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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 19:11

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Dans la déclaration des organisations syndicales CGT, FO et Solidaires signée le 17 février, le mot d’ordre pour le 9 avril est de « lutter contre l’austérité » [1]. Mais malgré le rôle prépondérant joué par l’Union européenne dans les politiques nationales, le nom de cette dernière n’est évoqué nulle part. L’air de « l’Europe sociale » que les organisations syndicales françaises ont claironné pendant si longtemps serait-il devenu inaudible au point qu’elles renoncent à le jouer ? Cet « oubli » de l’échelon supranational européen, échelon qui pèse lourdement sur les politiques menées, annonce probablement que ces organisations syndicales ne feront même plus semblant de combattre la « dérive libérale » - comme elles l’écrivaient jusqu’alors - de l’Union européenne. Au moins affichent-elles plus lisiblement la stratégie qui est la leur depuis longtemps : lutter contre les symptômes d’une maladie qu’elles contribuent indirectement à aggraver en épuisant les forces du mouvement social.


Revendiquer la fin du libre-échange ? Exiger des mesures protectionnistes à l’échelon national ? Revendiquer la souveraineté de la France par sa sortie unilatérale de l’Union européenne ? Exiger que la France sorte de la zone ultra-austéritaire de l’euro ? « Pas question ! » répondent en cœur les syndicats français, en agitant l’épouvantail du Front national. Des syndicats qui, de cette manière, pèsent de tout leur poids pour que ces revendications n’apparaissent nulle part ailleurs qu’au Front national, qui fait semblant de les revendiquer. [2] Et cela même, alors que depuis 30 ans, toutes les luttes perdues et leurs conséquences sociales alimentent le vote en faveur du Front national.


La situation est donc la suivante : ceux, toujours plus nombreux, qui ne répondent plus aux appels syndicaux, n’y répondront que lorsque la revendication de la sortie du système de libre-échange européen – conditionnée par la souveraineté de la nation vis-à-vis de l’Union européenne - s’y trouvera exprimée. Préalable sans lequel les autres revendications ne peuvent aboutir. Parce que les syndicats français s’opposent frontalement à cette revendication, ils sont devenus une composante du blocage politique de notre pays. Par conséquent, il faut la revendiquer sans eux.


TOUTES LES RAISONS DE SE BATTRE


C’est bien sûr la loi Macron, dernière déclinaison nationale des politiques européennes d’austérité, qui est particulièrement visée par l’appel à la grève. Plusieurs luttes en cours (dans les hôpitaux, les radios publiques, dans le secteur privé, etc.) dénoncent un même mal, l’austérité et ses avatars, et s’afficheront probablement dans le défilé du 9 avril.


Au moins 80% de la population est concernée par ces luttes sociales, car ils sont affectés - directement ou indirectement – par ces mesures. Leurs conséquences sont parfaitement connues : accroissement des inégalités sociales et développement d’un chômage massif. L’impact sur les classes dominées est lui aussi connu : dégradation des conditions de travail et de vie, dégradation de la santé, développement de la pauvreté.


Pourtant, faute de frapper au bon endroit, aucun mouvement social n’est parvenu jusqu’à aujourd’hui à empêcher la progression de ces politiques dans notre pays. Pourquoi ?


TRENTE A QUARANTE ANS SANS CONQUETES SOCIALES


A quand remonte la dernière conquête sociale dans notre pays ? Depuis quand une lutte a-t-elle conduit à un progrès pour l’ensemble des travailleurs ? La vérité est que même ceux qui travaillent depuis plus de trente ans n’en ont pas connu. Au mieux les plus vieux d’entre eux ont-ils vécu l’avènement de la cinquième semaine de congés payés dans le code du travail, en 1982 et les lois Auroux, non pas gagnés par les luttes mais accordés par le Parti socialiste et le Parti communiste. Ces lois accordaient quelques droits aux travailleurs mais dans le même temps introduisaient le « dialogue social ». On sait le retournement libéral opéré par les socialistes l’année suivante... Enfin, personne n’ose évoquer la semaine de 35 heures – mise en place vingt ans plus tard - comme une avancée sociale, tant les « contreparties » (comme disent les thuriféraires du « dialogue social ») faites au patronat ont été importantes (notamment à travers la « flexibilisation » et l’annualisation du temps de travail).


VINGT ANS SANS RESISTANCE VICTORIEUSE


Pendant une période (de 1970 à 1995), les luttes sociales sont parvenues à freiner l’avancée libérale démarrée à la fin des années 60. 1995 marque la dernière résistance victorieuse pour l’ensemble des salariés (retrait du « plan Juppé »). Mais cette victoire n’a fait que remettre à (un peu) plus tard les mesures visant à affaiblir le système social français : celui-ci est bien plus détérioré aujourd’hui qu’il ne l’était en 1995. Les rares « victoires » qui ont suivi (par exemple contre le CPE de M. de Villepin) n’ont-elles aussi été que des nuages de fumée qui se sont vite dissipés. Car « résister » ou « freiner » ne veut pas dire « stopper ». Ces luttes n’ayant pas visé les causes du problème, le système libéral a poursuivi son avancée, inexorablement.


DEMOBILISATION QUASI GENERALE


Aujourd’hui, même la « résistance » par les luttes syndicales ne permet plus de parer aux attaques libérales. Tout juste les classes dominantes prennent-elles quelques précautions pour ne pas transformer le fatalisme populaire ambiant en colère insurrectionnelle, en fractionnant les mesures anti-sociales dans le temps et dans les différents secteurs.


Des conflits éclatent bien ponctuellement en dehors des luttes syndicales « habituelles ». On l’a vu, par exemple, sur des questions écologiques : luttes contre les pétroles et gaz de schiste ; défense de certaines zones écologiquement menacées, aéroport Notre-Dame-des-Landes, etc. Mais pour une bataille de gagnée, dix sont perdues. La sortie de la France de l’Union européenne - institution toute entière au service des grands pollueurs - n’étant jamais envisagée par ces combattants prétendument « alternatifs », ces batailles n’aboutissent à aucune victoire significative et durable. Les pollueurs chassés par la porte reviennent par la fenêtre.


LA CAUSE DES BATAILLES PERDUES


Depuis la fin des années 60, le rapport de force entre capitalistes et travailleurs n’a cessé de se dégrader pour les seconds au profit des premiers. Cette période correspond à la mise en place du système néolibéral dit de « libre-échange », en particulier à travers la « construction européenne ». En effet, les traités européens sont d’abord des traités de libre-échange. Leur but principal est d’effacer les barrières douanières. C’est ce processus qui se cache sous les termes de « mondialisation libérale ». C’est par ce moyen que les classes dominantes ont repris le dessus dans le rapport de force qui les oppose aux autres classes sociales.


Déréguler en autorisant la circulation des capitaux, des marchandises, des services et des travailleurs, leur a permis de mettre en concurrence les salariés des pays disposant du système social le plus avancé avec les salariés des pays ne disposant que d’un système social rudimentaire. Cette mise en concurrence a profité aux capitalistes qui sont allés placer leurs capitaux là où les systèmes sociaux affectaient le moins leurs profits, c’est-à-dire là où ils étaient le moins favorables aux travailleurs. Pour le grand patronat, le bénéfice a même été double, car le chômage massif - qui est la conséquence des délocalisations et de la disparition progressive de l’industrie dans les pays socialement les plus avancés - leur a fourni une arme redoutable contre le salariat de ces pays ; un salariat précédemment très organisé. Trop organisé au goût des classes dominantes !


LE NAUFRAGE IDEOLOGIQUE ET STRATEGIQUE DES ORGANISATIONS SYNDICALES


La conséquence des combats perdus pour les syndicats a été la baisse constante du nombre de syndiqués et donc du montant des cotisations perçues. Aujourd’hui, seule une petite partie des moyens d’existence des syndicats provient encore des cotisations des syndiqués. L’essentiel provient de l’État, du patronat et de l’Union européenne. C’est-à-dire de ceux-là même avec lesquels les syndicats doivent établir un rapport de force. Cette triste réalité, peu de syndicalistes sincères veulent la voir en face, alors même que l’aboutissement de leur action s’en trouve paralysée, cf. la grille des subventions accordées par l’Union européenne aux syndicats.


