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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 10:34

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Notre camarade Yve Cimbolini, Retraité EDF-RTE ancien militant, adhérent à la CGT et au Front Syndical de Classe, nous fait parvenir cette réaction au sujet de la loi de transition énergétique.www.initiative-communiste.fr s’est déjà largement fait l’écho au cours des dernières semaine de cette privatisation qui ne dit pas son nom.

Transition ou dénationalisation ?

141107-transition-energetique-privatisation-des-barrages-.jpgLa « Transition énergétique ».


Sous ce beau terme anodin, presque un euphémisme, employé depuis quelque temps, se cachait bien une belle ’’saloperie’’, une de plus faite aux Français par un gouvernement qui ne sait plus quoi inventer pour faire plaisir à la finance et à son armée de spéculateurs, admirateurs et adeptes  des théories de Milton Friedman père des ‘’Chicago boys’’, dont le fond de pensée est que tout doit se vendre, tout doit être source de profit, y compris ce qui relève de l’intérêt général donc du service public comme l’énergie, la médecine, etc, etc.


Jusqu’à présent, et ça a quand même bien marché, l’Entreprise EDF n’a pas eu besoin de transition énergétique pour se développer et proposer un des meilleurs services  publics de l’électricité au monde. Elle a juste eu besoin de s’appuyer sur la compétence, la technicité et le professionnalisme des agents, qui ne s’occupaient pas d’énergétiiiique (Terme pompeux qui aurait certainement plu à Salvador Dali) mais tout simplement d’énergie, fortement motivés et mobilisés autour de la notion de Service Public.

Un monopole 100% public pour le Service Public

De même, sa structure dite ‘’d’entreprise intégrée’’ regroupant les services de la Production, du Transport, de la Distribution et de l’Equipement a été un de ses points forts jusqu’en 2004, avant que l’ouverture du capital n’entraine la séparation des services et tout simplement la casse de l’entreprise intégrée.


141107-ampoule-reseau-electrique-300x198.jpgLe service de l’Equipement avait notamment pour mission de développer les moyens associés à chaque service pour anticiper sur les nouvelles technologies afin d’optimiser leur fonctionnement. L’usine Marémotrice de la Rance mise en service en 1966, qui utilise l’énergie de la marée pour faire de l’électricité, la première au monde du genre, est l’exemple qu’EDF qui ne se contentait pas de se dorer la pilule et ou brasser du vent, n’a pas attendu la mode des énergies renouvelables pour se pencher sur la question. En plus d’être renouvelable, cette source d’énergie est fiable et planifiable, (Comme les marées) ce qui n’est pas le cas de l’énergie éolienne ou même solaire.


Une Petite comparaison : La puissance d’une éolienne est de 1 à 3 Mégawatts à condition qu’il y ait un vent supérieur à 10 km/h. Chaque groupe de l’usine de la Rance fournit une puissance de 10 mégawatts (240mw en tout) à condition que la lune et le soleil soient toujours là et que le mouvement des planètes continue, c’est quand même plus sûr que le vent, et de toute manière le jour où ça s’arrêtera, on aura d’autres problèmes que celui de l’énergie.


141107-paul.jpegLa seule ‘’Transition Energétique’’, pour reprendre le terme, qui fut essentielle au développement de notre pays et à la justice sociale a été, conformément au programme du Conseil National de la Résistance, la nationalisation des Industries Electriques et Gazières en Avril 1946, menée à bien par le ministre Communiste de la Production Industrielle Marcel Paul.


Transition Energétique? non dénationalisation de EDF et liquidation de cette conquête du Conseil National de la Résistance

Ce que le gouvernement cache derrière ce terme de « Transition Energétique » ce n’est ni plus ni moins, que la dénationalisation de l’entreprise EDF, commencée en 2004 par l’ancien gouvernement, et un formidable retour en arrière qui va mettre à plat plus de soixante années de construction. Cela nous amènera à coup sûr, et à coup de grenades offensives s’il le faut, au siècle des lumières éteintes, pour ne pas dire au siècle de l’obscurantisme.


141107-privatisation-barrage1-300x232.jpgPour aider notre gouvernement qui peut parfois être à court d’idées dans son soutien inconditionnel à la finance, je propose la création d’un ’’Réservoir d’idées’’ (‘’Think Tank’’ pour les inconditionnels du savoir parler branché) dans lequel on pourrait verser nos propositions les plus libérales.


Dans cet état d’esprit, je tiens à le préciser, je proposerais bien à ceux qui composent ce gouvernement de se ’’casser’’, et de laisser la place à la droite. Cela dit je pense que le patronat et la finance ne laisseraient pas faire, car ils ont bien compris qu’avec la droite les choses vont moins vite, rien de tel que la Social-Démocratie pour ôter les dernières barrières qui leur empêchent de faire du fric du fric du fric sur le dos de la société et des salariés, en les exploitant encore, encore, et encore.


La cote de popularité actuelle de notre Capitaine est d’environ 12%, ce qui fait une cote d’impopularité de 88%. Il continue quand même à nous diriger vers l’Iceberg.


Avant de prendre la barre, il avait pourtant promis, à ceux qui ont bien voulu y croire, une autre destination et un autre destin que celui du Titanic.


Le 4 Novembre que vous soyez agent en activité ou en inactivité ou tout simplement citoyen usager, participez aux actions initiées par la CGT. Il n’est jamais trop tard pour s’indigner et agir.


