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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:24

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Les sections locales d'anciens combattants sont venues nombreuses (en haut), avec leurs drapeaux, pour la commémoration de Garzonval. La jeune génération aussi était impliquée dans ces commémorations.

Louis Trédan, de l'association des anciens combattants, a sonné le clairon pour la cérémonie. |

 

 

Mercredi 16 juillet, 70 ans jour pour jour après le massacre de sept jeunes résistants en ce lieu, une assistance nombreuse s'est réunie à Garzonval.


« Début juillet 1944, une énorme rafle est menée dans la région de Saint-Nicolas-du-Pélem par des unités SS, assistées d'un escadron à cheval et deux sections de miliciens, la milice de Darnand et la milice bretonne Perrot », a rappelé Madame Jacob, représentante de la section locale de l'Anacr (Association nationale des anciens combattants de la Résistance).


Des héros locaux


Après plusieurs jours de torture dans une cave à Bourbriac, Marcel Sanguy, Pierre Maillard, Albert Torquéau, François-Louis Le Berre, François-Marie Le Berre, Pierre Sécardin et Jean-Louis Corbel ont été assassinés à Garzonval.


En présence des associations d'anciens combattants, d'élus et des représentants des autorités, Christian Prigent, maire, a rendu hommage aux sept jeunes gens, « chaînon petit mais indispensable dans la grande chaîne de la Résistance » et souligné l'importance de celle-ci en Bretagne, sans oublier « la Résistance humble et quotidienne, mais mortelle, comme l'aide apportée aux maquisards et aux pilotes alliés, aux juifs et aux réfractaires du STO (Service du travail obligatoire). »

 

 

source: http://www.ouest-france.fr [20/07/2014]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:15

140821-garzonval-en-memoire-souvenirs-de-la-guerre-plougonv.jpgAnne Orgeolet, Alain Michel et Sophie Legendre, avec quelques autres bénévoles, ont recueilli durant deux ans les témoignages des anciens de Plougonver (à droite). À Garzonval, une stèle rappelle le massacre de sept résistants, le 16 juillet 1944, un fait qui a marqué la mémoire collective de l'époque. Les treize témoignages recueillis, enrichis d'un travail d'archives de Françoise Morvan, constituent un ouvrage de près de 200 pages. |

 

 

L'histoire


Ils avaient entre 6 et 25 ans en 1944. Hélène, Annik, Jean, André, René, Bernadette, Alexine, Raymond, Renée, Jean, Micheline, Louisette et Eugène se sont replongés dans leurs souvenirs de jeunesse durant la Seconde Guerre mondiale. Leurs treize témoignages sont rassemblés dans un livre, Plougonver - Garzonval en mémoire, qui paraît pour le 70e anniversaire du massacre de sept jeunes résistants, au village de Garzonval, le 16 juillet 1944.

L'un des initiateurs du projet, Alain Michel, élu, en rappelle la genèse : « L'idée d'une exposition a germé, après une cérémonie à Garzonval. Mais, faute de documents visuels, nous avons recueilli les témoignages d'habitants ayant vécu la guerre, en nous limitant à la commune, sinon ça aurait pris des années ! Nous sommes arrivés à un vrai livre (financé par la municipalité), tellement le collectage a fait ressortir de choses intéressantes. » Ayant lui-même travaillé au collectage de chants bretons et gallos, Alain souligne les principes de la démarche : « Recueillir, sauvegarder, transmettre. »


« Un recueil lisible par tous »


Une petite équipe de bénévoles de la bibliothèque municipale a rencontré, durant deux ans, les témoins de l'époque, les a écoutés, interrogés, enregistrés, pour retranscrire au plus juste leurs souvenirs. Ancienne libraire-éditrice, Anne Orgeolet s'est attaquée au gros travail de mise en forme, « pour que le recueil soit lisible par tous. Cela a nécessité de revoir chacun pour préciser les choses. Parfois, il suffit d'omettre un détail pour que des témoignages, même entre frère et soeur, semblent contradictoires. Pour un même fait, le vécu de chacun est différent. ».


Anne comme Alain disent avoir appris beaucoup sur la vie quotidienne de l'époque, qui se dessine avec précision au fil des rencontres : outre les faits historiques qui ont marqué la commune (voir ci-dessous), c'est le travail agricole, l'alimentation, les commerces d'antan... qui sont évoqués.


Les souvenirs des anciens sont complétés par le travail sur les archives relatives à la commune, réalisé par l'universitaire Françoise Morvan : la mémoire orale et la mémoire écrite se confrontent et s'éclairent l'une l'autre. Pour Alain, ces deux ans de travail sont, en conclusion, « un beau cadeau pour les résistants de Garzonval ».


Plougonver - Garzonval en mémoire. Livre en vente (10 €) à la commémoration de Garzonval, mercredi 16 juillet, à 18 h, puis en mairie.

 

 

source: http://www.ouest-france.fr [16/07/2014]

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 17:38

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Premiers essais d'éclairage d'un masque de « Mémoires »

 

 

Les premiers essais d'éclairage sur le premier masque de la sculpture « Mémoires des esclavages » se sont déroulés, mercredi soir, à Quimper, dans l'atelier de l'artiste Marc Morvan. La sculpture devrait être érigée à Brest en mai 2015. « Nous avons fait ces essais d'éclairage à la demande de la ville de Brest. Car la sculpture monumentale de 10 m de haut sera illuminée par des projecteurs lorsqu'elle sera implantée près d'Océanopolis », explique Max Relouzat, le père de « Mémoires des esclavages ». La réalisation de la sculpture dédiée aux victimes de tous les esclavages d'hier et d'aujourd'hui entre dans sa dernière ligne droite. « Nous avons 7.000 € pour payer les heures que le sculpteur Marc Morvan va consacrer à la fabrication du second masque. Il nous manque 35.000 €, sur les 130.000 € estimés au départ, pour achever le travail », précise ce petit-fils d'esclave. « La souscription publique se poursuit car pour moi, c'est fondamental que ce projet soit soutenu par le public, non pas dans un esprit de repentance, de retour vers le passé, mais dans un esprit de modernité, de rapprochement des gens, d'échanges et de pédagogie », insiste Max Relouzat. « Ce sera un amer de la liberté, qui s'inscrira dans la démarche de l'Unesco en faveur d'une route de l'esclavage. Je suis très reconnaissant à la ville de Brest d'avoir compris le sens du projet, de l'avoir accompagné et accueilli. Et cet amer-là, éclairé par la lumière naturelle ou les projecteurs, sera visible de loin », complète le Martiniquais de Quimper.

Hommage dansé à Mandela

Les masques de la sculpture ne seront plus blanc et noir comme envisagé à l'origine, mais reprendront la couleur un peu rouille de la Carène. « Le blanc et le noir, c'était un rappel trop frontal de l'histoire, un facteur d'opposition plus que de rapprochement des hommes », reconnaît volontiers Max Relouzat. Le militant de la mémoire aura 70 ans l'année prochaine. Il espère que l'inauguration de la sculpture, dont il porte le projet depuis plus de 15 ans, pourra intervenir le 10 mai 2015. « La commémoration doit être un lieu de fête, comme disait Aimé Césaire. Dès la rentrée de septembre, des écoles de danse finistériennes vont travailler un projet de spectacle en hommage à Nelson Mandela », révèle-t-il. En attendant, l'infatigable défenseur des droits de l'homme colle, ces jours-ci, des affiches pour « la liberté des filles au Nigéria et des enfants esclaves dans le monde ».

 

 

Bruno SALAUN

 

 

Pratique
Site, www.memoiresdesesclavages.fr

 

source: linletelegramme.fr

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 08:18

140803-Robespierre-199x300.jpgLe 28 juillet 1794, une alliance de corrompus, de grands bourgeois craignant pour leurs biens et de Jacobins fourvoyés renversait Robespierre et le Comité de salut public pour mettre en place le régime thermidorien qui, de Directoire en Consulat et de Consulat en Premier Empire, allait détruire la première République.