En intégrant la CES (confédération européenne des syndicats), relais de l’Union européenne - et en en recevant des subventions – les grandes centrales syndicales se sont engagées tacitement à ne jamais revendiquer la sortie de la France de l’Union européenne – clé de voûte du système libéral. Autant le dire : une reddition complète.


Mais pour donner le change à des salariés de plus en plus hostiles à l’Union européenne, elles ont alors fustigé la « dérive libérale » de l’Union européenne - comme si celle-ci n’avait jamais été autre que libérale ! - tout en prétendant organiser la lutte dans la perspective d’une « Europe sociale » à 28 – aussi lointaine qu’improbable.


Depuis trente ans au moins, les syndicats français affirment s’opposer aux politiques libérales de l’Union européenne en essayant de coordonner les luttes à l’échelle de l’Union. En réalité, personne n’a jamais cru à la convergence des calendriers politiques et sociaux des 28 États membres. Pour preuve les pathétiques manifestations bruxelloises ne regroupant, malgré d’importants efforts de communication, qu’une poignée de délégués syndicaux. Car qui peut se mobiliser pour une si improbable perspective ? Chacun sait que la modification des traités européens, sous la pression de la rue ou à l’issue d’un processus électoral, n’est possible qu’à l’unanimité des 28 pays membres. Un verrouillage inscrit dans les traités eux-mêmes.


Les dernières grandes luttes en date - celles pour les retraites - illustrent bien l’impasse dans laquelle ce pilotage conduit les mobilisations. Alors que la population et l’opinion publique s’étaient massivement mobilisées, les batailles de 2003 et 2010 pour la sauvegarde du système de retraite socialisé ont été perdues. En refusant de revendiquer la sortie de la France du système européen de libre échange, en interdisant et en empêchant - de tout leur poids - de rendre visible cette issue, il devenait impossible aux salariés français de défendre leurs conquis sociaux – dont le système de retraites.


Car dans la guerre économique déclenchée entre les nations par le libre-échange, ces conquis sont fatalement condamnés par le moins-disant social des autres droits nationaux. Les syndicats ont noyé le poisson en revendiquant, pour le salut des retraites, des mesures de justice sociale – notamment une réforme fiscale. Cette revendication, en partie intégrée par le candidat du Parti socialiste à la présidentielle de 2012, n’avait bien entendu aucune chance d’aboutir, puisque taxer les capitaux sans fermer les frontières à leur « libre-circulation » conduit presque fatalement les capitaux à aller voir ailleurs. C’est donc bien contre les récifs du libre-échange que les syndicats ont fracassé les mobilisations de 2003 et 2010.


« DIALOGUE SOCIAL », VASELINE PATRONALE


La stratégie syndicale visant à la « transformation de l’Union européenne de l’intérieur » en une entité favorable aux intérêts des peuples ne convainc plus grand monde, force est de le constater à travers les chiffres des grèves et des manifestations. Pour tenter de pallier leur perte de crédibilité, les organisations syndicales se sont engouffrées dans le dispositif collaborationniste proposé par les institutions pro-patronales. Sous les termes positifs de « dialogue social » se joue désormais la comédie médiatique qui conduit systématiquement les classes dominantes à pousser leurs avantages. Désormais, les délégués syndicaux - élus par un nombre réduit de salariés - « discutent » avec les représentants des propriétaires des capitaux ou de l’appareil d’État en s’appuyant non-plus sur le rapport des forces établis par des luttes mais sur la légitimité dont les institutions - qui les ont vassalisées - les a investis. Telle est la triste situation dans laquelle se trouvent tous les syndicats des salariés français, syndicats qui sont à reconstruire.


CONCLUSION

Plus que jamais la population doit se mobiliser contre les politiques d’austérité. Mais la déclaration des organisations syndicales CGT, FO et Solidaires signée le 17 février ne dit pas un mot sur l’Union européenne, dont les traités et ses décisions surplombent pourtant toutes les politiques menées. Il ne s’agit pas d’un simple oubli : cet appel, comme les précédents, sert à faire diversion et à ne pas mettre en cause le libre-échange. Il ne peut conduire qu’à l’épuisement des dernières forces encore vives. En l’état, les syndicats participent activement au blocage politique de notre pays. Dans toutes les grèves, dans toutes les manifestations, revendiquer la souveraineté de la France (sortie de l’Union européenne et sortie de l’euro) est une nécessité stratégique, un préalable sans lequel la spirale des défaites contre le rouleau compresseur néolibéral ne sera pas stoppée.

 

M'PEP, le 5/04/2015

source: http://www.m-pep.org

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 17:42

150402--affiche-les-pretres-en-concert-pour-les-chretiens-d.jpgUn démêlé entre la RATP et l’ évêque catholique romain Di Falco Leandri à propos d’un désaccord sur l’énoncé d’une publicité fait l’objet d’un buzz médiatique qui débouche étrangement sur un débat politique.


Ainsi, un boy’s band propulsé par un évêque producteur rompu au marketing s’affiche donc dans les couloirs du métro et agrémente sa communication d’une référence aux chrétiens d’Orient et voici que la confusion s’empare de nouveau des media et que le Premier ministre tranche en une phrase, alors qu’un tribunal civil est appelé à juger en référé.


La laïcité n’est nullement en cause, la RATP est une régie exploitée sous la forme d’établissement public industriel et commercial, c’est-à-dire une entreprise qui, comme bien d’autres, a ses propres pratiques en matière de contrats publicitaires, c’est d’ailleurs ce que le tribunal s’apprête à juger.


Mais la confusion existe bel et bien et elle a un sens celle de ramener les communautés religieuses au centre des débats publics et de faire du Premier ministre, qui se met facilement dans la peau du Premier consul du concordat de 1801, devenant l’arbitre des bonnes pratiques religieuses, tandis que l’évêque Di Falco promeut son petit commerce en utilisant les faits de guerre dramatiques qui se déroulent en Irak et en Syrie.


De nombreuses minorités religieuses : catholiques, orthodoxes, nestoriens, alevis, yezidis , bektachis… sont victimes de crimes de masse et d’exactions dans les conflits qui ravagent la Syrie et l’Irak depuis vingt-cinq ans, alors même que les individus y sont plus que jamais assignés à une identité communautaire. Le fait pour l’évêque Di Falco de soutenir l’une d’elle relève de sa décision politique, en cohérence avec celle du Pape, cela confirme le retour de l’Église catholique sur la scène politique, ce qui est son droit.


Mais qu’un Premier ministre de la République s’engage dans cette polémique au côté de l’évêque, cela confirme l’appréciation de la Libre Pensée : quand la « laïcité » est partout, elle n’est nulle part ! Cette confusion entretenue est lourde de tous les dangers.

 

150406-Les pêtresLa Libre Pensée invite citoyennes et citoyens à conforter à ses côtés la loi de Séparation des Eglises et de l’État en préparant la manifestation nationale organisée le 5 décembre 2015 à Paris à l’occasion de son 110e anniversaire.

 

Paris le 6 avril 2015
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 19:16

Communiqué du M'PEP

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150403-tragicomedie-b0d2a.jpgLes élections départementales ont donné lieu à un spectacle tragique : dans une mise en scène impeccable, chacun a joué son rôle sans aucun dérapage.


Les décors étaient assurés par les médias télévisés : les cartes de la France passant du rose au bleu, "tout en évitant le bleu marine", plateaux télé réunissant toujours les mêmes, discours convenus, mots magiques sortis du chapeau. Après le suspens pré-électoral qui orchestrait la frayeur collective de la ruée du FN sur les départements, le 2e acte a perdu de son intensité ! Le dénouement est sans panache : le désistement « républicain » a favorisé la mise en place de l’UMP et ses alliés qui se retrouvent à la tête de 61 départements. Les sourires des libéraux de droite auto satisfaits se superposaient sur les écrans de télé aux visages crispés des libéraux de gauche. En image subliminale l’expression carnassière de Nicolas Sarkozy se réjouissant de son avenir de présidentiable. Quel cauchemar ! La peste et le choléra en alternance.


