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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 11:14

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Guy Fischer est resté debout, actif, lucide jusqu’au bout malgré une maladie impitoyable dont l’issue est trop souvent inéluctable. En pleine connaissance de cause, il a révélé ce pronostic fatal.


Originaire d’une famille ouvrière, l’instituteur des Minguettes, secrétaire de la section du PCF, est devenu 1er adjoint à l’urbanisme à Vénissieux en 1977 et l’est resté jusqu’en 1995. Il a ensuite accédé au poste de Sénateur qu’il a occupé pendant 19 ans. 


Attaché à sa ville, en lien permanent avec les familles populaires et la jeunesse, il sera au cœur des étés chauds des Minguettes durant l’été 1981. Sous le gouvernement Mauroy il va participer au travail des commissions Bonnemaison et Dubedout. Il deviendra, avec Marcel Houël, l’interlocuteur incontournable de la Communauté urbaine et de l’Agence d’urbanisme de Lyon. Il marquera ainsi de son empreinte, les politiques de la Courly sous les présidences de Francisque Collomb et Michel Noir ainsi qu’au Conseil général sous les présidences de Jean Palluy et de Michel Mercier. Pour la ville de Vénissieux et de Vaulx-en-Velin, il va participer à ce que l’on nomme aujourd’hui « la politique de la Ville ». Ses qualités et ses compétences reconnues sur les questions sociales, il deviendra vice-président du Sénat.


Guy Fischer est toujours resté fidèle à son histoire et à ses racines Décinoises comme le démontre son parcours d’homme de terrain au service de la cité,  de sa ville, des familles populaires et particulièrement des jeunesses Vénissianes.


L’honneur de la République, c’est d’avoir en son sein des hommes de cette trempe qui n’ont qu’un seul but, celui de servir les autres, en aucun cas celui de se servir. Il avait assurément une haute idée de l’éthique politique.


Avec Guy Fischer, nous sommes liés par 37 années de parcours commun, dans des responsabilités différentes et complémentaires, tant à Vénissieux que dans les assemblées parlementaires. Nous disions, pour sourire, que nous formions à nous deux « le Congrès de Versailles ».

 

Je veux témoigner de son dévouement et de sa fidélité, dans nos relations d’amitié authentique fondée sur un mutuel respect, alors que beaucoup de motifs pouvaient nous séparer, nous opposer.


Lorsque je suis devenu maire en octobre 1985, la loyauté de Guy Fischer n’a pas failli. Notre amitié, notre affection nous ont soudés pour servir l’intérêt de la 3ème ville du département. Son combat pour préserver et développer cette municipalité, belle et rebelle, dirigée depuis 1935 par des maires communistes, s’est poursuivi avec Michèle Picard. Sa totale implication dans la campagne des municipales de 2014 témoigne de son engagement au service de l’intérêt général et de la chose publique. Il est resté fidèle à la vie et à l’activité du parti communiste français.


Sur un plan international, il s’est toujours engagé dans les combats nobles, en particulier contre l’apartheid, en faveur de Nelson Mandela, de la cause palestinienne et du mouvement de la paix.


En devenant une personnalité politique nationale, Guy Fischer n’a jamais renié ses origines. Il est resté fidèle au PCF quels qu’aient pu être les aléas de la vie politique. Pour lui, la justice sociale était son maître mot.  Il a livré un combat sans concessions contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et pour le vivre ensemble. Il a exercé une lutte constante contre la grande pauvreté qui constitue une plaie béante de la société, contre les dégâts de la marchandisation de la vie sociale, contre la dictature de l’argent et contre ce capitalisme cynique et sans pitié.


Guy Fischer fait partie de ces élus communistes, fidèles aux valeurs de gauche, de Jaurès à Jules Guesde, qui ont apporté une contribution de premier ordre pour faire de Vénissieux une ville à part entière. Vénissieux, sa ville, le plateau des Minguettes, c’est un peu sa carte d’identité. Un héritage haut en couleur  que d’aucun méprisent profondément par l’aveuglement anticommuniste piétinant les valeurs républicaines. 


Nous perdons un digne représentant politique que l’histoire reconnaîtra comme une personnalité attachante, toujours prête à donner, à se dévouer, à ne pas compter son temps.

Guy Fischer a toujours été un homme d’union, de dialogue, d’ouverture, empreint d’humanisme.


Vénissieux et les Vénissians lui doivent une énorme reconnaissance.


Guy va nous manquer. Il nous manque déjà pour les batailles à venir.


André GERIN

Député et Maire honoraire de Vénissieux

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 21:35

Communiqué de la Libre Pensée-29

 

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Rassemblement pacifiste à 10 heures 45

au monument aux morts de Primelin

(Sud-Finistère-entre Audierne et la Pointe du Raz)

 

 

La France commémore cette année le centième anniversaire de la 1ère guerre mondiale, cette gigantesque et terrifiante « boucherie » humaine. 2500 soldats français ont été condamnés par les cours martiales, 650 fusillés pour l’exemple, fusillés simplement pour terroriser les autres soldats.

 

Comment « la Grande Guerre » peut-elle être célébrée avec dignité, alors que le Président de la République, François HOLLANDE, refuse la réhabilitation collective des 650 soldats exécutés pour l’exemple, à l’occasion de cette guerre ? Pire, il s’est aussi parjuré puisqu’en tant que Président du Conseil général de la Corrèze, il s’était  prononcé pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Le Président de la République déclare, maintenant, vouloir mettre une stèle sur les 650 Fusillés pour l’exemple au Musée des Invalides. Les Fusillés et l’armée qui les a fusillés, les victimes et les bourreaux seraient ainsi confondus  !

 

Quant à la réhabilitation « au cas par cas », elle s’avère être une impasse. Plus de 20% des dossiers des 650 Fusillés pour l’exemple ont été détruits. Un réexamen objectif des dossiers, établis par les fusilleurs, ne peut être conduit un siècle plus tard : témoins, accusés, accusateurs …. ont disparu. Nous sommes la République, la République réhabilitera collectivement les Fusillés pour l’exemple !

 

A l’occasion du 11 novembre 2014, la Libre Pensée-29  appelle les associations partenaires, les libres-penseurs, les pacifistes, les internationalistes du Finistère à se rassembler devant le monument aux morts de Primelin à 10 heures 45 pour redire « maudite soit la guerre », et exiger la « réhabilitation collective immédiate des Fusillés pour l’exemple ». 

 

Brest  le 29/10/2014                                                                           

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 21:07

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur impose Maurice Papon, préfet de police de Paris et ancien haut fonctionnaire du régime collaborationniste de Vichy avec l'Allemagne nazie. Les Algériens veulent défendent leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


A cette époque, le général de Gaulle est président de la République. Il a fondé la 5e République. En 1958, le Parti socialiste l'avait appelé pour qu'il prenne le pouvoir. Lui et la droite n'attendaient que ça.

 

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Maurice Papon est préfet de police de Paris. Malgré sa collaboration notoire avec l'occupant nazi durant la Deuxième Guerre mondiale, Il a le soutien du pouvoir gaulliste. C'est la guerre en Algérie, il décrète un couvre-feu à l'encontre des Français musulmans d'Algérie dans Paris et sa banlieue.