Aujourd’hui encore, Robespierre est exécré par tout ce que notre pays compte de réactionnaires et de faux républicains alors qu’il fut, avec Saint-Just et Marat, le vrai fondateur de la République, le grand vainqueur de la Coalition monarchique pan-européenne et de la Chouannerie royaliste, le précurseur de la République sociale, un partisans résolu de l’abolition de l’esclavage et de la domination coloniale.


A l’époque, une partie de la bourgeoisie (la « Montagne ») était encore porteuse de valeurs telles que la souveraineté nationale, l’émancipation des petites gens, l’égalité entre les peuples, les Lumières, l’instruction universelle.


Aujourd’hui la grande bourgeoisie ne renie plus seulement Robespierre et les Jacobins, mot qui lui fait presque aussi peur que le mot « bolchevik » : elle renie la France elle-même pour cette contre-révolution française qu’est en réalité la « construction » européenne et atlantique. Hollande ne va-t-il pas jusqu’à soutenir une junte qui comporte des nazis pour écraser les communistes ukrainiens et étendre vers l’Est l’emprise agressive de l’OTAN ?


Laissons au Parti Maastrichtien Unique Marie-Antoinette et la belle Europe du cléricalisme, de la Bourse et des têtes couronnées : comme le dit Jean Ferrat, « elle répond toujours du nom de Robespierre, ma France »…


G. Gastaud

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 20:24

140731-1.jpegC’est le 31 juillet 1914 qu’un fanatique de droite, motivé par les appels au meurtre de la presse bourgeoise belliciste contre Jaurès, abattit dans le dos le grand tribun populaire[1]. A l’instar de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, qui refuseront de voter les crédits de guerre en Allemagne, Jaurès représentait en France l’ultime rempart de la paix mondiale. Jaurès assassiné, la voie était dégagée côté français pour que le parti impérialiste polycéphale pût envoyer au carnage des millions de gens du peuple, même s’il faut aussi saluer la longue marche à contre-courant d’intellectuels courageux comme Anatole France[2] (« on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels »), Henri Barbusse ou Romain Rolland[3]. Plus que les tanks américains et que la coûteuse victoire de Pétain à Verdun, ce seront les mutineries de l’Argonne (réécoutons la Chanson de Craonne !) et surtout, la Révolution  russe de 1917 qui briseront l’engrenage exterminateur de la première guerre impérialiste mondiale. On omet trop de dire en effet que ce qui mit fin – très provisoirement ! – au choc sanglant des impérialismes pour le repartage du monde, ce ne furent pas seulement les défaites allemandes sur le front de l’Ouest. Sur le front de l’est, ce fut  l’insurrection victorieuse des Soviets ouvriers et paysans, rapidement suivie  par le Décret sur la paix  signé par Lénine; en Allemagne même, les défaites militaires n’auraient pas abouti à l’armistice sans le fulgurant essor (vite brisé par la social-démocratie) du mouvement ouvrier allemand (drapeau rouge flottant sur la flotte allemande de la Baltique, Conseils ouvriers en Bavière…), le renversement du Kaiser et la proclamation de la République : la bourgeoisie allemande avait soudain le feu « à la maison » et comme on l’a vu cent fois en France, les classes exploiteuses n’hésitent jamais longtemps quand il leur faut choisir entre abattre l’ennemi de l’intérieur (les travailleurs) ou combattre les puissances étrangères…


Jaurès n’était certes pas un « pur marxiste », à supposer que cette notion métaphysique ait un sens. Certes, ce brillant professeur de philosophie issu de la paysannerie occitane et de la tradition radicale républicaine avait souvent défendu des positions réformistes au sein du parti socialiste S.F.I.O. ; il fit même montre d’une complaisance fâcheuse envers les carriéristes « ministérialistes » qu’étaient Millerand ou Aristide Briand (lequel fit d’abord carrière à l’extrême gauche du P.S. !) : tout cela valut à Jaurès les critiques mordantes et justifiées de Lénine : de manière plus prolétarienne et plus conséquente que Jaurès, le chef de file du bolchevisme prônait en effet le défaitisme révolutionnaire – c’est-à-dire l’idée qu’il faut combattre prioritairement l’impérialisme de son propre pays et que, loin de s’enfermer dans un pacifisme impuissant eu « au-dessus de la mêlée » (comme eût dire le pacifiste R. Rolland), les partis prolétariens doivent militer pour « transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire » (c’est cette tactique que confirmèrent à la fois la Révolution russe  de 1917 et le mouvement révolutionnaire allemand trahi de 1918-19).


Il faut toutefois nuancer ce propos critique. D’une part, la bourgeoisie française « républicaine radicale » de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème était traversée par des contradictions que ne connaît plus l’oligarchie capitaliste actuelle, très anti-jacobine et majoritairement acquise à la construction d’un Empire euro-atlantique. Bien entendu, la bourgeoisie radicale du 20ème siècle commençant s’orientait principalement vers l’impérialisme et vers le colonialisme. Mais la bourgeoisie de la « Belle époque » était aussi pour une part l’héritière assumée de la Révolution française (qui structurait bien plus qu’aujourd’hui les positionnements idéologiques) et de la philosophie des Lumières. C’est ce que montrent les grandes batailles politico-idéologiques que la gauche bourgeoise « progressiste » dut sans cesse mener, avec le soutien critique de Jaurès,  contre la réaction monarchiste : il s’agissait alors de consolider la République « une et indivisible », de séparer l’Eglise et de l’Etat, de concéder au prolétariat certaines « lois sociales »[4] et de consolider le droit d’association : toutes choses qui ne furent rendues possibles qu’après que le bloc « dreyfusard » formé par Clémenceau et Zola et appuyé par Jaurès eut vaincu la réaction nationaliste et antisémite à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Dans ces circonstances, Jaurès eut mille fois raison, contre l’étroitesse ouvriériste d’un Jules Guesde, de demander au Parti socialiste S.F.I.O.[5] (qui se réclamait alors du marxisme) de défendre Dreyfus (un officier bourgeois !) ou de s’engager fermement pour la laïcité. Les critiques que Lénine put alors adresser aux jaurésiens, et plus encore à leurs rivaux guesdistes, c’est de ne pas avoir tenté de DIRIGER sur des bases prolétariennes les grandes protestations républicaines contre la réaction, la tendance des jaurésiens étant de faire bloc avec la bourgeoisie radicale, et la tendance des guesdistes étant symétriquement d’ignorer ces « affaires de bourgeois ». Dans Que faire ? (1902), Lénine appellera au contraire le « parti du prolétariat » à assumer le rôle d’un « tribun du peuple » : le rôle d’une avant-garde prolétarienne n’est en effet ni de se dissoudre dans une alliance progressiste (comme le voulaient les mencheviks, partisans d’une subordination du parti ouvrier à la bourgeoisie libérale russe) ni de refuser toute alliance populaire (ce à quoi inclinait Trotski avec son mot d’ordre de gouvernement ouvrier), mais de prendre la tête des luttes démocratiques et de conquérir la direction d’un large front socio-politique : sans cette dialectique proprement bolchevique de l’alliance et de la direction politique de l’alliance populaire, impossible d’inscrire les luttes démocratiques dans la perspective de la révolution sociale, de dénoncer efficacement les inconséquences de la bourgeoisie progressiste et de mettre le prolétariat en capacité concrète de révolutionner la société.