En potion amère, et pourtant sans surprise, la "gauche réunie" au 2e tour "sauvant" 34 départements est saluée sur les ondes par le PS tout comme le PCF. On est "en famille", on se serre les coudes. On sauve les meubles, entendez les places. En réalité, le Front de gauche est écrasé, explosé. Mort-né en quelque sorte.


Alors que Hollande avait annoncé la couleur : quels que soient les résultats électoraux rien ne changera, ni sa politique, ni son gouvernement, les appels à "l’union de la gauche" fleurissent pourtant en ce début de printemps. On va voir ce qu’on va voir ! La gauche plurielle prépare son retour pour bouter le FN hors du jeu. Peu importe le mélange de la carpe et du lapin : le fédéralisme exacerbé des Verts qui exècrent la Nation et flirtent avec le communautarisme, le communisme new look du PCF qui patouille dans les cuisines du parlement européen, l’entêtement du PG naufragé qui a renoncé à défendre la Nation à force de clamer que "l’euro est à nous" et enfin le parti renégat du socialisme bafoué aux commandes du pays qui obéit au MEDEF et à l’UE comme un adepte d’une secte vénère son gourou. Peu importe le programme pourvu qu’ils sauvent les appareils et les places. Les rendez-vous entre responsables des partis de gauche ont commencé. Tout est en place pour la suite du sit com. Et d’abord pour les élections régionales de la fin de l’année. Il s’agira alors d’un scrutin à la proportionnelle. Une occasion pour le FN de tirer ses marrons du feu et de faire les gorges chaudes des commentateurs, d’autant que le passage de 22 à 13 régions dessine un nouveau paysage et met directement en danger la République une et indivisible en préparant l’euro-régionalisation. En effet, si le FN n’a finalement emporté aucun département et peu d’élus, malgré des scores élevés au premier tour avec 5 millions de voix, on assiste à son irrésistible ascension. Non seulement il s’implante dans le paysage et dans les esprits mais il poursuit sa stratégie "d’incorruptible". Il se "vend" comme le seul parti qui ne cherche aucune alliance au 2e tour. Droit dans ses bottes, il vise les prochaines échéances électorales et fait désormais parti des rôles principaux indispensables au scénario médiatique et politique.


Bref, les producteurs associés de la tragi-comédie - classe possédante et classes dirigeantes - ont bien travaillé. Car le grand perdant c’est indéniablement le peuple et plus précisément les classes dominées, réduites à n’être que des figurants, dans ces élections comme dans la cité et qui vont subir les nouvelles réformes accélérées qui s’annoncent. Ces citoyens privés de voix constituent les bataillons des 20 173 395 abstentionnistes - soit 50,02 % - auxquels il faut ajouter 1 150 937 bulletins blancs (5,71%) et 527 422 bulletins nuls (2,62%). Ainsi sur un corps électoral de 40 333 325 de personnes, seules 18 481 571 auront contribué à l’élection des conseillers départementaux. Et dans les banlieues populaires le taux de l’abstention grimpe jusqu’à plus de 70% !


Quelle légitimité auront donc ces conseils départementaux qui n’auront été élus que par moins de la moitié du peuple ? Aucune. D’autant que le rôle des conseils départementaux n’est toujours pas fixé par la loi encore en débat et la clause de compétence générale a disparu. Elire des représentants sans savoir à quoi ils doivent servir est ubuesque. De toutes façons ils sont assignés à n’être que les marionnettes consentantes et zélées du grand jeu de politique-réalité écoeurant où tout est déjà écrit d’avance .C’est bien cela que les écœurés du système ont voulu faire entendre. Mais comment envoyer un coup de semonce à des autistes, tellement enfermés sur le monde qu’ils défendent qu’ils ne veulent ni percevoir ni comprendre la réalité subie par la majorité des Français ?


Il n’y a donc plus de temps à perdre : c’est maintenant que nous avons l’absolue nécessité de construire l’outil manquant. La mascarade de l’union de la gauche qui ne répond à aucune des attentes populaires a fait long feu. Pour se débarrasser de tous les complices de l’Union européenne, de l’euro, de l’OTAN, pour démondialiser et reconquérir la souveraineté du peuple, prenez le parti de rejoindre le M’PEP ! Vite ! Il y a urgence.

 

 

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M'PEP le 2/04/2015

source: http://www.m-pep.org


 


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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 13:58

150330-secteur-luttes-297x300.pngLe PRCF et sa commission luttes s’associent à l’appel lancé par la CGT, FO, Solidaires et FSU, de faire de la journée du 9 avril une grande journée de grèves dans les entreprises et de participer aux manifestations interprofessionnelles.


La colère des travailleurs s’exprime tous les jours dans notre pays. Malgré la censure des médias capitaliste, des dizaines et dizaines d’entreprises (Radio France, France Télévision, Prison de Rouen, Pilote de la Lufthansa, la poste (partout en France), SNCF (TER), grève générale en Guadeloupe, Banque Populaire, Caisse Épargne, Guyanet, nettoyage aéroport Félix-Eboué, professions sociales à Lyon, etc., sont touchées par des mouvements sociaux pour les salaires, pour de meilleures conditions de travail, contre les licenciements abusifs, contre les atteintes aux droits syndicaux, pour l’amélioration des services publics, contre la loi Macron…. [lire les infos luttes ! abonnez vous à Initiative Communiste, inscrivez vous gratuitement à @IC Hebdo ]


Pour faire barrage aux projets de loi anti-sociaux du gouvernement Valls et de son Ministre (Banquier) Macron, il y a nécessité de lutter tous ensemble et en même temps.

Tous ensemble dans les grèves et manifestation du 9 avril ! Tous ensemble contre les responsables de l’austérité : le MEDEF, l’UE, le FMI, la BCE, l’€uro, la Troïka du Capital

Pour le PRCF, s’attaquer au gouvernement Valls ne suffit pas. Les véritables responsables des plans d’austérité sont le MEDEF, l’Union européenne, le FMI, la BCE, l’Euro. D’autre part, l’intégration de notre pays dans l’OTAN et sa soumission aux État-Unis nous a conduit dans une spirale d’interventions guerrières au Proche-Orient (pour nous Damas est au Proche-Orient, mais tous les médias américanisés parlent de Moyen-Orient comme aux « States ») et en Afrique. Sous couvert d’anti Terrorisme, l’impérialisme « français » étend une chape néocoloniale dans ces pays, ce qui expose notre peuple à la multiplication criminelle d’actes terroristes ciblant notre territoire.


150330-manifestation-270x300-copie-1.pngLe 30 mai, le PRCF avec d’autres organisations communistes, progressistes, républicaines et syndicalistes, organise à Paris à l’occasion du 10éme  anniversaire de la victoire du NON au Traité Constitutionnel Européen, une grande manifestation nationale pour que la France sorte par la voie progressiste de l’Euro, de l’Union européenne et de l’OTAN dans la perspective clairement posée d’une rupture avec la domination du grand capital. Le PRCF appelle tous ses membres à diffuser dans ces manifestations le tract national du PRCF qui comporte l’appel des Assises du communisme à la manifestation du 30 mai : plus que jamais, face à Hollande, à l’UMP et au FN, il faut affirmer une alternative antifasciste, patriotique et populaire référée aux valeurs du CNR et 100% tournée contre la dictature euro-atlantique.


Travailleurs, résistant(e)s aux plans d’austérités et au démantèlement de notre société de solidarité, faites grève, manifestez le 9 avril. Et rejoignez le PRCF pour qu’ensemble nous agissions sur tous les fronts, pour aider notre peuple à briser l’étau mortel de l’U.E.  atlantique en construisant l’unité de combat de tous les communistes qui veulent faire renaître un vrai parti communiste pour notre pays !


Communiqué de la Commission luttes du PRCF – 19 mars 2015

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 09:23

SECOND TOUR DES DEPARTEMENTALES : face au Parti Maastrichtien Unique et à l’ultra-droite qui resserrent leur étau sur le peuple, les communistes, les syndicalistes de lutte et les patriotes progressistes doivent accélérer la construction du Front antifasciste, patriotique et populaire (FRAPP). 29 mars 2015.


