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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:02

Louis-renault----Hitler.jpg

Photo tirée de l’article suivant: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-renault-lettre-ouverte-d-106876

 

 

 

Madame, Messieurs,


Le 14 décembre, pendant plus de huit minutes, Nicolas Poincaré a interviewé sur Europe 1 Hélène Dingli-Renault sans l’exposer à la contradiction [1]. Les thèses avancées à cette occasion reproduisent celles du mari de l’intéressée, Laurent Dingli, également sur vos ondes et sans contradiction, le 3 août 2011 au cours de l’émission de M. Franck Ferrand, Au cœur de l’histoire, entièrement cautionnées par ce dernier. Constituant des contrevérités, elles sont démenties par les douze textes que vous trouverez ci-joints, envoyés à plusieurs de vos confrères le 12 décembre 2011. J’ajouterai de nouveaux éléments de démonstration dans plusieurs courriers suivants, destinés aux media en général.


Ces documents (copies ou transcriptions), de même que ceux à venir, infirment la thèse soutenue par Hélène Dingli-Renault le 14 décembre que Louis Renault « n’a pas collaboré avec les Allemands […] avec zèle et sans contrainte », a pratiqué une « production au ralenti » et « a moins produit que Citroën et Peugeot ». Les documents 5, 6 et 10 sont à cet égard explicites.


Selon le document 5, évoquant « le risque » de bombardements, le 13 janvier 1942 - soit près de deux mois avant celui du 3 mars -, Renault bénéficiait de privilèges exceptionnels, des surprofits consentis à « une entreprise particulièrement importante à activités multiples », avec le ferme soutien du comité d’organisation de l’industrie automobile (COA) dirigé par son « directeur responsable » François Lehideux, neveu de Louis Renault, alors en outre ministre de la production industrielle : 12%, soit deux fois plus que les plus petites entreprises, et encore 20% de plus que ses rivales puissantes, les « grandes entreprises », gratifiées de 10%.


Document 6 : contribution allemande directe à l’augmentation des capacités de la société anonyme des usines Renault (SAUR).


Document 10 : tableau comparatif par constructeur, attestant les effectifs salariés exceptionnels assurés aux usines Renault. Des textes suivront sur le rôle exceptionnel de la SAUR dans les livraisons à l’Allemagne.


Certains documents présentés ici contredisent simultanément l’affirmation d’Hélène Dingli-Renault que « les usines Renault n’ont jamais fourni de chars pour l’armée allemande, de même que les autres entreprises d’automobiles n’ont fourni de chars pour l’armée allemande ». La deuxième partie de la phrase de votre interlocutrice est obscure : j’ignore si elle a voulu opposer ou unifier tous les constructeurs, mais le document 4 confirme, comme je l’ai écrit dans mon ouvrage Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999, 661 p., à la fois que Renault était constructeur de chars et qu’il n’était pas le seul.


Quoi qu’il en soit, la dénégation est reprise depuis janvier 2011 dans une foule de media par les héritiers de Louis Renault et leurs représentants, sans réplique faute de contradicteur informé : « jamais Louis Renault n’a accepté de fabriquer ni de réparer des chars pour les Allemands », avait déjà affirmé Laurent Dingli, cité par Thomas Wieder et Pascale Robert-Diard, dans Le Monde Magazine du 8 janvier 2011 (« Renault. La justice révise les années noires »). Elle est aussi erronée que les précédentes, bien que la Cour d’Appel de Limoges, s’érigeant en tribunal historique, l’ait cautionnée : son arrêt du 30 juillet 2010 tronque de nombreuses sources sur la fabrication de chars « pour le 15 juin » 1941 par les usines Renault citées p. 143-146 de l’ouvrage d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation en les réduisant à « la reproduction d’une simple note attribuée à une source (R.M. 2 polonais) non identifiée, qui n’a été corroborée par aucun élément objectif. » Or, il s’agit d’un document de renseignement adressé au BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) du général de Gaulle, classé comme RM 2 polonais, n° 1847, dossier n° 32, Seine, 30 avril 1941, source : Londres 1939-1945, 300, archives du ministère des Affaires étrangères. Les nombreux envois de ce type à Londres, « non identifié[s] » en clair, puisqu’il s’agit, par définition, de renseignements secrets, concordent tous (op. cit., loc. cit.). Ils ont constitué une source essentielle du choix par les Alliés anglo-américains des cibles de leurs bombardements, tel celui du 3 mars 1942 sur les usines Renault de Boulogne-Billancourt.