Ces remarques critiques ne peuvent cependant conduire à nier ou à minimiser le remarquable apport culturel, militant et politique de Jean Jaurès dont la vie politique est étroitement mêlée aux luttes des mineurs de Carmaux aux côtés desquels Jaurès prit constamment de grands risques politiques, financiers (le lancement de L’Humanité…) et physiques. Mesquines et indécentes sont à cet égard les incessantes attaques gauchistes contre Jaurès ; car contrairement aux ténors de la Deuxième Internationale, le « réformiste » Jaurès n’est pas mort dans son lit comme le « marxiste orthodoxe » qu’était initialement Kautsky. Jaurès a constamment été menacé de mort par la réaction et il a même dû deux fois, lui le pacifiste, se battre en duel contre ses insulteurs, parmi lesquels le meneur de la réaction nationaliste, le préfasciste Paul Déroulède. Au demeurant, la bourgeoisie française d’alors a toujours considéré avec raison que Jaurès, comme Paul Lafargue, était clairement et définitivement dans le camp du travail ; si bien que les doctrinaires actuels qui, prenant des postures « léniniennes », traitent aujourd’hui la mémoire héroïque de Jaurès avec une brutalité et un mépris ridicule, ne valent guère plus cher que les sociaux-démocrates et autres « penseurs » révisionnistes qui iconisent Jaurès pour farder de rouge leur ralliement belliciste à l’Empire euro-atlantique en gestation…


En particulier, le propos de vrais révolutionnaires ne saurait être d’abandonner aux pitoyables Hollande, Valls, Fabius et autres serviteurs zélés de l’impérialisme (français et « transatlantique ») la populaire figure de Jaurès ; car ni politiquement, ni culturellement, ni surtout, moralement, ces personnages n’arrivent à la cheville du grand Tarnais, que ce soit sur le plan philosophique ou que ce soit sur le plan militant (création de L’Humanité, unification du Parti socialiste avec le Parti Ouvrier de Guesde, rôle majeur dans la loi laïque de 1905, défense militante et parlementaire incessante des intérêts ouvriers, opposition passionnée au camp belliciste, sans parler du fait que globalement, c’est largement grâce à Jaurès que le mouvement ouvrier français a contribué à mettre en échec la réaction monarcho-nationaliste lors de l’Affaire Dreyfus).


Il faut donc ici éviter deux écueils idéologiques. Le premier écueil, de nature gauchiste et sectaire, consiste à dénigrer mesquinement Jaurès, à faire rétrospectivement et ridiculement la leçon au grand martyr de la paix mondiale[6] ; car une telle attitude dogmatique et pseudo-léniniste ne pourrait qu’en favoriser une seconde attitude, bien plus dangereuse, qui consisterait à abandonner Jaurès au PS maastrichtien ou aux dirigeants de l’actuel P.C.F. qui rêvent de refaire le congrès de Tours à l’envers en rabattant le communisme français en crise vers ce qu’il y eut de plus précisément de plus faible dans le « jauressisme ».

Face à ces deux attitudes, l’orientation des léninistes est définie par ce que Lénine appelait l’assimilation critique de l’héritage ; le marxisme invite en effet à assumer l’héritage historique sans en nier les contradictions ; tout en acceptant la filiation, il s’agit d’en inventorier le passif et l’actif pour dégager les points d’appui que ce legs peut comporter à l’appui des luttes futures. C’est d’ailleurs ce que, fort dialectiquement, Jaurès invitait ses contemporains à faire quand il les appelait à délaisser les « cendres » du passé pour recueillir les « braises » rougeoyantes des révolutions à venir. Il ne peut être ici question d’une véritable étude historique du jauressisme. Contentons-nous de rendre coup pour coup dans la lutte idéologique dont le 100ème anniversaire de l’assassinat de Jaurès est déjà l’occasion en distinguant clairement « notre » Jaurès, le Jaurès dont la classe ouvrière et la nation française sont légitimement fières, de « leur » Jaurès, du Jaurès iconisé, émasculé, social-maastrichtien et finalement, belliciste, dont le P.S. atlantiste de Fabius – et secondairement, la direction décommunisée du P.C.F.-P.G.E. – veulent se faire un masque pour mieux dissimuler leur changement de côté l’affrontement de classes contemporain.

I – Sur le plan philosophique,

140731--Juares-speaks-.jpgJaurès est un grand penseur progressiste dont la réflexion est très sous-estimée par les marxistes. Certes, il ne faut pas idéaliser l’héritage académique dont le jeune normalien idéaliste Jaurès était porteur, comme l’attestent sa Thèse sur la réalité du monde extérieur et plus encore le script de ses cours de philo en classe terminale. Encore faut-il voir à quel degré était alors verrouillé l’enseignement scolaire et universitaire de la philosophie en France (Cf à ce sujet l’Histoire de la philosophie française de 1789 à aujourd’hui écrite par Lucien Sève dans les années soixante). Il faut aussi considérer avec un recul critique la manière dont quelquefois, le marxiste quelque peu tardif qu’était Jaurès, s’exprime parfois à propos du matérialisme historique marxiste. Son tort est moins de pointer les insuffisances du matérialisme mécaniste et d’un déterminisme économique unilatéral : en cela Jaurès a mille fois raison et Lénine, comme Gramsci, après Engels et Marx, n’aura cessé lui aussi de pourfendre cette caricature « économiste » de Marx. Le travers de Jaurès est plutôt à cette occasion de ne pas toujours montrer que le marxisme bien compris (et tel que Marx le pratique lui-même de façon très vivante dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte ou dans La guerre civile en France) porte en lui les ressources lui permettant de poser dialectiquement la question du sens de l’histoire sans quitter le terrain du matérialisme historique et surtout, de ce matérialisme dialectique que les contemporains francophones de Jaurès n’avaient d’ailleurs pas tous nos moyens bibliographiques actuels pour le bien appréhender[7].  De telles difficultés d’appropriation du marxisme montrent moins du reste la « faiblesse » théorique de Jaurès que les obstacles institutionnels que la bourgeoisie thermidorienne, bonapartiste ou orléaniste d’après 1795 avait disposés pour empêcher les intellectuels avancés de rallier le matérialisme intégral de la classe ouvrière[8] : et c’est seulement le P.C.F. des années trente, sous l’impulsion de Thorez, de Politzer et de grands scientifiques comme Jacques Solomon, qui parviendra partiellement à surmonter ces obstacles en mettant en place l’Université populaire et la revue La Pensée.