Salutations énergétiques

 

Yves CIMBOLINI

Le 31 Octobre 2014

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Environnement
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 10:20

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Engagé depuis des années dans les mouvement de l'agriculture biologique et paysanne, auteur en 2014 du livre "Changeons d'agriculture", Jacques Caplat nous livre ici une analyse personnelle mais très partagée parmi les praticiens de la terre qui ont choisi la modernité de l'agroécologie paysanne. Il y replace le drâme du Testet dans le contexte politique d'une agriculture dominante devenue anachronique et meurtrière. Yo

 

Au-delà des questions politiques et humaines au cœur de l’actualité récente, le barrage du Testet, à Sivens dans le Tarn, est un exemple typique des aménagements dépassés et hors-sujet. Sa justification agronomique s’inscrit exactement dans la course en avant qui est en train de détruire l’agriculture française, et démontre une méconnaissance inquiétante des alternatives techniques qui permettraient sans problème aux agriculteurs de la région d’éviter le recours massif à l’irrigation.


Face aux tensions créées par le dérèglement climatique, il est illusoire et suicidaire de croire qu’il serait possible à long terme et à grande échelle de forcer le milieu à s’adapter à une agriculture artificielle basée sur des théories hors-sol et des modèles standardisés. Bien au contraire, la seule démarche réaliste et scientifique consiste à réadapter l’agriculture au milieu. Cela implique à la fois de recréer une capacité des sols à retenir l’eau et à la fournir aux cultures, et de sélectionner des variétés végétales adaptées et évolutives. Le recours massif à l’irrigation est non seulement destructeur, il est également dépassé car inefficace à long terme.

Retour sur un projet aberrant

Avant de parler d’agronomie, il me faut bien revenir sur les évènements récents, leur source et leur déroulement. Il éclairent en effet les conditions du « choix » imposé actuellement par les élus tarnais.


En premier lieu, il est utile de savoir que le projet de barrage du Testet est la copie conforme d’un barrage déjà réalisé dans la même région à Fourogue. Or, le coûteux et surdimensionné barrage de Fourogue est aujourd’hui un gouffre financier, et se voit relégué dans l’illégalité suite à l’annulation de sa déclaration d’intérêt général. Une logique sous-tend par conséquent la construction du barrage du Testet depuis son démarrage : réitérer le tour de passe-passe réussi à Fourogue, en mettant tout le monde devant le fait accompli avant que la justice ne puisse arrêter les travaux.


Autre fait troublant : l’organisme chargé de la « maîtrise d’ouvrage déléguée » et de la concession d’aménagement du barrage du Testet, la CACG (compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne), est le même qui a été chargé de l’étude d’impact ! Cette situation ne correspond-elle pas étrangement à ce que le droit appelle habituellement un conflit d’intérêt ? Comment s’étonner, dans ces conditions, que l’étude préalable ait écarté les objections et ait surdimensionné le chantier ?


Sur le plan environnemental, le projet prévoit de recréer une dizaine de petites parcelles humides d’un ou deux hectares, pour « compenser » la destruction d’une zone humide de 13 hectares. Cette prétendue compensation est jugée tellement hasardeuse et précaire que tous les avis scientifiques ont été négatifs (aussi bien les avis préalables au projet que l’expertise ministérielle récemment rendue publique). En effet, des petites parcelles atomisées et distinctes ne peuvent en aucun cas assurer la viabilité des espèces rares qui existaient dans la vallée du Testet (campagnol amphibie, grenouille agile, triton palmé, couleuvre verte et jaune...). En matière écologique, il faut faire montre d’une inquiétante incompétence pour additionner des surfaces en négligeant la question de la continuité des milieux de vie.

8,5 millions d’euros pour 20 agriculteurs ?

Sur le plan agronomique, le projet prétend permettre d’irriguer 81 exploitations agricoles de la région. Cette donnée est doublement douteuse. D’abord, parce que les riverains et les experts du ministère de l’écologie n’ont trouvé que 20 à 40 fermes susceptibles d’être concernées. Ensuite, parce que l’irrigation est essentiellement destinée au maïs (qui occupe la moitié des surfaces irriguées dans le Tarn), et que les volumes du barrage ne permettront d’irriguer que 800 hectares de maïs au maximum, soit 20 fermes si l’on suppose une moyenne de 40 ha de maïs irrigué par ferme.


Sur un plan comptable, le projet revient donc à investir 8,5 millions d’euros pour 20 fermes, soit plus de 400.000 euros par agriculteur. Et encore ce calcul ne prend-il pas en compte les coûts de fonctionnement, estimés à 600.000 euros par an, soit 30.000 euros par an supplémentaire « offerts » sur fonds publics à chaque ferme concernée. La même somme investie dans la conversion à l’agriculture biologique (riche en emplois) permettrait de faire vivre des centaines de fermes et de créer considérablement plus d’activité ! Le choix politique du barrage est par conséquent totalement contraire aux attentes exprimées par la société, et représente une authentique gabegie.


Ce n’est pas un hasard si l’expertise demandée par le ministère de l’écologie dénonce le manque de justification du projet et son surdimensionnement.

Une course en avant meurtrière

Il est utile de comprendre que la mort de Rémi Fraisse n’est qu’une conséquence « logique » de la politique engagée, celle d’une course en avant et d’une stratégie de la tension. Il est impossible d’aborder les alternatives agronomiques sans achever d’abord la présentation du contexte politique, qui explique pourquoi les promoteurs du barrage se sont enfermés sciemment dans un refus de toute alternative.


Comme je l’évoquais plus haut, le montage initial témoignait déjà d’un parti-pris douteux et de procédures susceptible d’être invalidées. Cette dimension est renforcée par le fait que le contrat confié à la CACG est une concession d’aménagement, signée sans aucune mise en concurrence – or, ce type de barrage relève obligatoirement de la notion de construction, qui impose une mise en concurrence. Il est donc fort probable que l’ensemble du projet soit retoqué par la justice dans deux ou trois ans. En outre, l’avis de l’enquête publique n’était favorable que « sous réserve de l’avis du Conseil National de la Protection de la Nature » (CNPN). Celui-ci a été clairement défavorable lors du projet initial tout comme lors de son réexamen récent. Il y a donc eu passage en force.