Le 17 octobre, à l'appel du FLN, des dizaines de milliers d'Algériens bravent ce diktat. Ils sortent de leurs bidonvilles ou des hôtels meublés et miteux. Certains sont venus avec femmes et enfants. Beaucoup sont endimanchés. Pour eux, c'est une manifestation pacifique.


141017-octobre-1961-2.jpgMais ce soir-là, aux ordres de Maurice Papon couvert par le ministre de l'Intérieur, la mort et les violences s'abattent sur eux. 14 000 sont arrêtés, battus et parfois internés au centre de rétention de Vincennes. Le 19 octobre, 2 800 Algériens sont toujours détenus au stade Coubertin. Ils sont 6 600 au Palais des sports et 2 762 dans son hall, révèle la préfecture de police.


141017-Octobre-1961-3.jpgSimplement 2 morts et quelques blessés, assure Maurice Papon.

En fait, la Seine a charrié des cadavres, les témoignages sur cette horreur abondent et l'historien Jean-Luc Heinaudi parle de plusieurs centaines de victimes.

 

141017-Octobre-1961-4.jpgLe 18 octobre, la CGT qui considère légitime l'aspiration du peuple Algérien à son indépendance, exprime sa vive réprobation. Elle n'appelle pas à manifester, mais engage ses structures à organiser, dans les localités et les entreprises, "des protestations et des actions de masse pour réprouver la violence du 17 octobre"  dont son journal, La Vie Ouvrière se fait l'écho immédiatement. Mais une chape de plomb et la censure gouvernementale submergent la France.


Il faut attendre le roman de Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire, en 1984, pour diffuser auprès du grand public la connaissance de cet évènement tragique. Mais les archives de cette époque sont toujours interdites aux chercheurs et aux historiens. Pour couvrir un crime d'Etat.

 

 

Article repris du Blog de Roger COLOMBIER

source: http://www.le-blog-de-roger-colombier.com

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 22:00

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Vadim PAPOURA à la manifestation du 1er mai à Odessa

 

 

ww.novorosinform.org/news/id/12015


Dans la région de Lipetsk (Russie) on a commencé à recueillir des fonds pour l’érection d’un monument à Vadim Papoura, 17 ans, victime de la tragédie dans la maison des syndicats à Odessa. L’initiative appartient à l’Union de la jeunesse communiste léniniste, transmet le portail d’information de Lipetsk, se référant au chef du Comité régional des komsomols Sergei Gridnev.


« Le gars était au Komsomol du Parti communiste ukrainien (Jeunesse Communiste d'Ukraine), il est donc de notre devoir de perpétuer sa mémoire. Le Comité central du Komsomol a pris la décision de lui ériger un monument et a annoncé une levée de fonds. Où se trouvera le monument, c’est ce que décidera cette semaine le plénum de notre organisation, qui se tiendra à Moscou. Il serait logique que ce soit dans son Odessa natale, mais nous savons quels événements se produisent là-bas et ce qui peut arriver à ce monument, donc le plus probable, c’est que le monument sera installé quelque part en Russie, et seulement un peu plus tard, peut-être à Odessa « – a déclaré Gridnev.


Le jeune Odessite Vadim Papoura est mort tragiquement lors des événements du 2 mai, en essayant d’échapper à la Maison des syndicats incendiée par les nationalistes ukrainiens.

 

 

source: http://histoireetsociete.wordpress.com

(le Blog de Danielle BLEITRACH)

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 22:11

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Nous reproduisons ici, dans son intégralité, le texte de l’historien Michel Vovelle qui, en introduction du livret sur « La Marseillaise », retrace le destin singulier du chant révolutionnaire devenu hymne national. Michel Vovelle qui est un grand historien et un camarade, un "partageux" comme il le dirait en souriant. Je me souviens sur ce parvis de la fac où lui et moi nous vendions l’huma. Il m’avait glissé "Nos chers collègues préféreraient me voir vendre de l’ambre solaire!" Et comme une dame professeur de lettres à la voix haut perché, avait pris l’huma, et disait "Dieu que ce journal est triste! On dirait qu’il est en deuil!" Michel lui avait répondu "Eh! Oui c’est la mort de jaurès!"… Alors nous les partageux qui aimons bien notre hymne, nous n’avons pas envie qu’il soit protégé par l’UMP,et tous les vieux réactionnaires qui cancannent de le voir siffflé alors qu’ils font tout pour qu’il en soit ainsi,  nous avons envie que les jeunes révoltés deviennent des révolutionnaires et le considèrent comme le leur… Avec l’Internationale.


La Marseillaise, le premier et sans doute le plus célèbre des hymnes nationaux modernes, a une histoire à la fois exemplaire et singulière. Elle est le produit d’un moment, la Révolution française, sur le point, en 1792, d’affronter la coalition de ses adversaires du dehors et du dedans en faisant appel aux forces vives de la nation. Patriotique et révolutionnaire tout à la fois, elle s’est imposée durablement, jusqu’à aujourd’hui, comme le point de ralliement des défenseurs de la Liberté conquise, non seulement en France, mais ailleurs dans le monde. On peut être surpris de la fortune de ce chant, l’œuvre presque unique d’un musicien modeste, dont le souffle transfigure la simplicité du texte comme de la ligne mélodique. Pour comprendre, il faut se reporter aux circonstances mêmes qui l’ont vu naître.


L’hymne des Marseillais, hymne de la Révolution française


Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin a été composé à Strasbourg, le 25 avril 1792, par Joseph Rouget de Lisle, capitaine du génie, au lendemain, ou presque, de la déclaration de guerre par la France révolutionnaire au « Roi de Bohème et de Hongrie », le 20 avril de la même année. Cette déclaration constitue le prélude à la montée du mouvement révolutionnaire qui va aboutir, moins de cinq mois plus tard, à la chute de la monarchie, le 10 août 1792. Rouget de Lisle est l’écho sonore de ce moment crucial, où la Révolution prend un nouveau cours.

 

Le soulèvement à ses débuts avait déjà produit des chants populaires, paroles simples et énergiques du Ça ira, puis de La Carmagnole, cri de violence et d’espoir, chant de ralliement des sans-culottes. Mais ces refrains n’avaient point la portée d’un hymne dans lequel la collectivité pût se reconnaître. Chez les musiciens professionnels, les premières grandes célébrations, entre 1790 et 1792, témoignaient de la recherche d’un nouveau mode d’expression, à la hauteur des circonstances, comme on disait, et Gossec, dans son admirable Peuple éveille-toi, inaugurait, avec d’autres, le recours aux larges masses chorales et aux cuivres qui allait marquer la nouveauté des harmonies révolutionnaires.


Entre la simplicité du Ça ira et la solennité de la musique officielle, La Marseillaise trouve son originalité. Rouget de Lisle, né en 1760 à Lons-le-Saunier, d’une famille de petits notables, a fréquenté l’école du génie de Mézières. D’une garnison à l’autre, entre 1784 et 1789, il a mené la vie d’officier, mais sa passion de rimer et de composer, l’ont conduit dans le Paris de la Révolution, où il a tenté modestement sa chance dans les opéras au goût du jour.