000000-PRCF-copie-1Confirmant les tendances inquiétantes du 1er tour, le second tour se traduit par la razzia de l’UMP sur les départements, par l’éjection de nombreux conseillers PCF, par la consolidation du FN à un niveau élevé, notamment dans certains milieux populaires. Tout cela s’opère sur la base d’une abstention presque majoritaire, qui montre le rejet populaire de la pseudo-démocratie actuelle.


Les commentaires de Valls sont à la mesure de sa médiocrité : sans un mot de remerciement pour les électeurs de la gauche non socialiste qui se sont forcés à voter PS pour battre le FN, sans la moindre autocritique sur le bilan de sa politique patronale et atlantique, Valls-MEDEF annonce de nouvelles mesures néolibérales qui creuseraient encore plus le lit de l’extrême droite et de la droite pseudo-républicaine.


150323-UMP-PEN-FN-300x178Sarkozy est égal à lui-même : au niveau départemental, il appelle à réduire l’ « assistanat » et à soutenir encore plus « l’économie », en clair, à accabler encore plus les chômeurs tout en gavant le capital d’argent public. Sur le plan national, Sarkozy n’a cessé de prendre DE DROITE le FN en l’accusant d’avoir une politique « soviétique » et d’ « extrême gauche » et en avançant un programme thatchérien. Il est lamentable que le PS et une partie de la gauche non socialiste aient crédité l’UMP, ce parti aux accents souvent fascisants, d’être un parti « républicain » pour lequel il eût fallu voter pour faire barrage au FN. Étant donné l’évolution de l’UMP et d’une bonne partie de son électorat, il faut s’attendre à ce que l’UM’ Pen – que le PRCF dénonce presque seul depuis plus d’un an – se concrétise à la tête de nombreux départements, malgré les cris d’orfraie médiatiques de Juppé, Bayrou et Cie.


1503076hue-laurent-hollande-228x300De plus en plus, des militants et des électeurs du PCF-PGE et du Front de Gauche, légitimement inquiets, remettent en cause la politique de leurs dirigeants. La « mutation » du PCF, dont les prémices remontent au virage « eurocommuniste » et anti-léniniste des années 70 (22ème congrès), et dont la pleine réalisation sous Robert HUE et sous ses successeurs s’est traduite par l’acceptation de principe de l’euro et de la « construction » européenne, révèle sa vraie nature de classe : celle d’un accompagnement involontaire, voire d’un stimulant objectif de l’évolution droitière de la société française : quand le PCF se social-démocratise, quand il bêle après l’introuvable « Europe sociale », quand il contribue à criminaliser lui-même l’expérience socialiste issue d’Octobre 1917, quand il abandonne le « produire en France », les nationalisations et l’indépendance nationale (interdits par l’UE), faut-il s’étonner que le PS ait toute licence pour glisser au social-libéralisme (« social » en paroles, libéralisme en pratique !) ? Faut-il être surpris si la droite « républicaine » s’abandonne à ses tropismes fascisants et si le FN, qui va jusqu’à employer cyniquement un vocabulaire « de classe »*, devienne le réceptacle dangereux de toutes les colères ?


Dans ces conditions, le PRCF adjure ses partenaires communistes, syndicalistes de lutte, patriotes progressistes fidèles à l’esprit du CNR, de balayer toutes considérations secondaires. Il est urgent que se concrétise et commence à germer de manière visible le Front antifasciste, patriotique et populaire souhaité par les Assises du communisme.

Tous ensemble, allons aux manifs anti-austérité du 9 avril en portant une critique dure de Valls-MEDEF et de l’UE supranationale du capital.


Ensemble, prenons des mesures concrètes pour que le 9 mai prochain (anniversaire de la capitulation du Reich nazi face à l’URSS, que nos dirigeants rêvent de transformer en « journée de l’Europe ») et le 30 mai (en écho au 10ème anniversaire du Non à la constitution européenne) aient lieu de fortes actions unitaires régionales et nationales pour appeler la France à sortir de l’euro, de l’UE atlantique, de l’OTAN et du capitalisme sur la base d’un programme progressiste.


Quant au PRCF, il est fier, dans la grande tradition du PCF de Marcel Cachin, de Maurice Thorez, de Jacques Duclos et de Benoît Frachon, d’assumer sans complexes les deux drapeaux révolutionnaires de notre pays, le drapeau tricolore de 1789 et le drapeau rouge internationaliste de la classe ouvrière, car il est de plus en plus évident que ne pas assumer ces deux drapeaux signifie abandonner la France et le monde du travail à ses pires ennemis : les fascistes.


Communiqué – PRCF – 29 mars 2015 - 23 h
www.initiative-communiste.fr – @PRCF_


(*) ce soir, Marine Le Pen a fustigé le « mépris de classe » de l’UMPS pour les électeurs du FN. Il est angoissant de voir que la présidente du FN reprend et dévoie notre vocabulaire de classe alors que tant de gens de gauche et de pseudo-marxistes lui abandonnent NOTRE drapeau tricolore, celui des Soldats de l’An II et des combattants FTP et FTP-MOI !

source

 

150330-affiche-prcf-30-mai-sortie-de-leuro-sortie-de-lUE-80

 

A l’heure où nous publions ce communiqué, les résultats définitifs pour la France entière ne sont pas connus.

L’abstention s’élève à 49,9%, au même niveau qu’au premier tour.

 

Pour mémoire, les résultats du premier tour :

150330-resultats-premiers-tours-des-departementales-2015.png

 

source: http://www.initiative-communiste.fr

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Publié par L'Hermine Rouge - dans France
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 22:14

150327-voteblanc.jpgLe M’PEP appelle à voter blanc au deuxième tour des élections départementales, le 29 mars 2015. Car rien ne peut justifier d’apporter un soutien aux formations politiques qui restent en lice : aucune d’entre elles ne défend les intérêts du peuple.


Nous sommes aujourd’hui en pleine confusion institutionnelle puisque les compétences des départements ne sont toujours pas fixées, en plein marasme politique puisque l’UMP et le PS ne sont que les valets de l’Union européenne et des classes dominantes, en plein dans le piège d’un pseudo désistement républicain, prétendument pour faire barrage au FN, et auquel le Front de gauche comme les Verts vont se plier, faisant même alliance si besoin avec le PS au pouvoir qui impose des politiques d’austérité.


Ainsi, les électeurs qui ont à cœur de préserver l’architecture de la République une et indivisible n’ont-ils qu’un seul moyen pour envoyer un signal : voter blanc le 29 mars. Ils diront oui nous sommes attachés à la commune, aux départements et à un Etat souverain. Donc nous nous rendons dans les bureaux de vote. Mais nous ne voulons cautionner aucun de ceux qui contribuent à nous laisser prisonniers de la camisole européenne, libre-échangiste, néolibérale.


Lors du premier tour un électeur sur deux, soit plus de 20 millions de citoyens, ne s’est pas déplacé pour aller voter. Non pas par désintérêt de la chose publique mais par volonté de ne pas apporter de caution au système. Il faut l’entendre aussi comme un refus d’apporter une voix au FN qui se revendique le seul parti anti système. Cette abstention est une démonstration de résistance à la montée de ce parti d’extrême-droite qui, avec plus de 5 millions de voix, prétend incarner la Nation et le peuple abandonné.


Pourtant, Manuel Valls n’avait pas ménagé ses efforts pour faire peur aux abstentionnistes, en diabolisant le FN, pour qu’ils votent PS au premier tour alors même que ce parti est l’un des grands industriels de la fabrication du Front national. En réalité le Premier ministre n’espérait sauver ni « la gauche » ni la République mais au contraire avait besoin que le FN s’affirme dans ces élections départementales afin de le rendre suffisamment menaçant dans la perspective de 2017.


Car cette stratégie, qui rejoint celle de l’UMP, vise d’abord l’élection présidentielle. Il faut préparer les esprits à n’avoir qu’un candidat à « gauche » en 2017 sous peine d’être éliminé au premier tour et se retrouver face à Marine Le Pen au second tour pour s’assurer la victoire. Le tripartisme est désormais en place tandis que le peuple en est devenu l’otage.