Cette démarche est parfaitement illustrée par l’étape du déboisement du site. La fédération France Nature Environnement avait saisi le Tribunal administratif pour bloquer sa réalisation. Aussitôt, la CACG et les pouvoirs publics ont conjointement déployé massivement machines et gendarmes mobiles, de façon à « nettoyer » la zone de ses opposants et à couper les arbres à marche forcée. Le timing était précis : le déboisement était achevé quelques heures avant que le Tribunal administratif ne rende son avis. Même en cas de jugement défavorable, il aurait été trop tard...


Cette stratégie de la tension a conduit les pouvoirs publics à abdiquer toute raison. Depuis le début du chantier, les gendarmes multiplient les provocations pour pousser les opposants à se radicaliser (afin de justifier à rebours le recours à la force). Je n’avance pas là des suppositions mais m’appuie sur des faits. Le 7 octobre, un gendarme a lancé une grenade de désencerclement dans une caravane et grièvement blessé une occupante, comme le prouve cette vidéo. Non seulement ces grenades ne sont autorisées que de manière défensive dans le cas où des gendarmes seraient en danger d’être débordés et blessés, ce qui n’était évidemment aucunement le cas ici, mais elles sont en outre strictement interdites en milieu clos, où elles peuvent devenir très dangereuses. Malgré ce geste doublement illégal ayant eu de graves conséquences, ce gendarme n’a, aux dernières nouvelles, pas été poursuivi.


Autre fait édifiant : lors de la manifestation festive et joyeuse du 25 octobre, il ne restait aucun engin sur le chantier, et donc strictement rien à protéger par les gendarmes. La fête organisée sur le site par les opposants ne comportait aucun risque d’aucune sorte, puisqu’elle n’était pas en ville et qu’il n’y avait rien à détruire ou dégrader. Rien, strictement rien, ne justifiait la présence de gendarmes, et encore moins une présence aussi massive et agressive. Rien sauf... la volonté de pousser les opposants à réagir et de provoquer des violences. Dans ces circonstances, la mort de Rémi Fraisse alors qu’il fuyait une charge de gendarmerie, tué par une grenade de désencerclement encore utilisée abusivement, n’est pas un hasard mais le résultat d’un processus révoltant.


Ce constat n’excuse aucunement les violences également injustifiables perpétrées par quelques dizaines de provocateurs (dont rien ne prouve qu’ils soient réellement concernés par la lutte contre le barrage), mais il remet les responsabilités à leur place. Ce sont bien les pouvoirs publics et la CACG (dont la plupart des administrateurs sont des élus locaux « juge et partie » et des agriculteurs de la FNSEA) qui ont engagé sciemment un enchaînement de provocations et de passages en force pour contourner la loi. Le 25 octobre, ils ont clairement « créé » les conditions d’un affrontement au sein d’une soirée par ailleurs festive et sereine, et doivent en porter l’entière responsabilité.

L’agriculture ne peut pas se baser sur une irrigation massive

Dans ces conditions, il faut reconnaître que les arguments agronomiques sont bien difficiles à faire entendre, puisqu’il n’existe en réalité aucune volonté de les écouter. Essayons toutefois de les avancer.


En premier lieu, le changement climatique conduit le Tarn à une fragilité hydrique accrue. Au lieu d’être niée et contournée par une inflation d’infrastructures et une course en avant industrielle, cette réalité doit être assumée et abordée franchement. Les variétés végétales utilisées par les agriculteurs (par obligation légale et par pression commerciale) sont standardisées et, inévitablement, inadaptées à des situations de faiblesse hydrique. La solution ne peut pas être d’obliger le monde réel à s’adapter à ces variétés chimériques !


La seule solution agronomique sérieuse, déjà mise en œuvre par certains agriculteurs biologiques dans le Sud-Ouest, consiste au contraire à utiliser des variétés adaptées au milieu et capables d’évoluer en même temps que lui. J’insiste une fois de plus (cf. un précédent billet sur les semences) sur le fait qu’une plante doit co-évoluer avec son environnement au lieu d’être conçue à distance. Des variétés évolutives conduisent à ressemer les grains issus des épis les mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques, et permettent par conséquent de se passer d’irrigation. Oui, n’en déplaise à certains agronomes en chambre, il est parfaitement possible de faire évoluer des variétés, y compris en maïs, capables de résister à la sècheresse. Les maïsiculteurs d’AgroBioPérigord en ont fait la preuve depuis plusieurs années, avec leurs variétés « populations » de maïs, qui obtiennent sans irrigation des rendements et des résultats techniques extrêmement satisfaisants.


Cette évolution est d’autant plus raisonnable que même les agriculteurs conventionnels du Tarn l’ont partiellement engagée. Bien que ne recourant pas encore à des variétés adaptées et évolutives, ils ont déjà réduit la part des surfaces irriguées de 18,5 % à 12,5 % de leurs surfaces en moyenne entre 2000 et 2010. C’est bien dans ce sens qu’il faut les accompagner.

Restaurer la régulation hydrique des sols

Plus globalement et plus fondamentalement, l’agriculture doit réapprendre à valoriser les capacités du sol au lieu de le détruire. Le Rodale Institute (États-Unis) a démontré que les sols conduits en agriculture biologique résistent considérablement mieux à la sècheresse que les sols conventionnels. Pourquoi ? D’abord parce que les terres conduites en bio alternent des cultures variées, voient leur fertilité assurée par des amendements organiques, et sont moins retournées. Cela les amène à être de deux à dix fois plus riches en matière organique, et à avoir une « structure » bien meilleure. Or ces deux facteurs permettent aux sols d’être des éponges, c’est-à-dire de capter l’eau lorsqu’elle tombe (sans la laisser ruisseler et provoquer par ailleurs des inondations) et de la restituer aux plantes lorsqu’elles en ont besoin. Ensuite parce que les agriculteurs bio ne laissent pas des sols rester « nus » en hiver et limitent donc les pertes d’eau. Enfin, parce que l’absence de recours aux fongicides permet le développement d’une mycorhize dense.