Lorsqu’il reprend du service en 1791 à Strasbourg, cet auteur dilettante est aussi un officier patriote. Dans cette ville frontière, dont le maire Dietrich, riche industriel, rallié avec modération à la Révolution, est encore un homme en vue, la rencontre s’opère avec les officiers de la garnison, nobles libéraux ou roturiers. Leur patriotisme encore inébranlé les rend suspicieux à l’égard des émigrés et des contre-révolutionnaires. Rouget de Lisle appartient à l’élite de la société des Amis de la Constitution qui dirige le mouvement, proclamant : « Aux armes citoyens ! L’étendard de la guerre est déployé. Il faut combattre, vaincre ou mourir… ». Les thèmes de ce qu’on intitulera bientôt La Marseillaise sont déjà sur toutes les lèvres : ce qui s’est passé le 25 avril 1792, immortalisé plus de cinquante ans plus tard par un tableau du peintre Pils qui a fixé la légende, prend des libertés avec la réalité. On y voit Rouget de Lisle, chantant le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, dans le salon du maire Dietrich. Or, il semble que ce soit au lendemain d’une nuit d’enthousiasme que l’auteur ait présenté son morceau, interprété par Dietrich… Mais au vrai, quelle importance ?


C’est un chant de guerre : « Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons… », dénonçant les rois conjurés, les traîtres auxquels on oppose soldats et héros magnanimes, défendant leurs fils et leurs compagnes : La Marseillaise fixe pour longtemps les clichés de la patrie en armes. On l’a dit sanguinaire ; il l’est avec discernement : « Épargnez ces tristes victimes/À regret s’armant contre vous… ». C’est que, autant qu’un sursaut de conscience nationale, La Marseillaise est un chant révolutionnaire : c’est la tyrannie, les « complices de Bouillé » , le général félon qui avait préparé la fuite du roi, les « vils despotes » qui sont objets de haine. Et, en contrepoint, c’est l’invocation à la Liberté, justifiant l’amour sacré d’une patrie qui en est l’asile privilégié, qui clôt cet hymne en point d’orgue. Mélange de ferveur et d’enthousiasme, formules simples et fortes, sur un rythme ample et martial, ce chant représente une rencontre exceptionnelle entre expression d’élite et engagement populaire. La position même de Rouget de Lisle, cultivé certes, mais malgré tout à demi autodidacte et auteur d’occasion, l’avantage paradoxalement par rapport aux professionnels. Revers de la médaille, l’harmonisation défaillante devra être revue par Gossec, reprise plus tard par Berlioz. Nous ne nous attarderons pas sur les deux thèmes, qui ont longuement retenu les musicologues : celui de la paternité de Rouget de Lisle et celui de l’originalité du thème. Ils ont été définitivement tranchés et leur intérêt n’est que rétrospectif. Le flou initial, qui fait demander par Grétry à son ami Rouget quel est l’auteur de cette pièce, suscita des hypothèses diverses ; mais jamais la paternité de l’œuvre n’a été sérieusement contestée. Quant à l’originalité du thème musical, elle n’a pas été remise en question durablement ; la plupart des plagiats supposés se sont avérés sans fondement, même si nous croyons deviner dans le Vingt-cinquième Concerto pour piano en ut, de Mozart, comme une anticipation de La Marseillaise.


C’est d’une autre façon que la composition, dédiée en avril 1792 à l’armée du Rhin, a échappé à son auteur pour devenir La Marseillaise. Le texte a été diffusé très vite en Alsace, comme à Paris. Mais ce sont des méridionaux, Montpelliérains et Marseillais, qui l’importeront véritablement dans la capitale. Les fédérés de Montpellier, qui rejoignent leurs frères marseillais pour monter à Paris, en ont eu copie. L’un d’eux, Mireur, le chante ; la presse marseillaise le diffuse comme « chant de guerre aux armées des frontières », et la troupe guerrière la répand sur les étapes de son parcours. Enfin, sa contribution à l’attaque des Tuileries sanctionne le titre d’Hymne des Marseillais. Rouget de Lisle, dépassé par le tournant pris par la seconde Révolution du 10 août, disparaît momentanément de la scène, un temps incarcéré comme suspect, mais comme protégé par cette Marseillaise qu’il se refuse à désigner de son titre nouveau.


La destinée de La Marseillaise se joue désormais sur deux fronts : à l’armée, et dans le pays tout entier. L’hymne des Marseillais, officialisé comme chant de la République combattante entre septembre 1792 et l’an II, fait merveille. « Votre Marseillaise, c’est de la musique à coup de canon », avait écrit Grétry, et, de ce fait, on l’a chantée à Valmy, puis à l’entrée des Français en Savoie, alors même qu’elle s’enrichit au passage d’une septième strophe, destinée à durer, celle des « enfants » : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus ». En Belgique, « au matin de Jemmapes, écrit Michelet, La Marseillaise tient lieu d’eau de vie », et, d’une ville à l’autre, « l’air sacré de la Liberté » accompagne l’entrée des Français.


Compagne des mauvais jours, lors des défaites de 1793, La Marseillaise l’est aussi des victoires des soldats de l’an II. « J’ai gagné la bataille, La Marseillaise commandait avec moi », écrit un général. Et Carnot : « La Marseillaise a donné dix mille défenseurs à la patrie ». Mais, vue d’en face, l’impression n’est pas moins forte et, après Goethe, témoin de Valmy, nombreux sont les généraux ennemis qui partagent la surprise, voire l’admiration. Si l’on prend un peu de recul, on peut convenir avec les auteurs que La Marseillaise est bien le chant de la charge en masses profondes, de ces volontaires dont l’enthousiasme supplée l’inexpérience. C’est elle, quand s’opère l’amalgame des anciens et des nouveaux corps qui a « fondu en un seul corps toutes les provinces dans un moule d’airain ».


On a parlé d’une « Marseillaise des carrefours », le terme exprime une réalité que les témoignages confirment. On chante La Marseillaise aux Tuileries, deux cents chansons, très rarement parodiques, en reprennent l’air. Les théâtres patriotiques qui se multiplient alors font sa place, à l’entracte, au chant de La Marseillaise. En septembre 1792, l’Opéra présente une scène lyrique due à Gardel et Gossec sur le thème de « l’offrande à la liberté » : une scénographie construite fait se succéder des épisodes patriotiques, dont l’exécution de La Marseillaise est le haut moment. En plein air, la consécration de La Marseillaise, sur des paroles de Marie Joseph Chénier, est son exécution le 20 prairial an II, lors de la fête de l’Être Suprême.


