limite évidemment l’accès à la commande publique et car elle contraint fortement les pouvoirs publics en donnant une très large latitude de proposition à la partie privée :

Voila ce que dit la circulaire d’application du Code des Marchés Publics

Art 13.1. Les cas de recours au dialogue compétitif

La procédure du dialogue compétitif peut être utilisée :
a) Lorsque le pouvoir adjudicateur ne peut définir seul et à l’avance les moyens techniques répondant à ses besoins ou encore pour lesquels il n’est pas en mesure d’établir le montage juridique ou financier (art. 36). Cette situation peut se présenter, notamment pour la réalisation de certains projets ou réseaux informatiques, pour des campagnes de communication ou, plus généralement, pour des projets pour lesquels l’acheteur ne dispose pas d’une visibilité suffisante ;
b) Pour la passation d’un marché de conception-réalisation, dans le cas d’opérations limitées à la réhabilitation de bâtiments, lorsque les conditions définies aux articles 36 et 37 du code des marchés publics sont réunies (art. 69-II) ;
c) Pour la passation d’un marché ou d’un accord-cadre de maîtrise d’œuvre pour la réhabilitation d’un ouvrage ou la réalisation d’un projet urbain ou paysager, lorsque les conditions définies à l’article 36 sont remplies (art. 74-IV).
Le dialogue compétitif présente, par rapport à l’appel d’offres, l’avantage de conférer une vision plus complète et comparative des solutions techniques, financières ou juridiques que le marché peut offrir, puisque les offres ne seront pas, dès le début, enfermées dans des spécifications techniques précises.
Il offre aux acheteurs publics des possibilités plus larges de dialoguer avec les candidats au marché, afin d’améliorer la qualité et le caractère innovant des propositions qui leur sont faites. De ce point de vue, le déroulement du dialogue compétitif s’apparente à une négociation. L’acheteur public doit faire face aux trois mêmes contraintes que celles mentionnées au point 12.3 : assurer aux candidats l’égalité de traitement, tout au long de la procédure, garantir la transparence de la procédure et le secret industriel et commercial protégeant le savoir-faire des candidats. L’acheteur prendra garde que le risque de porter atteinte aux secrets industriels ou commerciaux est, en effet, accru dans le cadre de la procédure du dialogue compétitif. La responsabilité de l’acheteur peut, le cas échéant, être engagée du fait de sa violation.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025364925

Il faut constater que la précédente municipalité a fait le choix, plutôt que de se doter des compétences nécessaires pour définir et encadrer l’entretien et la modernisation de l’éclairage public, de s’appuyer totalement sur le privé, via cette procédure couteuse, complexe et risquée. De notre point de vu, cela n’est pas acceptable.


Comment une municipalité incapable de définir ce qu’elle attend des entreprises serait apte à choisir sérieusement une offre, puis à contrôler sérieusement l’éxécution du marché?


Tout cela n’est pas crédible : c’est bien pour cela que le PRCF est résolument pour que l’exécution du service public soit 100% public. A travers une régie par exemple. C’est la seule garantie de la maitrise des coûts, de la bonne exécution et du libre choix des citoyens.

Grenoble est elle légalement obligé d’attribuer le marché, à l’issue de la procédure de dialogue compétitif (article 67 du code des marché public) ?

Très clairement non. l’alinéa XI du Code des Marchés Publics précise :

« A tout moment, la procédure peut être déclarée sans suite pour des motifs d’intérêt général. Les candidats en sont informés ».

En clair, la nouvelle municipalité, en vertu et en application du mandat confié par les Grenoblois peut déclarer sans suite la consultation. Notamment, la disparition du besoin de la personne publique est un motif légitime de déclaration sans suite pour motif d’intérêt général. De fait, la redéfinition du besoin conséquence par exemple du choix éminemment politique de construire une régie publique permettrait donc de clore cette consultation.


Dans ce cas, il est possible qu’une indemnisation – prévue par le règlement de la consultation – doivent être payée aux deux candidats retenus et ayant proposé une offre.

A ce sujet deux remarques :

Si cette indemnisation est exorbitante, et contraint de fait à être obligé d’attribuer le marché, il convient de demander des comptes à la précédente municipalité.