Il est intéressant de dire deux mots de la mycorhize. Cette symbiose entre les racines des plantes et les mycéliums des micro-champignons du sol permet aux plantes de multiplier par dix leur surface d’absorption racinaire. Mieux encore, elle permet de multiplier par dix ou quinze la pression de pompage de l’eau par les plantes – autrement dit, de capter de l’eau là où des plantes sans mycorhize n’y parviendraient pas. Or, pour avoir une mycorhize dense, il est souhaitable d’agencer arbres et cultures (les arbres facilitent l’implantation de la mycorhize et assurent un pompage de l’eau dans des couches inaccessibles aux plantes cultivées) et il est nécessaire de ne pas appliquer de fongicides (qui tuent les micro-champignons du sol).


Les politiques publiques doivent former les agriculteurs et les aider à faire évoluer leurs pratiques, et non pas soutenir des pratiques intenables chez une vingtaine d’entre eux.

Une irrigation ponctuelle et parcimonieuse

Une fois restauré le B-A-BA de l’agronomie (sols riches en matière organique, bien structurés et toujours couverts ; arbres et mycorhize ; variétés adaptées et évolutives), il est bien sûr possible de recourir ponctuellement à l’irrigation. C’est notamment utile pour le maraîchage, et pour certaines cultures dans certains milieux (soja...). Je ne prétends pas qu’aucune irrigation ne soit justifiée. Mais elle doit être mesurée, éviter de provenir de la nappe phréatique, et respecter les milieux naturels. Cela est possible notamment avec des retenues collinaires, c’est-à-dire des petits équipements qui ne saccagent pas une vallée entière et qui sont dimensionnées pour servir d’appoint (et non pas de justification à une course en avant). Dans le cas de Sivens, il est parfaitement possible d’optimiser les retenues collinaires existantes – voire d’en créer quelques nouvelles si cela apparaissait vraiment nécessaire une fois l’agronomie remise d’aplomb.


Le barrage en construction dans la vallée du Testet est non seulement douteux sur le plan politique et économique, et destructeur sur un plan environnemental, mais il est surtout injustifié et archaïque sur le plan agronomique. Il obéit à des réflexes d’un autre temps, où certains ingénieurs croyaient dompter la nature et lui imposer des concepts intellectuels. Il n’a aucune viabilité ni aucune cohérence dans le contexte du changement climatique. Et si nous entrions enfin dans le XXIe siècle ?


Jacques Caplat

sources: http://www.changeonsdagriculture.fr/sivens-un-barrage-a-contretemps-a113051086     & 
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Publié par L'Hermine Rouge - dans Environnement
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 04:54

141021-slide_proces_amiens_28102014.jpgCi-dessous un article de Campagnes Solidaires, le journal de la Confédération Paysanne. Il s'agit de l' interview de Laurent Pinatel, porte parole de la Conf', sur le procès de l'industrialisation de l'agriculture qui aura lieu le 28 octobre.

 

Le 28 octobre, neuf militants de la Confédération paysanne comparaîtront devant le tribunal correctionnel d'Amiens, dont Laurent Pinatel, porte-parole national du syndicat. Ils sont poursuivis pour des actions sur le site de l'usine des mille vaches, à Drucat (Somme), usine qui a débuté sa production le 13 septembre.

 


Campagnes solidaires : Quelle analyse la Confédération paysanne tire-t-elle après l'installation des 133 premières vaches dans l'usine de Drucat, le 13 septembre, et la table ronde au ministère de l'Agriculture le 16 septembre (cf. encadré) ?


Laurent Pinatel : Déjà, depuis un an qu'on est sur ce dossier, c'est la première fois qu'on a eu ce type de réunion au ministère, avec toutes les parties autour de la table. Ce n'est pas rien. Ça prouve aussi, au passage, que la Conf' ne fait pas que dénoncer, qu'elle est aussi dans la discussion et la construction !

Reste quand même ce double discours du gouvernement : d'un côté, il déclare que l'usine des 1000 vaches, ce n'est pas son modèle, son projet, mais de l'autre il ne fait rien pour l'empêcher de se réaliser, on ne trouve rien pour ça dans la loi d'avenir votée définitivement ce mois-ci. Ramery ne fait que profiter de ces carences législatives, de ce manque de volonté politique. Je pense réellement que la volonté de ce gouvernement est de faire cohabiter deux types d'agriculture : une industrielle orientée vers l'export, et une pour la vitrine, la belle image de la France. Ça se recoupe avec son attitude et ses décisions pour la Pac et la loi d'avenir.

N'empêche que pour les 1000 vaches, on a déjà fait reculer Ramery sur son méthaniseur. Le digestat qui en sortira et sera épandu proviendra de produits agricoles, pas de déchets ménagers ou de boues d'épuration, c'est déjà ça. Ensuite, il est quand même bloqué à 500 vaches, à moitié de son projet. Pour aller jusqu'à 900 vaches, l'Etat pourra, s'il en a la volonté, réouvrir une enquête publique ; au-delà, cette enquête sera obligatoire.


CS : Quelles actions sont envisagées pour les semaines et les mois à venir ? Est-il encore possible d'empêcher le projet d'usine à 1000 vaches de se réaliser ?


LP : Deux actions au moins sont possibles à ce stade. La première est de faire pression sur l'Etat et sa préfecture dans la Somme pour rouvrir une enquête publique si Ramery demande à passer à plus de 500 vaches laitières. Et là, il faudra que les citoyens s'expriment, massivement.