C’est la Convention montagnarde qui institue, la première, La Marseillaise comme hymne national, décrétant le 4 frimaire an II (24 novembre 1793) qu’elle serait chantée dans tous les spectacles. La réaction thermidorienne la fait tomber en disgrâce, mais on redécouvre, le 26 messidor an III, « ces sons inattendus qu’on avait oubliés depuis quelques temps » et l’on décrète qu’elle sera exécutée chaque jour, par la garde montante au Palais national. Rouget de Lisle, réconcilié avec la Révolution, reçoit un hommage officiel. Mais, loin de s’imposer sans débat, La Marseillaise va devoir affronter de l’an III à l’an V, quand sévit la Terreur blanche, notamment dans le Midi, la concurrence d’un autre refrain, Le Réveil du peuple, appel à la vengeance des royalistes et au massacre des « buveurs de sang humain ». La bataille ouverte entre Marseillaise et Le Réveil du peuple trouvait dans les théâtres un accueil privilégié : aux chanteurs patriotes, comme Talma, s’opposaient leurs adversaires, véritables commandos de muscadins. Durant la période directoriale, le conflit reprend entre théâtres patriotiques et royalistes, bien que le gouvernement ait fixé le répertoire patriotique, quatre titres : Marseillaise, ça ira, Chant du Départ, Veillons au salut de l’Empire. Progressivement cependant, en province comme à Paris, La Marseillaise se diffuse. On la retrouve guerrière et triomphale lors des victoires de la campagne d’Italie, aux funérailles des généraux Hoche et Joubert, et elle sert de chant de ralliement pour les patriotes des républiques sœurs.


Flux et reflux, 1800-1871


De la chute de la première République à l’établissement de la troisième, l’Histoire de France voit se succéder le premier Empire, la monarchie restaurée des Bourbons, puis, en 1830, celle de Louis-Philippe, que détrône la révolution de 1848, instaurant la seconde république, à laquelle le coup d’état de « Napoléon le Petit » met fin pour vingt ans. Dans cet enchaînement scandé par deux épisodes guerriers, en début et à la fin, et par trois révolutions (1830, 1848 et 1871), les aventures de La Marseillaise reflètent les avancées et les reculs de la liberté, proscrite le plus souvent, ressurgissant toutefois quand sa double vocation révolutionnaire et patriotique lui rend son rôle fédérateur des énergies nationales.


Napoléon Bonaparte ne l’aimait pas. Entre la veille de Marengo et la retraite de Russie, elle fut tenue à l’écart et l’hymne officiel fut Veillons au salut de l’Empire, hymne révolutionnaire détourné de son sens. Rouget de Lisle, resté républicain, adressa en vain au nouveau maître des lettres d’admonestation qui le rangèrent au rang des opposants. Mais, dans la dernière campagne de Waterloo, quand le salut de la patrie était en jeu, la vieille garde forma le carré au chant de La Marseillaise.


La monarchie restaurée de Louis XVIII et de Charles X la proscrit au rang des chants séditieux. Rouget de Lisle vit dans la misère et plus d’un libéral qu’il sollicite n’ose se compromettre à lui porter son aide ; Béranger, le populaire chansonnier, fait figure d’exception. Mais quand le vent tourne, à la veille et surtout au lendemain de 1830, on redécouvre ce personnage symbole, dont David d’Angers grave le portrait. La révolution de février a vu resurgir La Marseillaise dont Delacroix, dans sa célèbre composition de La Liberté triomphante sur les barricades évoque le symbole. Et, à Bruxelles comme à Paris, elle guide les pas des révolutionnaires. Louis-Philippe qui, pour accéder au pouvoir, a dû accepter de La Fayette le drapeau tricolore, s’il tente de substituer à La Marseillaise l’air de La Parisienne, feint au moins de s’associer au chant de La Marseillaise, que la foule plébiscite sous son balcon. Pas pour longtemps. Dès les années suivantes, l’hymne révolutionnaire, à nouveau proscrit, est le signe de ralliement, dans les prisons, des républicains victimes des répressions de 1831 et 1834. Quitte, lorsqu’une crise européenne semble se dessiner en 1839, à ce que le gouvernement ressorte ce que le général Bugeaud appelle cyniquement « l’hymne de derrière les fagots ». La Marseillaise n’est pas morte, sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile, c’est bien elle, dans la sculpture de Rude, qui appelle au combat. Le sursaut patriotique des années 1840 n’est point sans ambiguïté : il fait découvrir dans les autres nations en voie d’émergence, singulièrement en Allemagne, des chants guerriers qui lui répondent comme La Garde du Rhin (Die Wacht am Rhein), auquel Lamartine tente de répondre par une Marseillaise de la paix… Des temps nouveaux s’annoncent, mais il faut convenir que, dans la grande poussée révolutionnaire de 1848, La Marseillaise demeure dans toute l’Europe, de l’Italie à la Pologne ou la Hongrie, le chant de ralliement des héros de la Liberté. En France, la seconde République lui rend sa place, que des airs nouveaux ne supplantent pas, à l’image du chœur des Girondins Mourir pour la patrie dont les paroles sont extraites d’un roman d’Alexandre Dumas.


Mais le coup d’état du prince président Napoléon Bonaparte, en 1851, la replonge brutalement au rang des chants subversifs, celui des insurgés du Midi, des déportés outremer par la répression. Napoléon III lui cherche un substitut : Partant pour la Syrie, le jeune et beau Dunois n’est pas fait pour convaincre. Comme en 1840, c’est dans l’année 1870, quand le péril de guerre se précise, que l’Empire libéral redécouvre La Marseillaise qui retrouve sa place, à l’Opéra ou au Vaudeville, en intermèdes comme autrefois. Elle sera chantée sur les champs de bataille de 1870 et 1871, à partir surtout du moment de l’installation du gouvernement de la défense nationale. Et elle galvanise encore, dans leur dernier combat désespéré, les fédérés de la Commune de Paris.


C’est dire que les Versaillais, au pouvoir dans les années incertaines de 1871 à 1877, ne la portent pas dans leur cœur, sous la présidence de Mac Mahon. Sans être officiellement proscrite, elle est suspecte.


Un triomphe et son revers, 1879-1918


Cette quarantaine d’années, au tournant du XIXe et du XXe siècle, peut être considérée comme l’âge d’or d’une Marseillaise devenue, enfin, hymne national, et, en même temps, objet d’une exaltation collective, de la part des autorités. Elle est symbole de la République conquérante et elle porte un souffle patriotique que les lendemains de la défaite et l’espoir de revanche exaspèrent. Le glissement est inévitable sans doute, mais il va générer en contrepoint un malaise croissant : la classe ouvrière ne se reconnaît plus dans l’hymne de la bourgeoisie au pouvoir.


Au début, c’est encore l’idée d’un combat pour la République qui l’emporte, au tournant des années 1878-1879. Elle suscite incidents et affrontements ; lorsqu’un député républicain de Vendée, le capitaine Laissant, propose d’en faire l’hymne national, la demande est rejetée. Mac Mahon s’entoure de Gond et Déroulède pour lui opposer Vive la France.


L’échec est complet. Dès son départ, le 14 février 1879, sur proposition de Gambetta, la Chambre vote, sans audace, l’officialisation de La Marseillaise, en se référant… au décret du 26 messidor an III qui n’avait jamais été abrogé.