Force est de constater que l’identification de la source des difficultés que les Français subissent n’est analysée par aucune force de l’échiquier politique visible. Une sortie de crise ne peut avoir lieu sans sortie de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN et sans reconquête de la souveraineté nationale. C’est cette alternative politique que nous avons portée dans trois cantons (Bordeaux et Mérignac en Gironde et Courseulles-sur-Mer dans le Calvados). Il s’agissait pour nous de faire un test. Test que nous considérons comme réussi puisque nos candidats ont réalisé entre 1,22% et 1,77%. En comparaison, lorsqu‘ils se sont présentés seuls, EELV obtient 2,03% et le PCF 1,32%, au plan national.


Le coup de balai qui figurait sur nos affiches du 1er tour vise les idolâtres de l’Union Européenne et de l’Euro et leurs complices. Il indique clairement pourquoi nous appelons au vote blanc dimanche prochain lors du deuxième tour des élections départementales.

LE 29 MARS VOTEZ BLANC POUR DONNER UN GRAND COUP DE BALAI AU SYSTEME !

150327-m_pep_balais-complices-d5b20.jpg

 

source: http://www.m-pep.org

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 19:40

150323-venissieux-municipales-michelle-picard-300x169.jpgAu premier tour des Municipales  à Vénissieux  la Maire sortante communiste Michèle Picard totalise 37,67% des voix, devant Christophe Girard (UMP) à 28,66% des voix. Le FN arrive troisième avec 15,93% des voix et le PS recueille 15,01%, Jean-Pierre Tardy de Lutte Ouvrière est à 2,76% des voix.


Le PRCF félicite Michèle Picard de cette première étape de la confirmation de son élection volée par une invalidation injuste et scandaleuse. Pas une voix populaire ne doit manquer au second tour à notre camarade de Vénissieux et son équipe. Nous avons exprimé notre soutien et nous avons participé avec nos moyens à cette campagne dont le résultat a une portée importante non seulement à Vénissieux mais au niveau national.


Nous saluons la campagne de nos camarades de la Section de Vénissieux du PCF qui a salué notre Conférence Nationale il y a une semaine.


Signalons également que notre amie et camarade Marie-Christine Burrricand conseillère métropolitaine, devrait être réélue.


Vénissieux doit « tenir le cap à gauche ».

 

 

PRCF et PRCF 69

23/03/2015

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 19:08

150323-resultats-1er-tours-des-departementales-2015.jpgrésultats du premier tour des élections départementales 2015 – en % des votants

 

 

000000-PRCFA l’heure où nous publions ces premiers commentaires, nombre d’inconnues subsistent. Plusieurs tendances nationales fortes peuvent cependant être constatées :

  • L’abstention est moins forte que prévu ; le PS et l’UMP qui veulent supprimer les 150323-PRCF-affiche-departementales-UE-valls-207x300.pngdépartements au profit des euro-régions ne pourront donc arguer d’un désintérêt particulier à l’égard des élections départementales pour accélérer la redécoupage antirépublicain des territoires que réclament l’UE et le MEDEF.
  • Le fait majeur reste cependant qu’un électeur sur deux n’a pas voté : cela confirme l’énorme crise de légitimité du dispositif pseudo-démocratique tripartite dominé par l’UMP, le PS et le FN.
  • Au niveau des pourcentages en suffrages exprimés (qu’il faut pratiquement diviser par deux pour obtenir un pourcentage fondé sur les électeurs inscrits), l’UMP-UDI arrive largement en tête il est clair que la grande bourgeoisie mise surtout sur l’UMP pour reprendre les commandes en 2017 et pour exacerber la politique thatchéro-maastrichtienne voulue par le MEDEF et portée aujourd’hui par Hollande. Au-delà de la concurrence-spectacle que se livrent le FN et l’UMP, l’ultra-droitisation de l’UMP et la droitisation du PS marchent du même pas ; en effet, le PS appelle à soutenir la droite « républicaine » pour battre le FN alors que l’UMP renvoie dos à dos le PS et le FN, prenant la responsabilité de faire élire de nombreux candidats frontistes au second tour. Bref, chacun à partir de sa logique politicienne propre, l’UMPS maastrichtien et l’UM’ Pen ultraréactionnaire resserrent leur étau mortifère sur le peuple français.  
  • Le FN et le PS sont en réalité au coude à coude pour la seconde place. Honteux effet de la politique patronale de Hollande, la « gauche », toutes tendances confondues est d’ores et déjà éliminée de 500 cantons au second tour. A noter que la campagne politicienne de Valls contre le FN visait surtout à occulter le bilan catastrophique du PS : comment d’ailleurs créditer le PS d’une position antifasciste conséquente alors que Cazeneuve et Cie fliquent comme jamais l’école, la Toile et les médias ?
  • Le Front de gauche plafonne à moins de 7 %. Au mieux, cela lui permettra de sauver quelques positions, nullement de capitaliser l’énorme mécontentement populaire. Et pour cause : le FG en général, et la direction du PC-PGE en particulier, sont incapables – sauf cas particuliers (comme c’est le cas à Vénissieux où nos camarades ont défendu avec honneur des positions de classe) – de dénoncer la « construction » européenne dans son principe, de défendre le produire en France et d’afficher clairement une perspective anticapitaliste.
  • Le FN est à un niveau très élevé, il se banalise et continue de s’ancrer dans le pays, notamment dans les secteurs ouvriers comme l’ex-bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Quelle honte pour les dirigeants devenus « euro-constructifs » du PCF ! Rappelons en effet que les ouvriers ch’tis ont voté très largement « rouge » aussi longtemps que le PCF a su défendre l’indépendance nationale, le « produire en France » et le progrès social tout en combattant frontalement l’euro et l’UE de Maastricht !

CONCERNANT LE SECOND TOUR :

150323-UMP-PEN-FN-300x178.pngIl est hors de question que le PRCF appelle à voter UMP pour battre le FN : le parti grossièrement xénophobe, anticommuniste, liberticide et antisyndical de Sarkozy partage fondamentalement les antivaleurs du FN et il est honteux que le PS qualifie de « républicaine » cette projection politique du patronat de combat qu’est l’UMP (Union Maastrichtienne Patronale).


Pas question pour autant de banaliser le FN : là où le FN sera confronté à un candidat du Front de gauche, l’esprit de responsabilité consistera à faire barrage au FN tout en interpellant publiquement le candidat du PCF sur l’Europe en l’invitant à soutenir la manif prévue le 30 mai pour que la France sorte de l’UE sur des bases progressistes.


Là où le FN en position de l’emporter sera confronté au PS, le barrage à l’extrême droite n’impliquera aucun soutien politique au PS ; il faudra au contraire rappeler publiquement que le PS est un instrument docile de la classe capitaliste, de l’UE et de l’OTAN et que c’est sa politique qui a permis au FN de devenir aussi menaçant.


150323-logo-PS.jpegLà où le PS et l’UMP sont seuls au second tour, le PRCF appelle à s’abstenir ou à voter blanc ou rouge. Mais même dans ce cas, les militants PRCF expliqueront aux électeurs ouvriers que voter FN est suicidaire pour notre classe et notre pays. En conséquence, il ne s’agit pas de rester spectateurs passifs du second tour mais d’appeler les électeurs ouvriers qui ont choisi de voter FN au premier tour par rejet du PS et de l’UMP à réfléchir et à s’abstenir ou à voter rouge au second.


Mais surtout, constatant que la problématique électorale actuelle ne permet que très rarement d’émettre un vote de classe clair, le PRCF appelle à refaire de la lutte sociale le terrain principal de la bataille politique. Tous ensemble dans les grèves et les manifs anti-austérité du 9 avril sans oublier d’y stigmatiser l’UE et de revendiquer la nationalisation des secteurs-clés de l’économie.

Diffusons largement le tract (4 pages) du PRCF contenant l’appel des Assises du communisme appelant à une manif nationale pour sortir la France de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme.

C’est en effet de la résistance « en bas » à l’UE, à Valls-MEDEF et à l’euro fascisation que renaîtra l’alternative révolutionnaire dans notre pays très gravement malade.  