Ensuite, la ferme n'existe que parce que le lait est collecté. Aujourd'hui, nous savons que c'est Senoble qui collecte. Il faut que les citoyens soient le plus nombreux possible à se lever et dire « Je ne boirai pas le lait des mille vaches ! ». Chacun peut prendre ses responsabilités en n'achetant plus de produit du groupe Senoble. Porter atteinte à son image devrait faire reculer Senoble.

Mais il faut aussi que tous les élus se saisissent du débat. Car ce type de projet remet en cause toute la société. Jusqu'à maintenant, historiquement, notre alimentation était très massivement produite dans des fermes. Là, nous risquons d'aller la chercher dorénavant dans des usines.


CS : La Confédération paysanne veut faire du procès de ses neuf militants, à Amiens le 28 octobre, le « procès de l'industrialisation de l'agriculture » : pourquoi ?


LP : Nous, nous portons un projet : l'agriculture paysanne. En face, il y a une tentation de filer vers une agriculture de type industrielle. Mais si l'agriculture paysanne est une démarche, l'agriculture industrielle est une dérive ! On nous bassine avec la conquête de marchés, on nous pousse à l'agrandissement, mais dès qu'on passe à certaines tailles de troupeau, on tombe dans le schéma industriel, on se met à fabriquer du « minerai », comme on fabrique ailleurs des pièces de voiture. On voit ce que ça a donné en Bretagne, les impasses, les dégâts, avec les paysans qui subissent, poussés à la faillite et au désespoir par cette dérive. Le procès du 28 octobre à Amiens posera la question des modèles agricoles, politiques, de société, et du choix que nous devons faire.  


Propos recueillis par Benoît Ducasse

 

 

L'usine produit depuis le 13 septembre

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les premiers camions transportant des vaches sont arrivées dans  l'usine laitière de Drucat, à six kilomètres au nord-est d'Abbeville. 133 bêtes ont ainsi pu être traites le lendemain. Alertés dès 4h du matin le 12 septembre, les militants de l'association locale d'opposition à l'usine, Novissen, se sont rendus sur place, tenant jusqu'au mardi un barrage à l'accès au site. Des militants de la Confédération paysanne les ont rejoints tout au long du blocus, venant de la région (Picardie, Nord-Pas-de-Calais) ou de bien plus loin (Normandie, Lorraine, Franche-Comté...).


141021-Blocus_1000vaches.jpg

Le 15 septembre, c'est l'intervention de la gendarmerie
qui a permis la sortie d'usine du premier camion de lait collecté par Senoble.

 

 

La mobilisation s'est avérée rapidement payante : une forte couverture médiatique, dans un premier temps, mais surtout la tenue d'une première table ronde sur le sujet, le mardi 16 septembre au ministère de l'Agriculture, avec tous les acteurs concernés, dont Michel Ramery, le promoteur de l'usine. A l'issue de cette réunion un premier compromis s'est dégagé : le méthaniseur ne brûlera plus des déchets industriels provenant des alentours, comme prévu initialement, mais seulement des déchets issus de l'usine. Sa puissance doit ainsi être ramenée à 0,6 mégawatts, contre 1,4 MW initialement. Et la demande d'autorisation au-delà de 900 vaches serait automatiquement assortie d'une nouvelle enquête publique, cependant quede 500 à 899 vaches, ce sera au bon vouloir de la préfecture d'autoriser ou non l'augmentation du cheptel...  Le blocus a été levé à l'issue de cette réunion. Mais le combat continue, bien entendu.

 

Demandez le programme !

Durant toute la journée du 28 octobre, diverses animations battront leur plein aux abords du tribunal d'Amiens : marché paysan, musique, prises de parole, théatre, projection de documentaires... Le programme peut être consulté sur :
Au départ de Bretagne-2 bus programmés :

Bus 1 : Quimper : 22h30 (lundi 27/10), Lorient : 23h30, Vannes : 00h30, Ploërmel : 1h00, Rennes : 2h00, Romagné : 2h45
Bus 2 :
Brest :
22h45 (lundi 27/10), Morlaix : 23h40, Guingamp-Plouisy : 00h40, Yffiniac : 01h2, Dol : 02h40

Inscriptions auprès de la Conf de votre département :
Côtes d'Armor : 02.96.94.16.68 / 22@confederationpaysanne.fr
Finistère : 02.98.52.48.29 / 29@confederationpaysanne.fr
Ille-et-Vilaine : 02.99.50.45.27 / 35@confederationpaysanne.fr
Morbihan : 02.97.67.22.74 / 56@confederationpaysanne.fr

 

 

Video-Quatre questions à Laurent PINATEL

 

Quatre questions à Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération Paysanne sur la ferme-usine des 1000 vaches, ses conséquences sur l'agriculture, le lien avec les accords de libre échange (TAFTA, CETA...) et la mobilisation pour le procès de l'industrialisation de l'agriculture qui aura lieu de 28 octobre 2014 à Amiens

 

 

 

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Environnement
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 12:38

Et les portes s’ouvrent, celles de la plus grande ferme de France à Ducrat, près d’Abbeville. Derrière le projet « 1 000 vaches » campe le procès de l’industrialisation de l’agriculture et la défense de la paysannerie traditionnelle. Ce que nous avons vu pose l’enjeu du lait le plus agro-industriel du pays. Une première.


141008-vaches.pngVoici la plus grande ferme de France, à Ducrat, près d’Abbeville : la ferme des 1000 vaches. Derrière ce projet campe le procès de l’industrialisation de l’agriculture et la défense de la paysannerie traditionnelle. Photo Baziz Chibane - La Voix du Nord.