140731-3-sagesse-de-la-revolution-georges-gastaud-214x300.pngAinsi le meilleur de l’œuvre philosophique jaurésienne n’est-il pas pas selon nous à chercher dans les passionnants échanges théorico-polémiques directs avec Paul Lafargue ou avec Jules Guesde, où ces derniers eurent souvent l’avantage d’une position matérialiste plus ferme. Disons aussi très clairement que sur le terrain théorique, Lénine est généralement bien plus « fiable » que le grand socialiste français. C’est plutôt dans des textes de statut moins directement philosophique qu’il faut chercher l’apport sans égal – si l’on excepte certains textes écrits en prison de Rosa Luxemburg ou de Mumia Abu-Jamal – du dirigeant politique sincère, toujours désintéressé et quelquefois poétiquement inspiré, qu’était Jaurès. Que ce soit dans sa célèbre allocution aux lycéens d’Albi, une ville dont il était devenu député après avoir professé dans son lycée, c’est aussi dans certains discours parlementaires d’une exceptionnelle élévation de pensée, comme le Discours sur l’école laïque de 1892, ou dans son admirable plaidoyer parlementaire pour la loi laïque de 1905, que Jaurès a pu mériter le titre de « plus grand homme de la Troisième République » que lui a décerné Trotski : et pourtant, ce dernier n’était généralement pas tendre avec le « réformisme » jaurésien. Alors qu’ordinairement trop de « marxistes » désertent le terrain, suspect d’idéalisme, du sens de la vie et du sens de l’histoire, alors que les gagne-petit de la théorie abandonnent ces questions essentielles à la métaphysique spiritualiste ou à la religion, Jaurès s’en empare offensivement en dialecticien et en grand progressiste. Produisant parfois l’équivalent d’une eschatologie matérialiste et laïque, parlant au nom du prolétariat devant un public petit-bourgeois ou devant une Chambre des députés souvent haineuse et survoltée, Jaurès force ce petit monde mesquin à se taire et à écouter, et quelquefois à applaudir malgré lui tant l’éloquence jaurésienne respire la vérité. Par exemple, loin d’opposer la politique « matérialiste » du prolétariat à la morale « idéaliste », Jaurès contraint son auditoire à méditer la profonde moralité de la politique communiste (un adjectif qui ne lui fait pas peur). Montrant un sens prodigieux de la dialectique historique, Jaurès en vient parfois à égaler Marx ou Hegel sur le plan de ce que l’on pourrait nommer les « lumières communes » et de ce que je me suis risqué à nommer la « sagesse de la révolution ». L’un des points sur lesquels la relecture de ces « discours » brillantissimes pourrait aujourd’hui s’avérer utile aux militants du  progrès social, porte sur l’unité dialectique des intérêts de classe du prolétariat et des idéaux universels de l’humanité. Alors qu’un Gorbatchev a prétendu opposer ces deux notions en feignant de privilégier la seconde (l’essence de la « nouvelle pensée politique » gorbatchévienne était de « préférer les valeurs universelles de l’humanité aux intérêts de classe du prolétariat » : on a vu à quoi cela a mené l’U.R.S.S. et le camp mondial du Travail !), Jaurès repousse cette alternative trompeuse. Parce qu’il est exploité par tous et qu’il n’exploite personne, le prolétariat en lutte pour la société sans classes, est le vrai porteur de l’universel, comme il est le support du véritable patriotisme, cet antidote au venimeux nationalisme impérialiste. Le titre magnifique que Jaurès fit porter à  l’Humanité, le grand journal du prolétariat français (fondé en 1904) manifeste l’unité de principe du combat de classe et de l’émancipation universelle, du patriotisme républicain et de l’internationalisme prolétarien. Cette unité dialectique sera confirmée et rehaussée quand, après le Congrès de Tours[9], les communistes français héritant du journal de Jaurès par l’entremise du vieux Communard Camélinat, conserveront ce titre glorieux tout en ornant la manchette de l’Huma de l’emblème ouvrier et paysan cher à l’Internationale communiste[10].

Certes, on a reproché à Jaurès d’avoir privilégié l’aspect universaliste du combat progressiste aux dépens de la dimension de classe prise au sens étroit du mot. Et en effet, Jaurès tend parfois à surestimer le principe républicain issu de 1793 et il attribue parfois une vertu propulsive propre aux valeurs et aux idéaux humanistes. Mais ces tendances idéalistes incontestables ne sont que la contrepartie de l’engagement combatif de Jaurès quand il contraint le Parti socialiste – qui sous le verbe révolutionnaire, tendait en fait à se rabattre sur les revendications économico-syndicales – à défendre Dreyfus (condamné parce que juif) ou à porter le combat pour la laïcité. Répétons en effet que le marxisme ne doit, ni snober les combats universalistes (par ex. la lutte contre l’antisémitisme, aujourd’hui plus largement la lutte antiraciste, le féminisme, le patriotisme républicain, la défense de la paix et de l’environnement, etc.), ni mettre une sourdine aux revendications du prolétariat sous prétexte de séduire la bourgeoisie « de gauche » : il doit prendre la tête des luttes démocratiques pour y faire germer l’aspiration à la révolution socialiste. Car c’est seulement en dirigeant les luttes patriotiques, démocratiques, anti-impérialistes, etc., que la classe ouvrière peut apprendre à diriger tout le peuple, à former de larges alliances sous sa direction pour isoler l’ennemi principal : le grand capital. Au demeurant, les sectaires qui reprochent à Jaurès d’avoir constamment « vu trop large » méconnaissent un fait politique patent : alors que le « réformiste » Jaurès se fera tuer par la réaction à la veille de la déclaration de guerre, le « révolutionnaire ouvrier » Guesde (dont par ailleurs, les mérites prolétariens sont éclatants)… entrera très rapidement comme ministre sans portefeuille dans le gouvernement capitaliste d’ « union sacrée »… Comme quoi juger dialectiquement du bilan d’un homme, d’un pays ou d’un parti, impose de savoir prendre en compte les zigzags de l’histoire et les ruses permanentes de la raison historique…

 

II – Sur le plan directement politique,

Certains mettent en cause le prétendu « colonialisme » de Jaurès. Il est vrai qu’il y eut chez lui des hésitations sur ce sujet : on ne provient pas sans quelques traces du radicalisme républicain des Gambetta et autres Ferry dont le progressisme bourgeois prétendait « civiliser » les peuples « en retard » d’Asie et d’Afrique. Mais il est trop aisé aux contemporains de donner des leçons a posteriori. En réalité, la gauche populaire française a dû à tâtons se faire une doctrine sur ces questions alors nouvelles ; seul Lénine maîtrisait alors parfaitement la position marxiste sur la question coloniale (et plus globalement, sur la question nationale) quand il défendait, y compris contre l’internationaliste incontestable qu’était R. Luxemburg, le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » jusqu’à se séparer de la nation dominante pour former un nouvel Etat indépendant. Dans les faits, Jaurès a souvent été à la pointe de la dénonciation et notamment, il s’est concrètement battu comme un lion contre la sanglante entreprise coloniale de la bourgeoisie française au Maroc.

 

Plus globalement, nous sommes redevables à Jaurès d’une approche dialectique des rapports entre l’internationalisme et le patriotisme. Alors qu’aujourd’hui le « socialiste » Hollande se réfère à Jaurès (ou à Victor Hugo !) pour justifier un « internationalisme » capitaliste qui dissout la France dans l’UE supranationale, Jaurès n’a cessé de combattre le nationalisme impérialiste en lui opposant le patriotisme REPUBLICAIN ; chacun connaît sa phrase selon laquelle…

« … si un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène » ;

… ou cette formule, plus actuelle encore, qui déclare que…

« … la souveraineté nationale est le socle de l’émancipation sociale ».


III -  A propos du néo-jauressisme suspect des dirigeants du PCF

Combien nous sommes loin ici d’un Pierre Laurent qui défend à cor et à cri la « construction » supranationale européenne (ce à quoi l’oblige le fait que le PCF s’est affilié au Parti de la Gauche européenne !), vitupère le « souverainisme », condamne le juste mot d’ordre prolétarien « produire en France » (dont dépend l’existence physique et morale de la classe ouvrière de France !), fustige l’idée de sortir de l’UE par la voie progressiste, défend le principe de l’euro au nom d’une introuvable « réorientation de la construction européenne », tout cela revenant de fait à abandonner à l’U.M.’ Pen la cause de la France et de la classe ouvrière assassinées. Ici les continuateurs conséquents de Jaurès auront été Maurice Thorez et Georges Politzer qui, à l’orée du Front populaire, marièrent les drapeaux rouge et tricolore, tous deux issus de notre grande histoire révolutionnaire. C’est en effet  les étendards rouge et le tricolore (meeting de lancement du Front populaire le 14 juillet 1935 au Stade Buffalo) que brandit solidairement le P.C.F. le 14 juillet 1935 pendant que Jacques Duclos entonnait La Marseillaise puis l’Internationale : non pour favoriser la collaboration des classes, mais pour isoler politiquement le fascisme et les « deux cents familles ». Il s’agissait alors en effet de placer la classe ouvrière et son parti communiste à la pointe du rassemblement antifasciste (1934, Pacte d’unité d’action), puis à la tête du Front national pour l’indépendance et la liberté de la France (dont l’actuel FN usurpe l’appellation !). CONTRE la bourgeoisie qui collaborait déjà avec Hitler[11], le jeune P.C.F. soutenu par le Komintern plaça la classe ouvrière au cœur de la nation parce qu’il avait su remettre la  France dans le cœur des travailleurs en clamant avec Politzer, à la fois contre l’idéologie nazie et contre le nationalisme pseudo-républicain issu de Renan, qu’en dernière analyse, « la nation, c’est le peuple »[12].