 150323-resultats-premiers-tours-des-departementales-2015.png

 

 

 

source: linhttp://www.initiative-communiste.fr

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:56

150306-NikonoffTout le monde – ou presque – croit que Marine Le Pen veut sortir de l’Union européenne et de l’euro. Nous l’avons tous entendu tenir ces propos à la télévision ou à la radio. En écoutant l’égérie du FN, qui inonde les ondes et les antennes, complaisamment invitée par les grands médias, on pourrait le penser. Cette impression est renforcée par les dirigeants de la gauche et de la droite qui nous expliquent tous eux-aussi que Marine le Pen et le Front national veulent sortir de l’Union européenne et de l’euro. Comment douter, puisque tout le monde le dit ?


Et pourtant c’est faux ! Marine Le Pen et le Front national, en réalité, ne veulent ni sortir de l’euro, ni sortir de l’Union européenne. Ils font semblant, ils jouent la comédie. Pourquoi affirmer ici le contraire de ce qui apparaît comme une évidence à beaucoup ? Parce que Marine Le Pen et le Front national ne font que du rabattage électoral. Leur but est de donner l’impression qu’ils veulent sortir de l’Union européenne et de l’euro à la partie de l’électorat qui a envie d’entendre ce discours, et de donner l’impression inverse à ceux que la sortie de l’UE et de l’euro effraie.


Le FN ne veut pas sortir de l’euro pour les quatre raisons suivantes :

  • il veut « renégocier » les traités européens et non en sortir unilatéralement, pour lui la souveraineté de la France est négociable ;
  • il utilise la sortie de l’euro comme un gadget au gré des sondages ;
  • il veut une sortie « progressive » et « ordonnée » de l’euro alors que la sortie de l’euro est urgente et qu’aucun autre pays de la zone n’a manifesté le souhait d’en sortir ;

 I.- Le FN veut « renégocier » les traités européens et non en sortir unilatéralement, pour lui la souveraineté de la France est négociable

Marine Le Pen, après avoir dévoilé son Projet présidentiel en novembre 2011, en a présenté le chiffrage le 12 janvier 2012 (les élections présidentielles en France avaient lieu les 22 avril et 6 mai 2012) :

http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/redressement-economique-et-social/euro/

 

On aurait pu croire que Marine Le Pen aurait expliqué dans son Projet et son chiffrage qu’il fallait que la France sorte de toute urgence de l’Union européenne et de l’euro pour redresser notre pays, en particulier pour s’attaquer enfin au chômage. Il n’en a rien été. Au contraire, Marine Le Pen a tout fait pour arrondir les angles en se montrant beaucoup plus raisonnable que ses apparitions médiatiques ne le laissent supposer.

  • « La France doit préparer, avec ses partenaires européens, l’arrêt de l’expérience malheureuse de l’euro, et le retour bénéfique aux monnaies nationales qui permettra une dévaluation compétitive pour oxygéner notre économie et retrouver la voie de la prospérité. »

Comment est-il possible d’envisager sérieusement de « préparer » avec les « partenaires » européens, « l’arrêt de l’expérience malheureuse de l’euro » ? Parmi les gouvernements des 19 pays membres de la zone euro (après l’entrée, le 1er janvier 2015, de la Lituanie), aucun ne souhaite sortir de la zone euro. Il n’existe pas non plus, dans aucun pays de la zone euro, de forces politiques au seuil du pouvoir annonçant leur volonté de sortir de l’euro. Alors quels sont ces « partenaires » avec lesquels le FN veut trouver un arrangement ? Pour le FN, la sortie de l’euro est donc conditionnée par l’accord des autres pays européens. S’ils ne sont pas d’accord – et c’est le cas -, il n’y aura par conséquent aucune sortie de l’euro. Et voilà comment le FN embrouille les esprits !

  • « La coopération européenne permettra d’examiner, pendant toute la durée de la négociation, l’ensemble des options envisageables pour rétablir la souveraineté monétaire des Etats membres. »

On croit rêver ! Comment parler de « coopération européenne » alors que ces dernières années ont montré la dureté implacable de ce système, particulièrement avec des pays comme la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal ? Comment imaginer qu’une « coopération européenne » soit possible pour démanteler ce qui fait le cœur de la « construction » européenne : l’euro ! Le FN fait de la pure démagogie. Pourquoi négocier la souveraineté de la France ? Quelle humiliation ! D’autant que dans son schéma, Marine Le Pen vient d’être élue. Cela voudrait-il dire qu’elle n’aura pas été élue là-dessus ? Il y a donc deux possibilités. Soit Marine Le Pen considère que la sortie de l’UE et de l’euro est nécessaire et dans ce cas elle se fait élire sur cette base en l’indiquant clairement dans son programme. Par conséquent, nul besoin de référendum ni de négocier avec Bruxelles (qui ne donnera de toute façon pas son aval à l’auto-effondrement de l’UE). Soit elle ne croit pas ou n’a pas l’intention de sortir de l’euro. Auquel cas, le référendum n’est qu’une mise en scène pour brasser large.


Le programme du FN relève d’un néolibéralisme ultra-orthodoxe


Il faut se pincer quand on lit dans le projet présidentiel de Marine Le Pen : « selon les prévisions de mon plan de désendettement 2013, l’objectif politique est d’apurer la dette publique en douceur et sans saccage social de la population française, pour rétablir le cercle vertueux et l’orthodoxie budgétaire.  » En 2012, Marine Le Pen affirmait que « le défi technique est de viser en 2018 un retour à l’équilibre budgétaire (déficit zéro) et la résorption à l’horizon 2025 de 50 % environ du capital-dette initial (soit 30 % du PIB 2025). »


C’est exactement le plan mis en œuvre aujourd’hui par François Hollande et par la Troïka en Grèce ! Le FN ne veut pas annuler la dette publique de la France, il s’aligne dans les faits sur les dogmes néolibéraux qu’il dénonce dans les mots.


Cela n’a rien de surprenant si l’on veut bien se rappeler que Marine Le Pen, pendant le conflit sur les retraites sous Sarkozy, déclarait le 22 octobre 2010 : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos… Voilà deux semaines que la France s’installe dans le chaos, entre grève, manifestations et blocus… La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers. » Pour rappel, également, ce communiqué de presse du Front national 8 avril 2013 : « Le Front National adresse ses condoléances au Parti conservateur après le décès de Margaret Thatcher, Premier ministre britannique de 1979 à 1990. Il salue la mémoire d’une dirigeante de convictions profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale. »

 II.- Le FN utilise la sortie de l’euro comme un gadget au gré des sondages

Le 12 janvier 2012, Madame Le Pen a tenu une conférence de presse pour présenter le chiffrage de son Projet présidentiel. Le 21 mars de la même année, le FN lançait une brochure de 16 pages résumant ce Projet. Voilà ce qu’en disait, le lendemain, l’un des journaux français les plus européiste, Libération : « La candidate du FN souhaite désormais soumettre son projet de sortie de l’euro à un référendum. Une façon de rassurer sur la proposition phare de son programme économique qui inquiète les Français. » Ce journaliste a raison, il montre bien qu’en parlant de référendum sur l’euro, Marine Le Pen veut rassurer une partie de son électorat, et au-delà conquérir un nouvel électorat jusqu’alors réticent à la sortie de l’euro. L’argument du référendum est parfait à cet égard car il permet de satisfaire tout le monde.


Il n’y a pas besoin d’un référendum pour sortir de l’euro ! Si Marine Le Pen et le FN veulent vraiment sortir de l’euro, ils doivent mettre cette proposition dans leur programme présidentiel. Si Marine Le Pen est élue, elle aura toute légitimité pour appliquer son programme et sortir de l’euro en respectant son engagement. Nul besoin d’organiser un référendum ! La véritable démocratie, c’est de dire ce que l’on veut faire dans son programme, et ensuite d’appliquer son programme pour lequel on aura été élu.