 

Vidéo Baziz Chibane - La Voix du Nord

 


« La première vache est entrée toute seule sur le manège de traite, sans aucun stress. J’en ai pleuré, après tout ce travail et toutes ces histoires… ». Michel Welter dirige aujourd’hui le projet agricole le plus contesté de France, celui des 1000 vaches, né dans l’esprit de Michel Ramery, capitaine d’industrie du bâtiment dans le Nord, dont le père était fermier à Erquinghem-Lys, près de Lille. Un dirigeant qui a dû se battre contre une opposition de trois ans, résolue à faire obstacle à cette industrialisation du lait, encore inédite en France, le pays des verts pâturages et des petites étables de la ruralité profonde.


Et le débat fait rage. Le premier litre de lait est sorti de la « ferme-usine » dans la nuit du 15 septembre, encore avant le petit jour et sous haute surveillance policière. Un lait qui faillit bouillir ! Michel Ramery était présent à la première traite. Ils étaient une poignée à voir avec lui les 133 vaches faire leur travail derrière la toute première, 133 vaches venues des élevages pilotés dans le secteur d’Abbeville par les neuf associés de la société civile Lait-pi-carde, dont deux fermes appartenant à Michel Ramery. Le bilan, déjà ? Trois animaux de perdus pendant le transport, beaucoup de stress et au final un acte fondateur d’un élevage laitier qui passe à l’ère industrielle contre les préconisations de la nouvelle politique agricole du ministre de l’agriculture, grand écouteur de l’opinion publique…


Alors quoi ? Le changement de dimension fut vécu dans la presque stricte intimité, les opposants étant confinés dehors par une escorte de CRS. Une heure aura suffi pour traire les 133 premières vaches, elles sont environ 400 aujourd’hui, la ferme étant configurée – restreinte après arbitrage gouvernemental – à en accueillir 500 (sans les génisses et les veaux). Au-delà, il faudra retravailler un dossier, repartir en procédure et sans doute mener une nouvelle enquête publique.

On n’en est pas encore là, même si les choses vont vite. Objectif 30 litres par vache et par jour en moyenne, contre 25 litres ces jours-ci, c’est déjà beaucoup mais insuffisant. Le manège géant est capable d’en traire 300 à l’heure trois fois par jour, c’est une cadence proprement industrielle. Déjà plus de 8 000 litres de lait sortent de Drucat chaque jour, Michel Welter en espérant 27 000 avec 1 000 vaches.


Reste ce que nous avons vu. Pas franchement le pire des univers concentrationnaires, mais des conditions d’élevage proprement hors normes. La ferme est immense, presque trois terrains de football. Elle est ouverte au vent (« pour éviter les odeurs »). Les animaux ne sont pas attachés et disposent, ratio établi, de 11 m2 d’espace par tête. Des bâches sont pilotées par une station météo pour les protéger de la pluie ou des vents trop violents. Les bêtes ne verront jamais un brin d’herbe, elles ne danseront jamais pour aller au pré. Vache de vie.

Mille vaches, comment ça marche?

Des montbéliardes (« têtes blanches ») et des Prim’Holstein composent le grand troupeau de la ferme des 1000 vaches, traites toutes les huit heures par un manège à 54 places avec robots de traites automatiques.

141008-Vaches-2.png

Les bêtes arrivent à la queue leu leu pour occuper une longette de traite. Une fois en place, l’un des onze employés de la ferme-usine nettoie les pis, un autre place le robot de traite.


Le manège est une machine de guerre qui peut tourner sans arrêt, libérant les vaches comme elles sont arrivées, une par une. Elles rejoignent leur place dans la ferme, dans des longettes où elles pourront se coucher et se mouvoir sans se blesser (les séparateurs – en vert – sont en plastique souple et non en métal).


La ferme dispose de 954 places pour les laitières sur un site de 6 hectares. La traite aura duré 2,5 heures pour un record de 185 vaches à l’heure (50 le premier jour). Le lait recueilli est placé dans une salle spéciale attenante avant d’être livré à l’acheteur. Lequel ? Les opposants ont parlé du groupe Senoble (crèmes et desserts), la direction de la ferme ne fait aucun commentaire, ne livrant aucun nom.

De l’électricité à partir des bouses

Un méthaniseur sera construit dans un an près de la ferme. Son rôle : produire de l’électricité

en valorisant le méthane issu des lisiers. Ce méthaniseur devait produire 1,4 Mwh en traitant d’autre déchets que ceux de la ferme.

Les opposants ont gagné sur ce point : la puissance sera réduite à 0,6 Mwh avec des déchets 100 % végétaux.

L’opposition gagne une bataille dans la guerre au lait industriel

On parle d’un petit Notre-Dame-des-Landes lorsqu’il s’agit d’évaluer la mobilisation des opposants au projet. Au départ, une ferme de 234 mètres de long aussi haute qu’une nef d’usine métallurgique avec 1 750 animaux, dont 1 000 vaches laitières à 27 centimes le litre contre 35 en moyenne ailleurs. Pour Antoine Jean, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est une horreur, un contre sens et la mort annoncée des petits éleveurs, voire des plus gros dans la région.

 

141008-vaches-3.png


Une grande région de lait : 182 000 vaches y produisent 1,33 milliard de litres, c’est une brique de lait sur sept et un yaourt sur sept produits en France. Quant à Novissen, l’association formée il y a trois ans pour s’opposer aux Mille vaches, elle mobilise 2 500 membres tout ronds depuis vendredi dernier. « On est fatigués mais heureux aujourd’hui », résume Marc Caron, son secrétaire général. Il pense à cette réunion décrochée le 16 septembre au ministère à Paris après quatre jours de blocus à Drucat. « On n’aura pas le méthaniseur qui était prévu par Ramery et c’est déjà une belle victoire », explique Claude Dubois, vice-président de Novissen. « Il devait traiter les lisiers mais aussi les boues d’épuration, des graisses industrielles et des déchets d’hôpitaux ou de grandes surfaces », dit-il. « Derrière une vache il doit y avoir un éleveur, un paysan, ajoute Antoine Jean. Voilà pourquoi le projet choque les gens, sans parler des 70 gendarmes présents lors du blocus, les 300 prises d’ADN sur place, pour nous confondre ». Le procès des opposants confondus aura lieu le 28 octobre à Amiens. On attend jusqu’à 2 000 manifestants devant le tribunal.