C’est pour prolonger cette grande politique de classe et de masse que nous prônons aujourd’hui la mise en place plurielle d’un Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Populaire (F.R.A.P.P. !). Ce renouveau stratégique est clairement opposé à l’union de la gauche sous dominance social-démocrate ; il implique de promouvoir l’unité d’action des vrais communistes, le regroupement des syndicalistes « rouges », le rassemblement des patriotes antifascistes et anti-UE, le soutien à tout ce qui peut favoriser la renaissance du Mouvement communiste international et du Front anti-impérialiste mondial.  Un telle dynamique patriotique et populaire est seule capable de briser l’étau mortel que resserrent sur notre peuple l’U.M.P.S. maastrichtienne et la fascisante U.M.’ Pen. Un tel front patriotique et populaire, de même que le « nouveau C.N.R. » qui pourrait se mettre en place en réactualisant le programme Les Jours heureux, ne viserait pas à conclure un « compromis historique » avec la partie « patriote » de la bourgeoisie monopoliste : car aujourd’hui cette grande bourgeoisie est presque entièrement acquise à la « construction » européenne, « rassemblement bleu marine » inclus[13]. A une époque où l’oligarchie capitaliste « française » se sert du souvenir hideux de la Guerre de 14-18 pour dissoudre la nation dans l’Empire euro-atlantique[14], le Front antifasciste, patriotique et populaire ne peut avoir d’autre fin que d’isoler le grand capital pour rouvrir la voie d’une transformation socialiste de la France.

Nous sommes donc à mille lieues du néo jauressisme d’apparat que cultive la direction mutante du P.C.F.-P.G.E. Ayant largué le léninisme[15], ayant plutôt minimisé le centième anniversaire de la mort de Thorez, la direction de ce parti ne se contente pas d’abandonner la cause de l’indépendance nationale. L’indépendance de la nation par rapport à l’UE et l’indépendance de la classe ouvrière par rapport à la bourgeoisie « de gauche » étant étroitement liées, la direction du P.C.F. poursuit obstinément son projet de liquidation du Congrès de Tours. Elle cherche désormais à fondre ce qui subsiste du P.C.F. dans un conglomérat social-démocrate « de gauche » inspiré du Syriza grec, du groupe allemand « Die Linke » et centré sur l’aile gauche du P.S. à la dérive (les pseudo- « frondeurs socialistes »), avec éventuellement un rapprochement avec les fédéralistes d’Europe-Ecologie /les Verts. Ce qui évidemment, va poser des questions existentielles aux militants restés communistes à l’intérieur du P.C.F.  et aussi au Parti de gauche qui, sans être marxiste et révolutionnaire continue de se référer à Jaurès, à Robespierre, à la République laïque et indivisible, à la langue française, à la Nation, toutes choses qu’ont répudiées depuis longtemps les directions du P.C.F.-P.G.E. et de l’Huma-mutée…

On comprend que dans ces conditions la direction dé-marxisée du P.C.F. mette en avant un jauressisme confus et largement imaginaire, qu’elle exploite les côtés faibles de Jaurès en ignorant ses côtés prolétariens, combatifs et anti-impérialistes, qu’elle déforme le sens du Congrès d’unification socialiste de 1905 (fusion des partis de Guesde et de Jaurès), qu’elle revienne à la conception de L’Humanité qu’avait précisément dépassée l’Huma communiste de Cachin et de Vaillant-Couturier. En un mot, on conçoit que la direction du P.C.F.-P.G.E. se serve de la mémoire Jaurès pour préparer le congrès de Tours à l’envers tout en continuant de se réclamer du communisme afin de bloquer la renaissance d’un vrai parti communiste français. Mais cette attitude ne fait que dénoncer davantage, non pas le noble personnage de Jaurès, mais un groupe dirigeant en faillite qui mène les travailleurs de défaite en déroute. D’avance Vaillant-Couturier avait dénoncé cette récupération pseudo- « unitaire » de Jaurès quand, s’adressant au Congrès de Tours, il défendait l’idée d’une unité révolutionnaire du parti ouvrier. S’adressant  aux députés réformistes qui s’apprêtaient à scissionner le parti et qui cherchaient à se faire regretter, Vaillant-Couturier leur lançait ces mots :

«  Il y a un moment où l’unité formelle, l’unité factice, l’unité qui n’est plus celle que voulait Jaurès, l’unité qui n’est plus qu’une caricature, ne cache que l’assemblement relié par des ficelles trop grossières de gens qui ne peuvent véritablement plus travailler ensemble[16]».

Cette question d’un Parti révolutionnaire uni sur un contenu de classe clair se repose aujourd’hui à tous les communistes qui veulent agir pour les « quatre sorties » (de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme) et qui supportent de moins en moins d’être paralysés par une direction du P.C.F.-P.G.E. qui compromet le beau nom de communiste dans une nouvelle union sacrée pour l’introuvable Europe sociale et pour l’impossible « réorientation progressiste de l’euro ». Car à travers ces mots d’ordre social-maastrichtiens (socialistes en paroles, maastrichtiens en fait !), la direction pseudo-jaurésienne du P.C.F.-P.G.E.  maintient le mouvement ouvrier et les syndicats de classe dans l’orbite de la social-eurocratie hollandienne, ce fourrier des guerres impérialistes, de l’euro-austérité et de la fascisation de l’Europe. Face à cette direction eurocommuniste (de plus en plus d’euro, de moins en moins de communisme !), véritable courroie de transmission de la bourgeoisie « de gauche » dans le mouvement ouvrier, il faut construire l’unité d’action des vrais communistes, prélude à la reconstruction d’une unité militante, organisationnelle et idéologique solide.

En conclusion…

Il ne s’agit pas d’idéaliser Jaurès pour l’iconiser et le mieux enterrer, comme s’efforcent de le faire ceux qui déforment son bilan, qui en nient les aspects contradictoires  ou qui exploitent ses faiblesses pour farder de rose ou de rouge leur reniement du socialisme ou leur abjuration du léninisme. Il ne s’agit pas non plus de dénigrer l’action de haute tenue que Jaurès avait engagée pour lier dialectiquement la classe ouvrière française à la nation, au principe laïco-républicain et à l’engagement humaniste : non pour faire l’union sacrée avec la grande bourgeoisie, mais pour dénoncer cet impérialisme dont Jaurès, comme Lénine ou Luxemburg, avait perçu les lourdes tendances exterministes. Bref, il s’agit aujourd’hui d’empêcher que de nouveaux Raoul Villain[17] peints en rose, ceux-là même qui soutiennent l’action des néo-nazis de Kiev contre la République populaire du Donbass, ou qui applaudissent le criminel de guerre Netanyahou à Gaza, ne tuent une seconde fois un homme généreux qui mérita bien de l’humanité, à tous les sens du terme.

Fermes partisans du rôle dirigeant de la classe ouvrière dans le Front antifasciste, patriotique et populaire, donc radicalement hostiles à toute forme d’union sacrée nationaliste ou supranationaliste avec l’oligarchie impérialiste, nous irions sereinement nous assoir à côté de Jaurès et de Lafargue sur les bancs de l’Assemblée nationale de 1905, comme nous siègerions aux côtés de Cachin au congrès de Tours et comme le grand historien que fut aussi Jaurès s’en fût allé s’assoir[18], disait-il en pesant ses mots avec gravité, « aux côtés de Robespierre au Club des Jacobins ».

Car au-delà des critiques fraternelles que peuvent s’adresser mutuellement les militants du prolétariat, les barricades sociales n’eurent, n’ont et n’auront jamais que deux côtés.

[1]L’assassin, nommé Raoul Villain, sera acquitté après guerre par la « justice » française, la veuve de Jaurès étant condamnée aux dépens (!!!). Les républicains espagnols vengeront Jaurès en exécutant Villain, alors expatrié en Espagne.