L’affirmation que la production était « contrainte » parce que Renault avait des « commissaires allemands » sera contestée dans un prochain courrier, pièces à l’appui.


Quoi qu’il en soit, les textes 2, 4, et 8 sont formels :


1° sur la réparation des chars français acceptée par écrit par Louis Renault le 1er août 1940, après « trois semaines » de négociations avec les Allemands, acceptation muée le 4 août en réquisition d’ateliers à « direction allemande » à la demande de Lehideux, au nom de Louis Renault : le texte 2 du 4 août 1940, présent dans plusieurs cotes du fonds Lehideux-COA de la Haute-Cour, constitua un élément d’accusation majeur de collaboration contre Lehideux, porte-parole officiel de Louis Renault.


2° sur la fabrication de chars et pièces de chars par les usines Renault. Sous l’Occupation, l’industrie automobile française ne fabriqua pas seulement des éléments finis ou complets (voitures, camions, chars, tracteurs militaires, etc.), mais des pièces de ces mêmes ensembles, d’un tonnage équivalent ou supérieur (par exemple en 1943). Une partie des éléments fabriqués étaient montés soit en France dans d’autres entreprises, soit en Allemagne : les constructeurs automobiles allemands, y compris les plus grandes marques, ne fabriquaient pas alors des véhicules complets, comme leurs homologues français, contrôlant la chaîne de fabrication entière, mais assuraient leur montage final. Les fonds Lehideux-COA sont extrêmement riches en la matière.


Hélène Dingli-Renault et Laurent Dingli ont la chance de n’avoir pas à commenter les bombardements alliés qui visèrent particulièrement les usines Renault, depuis celui du 3 mars 1942, « le plus dur pour » Louis Renault – formule de M. Dingli, le 3 août 2011, où Franck Ferrand n’a pas fait souffrir son interlocuteur à ce sujet ; Nicolas Poincaré n’a pas même posé la question à Hélène Dingli-Renault le 14 décembre 2011. Il convient pourtant d’expliquer au peuple français – que cette héritière de Louis Renault et son conjoint s’efforcent de mettre en condition pour le neutraliser ou obtenir son agrément à l’indemnisation que sept héritiers ont requise de l’État par leur assignation du 9 mai 2011 - pourquoi les usines Renault ont été particulièrement pilonnées par l’aviation anglo-américaine : par erreur, ou dans le but de commettre de purs « crimes de guerre » ou « contre l’humanité » ? Le document 9 ci-joint (réunion franco-allemande du 26 août 1943), dans lequel « M. Louis [Jean Louis, directeur des fabrications aux usines Renault] revient sur le désir exprimé par M. Louis Renault de voir le montage exécuté en dehors des usines, afin d’éviter les risques de bombardements », atteste la pleine conscience de l’industriel des motifs de l’exposition particulière de ses établissements aux bombardements alliés, au moment même où il acceptait d’augmenter la cadence de production « journalière » des camions (les 3,5 t du « front de l’Est ») « de 33 camions à 50 camions » - soit de 52%, en « un mois environ ».


Selon ce même document, « le Dr Wiskott demande à M. Louis si M. Schaaf ne pourrait pas rencontrer M. Louis Renault lors de son prochain passage à Paris. Ces messieurs s’entendent pour qu’en principe une entrevue entre eux ait lieu le lundi 30 août 1943, dans l’après-midi, le lieu et l’heure exacts devant être fixés ultérieurement. » Ce rendez-vous entre l’industriel et un dirigeant allemand de l’armement – pratique courante prouvée par d’autres documents de 1942 et 1943 qui seront envoyés plus tard - infirme la thèse, soutenue en chœur par MM. Dingli et Ferrand le 3 août 2011, d’un Louis Renault, déjà « aphasique » avant le 3 mars 1942, et dont le bombardement de ce jour aurait terriblement aggravé l’aphasie.


J’aborderai dans un autre courrier la question de l’indemnisation par l’État, c’est à dire par le contribuable français, de 1942 à 1944, des pertes occasionnées par ces bombardements.