Surtout, la procédure de dialogue compétitif est une transposition d’une directive européenne. Il faut observer qu’elle place la partie privée en situation de force tout en incitant à un affaiblissement de la puissance publique. Elle conduit à payer plusieurs fois les études nécessaires à la définition des offres, dont le pouvoir adjudicateur (ici la ville des Grenoble) pourrait bien ne pas être propriétaire. En clair, c’est un marché de dupe : si Grenoble déclare ce marché sans suite, la Ville pourrait être contrainte de payer deux fois des études qu’elle ne pourra pas utiliser. C’est ubuesque !


L’intérêt de la collectivité publique est évidemment d’être maître de ce qu’elle commande. Soit en disposant elle même de la compétence technique, soit en pouvant bénéficier de l’assistance de service public spécialisé, réalisant les études nécessaires ou au moins capable de les commander en ne les payant qu’une fois. En la matière, c’est la liquidation des services d’ingénierie publique – par exemple ceux du ministère de l’Équipement (Écologie et développent durable désormais) – qui conduit les collectivités locales dans ce genre de traquenard. EELV, en particulier Cécile Duflot qui a signé la fin de l’ingénierie publique pour le compte des collectivité locale, en porte notamment la responsabilité, tout comme le PS. Et la loi Métropole – voté également conjointement par EELV et le PS prépare également la liquidation des services publics assurés aujourd’hui par les conseils généraux. On comprend pourquoi M Piolle est muet en la matière.


Rappelons par ailleurs que l’abandon de l’ingénierie publique pour le compte des collectivités locale – condamné par l’Association des Maires de France – est le résultat de la demande d’ouverture à la concurrence de ce domaine exigée …. par l’UE du Capital, pour le plus grand bonheur des syndicats patronaux des bureaux d’études privés et des Majors du BTP !

Existe t il des alternatives ?

Bien sûr, il y a des alternatives. Par exemple, la municipalité dès sa prise de fonction, aurait pu

  • déclarer le marché sans suite – permettant sans doute de réduire les primes à verser aux candidats.
  • Ce qui lui aurait permis d’engager simultanément une consultation à minima pour un marché d’entretien courant de l’éclairage public, renouvelable chaque année.
  • Ouvrant la possibilité de se doter des compétences nécessaires dans l’intervalle pour monter une régie publique s’occupant de l’éclairage d’ici la fin de la mandature.

Bien sûr, ce choix – donnant la priorité au service public – aurait eu pour conséquence de retarder la modernisation de l’éclairage public. Force est de constater que la municipalité Piolle fait là un choix politique, celui de prioriser la privatisation de l’éclairage public pour une modernisation à grand frais, hors de contrôle d’ailleurs de la municipalité, plutôt que de se donner les moyens de construire une régie publique rendant pleinement le contrôle des grenoblois sur cet équipement qui leurs appartient. Cette possibilité a t elle était explorée? la municipalité n’a donné aucune information à ce sujet.


141107-affiche-PRCF-UE-il-faut-en-sortir-pour-sen-sortir.jpgPar ailleurs, si la municipalité a raison d’expliquer que sur cette épineuse question de l’éclairage public elle a largement les mains liées, pourquoi n’en combat elle pas publiquement les causes : au premier rang desquelles les directives imposée par l’Union Européenne du Capital.


Pour notre part, au PRCF nous sommes cohérents : le PRCF milite pour sortir de l’UE, instrument construit par l’oligarchie pour servir uniquement ses intérêts contre ceux des travailleurs. Pour défendre et développer de façon efficace nos services publics qui sont la garantie d’un service de qualité, aux meilleurs couts et totalement maitrisé par nos concitoyens. Sortir de l’austérité, faire progresser les conquêtes sociales, servir les intérêts des travailleurs, cela n’est possible qu’à condition de sortir du carcan de l’UE et de l’Euro.


Eric Piolle défend la voix de la régie, parait il. On veut bien le croire, encore faudrait il agir en conséquence.


D’une manière plus générale, on ne peut également que constater que si la nouvelle municipalité grenobloise s’est prononcée contre le Grand Marché Transatlantique (GMT ou TAFTA), qui implique la liquidation des services publics, ce qui la rend immédiatement sympathique, EELV demeure le premier allié du PS. Un PS qui est le champion de la privatisation. Et qu’EELV se fait le champion de la promotion de cette Union Européenne qui est une arme de destruction massive de nos services publics.

 

PRCF38

 

A lire également:

-Grenoble-geg-eclairage-public-ou-union-europeenne-il-faut-choisir-(PRCF38)

 

source: http://www.initiative-communiste.fr [03/11/14]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Eco-social
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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