[2] Ancien dreyfusard, France fut l’un des premiers intellectuels à rallier la jeune Section Française de l’Internationale Communiste

[3] Qui, comme Paul Vaillant-Couturier, se rapprocheront tous trois des Soviets et du jeune P.C.F. après 1920.

[4]De manière bien ambiguë. Cf le livre de Stéphane Sirot Des syndicats pour la République, 2014.

[5]S.F.I.O. signifie Section française de l’Internationale Ouvrière.

[6] Inspirons-nous plutôt de l’éloge funèbre que Lénine fit de Rosa Luxemburg, avec laquelle le dirigeant bolchevik n’avait pourtant cessé de polémiquer du vivant de cette dernière : « Rosa Luxemburg est un aigle. Et s’il arrive aux aigles de descendre aussi bas que les poules, jamais les poules ne monteront aussi haut que les aigles ». Avis aux « poules » du sectarisme, qui ne font jamais que caqueter au profit des VAUTOURS du social-réformisme de droite.

[7] Pour ne prendre qu’un exemple, la Dialectique de la nature d’Engels, ce texte majeur du matérialisme dialectique, n’a été exhumé par les chercheurs soviétiques que dans les années 1930…

[8] Marx figure pour la première fois au programme de l’agrégation de philosophie en… 2014-2015 !

[9]En 1920, la minorité réformiste conduite par Léon Blum et par Jean Longuet déserta le P.S.-S.F.I.O. qui venait de voter son adhésion à l’Internationale communiste, ce qui revenait de fait à transformer le P.S. en Parti communiste français. Les minoritaires reprirent le nom de l’ancien parti.

[10] Il est lamentable que, s’adonnant à un effeuillage qui n’est pas sans rappeler le sketch « Les oranges » de Fernand Raynaud, les dirigeants du P.C.F. muté aient successivement retiré de la manchette  de l’Huma la faucille et le marteau, la notion d’organe central du P.C.F., la référence au Parti communiste français, puis la référence même au parti (« journal communiste »), en ne gardant pour finir que la référence (plus « vendeuse » ?) à Jaurès et en gommant les grands animateurs communistes de l’Huma qui ont succédé à Jaurès, les Cachin, Vaillant-Couturier, Sampaix, Péri, Fajon, Alleg et autre René Andrieu.

[11] Cf Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite, Armand Colin.

[12] Cf G. Gastaud Patriotisme et internationalisme.

[13]Marine Le Pen elle-même ne veut pas sortir de l’UE. Quant à l’euro, elle veut en sortir par un « accord concerté » avec l’Allemagne et les 26 autres pays de l’UE. En clair, Mme Le Pen NE VEUT sortir ni de l’UE ni de la monnaie unique européenne.

[14]Cela passe par ce que l’on pourrait appeler les « cinq substitutions : des l’Empire euro-atlantique à l’Etat nation, de l’Europe des Länder à la République une et indivisible, du tout-anglais impérial au français « langue de la République », de la privatisation universelle aux acquis du CNR et d’une économie compradore et financiarisée au « produire en France » ; avec à la clé la tentative de transformer en PLEBE la jeunesse populaire issue de la classe ouvrière et de la paysannerie. La victoire stratégique des classes privilégiées « françaises » sur les frondeuses classes populaires de France, vaut bien la mort de la nation au pays de l’Evêque Cauchon, des Emigrés de Koblentz, des versaillais de Thiers et des Kollabos de Vichy…

[15] La dégénérescence du P.C.F. ne date nullement du congrès de Martigues, comme le croit tant de camarades opposants. C’est en 1976, au 22ème congrès, que le P.C.F. a répudié la dictature du prolétariat, et avec elle la théorie marxiste de l’Etat. C’est en 1979, au 23ème congrès, qu’ont été radiés des statuts du Parti les références au marxisme-léninisme et à l’internationalisme prolétarien. C’est au 28ème congrès qu’ont disparu les références au centralisme démocratique, au socialisme, à la socialisation des moyens de production et à la classe ouvrière… c’est dire si l’ancrage mutant et révisionniste du P.C.F. est ancien et irréversible.

[16]Le Congrès de Tours, Editions sociales, p. 554.

[17]Michel Audiard, l’hilarant dialoguiste des Tontons flingueurs, disait que « les noms de l’Evêque Cauchon (qui fit brûler Jeanne d’Arc) et du gendarme Merda (qui blessa grièvement Robespierre) sont comme des clins d’œil que l’histoire fait aux écoliers ». A cette liste, ajoutons Vilain, l’assassin de Jaurès, ainsi que Trochu, assassin de la Commune dont Hugo disait : « Trochu, participe passé du verbe trop choir »…

[18]Dans sa magnifique Histoire socialiste de la Révolution française.

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 21:12

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Une stèle est érigée à Ty Nu, un lieu-dit de Ploëzal en bordure de route menant à la cale de La Roche-Jagu. La plaque qui y est apposée rappelle que le 6 juillet 1944, trois résistants, Yves Le Moigne, Robert et Yves Henry, sont tombés sous les balles de la milice Perrot. Une cérémonie du souvenir a eu lieu vendredi, en présence de nombreuses personnes, les associations patriotiques de la région et leurs drapeaux.


Mais que s'est-il donc passé ces 6 et 7 juillet 1944 à Ty Nu, Saint-Tudy et Place-Cren, trois quartiers proches l'un de l'autre ? La ferme de Saint-Tudy, exploitée par Jean-Marie et Jeanne Antoine, était connue pour être un lieu de rencontre et d'hébergement d'un groupe de résistants, dont le chef était Yves Le Moigne.


Les Allemands dans le secteur


Lors de la soirée du 6 juillet, trois hommes se présentent à la ferme, prétendent être résistants et que leur véhicule est tombé en panne. Ils demandent de l'aide. Yves Le Moigne, Robert et Yves Henry sont présents et acceptent de leur venir en aide. Ils se rendent à Ty Nu ; là, l'un des miliciens ouvre le feu sur eux. Yves Le Moigne est tué ; Yves Henry, touché aux jambes réussit à se cacher dans un champ de céréales voisin. Il sera repris le lendemain par les Allemands, venus en nombre. Quelques semaines plus tard, à la libération de la Bretagne, son corps est identifié : il a été fusillé par les nazis, dans la lande de Landébaëron.


Robert Henry a réussi à se rendre à la ferme d'Yves Jugon, proche du lieu du guet-apens. C'est Yves Rivoalen, employé à la ferme qui, déjouant l'attention des Allemands, va lui permettre de regagner la clinique à Paimpol. Ses blessures sont graves et il décède quelques jours après.

Ce 7 juillet 1944, les Allemands pullulent dans le secteur. À Saint-Tudy, ils pillent la ferme des Anthoine. Pendant ce temps, à Place-Cren, Georges et Yvonne André, commerçants, subissent un interrogatoire serré et la fouille minutieuse de leur domicile. Ils sont soupçonnés de constituer un maillon du mouvement Libération Nord , dont la mission est de porter secours aux aviateurs abattus et les aider à regagner Plouha puis l'Angleterre.


Georges André, malgré les recherches infructueuses, fut emprisonné puis déporté à Dachau, d'où il fut libéré le 7 avril 1945 par le 3e RTA, placé sous les ordres du général De Lattre de Tassigny.

 

 

source: ouest-france.fr [6/07/2014]

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 18:51

Comme chaque année, le PRCF était présent aux commémorations de la Commune de Paris

 

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 06:10

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              La bataille de Valmy

 

 

Le juriste Roland Weyl, une figure historique qui compte au sein du PCF, signataire du texte "Faire vivre et renforcer le PCF", nous livre son analyse des résultats des élections au parlement européen de juin 2009 (lu sur le blog des communistes de Clichy). Et pour lui, le problème de fond, celui qui est à l’origine de cette abstention massive, c’est bien l’absence de listes remettant en cause la supranationalité de l’U.E. et défendant la souveraineté du peuple en unissant les couleurs de la nation, de l’internationalisme et de la révolution.