Le journal Libération explique que, sous couvert d’anonymat, l’un des proches de Marine Le Pen convient que ce référendum « n’était pas matérialisé » dans le projet. Il ajoute que « cela fait des semaines que l’on a mis de l’eau dans notre vin sur le sujet », car la direction du FN voit dans le slogan de la sortie de l’euro « l’une des causes du tassement » de la candidate du FN dans les sondages. Créditée de 13,5% (CSA) à 17,5% (Ifop), Marine Le Pen avait vu en février et début mars 2012 la distance la séparant du duo de tête (Hollande et Sarkozy) croître jusqu’à plus de 10 points, alors qu’elle talonnait Nicolas Sarkozy en janvier. En janvier 2012, Marine Le Pen attribuait à sa position sur l’euro ses difficultés à percer dans l’électorat âgé. Dans le même temps, elle peut difficilement y renoncer, car une autre partie importante de son électorat y est favorable. C’est en effet le thème de la sortie de l’euro qui avait permis à la dirigeante du parti d’extrême droite d’occuper le terrain sur les questions économiques et d’élargir son champ de compétences au-delà de l’immigration et de l’insécurité.


Voilà pourquoi Marine Le Pen et le FN font semblant de vouloir sortir de l’euro. Marine Le Pen, dont la souplesse est légendaire, pratique donc le grand écart : faire croire à son électorat qui veut sortir de l’euro qu’elle y est favorable, tout en faisant croire à l’autre partie de son électorat qui n’y est pas favorable qu’elle est très maline car elle fait croire au public qu’elle veut sortir de l’euro alors qu’en réalité elle ne le souhaite pas.


Bref, tout ceci n’est que de la tambouille politicienne et électoraliste.

 III.- Le FN veut une sortie « progressive  » et « ordonnée » de l’euro alors que la sortie de l’euro est urgente et qu’aucun autre pays de la zone n’a manifesté le souhait d’en sortir

Un tract du Front national intitulé « L’euro détruit votre épargne » (voir plus bas) témoigne du double langage de ce parti à propos de l’Union européenne et de l’euro.

http://www.frontnational.com/telecharger/tracts/leuro-detruit.pdf


Dans ce tract, tout semble bien démarrer quand le FN constate à juste titre que l’euro a favorisé la hausse des prix et la crise, beaucoup plus violente que dans les pays qui ne sont pas dans la zone. Mais comment croire à « La dissolution progressive et organisée de l’euro pour une sortie de crise par le haut » ? Quelle plaisanterie ! La sortie de l’euro, en aucun cas, ne doit être « progressive ». Au contraire, elle doit être la plus rapide possible. Car il y urgence sociale, la France a besoin de récupérer tous les instruments de sa souveraineté parmi lesquels la politique monétaire est au premier rang. Il ne faut pas, en outre, laisser aux classes dominantes le temps de s’organiser afin d’enliser le processus de sortie de l’euro. Se prononcer pour une sortie « progressive » est un artifice visant à masquer le fait qu’on n’est pas prêt à prendre les mesures courageuses qui s’imposent pour redresser la France. La sortie de l’euro ne peut pas non plus être « organisée ». Il faudrait pour cela que les oligarques européens se mettent d’accord pour liquider l’euro. A 28 ! Autant dire que la proposition du FN, là encore, de vouloir transformer l’Union européenne de l’intérieur, est parfaitement démagogique. Elle montre bien la duplicité du FN sur cette question. Marine Le Pen, en vérité, ne veut sortir ni de l’euro ni de l’Union européenne.

 IV.- Concernant la sortie de l’Union européenne, le FN zigzague entre des positions contradictoires faisant douter de sa volonté d’en sortir

On aura observé que le FN parle rarement de sortie de l’Union européenne. On comprend pourquoi, car ses positions, selon les moments et les humeurs de Marine Le Pen, varient du tout au tout. Le doute est permis sur la volonté du FN de sortir réellement de l’Union européenne.


Ainsi, dans le chiffrage du Projet présidentiel du FN (janvier 2012) il est indiqué : « Economies PROGRESSIVES sur les mauvaises dépenses de budget entre 5 et 70 Milliards € / an (gel budget UE, fraudes sociales, coût de la décentralisation, coût de l’immigration, gains du non sauvetage de l’Euro et des aides aux états de la ZE, etc…). » Si le FN se prononce pour le « gel » de la contribution de la France à l’Union européenne, c’est que la France est toujours dans l’Union européenne !


On pourrait ajouter que Marine Le Pen, dans sa Profession de foi pour l’élection présidentielle de 2012, ne parle ni de la sortie de l’Union européenne, ni de la sortie de l’euro... Par ailleurs, comment le FN peut-il prétendre, d’un côté, vouloir sortir du système de l’Union européenne, et d’un autre côté vouloir y entrer en participant à la mascarade des élections européennes et en ayant des députés au « Parlement » européen ?

 Conclusion

En avalisant la fable du FN comme étant le Croisé de la sortie de l’UE et de l’euro, il s’agit pour les dirigeants de la gauche et de la droite, soutenus activement par les grands médias, d’accorder au FN le monopole de la sortie de l’Union européenne et de l’euro afin de diaboliser cette idée et tous ceux qui la portent en les assimilant au FN. Dans quel but ? Dans le but de gagner les duels de second tour à la présidentielle et aux législatives, qu’il s’agisse de duels PS-FN ou UMP-FN (et même Front de gauche-FN). Plus le FN aura été diabolisé par le PS, le Front de gauche, EELV, le NPA, l’UMP, le MoDem, etc., plus ces électorats seront disponibles pour voter au second tour pour n’importe quel autre candidat, sauf un FN. Tout ceci n’est qu’un théâtre d’ombres dans lequel tout le monde fait semblant.


Il ne faut évidemment pas se tromper sur le compte du FN. Marine Le Pen et les dirigeants du FN sont des défenseurs du grand capital et de la grande bourgeoisie nationale, ils sont, dans les faits, antisociaux, anti-ouvriers et antirépublicains. Ils divisent la société par leur racisme et leur xénophobie.


Pour le M’PEP, la sortie de l’euro et de l’UE n’est pas une fin en soi, elle n’est qu’un moyen pour reconquérir la souveraineté nationale, condition première pour résoudre la crise. C’est pourquoi il faut nous permettre d’accéder au pouvoir, afin d’appliquer notre programme de sortie de l’Union européenne et de l’euro, immédiatement et unilatéralement. Il n’y a pas de validation plus démocratique que celle qui passe par les élections.


Jacques Nikonoff

 

source: http://www.m-pep.org

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 19:54

Une Lettre d'Aymeric Monville,

Directeur des Editions Delga, au Canard Enchaîné

 

150301-canard-enchaine-svoboda.jpg« Au PC, les coups de rouge font tourner la tête. » Le jeu de mot est vulgaire et éculé mais peut toujours servir de titre à un papier du « Canard » consacré aux communistes français (25 février 2015). L’article se termine comme il se doit par un non moins galvaudé : « Staline, reviens, ils sont devenus fous. » Il ne manque plus que l’homme au couteau entre les dents.

L’anticommunisme est un droit constitutionnel, sans doute même un devoir pour un journaliste qui veut monter, mais cela n’autorise pas M. Alain Guédé à écrire presque une inexactitude par ligne.


De quoi s’agit-il ? L’article visait surtout à dauber les dissensions internes au PCF et à la mouvance communiste en général, en faisant mine de ne pas comprendre l’essentiel, pourtant simple : l’ampleur d’une lutte classique entre marxistes-léninistes et opportunistes sociaux-démocrates au sein du mouvement ouvrier.


L’article avait du moins le mérite de signaler l’existence et le caractère non « marginal » d’une opposition de gauche, la « Renaissance communiste », abréviation malvenue pour le « Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) », jusqu’à présent l’organisation oppositionnelle à la « mutation » du PCF la plus structurée. Si notre journaliste avait accordé plus d’attention à l’aspect « pôle » de cette structure, cet effort lui aurait permis de comprendre que le PRCF autorise la double appartenance PRCF/PCF mais n’est pas constitué, comme il se l’imagine, comme un courant du PCF. Il aurait ainsi mieux compris pourquoi le député du Nord Jean-Jacques Candelier (et non pas « Jacques Candelier »), bien que proche des idées de la « Renaissance communiste », est un élu PCF et non de la « Renaissance » comme il l’affirme. Il en eût été de même de l’ancien député Georges Hage, ayant eu la double appartenance PRCF/PCF et que notre journaliste croyait plutôt « cohabitant » (belle imprécision) avec les « rouges vifs » qui sont une autre structure. Mince détail, Georges Hage est hélas décédé ce mois dernier, ce que le journaliste semble ignorer. Il était sans doute trop compliqué de se renseigner sur celui qui fut longtemps le doyen de l’Assemblée nationale et l’indéfectible député des populations ouvrières du Douaisis.