 

Yannick BOUCHER 

 

 

source: http://www.lavoixdunord.fr

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 16:04

140825-portrait_corinne_md_2.jpgCet été, entre deux bains de rivière, brise océanique et autres cueillettes de haricots verts, j'ai piloté le parcours écosocialisme pour les journées d'été du Parti de Gauche, son « remue-méninges » qui a lieu cette fin de semaine, à côté de Grenoble comme chaque année.


Je tiens à commencer par souligner le mérite et l'aide précieuse de l'équipe de militants Isérois autour notamment d'Elisa Martin, Kristof Domenech, Christophe Bresson, et de l'équipe d'organisation avec Fred Dumont et Helen Duclos, qui font un travail de dingue chaque été et rappellent avec cœur et courage que camarade reste un joli nom. Un régal, et ça fait un bien fou. Avec leur aide, donc, et l'appui précieux des camarades de la commission écologie, Mathieu Agostini, Didier Thévenieau et David Gau notamment, nous avons conçu un parcours militant composé de formations militantes sur l'écosocialisme et "le nucléaire au secours du capitalisme vert" suivies d'un atelier discussion sur la future loi de transition énergétique, ses enjeux et nos propositions alternatives, animés par Didier et Mathieu. Puis vendredi soir je serai aux côtés de Michael le Sauce, réalisateur, pour la projection en avant – première de son film « Un revenu pour la vie », auquel j'ai participé avec de nombreux autres intervenants, afin de poursuivre le débat sur le revenu de base, ou allocation citoyenne, la notion de travail et d'activité, la réduction du temps de travail et autres nécessaires distinctions entre negotium et otium.


Samedi enfin, pour l'ouverture de nos plénières, j'introduirai et co-animerai avec Eric Coquerel dans le grand amphi du campus notre débat : "L’écosocialisme, nouvelle doctrine de l’émancipation humaine" avec la participation de Liêm Hoang Ngoc, François Ruffin, Laurence Lyonnais, Francis Parny, Henri Peña Ruiz, Christine Poupin et Jérome Gleizes.


Je voudrais en profiter pour revenir sur l'importance de poursuivre ce travail de fond. Nous sommes, tout le monde l'a dit et reconnu, à un moment de ressac et de recomposition politique. Or en période de ressac et de doute, où les gens se détournent des urnes, où les militants se sentent eux-mêmes parfois perdus et où plus personne ne comprend où sont les frontières passées, il n'y a qu'une chose à faire : refaire de la Politique.


Résister bien sûr, c'est indispensable et on le fait tous, mais aussi travailler à la reconstruction d'un projet politique. En produisant du débat d'idées, des textes, des débats de fond, et en élaborant un projet qui puisse être partagé et donner à voir le « pour » que nous voulons. Or quel autre projet systémique avons-nous aujourd'hui susceptible de fédérer largement et de reconquérir ce rapport de forces que nous avons perdu, si ce n'est l'écosocialisme ? Soyons clairs : le PG n'a pas inventé l'écosocialisme. Il l'a réactualisé, relancé, il le porte et le propage. Le PG à son dernier Congrès a adopté le Manifeste pour l'écosocialisme comme projet politique, mais il n'en est pas propriétaire. D'autres organisations politiques en ont fait leur pierre angulaire, et surtout : les partis ne sont plus des monolithes, le monde bouge. Les militants aussi. Il y a au PCF des écosocialistes, comme il y en a à Nouvelle Donne ou à EELV. Le mouvement Ensemble en est truffé, de même que le NPA. Et même dans les rangs militants du PS ou de la CGT. Eh oui. Et vous savez pourquoi ? Parce que ces 18 thèses ont été rédigées collectivement, en prenant le temps, avec respect pour tous ces gens là, en les écoutant, en prenant en compte les différences et les repères-clés de ces différentes traditions militantes, afin que chacun puisse y retrouver ses petits. Que ça puisse parler à tout le monde. Et fédérer.


Fédérer, car les militants de Gauche, avec un grand G, doivent pouvoir s'unir autour d'un projet politique. Voilà le seul trait d'union capable de tenir la route et le cap. Aucun accord d'appareil, aucune ligne officielle ne tiendra s'ils ne s'appuient pas avant tout sur une ligne d'horizon, sur un projet de société pour lequel nous serons les uns et les autres prêts à continuer à nous battre, à veiller pour finir un communiqué, à se lever aux aurores pour soutenir une boite en lutte, à financer le militantisme sur des sous trop vite épuisés. Alors il nous faut continuer à mettre toute notre énergie à faire vivre ce projet écosocialiste. A vérifier s'il peut fédérer, ce qu'il faut y modifier, à construire des passerelles militantes, à le faire connaître, le décliner en mesures concrètes et à avancer vers sa mise en œuvre. 