 

Une abstention majoritaire, et un basculement à droite. Ces deux constatations n’en font qu’une, surtout si l’on retient aussi que c’est un phénomène qui ne se limite pas à un ou quelques pays, mais affecte l’ensemble des pays d’Europe. Cela oblige à en faire une analyse qui se libère de toute éventuelle savante explication autojustificative des uns et des autres pour en comprendre la vraie leçon. Pour cela on ne peut pas faire l’économie de ce que, en dehors d’une droite nationaliste, aucune liste n’a remis en cause le principe même de l’Union Européenne Supranationale. Le Parlement Européen étant par lui-même une institution supranationale, le seul choix qui a été offert aux électeurs a été entre une Union Européenne supranationale à objectif libéral et une Union Européenne supranationale à objet social.

Ainsi, les citoyens des différents pays qui ne voulaient pas de cette Europe et dont l’expérience a renforcé leur sentiment de dessaisissement de leurs affaires n’avaient aucune possibilité de concrétiser leur choix, et seuls ont pu le faire ceux qui se reconnaissaient dans le nationalisme de droite, ou s’y sont hélas rabattus parce que c’était le seul qui leur offrait une alternative d’expression contre le supra-étatisme.

Autrement dit, ces élections ont démontré l’effet négatif produit par l’absence d’offre d’une alternative d’affranchissement du supra-étatisme sur la base d’une option d’indépendance et de maîtrise nationales, antagonistes du nationalisme de droite. Si l’on se réfère à toute l’Histoire contemporaine, il apparaît que tout le mal est venu de ce que les Partis communistes n’ont pas joué le rôle historique qui a toujours été le leur, c’est-à-dire de militer, à l’opposé du nationalisme xénophobe et conflictuel, pour un plein exercice de la souveraineté populaire dans le respect mutuel de la pluralité différente des peuples. Il serait salutaire de relire le discours par lequel, à Villeurbanne en 1933, Maurice Thorez exhortait les communistes à ne pas laisser la Marseillaise et le drapeau tricolore à la droite.

Ce fut l’âme de l’engagement majeur des communistes de tous les pays d’Europe dans la Résistance aux nazis, résistance où patriotisme et antifascisme étaient inséparables.

Ce fut l’âme de l’engagement des communistes français, au lendemain de la Libération, pour la restauration des moyens de notre économie nationale et de leur opposition consécutive à la mise en dépendance de l’économie états-unienne qu’a été le plan Marshal, puis de leur lutte victorieuse contre le projet de « Communauté Européenne de Défense ». En même temps, leur constante lutte aux cotés des peuples opprimés par le colonialisme français et leur militantisme pour la solidarité avec l’immigration et pour la coopération entre peuples égaux et libres rendaient impossible tout risque d’amalgame avec le nationalisme de droite. Le délaissement de cet acquis fondamental, ayant une valeur identitaire, est d’autant plus dommageable que, loin d’être obsolète, c’est une donnée plus actuelle qu’elle l’a jamais été.

D’abord, la notion de souveraineté nationale n’est pas une vieille notion périmée. On ne dira jamais assez qu’il s’agit simplement de la notion de souveraineté populaire intégrant le pluralisme des peuples.


Comme concept de base, la souveraineté populaire, fondée sur l’exercice permanent du pouvoir par le truchement d’élus qui n’en sont que les instruments, ne doit pas être confondue avec le populisme, délégation du pouvoir à la démagogie d’un chef suprême, dont elle est le contraire. Et la souveraineté nationale est l’exercice de la souveraineté populaire à l’échelle de la Nation. Elle s’oppose au nationalisme en ce qu’elle est (ou doit être) une base d’opposition non pas aux autres nations, mais à ce que la nation soit sous une maîtrise étrangère à celle du peuple. On ne peut pas en avoir une vue plus claire qu’en se référant à la valeur que lui donne la Charte des Nations Unies, qui en fait une composante substantielle de la légalité internationale qu’elle institue.

Quand son Préambule commence par « Nous Peuples des Nations Unies….avons décidé d’unir nos efforts….En conséquence, nos gouvernements ont signé la présente Charte », c’est 1) par l’utilisation de la première personne (« Nous »), la proclamation de la primauté des peuples (de leur souveraineté) et de ce que leurs gouvernements ne sont que les instruments de son exercice. C’est la proclamation de la souveraineté populaire à l’échelle mondiale. 2) par l’utilisation du pluriel, le constat qu’il n’y a pas UN peuple mondial mais des peuples différents répartis sur des territoires qu’ils sont seuls compétents pour administrer dans le respect mutuel de leurs compétences territoriales respectives. C’est la consécration de l’indissociabilité entre universalité et pluralité, impliquant la dimension nationale, égalitaire et multiple, de la souveraineté populaire.

Il y a là un progrès historique de civilisation. Le problème est que ce n’est à ce jour qu’une proclamation, car tout est fait pour faire ignorer ou oublier, précisément en raison du renversement de logique que cela constitue. C’est pourquoi aussi sa mise en réalité est conditionnée par le combat des peuples.


Et cela vaut évidemment pour l’Europe. Il n’y a pas UN peuple européen mais des peuples en Europe. En cela, les tentatives de prêcher des « Etats Unis d’Europe » selon le modèle des Etats-Unis d’Amérique sont dénuées de toute validité. En effet, même s’il y a des différences régionales entre les Etats du Sud et du Nord, les Etats-Unis d’Amérique ne sont guère que des subdivisions administratives, une sorte de décentralisation d’un Etat national unique, où existent certes des différences communautaires, mais transversales, et où les Etats ne résultent pas de la répartition géographique de l’exercice de leur compétence territoriale par des peuples différents. Alors qu’en Europe, il est clair qu’il en est tout autrement, les Etats s’étant historiquement constitués en fonction du passé identitaire de chaque peuple, dont cela a dialectiquement contribué à renforcer l’identité.

Il en résulte que s’il serait stupide et irréaliste de combattre toute idée de coopération des peuples d’Europe, comme ayant une solidarité (une sorte de dénominateur commun continental), ce ne peut pas être en les contraignant à se fondre dans une identité européenne unique, artificielle et négatrice de leurs identités différentes, leur soustrayant le pouvoir au profit d’organes lointains et étrangers, mais dans le respect libérateur et productif des principes de la Charte des Nations Unies « Nous peuples Unis des Nations d’Europe ».

La Charte d’ailleurs prévoit que les peuples peuvent constituer des organisations régionales, mais dans le respect de ses principes. Cela signifie que cela doit être sur la base de la maîtrise de chaque peuple sur ses affaires, dans le respect mutuel de leurs identités et souverainetés respectives, et essentiellement pour tisser entre eux des relations mutuelles.

On ne soulignera jamais assez qu’on ne peut coopérer que si on est multiple, car une unité ne coopère pas avec elle-même, pas plus qu’une unité ne peut avoir de respect mutuel avec elle-même.

Il doit être clair que dans les relations internationales, qui doivent être réellement « internationales », c’est-à-dire entre nations, l’organisation régionale doit être un plus, celui de relations régionales s’ajoutant aux relations mondiales, mais toujours dans le cadre de l’exercice par chacun de sa libre et égale souveraineté coopérante. Or tout ce qui est supranational est un moins, puisque cela retire à un peuple une partie de sa souveraineté.

Le mot de Jaurès n’est pas périmé qui disait qu’un peu d’internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup d’internationalisme y ramène ?