Hélène Dingli-Renault et Laurent Dingli se taisent - les media, votre station comprise, s’abstenant de les interroger - sur les « usines souterraines » qui fonctionnèrent jusqu’en juillet 1944. Or, Louis Renault en personne, fortement demandeur auprès des Allemands, fut au minimum un de leurs initiateurs français, sinon leur initiateur. Ce même document 9 (réunion franco-allemande du 26 août 1943) le laisse entendre, se référant à la réunion franco-allemande précédente, du 24 août 1943, qui prouve l’initiative personnelle de Louis Renault en la matière : le compte rendu en sera envoyé par un prochain courrier, relatif aux « usines souterraines ». M. Dingli, disert contre mon article « Louis Renault et “la fabrication de chars pour la Wehrmacht” » (http://blogs.mediapart.fr/edition/usages-et-mesusages-de-lhistoire/article/160211/louis-renault-et-la-fabrication-de-char) au point de lui avoir consacré une rubrique de son site (« Réponse à l’historienne Annie Lacroix-Riz […] » : http://www.louisrenault.com/index.php/reponse-a-annie-lacroix-riz), n’aborde pas ce point, pourtant fort éclairant.


Sur ces « usines souterraines » ayant permis de servir la guerre allemande jusqu’en juillet-août 1944, époque où l’industrie allemande était éprouvée par les bombardements alliés, l’interrogatoire du chef SS Helmuth Knochen par le commissaire principal des Renseignements généraux, Marc Bergé, le 4 janvier 1947 (3 W, 358, interrogatoires d’Allemands, AN), recoupe strictement les fonds de 1944, dont de nombreux extraits sont cités dans Industriels et banquiers, p. 196-198.


Les archives démentent aussi formellement les affirmations relatives aux conditions :

d’arrestation de Louis Renault. Le sujet sera traité, pièces à l’appui, par le prochain courrier ;

d’incarcération de Louis Renault. Je cite Hélène Dingli-Renault sur vos ondes : « […] il a été incarcéré à la prison de Fresnes où il a été maltraité, il a été victime de maltraitance, il est resté sans soins, c’est un homme très malade, il est donc décédé des suites de maltraitance et du manque de soins ».

D’une part, le document 11 ci-joint atteste que Louis Renault passa l’essentiel de son séjour présumé « à la prison de Fresnes » dans une « maison spéciale de santé de Neuilly-sur-Marne » du 5 au 16 octobre inclus ; puis « dans un [autre] centre approprié à son état », où il mourut le 24 octobre suivant : le seul bulletin de santé du médecin de Neuilly-sur-Marne infirme la thèse à nouveau énoncée le 14 décembre 2011, après que, le 3 août, sur Europe 1, Franck Ferrand et Laurent Dingli eurent en outre imputé ces « mauvais traitements » à des ennemis de l’industriel, communistes ou assimilés ivres de vengeance. Les médecins, qui examinèrent et soignèrent Louis Renault, au minimum du 5 au 24 octobre 1944, sont ainsi accusés par une héritière et son mari – accusation relayée systématiquement sur les ondes d’Europe 1 - d’avoir cautionné son éventuelle « maltraitance » et de l’avoir laissé mourir par « manque de soins ». La seule source fournie érige le propos en diffamation.


D’autre part, le 12e document ci-joint montre que Me Isorni, avocat de la veuve de Renault – un des avocats de Pétain dont la pugnacité avait été démontrée au procès de juillet 1945 -, ne décela sur le cadavre, comme les autres témoins, « aucune trace de violences » à « l’ouverture du cercueil » (en vue de nouvelle autopsie) en février 1945, Le fonds BA 2135 des APP, source de ce document 12, établit que l’enquête de février 1956, rouverte à la suite de la plainte de Mme Veuve Renault, renouvela, après nouvelle autopsie, le constat de février 1945. Je puis mettre les pièces correspondantes à votre disposition.


Sur l’avant-guerre et le prétendu rejet du fascisme par Louis Renault, question dont je traiterai également dans un prochain envoi, Hélène Dingli-Renault a réitéré les contrevérités couramment exposées, notamment le 3 août 2011, par Laurent Dingli en déclarant à M. Poincaré : « la production avant guerre pour la mobilisation industrielle a été très importante au point, que, l’on ne le dit pas, peut-être pour des raisons idéologiques, mais les usines Renault ont été décorées de l’ordre de l’armement pour une production massive pour l’armée française. Donc, on se rend compte que, là produire insuffisamment pour la défense nationale, cela ne repose sur rien et en plus on peut constater que les usines Renault ont été, une nouvelle fois, je le répète, décorées de l’ordre de l’armement. »