« Le Canard » mentionne également le « comité Honecker », proche là aussi du PRCF, et pense qu’il s’agit d’une simple organisation de nostalgiques des pays de l’Est ou plus simplement de la RDA alors qu’il est avant tout une organisation de secours aux communistes emprisonnés et réprimés dans les ex-pays socialistes. L’hebdomadaire ignore-t-il que celui qu’il appelle l’ « ancien maître de la RDA » avait été jeté par la RFA dans la même prison que celle où les nazis l’avaient enfermé durant dix ans et qu’il en est sorti fièrement le poing levé, grâce à son abnégation et à la solidarité de ses camarades ? Autre oubli de taille : le « comité Honecker » ne porte plus ce nom depuis plusieurs années mais celui, moins apte à stimuler l’imagination fertile du « Canard », de « Comité internationaliste pour la solidarité de classe » (CISC). Et tant qu’à indiquer ses présidents d’honneurs passés ou présents, le journaliste aurait pu nommer Henri Alleg, figure de proue de l’anticolonialisme communiste, Désiré Marle, prêtre-ouvrier du Pas-de-Calais et Mumia Abu-Jamal, embastillé depuis vingt ans au « pays de la liberté » (les USA) pour son combat contre le racisme policier.


Quant aux « rouges vifs », notre journaliste semble s’étonner de leur activité internationale sans comprendre qu’une partie d’entre eux ont repris, jusqu’au nom, le rôle de la « polex » (politique extérieure) chargée des « affaires étrangères » du PC. Enfin, notre journaliste pense que Robert Hue « cultive obstinément ses réseaux au sein du PC », ce qui n’est pas entièrement faux, mais sans mentionner l’essentiel : le fait qu’il a quitté le PCF et qu’il a été élu sénateur sur une liste du PS !


Toutes ces informations n’ont rien de confidentiel. Elles sont vérifiables auprès de tout militant du PCF ou du PCF-Canal-historique : je précise que j’emploie là une métaphore et ne désigne pas une organisation, pour éviter que M. Guédé ne décide de son existence dans un prochain article.


Autrefois l’anticommunisme théorique, apanage le plus souvent de transfuges à la François Furet, exigeait, à défaut d’intelligence, une capacité d’acharnement et un certain esprit de suite. Aujourd’hui, un Alain Badiou soigne sa réputation d’oracle dans Le Monde en disant des énormités comme : « Il y a eu en France, depuis bien longtemps, deux types de manifestation : celle sous drapeau rouge et celle sous drapeau tricolore » (27 janvier 2015). Jamais ces deux drapeaux n’ont donc été associés ? Jamais, sauf par le PCF depuis Thorez lors du Front populaire jusqu’à l’époque Marchais incluse, et par le PRCF depuis le refus de la « mutation ».


Dans ce contexte d’ignorance crasse, je ne saurais trop conseiller à nos amis comme à nos aimables contradicteurs le livre d’entretiens, qui porte le beau titre de Résistances, et que Jean Salem, professeur de philosophie à la Sorbonne, a bien voulu m’accorder. Il consacre une large part à l’opposition de gauche à la « mutation » du PCF depuis vingt ans, dont son père, Henri Alleg, était une splendide figure. Il évoque également l’opposition antérieure, celle de Jeannette Thorez-Vermeersch, dont Salem était l’un des plus proches alliés ainsi que le préfacier de ses très beaux Mémoires, La Vie en rouge, Mémoires que nous venons tout récemment de republier. Dans ses entretiens, Jean Salem et votre serviteur évoquons les différents cercles communistes, et qui entendent le rester, de manière équitable et sans volonté de division, car contrairement à ce que croit M. Guédé, ils reflètent bien plus des divisions régionales que des divergences d’opinion. Une fois n’est pas coutume, l’ouvrage de Jean Salem a attiré l’attention de Robert Maggiori, de Libération, qui a fait la démonstration qu’on peut écrire deux pleines pages renseignées, profondes et charitables, y compris dans un journal anticommuniste.


http://www.liberation.fr/livres/2015/02/18/tel-pere-tel-fils_1205288

 

On peut trouver une video sur ce livre d’entretiens ci-dessous :

https://vimeo.com/120352682

 

Encore un effort donc, messieurs du Canard ! Mais si vous croyez masquer votre ignorance par les prestiges du calembour en associant le rouge du sang des communards au gros rouge qui tache avec la bonhomie empressée d’un chien de Pavlov, vous tomberez au niveau de Minute. Une chute dont on ne se relève jamais. Le « Canard » ne sera plus alors crédible que dans sa capacité à glaner des ragots dans les couloirs ministériels, comme l’atteste chaque semaine sa très rébarbative page deux.


Aymeric Monville,

Directeur des Editions Delga,

le 26 février 2015

 

 

Nous reproduisons ci-dessous l’article du Canard enchaîné, 25 février 2015

 

Au PC, les coups de rouge font tourner la tête


150301-canard_enchaine.gifQuatre des dix députés communistes ont refusé de voter la motion de censure déposée par l’UMP, enfreignant ainsi la consigne de leur chef de file à l’Assemblée, André Chassaigne. Lequel préside aussi le groupe Front de gauche. Or Mélenchon, grand leader dudit Front, avait précisément appelé à ne pas voter cette censure, afin de ne pas « se fourrer avec la droite ». C’est d’un simple !


Loin de ce monolithisme qui faisait son charme, le nouveau PC est devenu un joyeux foutoir. Pierre Laurent, lointain successeur de Maurice Thorez, doit naviguer à vue entre les courants.

 

Good Bye Honecker


Sur les dents gauches de la fourchette se massent les défenseurs de la mémoire du bon vieux bloc de l’Est et de ses anciens dirigeants. « Renaissance communiste » travaille main dans la main avec les comités « Honecker » (bien français, comme leur nom ne l’indique pas), dont l’âme est la toujours jeune Margot Honecker, veuve de l’ancien maître de la RDA. Leurs publications cultivent un touchant look « Good Bye Lenin ! ». Ces nostalgiques ne sont pas pour autant des marginaux et comptent même quelques élus au Parlement, comme l’actuel député du Nord Jacques Candelier.


D’autres amateurs d’antiquités, les « rouge vif », comme ils se nomment eux-mêmes, se découvrent une passion inattendue pour Poutine. Ils cohabitent avec leurs camarades de « Tous ensemble pour un Parti communiste français (marxiste) », fondé par l’ancien député du Nord Georges Hage. L’une des spécialités de ces derniers : maintenir les liens avec les Partis communistes au pouvoir (Cuba, Chine…).


Cette aile gauche morcelée abrite, en prime, quelques dissidents et fortes têtes. Patrice Carvalho, député de l’Oise, qui, naguère, pénétra dans l’Assemblée vêtu d’un bleu de chauffe, honore toujours la mémoire du vibrionnant Maxime Gremetz. Pourtant, il a refusé de voter la motion de censure, tout comme l’élu du Nord Alain Bocquet, qui s’est longtemps drapé dans le rouge vif.

A droite de la fourchette, les « rouge pâle » se retrouvent au sein de la – riche – Fondation Gabriel-Péri, créée par un Robert Hue qui cultive obstinément ses réseaux au sein du PC. Présidée aujourd’hui par un ancien haut dirigeant de la CGT, cette fondation réunit une tripotée d’élus – actuels ou anciens, régionaux et locaux – et, surtout, d’intellectuels du PC. Et, grâce à l’excellence des relations entre Robert Hue et François Hollande, elle est à l’abri du besoin.


Ces « rouge tendre » ne sont pas très éloignés des « rouges-verts » d’ « Ensemble » (à ne pas confondre avec « Tous ensemble ! »). Composé de communistes encartés et de compagnons de route, le mouvement se fédère autour de Clémentine Autain et de l’ancien maire de Saint-Denis Patrick Braouezec. Staline, reviens, ils sont devenus fous !


Alain Guédé

 

 

source: http://www.initiative-communiste.fr

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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La Guerre Sacrée

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Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

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