Et pourtant, l’essor est spectaculaire. La Marseillaise devient l’accompagnement obligé des défilés et de la célébration du 14 juillet. À Paris, mais aussi en province, à Cherbourg, lors de la visite du président Grévy, des scénographies rappellent celles de la première République. En 1882, le président du Conseil, Charles de Freycinet, inaugure la statue de Rouget de Lisle : « La Marseillaise est l’hymne de la patrie »…, elle est « une force, un honneur et un enseignement ». Il insiste par ailleurs sur son contenu pacifique autant que patriotique : « C’est un drapeau de progrès, de civilisation, de liberté. »


Poincaré réitère ces proclamations, en 1889, lors du Centenaire de la Révolution, et en 1900, lors de l’Exposition universelle ; il en infléchit toutefois l’esprit en évoquant, au nom de l’amour sacré de la patrie, l’éventualité d’avoir à « former nos bataillons ». Chant de paix ou chant de guerre ?
Monument sacré, La Marseillaise est intouchable et l’on n’apprécie pas trop Victor Hugo de vouloir en réécrire les paroles. Paul Doumer tranche : « La Marseillaise est le chant national de la France, elle est intangible ». Un immense effort de pédagogie civique accompagne cette affirmation : on en fait l’orchestration à l’usage des musiques militaires, on en prescrit l’enseignement dans les écoles. Des festivités locales aux célébrations nationales, ce succès qui devient international n’est pas sans contrepartie. On s’est réjoui de voir le tsar Nicolas II, en visite, écouter cet hymne la casquette à la main. Mais n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter de cette Marseillaise pour souverains ? On commence à parler de crise : on a raison. L’épreuve est rude, pour les classes populaires, de voir l’hymne révolutionnaire devenir chant d’orgueil national à l’ère des impérialismes triomphants.


Une savante étude de Michelle Perrot a recensé, entre 1870 et 1890, des centaines de manifestations ouvrières. Que chantent les ouvriers en grève ? La Marseillaise sans doute, dans 40 % des cas, et aussi La Carmagnole, dans plus de 20 %. Mais voici que, dans les dernières années, la Carmagnole, plus populaire, tend à l’emporter sur La Marseillaise, qui perd son caractère privilégié de chant de ralliement ouvrier. Le débat sera tranché après 1888 par l’apparition de l’Internationale de Pottier et Degeyter : elle chemine sans se poser tout d’abord en rivale, mais, entre 1900 et 1910, les congrès socialistes internationaux consacrent sa position de chant de la classe ouvrière dans ses organisations révolutionnaires, même Jaurès y voit encore « la suite prolétarienne de La Marseillaise »… Au demeurant, le répertoire des chants révolutionnaires fin de siècle témoigne de la reprise du thème de La Marseillaise avec des paroles de révolte : « Allons forçats des filatures, le premier mai vient de sonner… ». Une seconde veine se fait jour dans les milieux anarchistes et pacifistes : en 1911, lors de la crise marocaine, Gaston Couté explose : « Allez petits soldats de France/Le jour des poir’s est arrivé/Pour servir la haute finance/Allez-vous en là-bas crever… ».
Mais on sait que cette voix est isolée : l’utopie pacifiste s’est effacée devant l’union sacrée en 1914-1918.


La Première Guerre mondiale est un moment clef dans l’histoire de La Marseillaise. L’étude la plus documentée sur l’hymne national, celle de Louis Fiaux, en 1918, évoque sa présence dans les heures glorieuses du conflit. On chante La Marseillaise sur la Marne comme à Valmy, le naufrageur du croiseur Léon Gambetta évoque le sacrifice du vengeur… Les alliés reprennent en chœur l’hymne français. À Paris comme en province, dans les théâtres et les cafés-concerts, on met à nouveau en scène La Marseillaise : Marthe Chenal l’interprète, drapée en tricolore, avec une coiffe d’alsacienne. Les poètes, comme Edmond Rostand, les musiciens, comme Saint-Saëns, se mobilisent, au milieu d’une foule de modestes… Le point culminant de cette mobilisation collective autour de La Marseillaise avait été, dès le début du conflit, le transfert des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides, le 14 juillet 1915. Le discours du président Poincaré en donnait le ton : « Cri de vengeance et d’indignation d’un peuple qui non plus qu’il y a cent vingt-cinq ans ne pliera le genou devant l’étranger ».


Il y eut saturation, protestations isolées de quelques publicistes, et, sur le front même, on a noté à la fin du conflit que les troupiers fatigués préféraient La Madelon à l’hymne national. Puis le réveil du mouvement socialiste en 1917 s’exprime sans nuances : « Nous ne chantons pas leur Marseillaise, ils en ont fait un chant de sauvages… Nous chantons L’Internationale ».


Un sursaut de « La Marseillaise », 1918 à nos jours


Les lendemains de la Première Guerre mondiale sont amers. La vague « bleu horizon » des lendemains de la victoire fait succéder, à l’enthousiasme et aux rêves, l’amertume et l’insatisfaction, singulièrement dans l’immense foule des anciens combattants. Ralliés autour de La Marseillaise et du drapeau tricolore, ils sont néanmoins une proie facile pour les ligues d’extrême droite, dont l’antiparlementarisme vise à mettre à bas la république « la gueuse ». Et c’est aux accents de La Marseillaise que les manifestants d’extrême droite marchent, le 6 février 1936, à l’assaut du Palais-Bourbon.


Dénaturée dans sa patrie d’origine, La Marseillaise paradoxalement conserve, hors de ses frontières, sa vocation révolutionnaire dans une Europe en révolution : Lénine, lors de son retour à Petrograd, en 1917, a été accueilli aux accents de La Marseillaise et de L’Internationale, de même qu’on la chante de l’Allemagne à la Hongrie en révolution. La proclamation de la République espagnole, en 1931, se fait également aux accents de La Marseillaise.


Pour les révolutionnaires français des années 1920 à 1930 au contraire, La Marseillaise a fait son temps et le témoignage le plus provocateur est le poème d’Aragon, Hourra l’Oural, qui comporte sous la rubrique « Réponse aux Jacobins » une charge féroce contre : « Quatre ans de Marseillaise avec / Les pieds dans la merde et la gueule en sang / Marseillaise de Charleroi / Marseillaise des Dardanelles / Marseillaise de Verdun… ». Il en salue l’agonie : « Cède le pas Ô Marseillaise à l’Internationale… Debout les damnés de la terre ».