Une Europe par en haut (« verticale ») ne peut être qu’une Europe de droite, et une Europe « de gauche » ne peut être qu’une Europe par en bas (« horizontale »). Seule une vue claire de cette alternative peut être la base oppositionnelle d’une participation contradictoire à une Europe d’en haut ; et le donner à voir, en offrir l’objectif, peut prendre un sens, mais faute de cela il est compréhensible que les peuples n’y en voient pas.

Le paradoxe est que ce vide est celui que les partis communistes avaient et auraient vocation de remplir, et l’enseignement des élections européennes doit être qu’il est urgent qu’ils retrouvent leurs sources, pour les Français celle de Babeuf, des auteurs de l’Internationale, de la Commune de Paris, pour les Tchèques celle de Jean Huss, pour les Italiens celle de Garibaldi, etc… Il est urgent de se rappeler qu’il n’y avait rien de chauvin et de nationaliste quand Vaillant–Couturier lançait « Nous continuons la France », quand Aragon, évoquant Gabriel Péri a écrit que l’Internationale continuait la Marseillaise, quand en 1961 à la dernière conférence mondiale des Partis communistes, Maurice Thorez vantait l’indépendance de chaque Parti dans sa relation avec tous les autres, dans la prise en compte de leurs différences d’attaches et d’ambitions et d’obligations nationales. Et il n’est pas indifférent que, alors, l’une des brochures des écoles de base du parti se soit appelée « classe et nation ».


Des émigrés de Coblenz contre les sans-culotte de Valmy, à la trahison des trusts et à leur « plutôt Hitler que le Front populaire », notre peuple n’a-t-il pas constamment vérifié qu’à chacune de ses périodes d’avancée dans la conquête de la maîtrise de ses affaires, ses maîtres en voie de leur dépossession sont allés chercher le secours de la coalition des sans-patrie. Et n’est-ce pas encore plus vrai à une époque où contre le capitalisme mondialisé substitué à la bourgeoisie d’antan, le front de classe s’est déplacé du prolétariat aux peuples entiers ?


La crise du PCF tient à la victoire idéologique de ses adversaires de tous bords qui se sont évertués à le travestir en section du Parti soviétique, mais il est de fait que toutes les grandes pages de son histoire ont été marquées par l’indissociabilité du combat révolutionnaire et du combat pour l’indépendance nationale, la maîtrise de ses affaires par notre peuple, fraternellement avec tous les autres.


Il est de fait que l’éventail des options offertes aux électeurs pour les élections européennes étaient entre une Europe sociale ou libérale mais en tout cas supranationale et dessaisissant les peuples de leurs affaires et une revendication nationaliste de l’indépendance nationale rétrograde, exclusive de souveraineté populaire, mais qu’il n’y en avait aucune qui relevât le drapeau unissant les couleurs de la nation, de l’internationalisme et de la révolution.

Il n’est pas possible de faire l’impasse sur la relation possible entre ce manque et le caractère massif des abstentions. Alors peut-être mesurerait-on que ce ne sont pas seulement les communistes qui s’en sont mutilés, mais le peuple qui en est devenu orphelin, alors que tout démontre qu’il en a besoin, que ce rôle reste à assumer, et que c’est celui, naturel et consubstantiel d’un Parti communiste.


Roland Weyl

 

 

sources:

-le blog de la section de Clichy du PCF (92): http://communistesclichy92.elunet.fr/index.php/post/17/11/2009/Identite-nationale-%3A-souverainete-nationale-et-souverainete-populaire

-le blog de la section de Vénissieux du PCF:  http://pcf.venissieux.org/Vive-la-souverainete-des-peuples.html

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 19:48

Ayant pris connaissance de la polémique naissante autour de la dénomination d'une des rues du nouveau quartier de Gourland au nom de Polig Monjarret (Le Télégramme d'hier), l'ancien élu municipal Alain Junter a adressé une lettre au maire, hier. Il enjoint les élus à se prononcer une nouvelle fois sur cette décision du conseil municipal datée du 16 décembre 2013. « Mon vote a été effectué sur les seules informations qui ont été portées à ma connaissance lors des délibérations (...) concernant la personne de Polig Monjarret, si ses qualités de militant et ardent défenseur de la musique et de la culture bretonne avaient été soulignées, il n'y avait pas été fait référence à son passé obscur durant l'occupation », indique l'ancien élu, devenu président de l'Office des sports, dans sa lettre à Philippe Le Goff. Et de conclure : « Je refuse que ma voix porte caution au nom de Polig Monjarret, pour l'une des rues de ce nouveau quartier et je demande que le conseil municipal nouvellement élu, réexamine la dénomination de cette voie et lui attribue le nom d'une personne au passé moins obscur, et plus glorieux ».

 

source: letelegramme.fr (22/05/2014)

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 19:02

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Suspicieux sur le rôle que l'homme a joué sous l'Occupation, des représentants de la Libre pensée et l'Anacr ont rencontré le maire, hier, pour qu'il renonce à donner le nom de Polig Montjarret à une rue de Gourland. « Le nom des rues n'est pas innocent. Ce sont aussi des exemples pour la jeunesse. » Président du groupe costarmoricain de la Fédération nationale de la Libre pensée, Yvon Bourhis était à Guingamp, hier. Accompagné de François Le Pivert, représentant du groupe briochin et de Thomas Hillion, ancien résistant et président départemental de l'Anacr (Association des anciens combattants de la Résistance), le militant a rencontré Philippe Le Goff pour exposer son opposition à la création d'une rue nommée Polig Montjarret, dans le nouveau quartier de Gourland. Né en 1920 à Pabu et décédé en 2003 à Ploemeur (56), Polig Montjarret a fait ses études au collège Notre-Dame de Guingamp. Fils d'un père menuisier, il a été promu à l'école de formation des cadres, au secrétariat de la Jeunesse et sport, institution pétainiste que les autonomistes entendaient contrôler. Joueur de biniou, l'homme est connu pour avoir été le fondateur du Bodadeg ar Sonerien (BAS) et un ardent défenseur de la musique et de la culture bretonne. « Mais jamais nulle part, il n'est rappelé que le musicien supposé défendre la musique populaire recrutait des lecteurs pour "L'heure bretonne", journal pro Nazis en 1943. Jamais il n'est dit non plus que le fondateur du BAS dirigeait les groupes de combat du Parti national breton nazi sous l'Occupation !
», exposent les représentants de la Libre pensée et de l'Anacr.

« Face occultée de l'histoire »

Dénonçant « la face occultée de l'histoire du personnage à l'heure de l'Occupation », ces derniers ont remis au maire un livret documenté sur « le cas Paul Montjarret ». « Il nous a dit qu'il allait lire consciencieusement la brochure et réfléchir au problème avant d'inscrire une discussion sur le sujet à l'ordre du jour du conseil municipal », rapporte Yvon Bourhis, qui estime avoir trouvé une oreille attentive. Auprès d'Annie Le Houérou, les militants ont déjà mené une levée de boucliers sur la question, fin 2013. « Quand je l'ai vue au congrès de l'Anacr, elle m'a assuré qu'il n'y aurait pas de rue Montjarret à Guingamp tant qu'elle serait maire », se réjouissait d'avance Thomas Hillion. Mais depuis, la députée a quitté son fauteuil de maire et le combat du Plouagatais de naissance n'a pas porté ses fruits. Une lutte nécessaire pour l'ancien résistant qui dit avoir lui-même côtoyé Polig Montjarret, au temps de la Gestapo. « Quand j'ai refusé de lire "L'heure bretonne", il m'a dit qu'il était de la Milice et qu'il me retrouverait. Si je suis encore en vie aujourd'hui, ce n'est pas grâce à lui ! », témoigne le président de l'Anacr. « Nous n'avons rien contre la langue, la culture ou l'histoire bretonne, à condition qu'on dise la vérité », résume enfin Yvon Bourhis, bien déterminé à mener à son terme le devoir de mémoire.

 

Jennifer PINEL

letelegramme.fr (21/05/2014)

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

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consacrée au dossier Renault

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