La question est sur toutes les lèvres en cette rentrée. Le Front de Gauche ne peut pas continuer à être un cartel de partis et d'appareils, auxquels le projet devrait se plier pour faire plaisir à tout le monde : raisonner comme ça c'est nous tuer, et avec nous, l'espoir soulevé par le Front de Gauche pour des millions de citoyennes et de citoyens. Les clivages ne s'arrêtent plus aux frontières des syndicats, associations ou partis, tous en plein brassage et en questionnement, mais à celles du projet de société pour lequel on accepte de se battre ensemble. C'est ça faire de la politique, ça la raison pour laquelle la grande majorité d'entre nous s'est engagée. Pas pour faire des calculs à dix bandes et créer des alliances objectives d'intérêts à courte vue, mais pour changer la vie et en priorité celle des opprimés. Mais pour ça, il faut qu'on puisse se reconnaitre et enfin avancer, unis et motivés. Avec trois impératifs selon moi : un cap politique, le projet écosocialiste comme ligne d'horizon, une stratégie de conquête et d'autonomie totale vis à vis du gouvernement et des ses politiques mortifères, et une pratique politique faite d'empathie, de radicalité et d'aménité. Ce triptyque, c'est le meilleur garde-fou contre les compromis pourris. Avancer et fédérer, non en en rabattant, ni en restant chacun campés sur ses positions, ses a-prioris, mais en créant ce lien de fond qui seul nous permettra de surmonter les divisions.


Et nous le faisons avec quelques résultats depuis deux ans, on n'en parle pas au journal télévisé, certes. Mais on construit les bases arrières d'un mouvement solide et pérenne. Depuis les Assises nationales initiées par le PG en décembre 2012, un comité national d'animation a été mis en place, avec des personnalités de divers horizons. Des assises départementales ont eu lieu dans une quinzaine de villes en France et d'autres sont d'ores et déjà planifiées pour cette rentrée dans les Hautes Pyrénées, en Vendée, dans le Gard, le Limousin, les Yvelines, ou encore ici en Isère... A chaque fois, on y retrouve des militants de différents partis politiques, des élus, des syndicalistes, des associations et des citoyens.

Le premier manifeste des 18 thèses pour l'écosocialisme a été tiré à 5000 exemplaires, puis retiré à 2000 exemplaires supplémentaires. Il est disponible en 12 langues : français, grec, allemand, espagnol, japonais, italien, portugais, anglais, russe, polonais, néerlandais, et suédois. Et avec Jean-Luc Mélenchon, nous l'avons présenté à nous deux dans une douzaine de pays différents : en Espagne, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, Angleterre, Belgique, Portugal, Équateur, Italie, Hongrie, Japon et Danemark. Une motion sur l'écosocialisme a été proposée par le Parti de Gauche, l'Alliance Rouge-Verte danoise, Syriza, le Bloco portugais et Die Linke, au Congrès du Parti de la Gauche Européenne à Madrid le 15 décembre 2013. Elle a été votée avec 48% de votes pour et 43% contre. A sa suite, un Réseau écosocialiste européen a été lancé en janvier 2014 à Paris au siège du PG, puis de nouveau s'est réuni à Bruxelles et à Londres, la prochaine rencontre aura lieu en Espagne. Ce réseau réunit aujourd'hui 20 organisations membres et 6 observateurs de 13 pays. Et à chaque rencontre, de nouvelles formations politiques nous rejoignent. Ainsi à Londres en juin dernier nous avons eu le plaisir d'accueillir le mouvement espagnol Podemos représenté par Luis Alegre ainsi que Syriza, venus en observateurs, ou encore Maria Olteanu, activiste gaz de schiste en Roumanie. Nous sommes également en lien avec l'Appel pour une conférence européenne écosocialiste qui s'est lancé à Genève en janvier 2014, avec le Réseau Québec solidaire, les initiateurs de la Déclaration du bien vivre de Quito des 9-11 juin, et le manifeste a donné lieu à des tribunes jusqu'au Mexique...


L'écosocialisme répond à un besoin profond, celui d'une nouvelle synthèse politique pour le 21e siècle, qui rende crédible l'opposition au système actuel, en faisant la jonction entre le social et l'environnement. C'est un projet-creuset qui peut gagner les cœurs et les esprits parce chacun sent, même confusément, que l'écologie ne peut être que de gauche et que la gauche si elle veut survivre ne peut être qu'écologiste. Et de fait, pour ce débat nous n'avons essuyé aucun refus, quelques incompatibilités d'agenda dues à la tenue au même moment de nombreux rassemblements militants, mais tous les invités contactés ont répondu qu'ils étaient partants pour réfléchir ensemble sur ce projet. Des personnalités de tous horizons, du Front de Gauche, d'Attac, de Nouvelle Donne, d'EELV, du NPA, des économistes atterrés, et des non encartés, journalistes, auteurs, philosophes et sociologues. Tous sont prêts à avancer.


Je souhaite que ce débat marque le passage à la deuxième phase du déploiement de l'écosocialisme comme projet fédérateur, afin d'accélérer la mise en commun de nos forces et le rassemblement de tous les militants de bonne volonté, pour qui l'urgence n'est pas qu'un mot de tribune et qui savent l'importance du débat d'idées pour construire l'avenir, dans le respect et le dialogue argumenté. J'ai donc demandé à chacun de nos intervenants de réagir au Manifeste, comme base de débat, et de proposer son propre éclairage sur "L’écosocialisme, nouvelle doctrine de l’émancipation humaine". Chacun-e disposera de dix minutes et le débat sera articulé autour de trois grands thèmes que nous lancerons à tour de rôle avec Eric Coquerel : L'écosocialisme synthèse à gauche, au croisement du marxisme et de l'écologie politique avec Henri Pena-Ruiz et Jerome Gleizes ; Biens communs et jonction avec les luttes sociales avec les interventions de Christine Poupin, Francis Parny et Laurence Lyonnais ; et enfin Alternative à la croissance et lutte contre les inégalités avec François Ruffin et Liem Hoang-Ngoc.


… Et je crois qu'on pourra dire avec tout ça que la rentrée sera bel et bien lancée.

 

 

Corinne MOREL-DARLEUX

 

source: http://www.lespetitspoissontrouges.org [20/08/2014]

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

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