Moins de deux ans plus tard, les choses ont changé. L’alliance historique du Front populaire amène le parti communiste à réviser sa position sur La Marseillaise et le drapeau tricolore. Plus question d’abandonner à l’ennemi de classe le privilège des valeurs patriotiques. Lors de la prestation de serment du Front populaire au stade Buffalo, le 14 juillet 1935, Jacques Duclos proclame : « La Marseillaise est un chant révolutionnaire, un chant de liberté ». Et Maurice Thorez précisera : « Nous ne voulons pas laisser au fascisme le drapeau de la grande Révolution ni même La Marseillaise des soldats de la Convention. »


En termes différents, cette redécouverte de La Marseillaise était partagée chez les socialistes par Léon Blum qui, le 14 juillet 1936, écrivait, dans Le Populaire : « Pendant des années, nous avons désappris La Marseillaise et le 14 juillet comme la fête officielle et le chant officiel… ». Mais, à cette caricature, il opposait le retour à l’esprit du 10 août, à celui des révolutions du XIXe siècle et reprenait à Hugo son image de La Marseillaise « ailée et volant dans les balles ». Cela ne faisait pas l’affaire de tout le monde, à droite, on s’en doute, où l’Action française titrait « Une seule réponse : la Royale », mais aussi à gauche, dans les groupes libertaires, anarchistes ou trotskistes, où l’historien Maurice Dommanget, flairant une manœuvre de la bourgeoisie « dirigeante et digérante » dénonçait le patriotisme radicalo-communiste. La dynamique cependant était lancée. Il nous en reste des témoignages dans les œuvres inspirées par le Front populaire : le film La Marseillaise de Jean Renoir, la partition d’Arthur Honegger pour Les Visages de la France, qui associe les accents des deux hymnes réconciliés. La Seconde Guerre mondiale a scellé, sur fond d’héroïsme, les luttes de la Résistance à l’esprit du Front populaire. Elle a rendu à La Marseillaise, proscrite par le régime de Vichy, toute son épaisseur d’hymne patriotique, auprès duquel le pitoyable Maréchal nous voilà fait piètre figure. Dans les manifestations interdites, les maquis, les prisons, au pied du peloton d’exécution, c’est La Marseillaise, parfois associée à l’Internationale, qui surgit, telle qu’Aragon l’a évoquée dans sa Ballade de celui qui chantait dans les supplices.


Le général de Gaulle chantant La Marseillaise lors de la Libération de Paris, comme à la cathédrale de Chartres, couvre de son autorité cette Marseillaise. On aurait pu croire que l’épreuve sanglante de la résistance avait mis fin à un conflit plus que séculaire.


Avouons-le : il reste, encore aujourd’hui, plusieurs sortes de Marseillaise et le consensus des lendemains de la Libération ne pouvait survivre aux affrontements ultérieurs. Chacun a repris sa Marseillaise, la droite dans une référence gaullienne, au-dessus des partis, mais susceptible de descendre dans la rue au 13 mai 1958. Une extrême droite, issue des complots de la crise algérienne, s’attribue, dans le cadre du Front national, le privilège de détenir l’authentique fibre patriotique et brandit une Marseillaise musclée, chahutant La Marseillaise reggae que Serge Gainsbourg composera en 1979, bien représentative de l’esprit frondeur et provocateur de l’artiste. La droite modérée adopte des positions plus nuancées : Valéry Giscard d’Estaing, faisant retoucher en 1974 son rythme d’exécution, est soupçonné d’en faire une Marseillaise oratorio.


Jusqu’à hier, la gauche n’a pas remis en cause sa lecture du chant national, même si, lors des mouvements de mai 1968, elle ne figurait pas d’évidence au rang des couplets révolutionnaires. Mais on doit noter que, de l’Europe de l’Est à la Chine, dans l’épisode révolutionnaire qui a marqué l’ébranlement des régimes socialistes dévoyés, elle a pu retrouver occasionnellement sa place.


Et en France ? L’érosion de la mémoire, le recul de la Révolution dans l’enseignement de l’Histoire, l’affaiblissement de l’esprit civique dans la jeunesse peuvent être un sombre pronostic. Mon grand-père chantait, dit-on, les sept strophes de La Marseillaise, ma génération en connaissait trois, mes filles une encore.


La Marseillaise serait-elle devenue un objet froid, triplement désuète parce qu’on ne connaît plus la Révolution française, qu’on ne se réfère plus à l’autre révolution, celle disait-on, « qui s’avance » et qu’on ne brûle plus de voler à la frontière pour y défendre la nation ? Dans l’Europe qui cherche sa voie, quelle place pour La Marseillaise ? Je suis de ceux qui croient qu’elle a encore un message universel à porter, comme l’a prouvé le parcours auquel nous venons de nous livrer, sur deux siècles : le message de la Liberté sans cesse à conquérir. Et je me réjouis que, sur l’initiative du ministre de l’Éducation nationale, sa connaissance par les jeunes générations soit favorisée. C’est beaucoup plus qu’un lieu de mémoire, c’est une force vive qu’elle continue de transmettre, celle de la Liberté guidant le peuple, pour toute l’humanité.

 

© SCÉRÉN – CNDP
Créé en février 2002 – Tous droits réservés. Limitation à l’usage non commercial, privé ou scolaire

 

 

source: https://socio13.wordpress.com

 

 

 

"La Marseillaise"-Jean RENOIR & Louis JOUVET

"La Marseillaise"-PIAF

"La Marseillaise" -Roberto ALAGNA

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 15:46

Le 21 août 2014, Grenoble , Capitale des Maquis -une des 5  Communes Compagnon de la Libération commémorait avec Eric PIOLLE, son Maire le 70 ème anniversaire de sa libération . A Grenoble la Libération fut le fait de l'action de la population, des FTP et du 1er  Bataillon parachutiste de choc de l'Armée d'Afrique du Nord créé en 1943 à Staoueli en Algérie. Parmi les invités Jean-Luc Mélenchon...

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 22:57

140823-OF-des-commemorations-en-lhonneur-des-resistants-qui.jpgLa première cérémonie, route de Brest, rend hommage à la compagnie des résistants de Briec. | Ouest-France

 

 

Ce vendredi matin, deux cérémonies commémoratives se sont déroulées pour rendre hommage aux résistants qui ont péri lors de la libération de Quimper, le samedi 8 août 1944.

À 10 h 30, ce vendredi matin, au monument aux morts de Tréqueffelec, route de Brest, la circulation est bloquée. En présence de la 1re adjointe, Isabelle Le Bal, et d'anciens combattants d'Edern, une cinquantaine de personnes a rendu hommage aux résistants qui ont péri lors de la bataille de Tréqueffelec, le samedi 8 août 1944.


À 11 h, c'est au monument aux morts des allées de Locmaria que les anciens combattants et les autorités se sont retrouvés. Des militaires ont été médaillés. La cérémonie s'est clôturée par une Marseillaise, entonnée avec émotion.

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 22:11

140824-OFl-y-70-ans-quimper-retrouvait-la-liberte.jpgLes FFI defilent place Terre-au-Duc à Quimper, le 9 août 1944 | Collection archives municipales de Quimper

Août 1944. Les alliés ont débarqué en Normandie il y a deux mois. L'occupant allemand s'apprête à abandonner Quimper pour regrouper ses forces.

La Résistance accentue sa pression, bien décidée à harceler les troupes ennemies. L'ambiance est électrique. Contrairement à ses voisines Brest et Lorient, Quimper a traversé la guerre en échappant aux bombardements massifs des aviations américaine et anglaise. La gare a été ciblée le 21 mai 1944 par les Anglais. Mais rien de comparable avec les terribles destructions subies par les ports qui servent de bases aux sous-marins allemands. Quimper n'échappe pas pour autant au strict régime de l'Occupation. De nombreux résistants sont détenus à la prison Saint-Charles.

Gestapo et Kommandantur

Chef-lieu du département, la ville compte des casernements et des services administratifs nazis. Le Likès a été réquisitionné. La ville est le siège d'une Kommandantur, commandement militaire allemand, dans l'immeuble Lebon, au coin de la rue Théodore Le Hars. La Gestapo exécute ses basses besognes dans un hôtel particulier rue Laennec. Durant ces années sombres, la Résistance n'est pas restée inactive. Au fil du temps, plusieurs réseaux se sont développés, en ville et aussi dans la campagne proche où se dissimulent les maquis. Un acte particulièrement héroïque : le vol et la destruction, le 14 janvier 1944, de 44 000 dossiers du service du travail obligatoire, le régime auquel étaient soumis les travailleurs français contraints d'aller travailler en Allemagne.


En 1944, l'action de la Résistance va en s'amplifiant partout en France. Les parachutages d'armes s'intensifient. Des contacts sont noués avec les troupes alliées désormais toutes proches. Les forces allemandes, qui croient toujours en la victoire, tentent de mettre en place une nouvelle stratégie. À Lorient et Brest, les Allemands vont s'accrocher. L'enjeu est important pour l'occupant. C'est de là que partent les sous-marins qui harcèlent les flottes alliées. Il y a aussi les bunkers du Mur de l'Atlantique sur la côte et particulièrement à Crozon. Certains soldats allemands semblent décidés à rejoindre ces places fortes. Il faut tenter de se remettre dans l'ambiance de l'époque pour comprendre ces journées particulièrement incertaines. Dans quelles conditions va s'effectuer le repli des Allemands de Quimper ? Faut-il craindre des exactions de leur part ? Ce sera un des enjeux des combats. Nous rappelons ici les moments forts de cette semaine qui va mener à la Libération de Quimper.

 

source: http://www.ouest-france.fr [8/08/2014]

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 21:36

140823-OF-retour-sur-la-semaine-ou-tout-bascule--jpgLe vendredi 4 août, les services administratifs allemands quittent Quimper pour rejoindre Lorient. 

Collection archives municipales de Quimper

 

 

Manon LOUBET.


Jeudi 3 août

 

En juin 1944, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) fédèrent les différents mouvements de résistance locale et organisent la libération de Quimper. Les Francs-tireurs partisans (FTP), de tendance communiste, rejoignent aussi le mouvement. Ce qui leur manque à ces résistants ? Des armes.

Le jeudi 3 août, les patriotes se rendent à Langolen, au nord-est de Quimper pour récupérer des armes provenant d'un parachutage. Sept compagnies, soit près de 860 hommes, vont se former et encercler la ville de Quimper.

 

Vendredi 4 août

 

Dans la matinée, les services administratifs allemands se préparent à quitter Quimper. Ils ont reçu l'ordre de rallier Lorient. Ils plient bagages et s'en vont en voiture, emmenant avec eux quelques « collabos ». La foule les hue, mais finalement le départ de l'ennemi se déroule dans le calme. Les Quimpérois sont en pleine effervescence. La rumeur court : les Américains seraient proches. Des drapeaux français et américains sont hissés. On brûle le portrait d'Hitler. Un Quimpérois, Yves Guillou, va même accrocher un drapeau tricolore en haut de la cathédrale Saint-Corentin. On croit à la liberté. Les véhicules des FFI défilent dans les rues, applaudis par les Quimpérois, alors qu'aucun coup de feu n'a été encore tiré. Et pourtant, même si de nombreux convois sont partis, les Allemands sont toujours dans la ville, au Likès et au Séminaire. Le soir, des premiers accrochages ont lieu dans les rues entre les Allemands et les FFI.

 

Samedi 5 août

 

La liesse de la « Libération » n'a duré qu'une journée. Dès 8 h, des Russes blancs, qui se battent aux côtés des Allemands, arrivent en ville, venant de la direction de Pont-l'Abbé. Ils tirent dans les fenêtres et arrachent les drapeaux tricolores. Ils prennent en otage le curé de la cathédrale et demandent à ce que le drapeau français hissé en haut de la cathédrale soit retiré. Yves Guillou retourne courageusement l'enlever. Les Allemands ont repris le dessus.

Pendant ce temps-là, à Gourvily, FFI et soldats allemands s'affrontent pendant une heure. Des deux côtés, des hommes sont tués, ainsi que des civils. De nombreux coups de feu sont tirés du mont Frugy par les FFI. Les Allemands incendient la préfecture et volent tout ce qu'ils trouvent comme objets de valeur. Ils emmènent les fonctionnaires de la préfecture en otages à la prison Saint-Charles. Alors que la veille, Quimper résonnait d'allégresse, la journée du 5 août est lourde d'incertitudes.

 

Dimanche 6 août

 

Le climat est tendu, les rues sont désertes et les Quimpérois sont inquiets. La messe du dimanche est annulée. La garnison allemande, qui a vu sa situation confortée par les renforts, fait régner la peur sur la ville.


De leur côté, les résistants ont pris position sur toutes les routes de sorties de Quimper, bloquant l'entrée ou la sortie de l'ennemi.Pourtant, dans l'après-midi, un convoi de véhicules allemands force le passage de Rosporden, pour se diriger vers Lorient.

Les FFI doivent renforcer le secteur.

 

Lundi 7 août

 

Lorsqu'un nouveau convoi allemand tente de passer le passage de Rosporden, cette fois-ci les trois camions sont bloqués par le feu des patriotes. Les Allemands abandonnent leurs véhicules et se dispersent dans les jardins voisins.

Certains sont morts ou blessés. Les FFI, qui veulent éviter un massacre, proposent des négociations à l'ennemi. Mais les Allemands refusent de se rendre.

 

Mardi 8 août

 

Les Allemands annoncent qu'ils quitteront Quimper vers midi. À 12 h 30, ils font sauter leurs munitions au Likès et au Séminaire. Ils incendient également le relais téléphonique de Kerfeunteun. Vers 13 h, un convoi de 250 soldats allemands se dirige vers la sortie nord pour rejoindre Crozon. C'est la compagnie des patriotes de Briec, qui est positionnée là-bas. En tout, 200 partisans sont répartis à Tréqueffelec, Kermahonnet, au Loch et à Gourvily. Les FFI ouvrent le feu. L'affrontement est rude entre les Allemands et les résistants. Mais vers 18 h, les soldats allemands n'ont pas le dessus. Ils abandonnent leurs camions, leurs morts et blessés pour tenter de gagner à pied la presqu'île de Crozon, à travers champ. Les chiffres divergent, mais il semblerait qu'une dizaine de patriotes a péri dans cette bataille, tandis que les Allemands auraient perdu une cinquantaine de soldats. Quimper est enfin libérée. Dans la soirée, c'est la liesse populaire, la vraie cette fois-ci. L'occupant a quitté la capitale de Cornouaille.


Mercredi 9 août

 

« Je suis heureux de vous annoncer que Quimper est entièrement libérée. Je vous demande de rester calmes... Les FFI occupent la ville et feront respecter l'ordre... » On peut lire ces phrases sur des affiches collées dans les rues de Quimper, signées Berthaud, le chef des FFI du Finistère. Le nom du nouveau préfet est annoncé : Aldéric Lecomte. Rue Kéréon, on s'arrête pour regarder le portrait du Général de Gaulle dont les Quimpérois ne connaissent pas encore les traits. Les FFI défilent en ville, sous les cris de joie des habitants. Ce n'est que le 22 septembre que les Américains arriveront à Quimper, après la reddition de Crozon.

 

 

source: http://www.ouest-france.fr [8/08/2014]

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 21:03

Avant et après le débarquement du 6 juin 1944, les FFI et les FTP font tout pour dérégler la machine de guerre allemande : il faut retarder l'envoi de troupes vers la Normandie. Le 3 août 1944, la BBC lance l'appel tant attendu au soulèvement général. Le message codé diffusé est : « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? ».


La forteresse brestoise


L'objectif des Allemands est de tenir Brest. Ils établissent une ligne de défense qui encercle la ville du Conquet, Saint-Renan, Gouesnou jusqu'à Guipavas. Le 8 août 1944, Les Allemands font faire demi-tour à la 266e division qui avançait dans les Côtes du Nord, vers le front normand. La 2e division SS parachutiste du général Ramcke, située en centre Finistère, entre Carhaix et Châteaulin, remonte aussi vers Brest. Le reflux s'accompagne de combats et d'atrocités.


De Morlaix à Gouesnou


Des combats ont lieu à partir du 4 août pour défendre les viaducs du Ponthou, de Guimiliau, à Lanmeur, et aussi à Plougasnou et à Plouigneau. La Résistance sauvegarde le viaduc de Morlaix. La ville est libérée le 8 août tandis que les troupes allemandes empruntent la voie de chemin de fer vers l'ouest. À Saint-Pol-de-Léon, le 3 août, les Russes blancs fusillent des otages. À Cléder, le 8 août, ils tuent cinq otages, violent et pillent à Plouescat... À la Roche-Maurice, les habitants déterrent six résistants de Douarnenez et des hommes du pays, méconnaissables, aux corps torturés. À Plounevez-Lochrist, Tréflez, Guissény, les occupants ont la même rage de tuer tandis qu'à Lesneven, le 7 août, les FFI et les Américains mettent l'ennemi en déroute. Plouvien se croyait libérée le 7 août : une colonne allemande revient et entame des représailles qui font 24 victimes civiles. Le bourg est bombardé par les alliés. Trois nouveaux otages sont fusillés. Les massacres continuent : à Gouesnou, 38 otages sont exécutés le 6 août. C'est seulement le 19 septembre, que la commune de Gouesnou peut veiller ses morts : 42 fusillés et 34 tués sur une population de 1 550 habitants.


La bataille de Brest : 45 jours de siège


Guissény, Lannilis, Ploudalmézeau, Plabennec, Landerneau, Guipavas, au début du mois d'août les résistants attaquent les positions allemandes. Peu à peu, les FFI et les FTP se concentrent devant Brest avec les troupes américaines. Face à eux, les « meilleures défenses que les Allemands aient construites » disent les rapports de guerre américains : 50 000 hommes et quatre ceintures de forts et bastions. En face, trois divisions américaines, des forces aériennes et une trentaine de compagnies de FFI et FTP. La première offensive contre la ville est lancée le 21 août. L'attaque principale, par les trois divisions débute le 25 août. La progression est difficile, rue par rue, souvent au corps à corps.

 

Fuite dans la presqu'île de Crozon


Le 1er septembre, le Menez Hom qui domine la presqu'île de Crozon est enlevé. Mais les Allemands tiennent toujours la Presqu'île. Ce n'est qu'à partir du 7 et 8 septembre que les alliés gagnent du terrain. Le 9 septembre, la 2e Division atteint les abords de Brest. Le 15 septembre, une offensive sur la presqu'île ne perce pas. Le 16, des combats ont lieu pour la première fois à l'intérieur de Brest. Le 17, un pont sur la Penfeld est conquis, l'extérieur des remparts est dégagé. Le 19 septembre l'infanterie prend le rempart de Quelern dans la presqu'île de Crozon. Le commandant en chef de la forteresse de Brest, le général Ramcke et le reste des forces sont faits prisonniers dans la presqu'île où le général s'est enfui depuis la veille. Brest et son port sont totalement détruits, l'arsenal est intact, mais les alliés se disent que son usage n'est plus essentiel.

 

Dans le Poher


Le 29 juillet, les alliés ont bombardé le bourg de Scrignac. Les paras de Ramcke, stationnés dans les Monts d'Arrée, à Commana, à Sizun, à Châteaulin et Landivisiau, font route fin-juillet vers la Normandie, puis reçoivent l'ordre de remonter vers Brest alors que certains sont arrivés près de Mûr-de-Bretagne. Le gros des troupes se trouve alors à Landeleau et Huelgoat : une colonne de plusieurs kilomètres... Des accrochages, incendies de fermes, exécutions et carnages, vont jalonner leur chemin vers le nord-Finistère : à Cléden-Poher, Châteauneuf, à Pleyben. 15 résistants et 17 civils meurent le 3 août à Landeleau. L'avant-garde américaine arrive à la Feuillée, en haut des Monts d'Arrée, le 5 août tard dans la nuit. Huelgoat est libérée les 5 et 6 août 1944 par les troupes américaines et une vingtaine de résistants.

 

Les combats autour de Quimper


Les Allemands se hâtent de quitter la ville le 4 août. Des FFI et FTP descendent de Langolen en soirée et s'accrochent avec des Allemands : ils ne sont pas tous partis. Le 5 août, des combats ont lieu à Gourvily. Une colonne de Russes qui vient de Pont-l'Abbé et file vers Brest arrive dans Quimper. Ils mettent le feu à la préfecture, au prétexte que des tirs en partaient. Ils prennent des otages. Le 6 et 7, les combats se poursuivent. Le 8 août, un convoi allemand qui tente de remonter vers Brest est stoppé par la compagnie FFI de Briec, à la hauteur de Tréqueffelec. Le 8 au soir, Quimper est libérée. Mais, la ville ne verra réellement les Américains que le 22 septembre après la reddition des Allemands dans la presqu'île de Crozon, lorsque l'armée la traversera pour rejoindre la poche de Lorient.

 

La Cornouaille au combat


Plogastel-Saint-Germain, Plozévet, les otages de Rosporden et les combats des FTP à Rohantic du 4 au 7 août, Kernével, Bannalec, Coray, Langolen, Elliant, toutes les communes du sud vivent des escarmouches, ou de violents accrochages contre l'occupant. En Pays bigouden, en Pays fouesnantais, dans le Cap Sizun, les résistants paient le prix fort de la Libération. Le 4 août, c'est quasiment tout le sud Finistère qui en état d'insurrection. Douarnenez et Concarneau se libèrent. Mais, il faudra attendre la chute du bastion de Lézongar, près d'Audierne, dans le Cap Sizun, le 20 septembre 1944 (après la reddition le 19 septembre de Ramcke à la pointe des Espagnols) pour que l'ensemble du Finistère soit libéré. 500 à 600 FFI et FTP y ont participé : les Allemands n'ont voulu se rendre que devant les Américains.

 

 

source: http://www.ouest-france.fr [27/05/2014]

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

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