Le texte 1 ci-joint - note des Renseignements généraux de la Préfecture de police du 25 novembre 1939 (BA 2136, Renault, APP) rédigée, selon l’habitude, à partir de données transmises par le commissariat de police de Boulogne-Billancourt -, décrit l’attitude de Louis Renault envers la défense nationale, près de trois mois après la déclaration de guerre. Ce sabotage public, en pleine guerre théorique contre l’Allemagne, infirme la thèse d’« une production très importante » avant l’Occupation. Constant, de la part de Renault, avant et pendant la « Drôle de guerre », ce sabotage de l’armement, qu’Emmanuel Chadeau, autre biographe de Renault, imputait à la conversion pacifiste de l’industriel, devenu « briandiste » après son allant guerrier de Grande Guerre (Louis Renault, biographie, Paris, Plon, 1998, passim), était fin 1939 si notoire qu’il contraignit le reste du conseil d’administration de la Société anonyme des usines Renault (SAUR) à inventer la double thèse, décrite dans ce document 1 :


d’un allant patriotique du lieutenant de Louis Renault, son neveu François Lehideux, pourtant en parfait accord avec son oncle, comme l’atteste l’énorme documentation française environnante de toutes origines ; à commencer par son mandat formel pour négocier avec les Allemands le 4 août 1940, énoncé au présent document 2, et,


de la folie de Louis Renault, seule susceptible, en pleine guerre officielle, de le soustraire à l’accusation de « trahison » ou « intelligence avec l’ennemi » ou « complot » ou « crime contre la sûreté » ou « la sécurité de l’État » - avec ou sans précision « sûreté intérieure » ou « extérieure ». C’est ce dernier « crime contre la sûreté extérieure de l’État », défini par les articles 75 et suivants du Code pénal, puni de la peine de mort, qui figure dans le mandat d’arrêt de Louis Renault du 16 septembre 1944. On trouvera copie de celui-ci dans le prochain envoi.


D’autres documents, à venir, confirmeront le veto de Louis Renault contre la production pour la défense nationale, avant-guerre et pendant la « Drôle de guerre ».


Sur l’avant-guerre et la guerre, une question n’est jamais posée aux héritiers de Louis Renault – Europe 1 n’ayant pas failli à cette récente tradition fixée dès l’ouverture de leur campagne médiatique par l’article de Thomas Wieder et Pascale Robert-Diard dans Le Monde Magazine du 8 janvier 2011, intitulé « Renault. La justice révise les années noires » : celle de la violence répressive légendaire de l’industriel, relayée dans les usines Renault par ses délégués directs. Sa collaboration avec la police française, assumée en particulier par Lehideux, sera documentée par des sources d’avant-guerre et de la Drôle de guerre. Sera démontrée par la même voie archivistique la collaboration, sous l’Occupation, des usines Renault avec le tandem police française-police allemande. Cette activité participe non seulement de la collaboration économique (volonté d’accroître à tout prix le rendement, complaisance pour la « relève », etc.), mais de la collaboration politique stricto sensu. Ces dossiers montrent que les héritiers de Louis Renault ont été, avant-guerre, pendant la guerre et sous l’Occupation allemande, précédés dans la « souffrance » par les salariés de la SAUR : la question des terribles souffrances morales qui les accablent depuis leur naissance est régulièrement posée depuis janvier 2011 dans les media à Hélène Dingli-Renault et aux autres héritiers en mal de « réhabilitation » de leur grand-père ; celle des souffrances matérielles et morales infligées aux salariés ne l’a jusqu’ici pas été.


Je vous remercie de noter que M. Patrick Fridenson, systématiquement consulté ces temps-ci par les media et à nouveau cité le 14 décembre 2014 par Nicolas Poincaré, a consacré à Louis Renault et à la SAUR d’importants travaux s’arrêtant à septembre 1939, c’est à dire à la déclaration de guerre officielle, en particulier son Histoire des Usines Renault 1. Naissance de la grande entreprise, 1898-1939, Paris, Seuil, 1972. Spécialiste reconnu du Renault d’avant-guerre, M. Fridenson ne l’est pas du Renault de la Deuxième Guerre mondiale et de l’Occupation, comme l’atteste la liste de ses travaux (http://crh.ehess.fr/index.php?/membres/membres-statutaires/fridenson-patrick/1850-bibliographie-1968-2002file=1 ; http://crh.ehess.fr/index.php?/membres/341 Bibliographie 2003-2011).


La thèse, qu’il répète dans divers media depuis son interview du 23 novembre 2011 sur France Info, qu’« on ne sait pas » ce que Louis Renault a fait sous l’Occupation, notamment parce que « les archives allemandes ne sont pas ouvertes », ne reflète que sa propre ignorance ou sa négligence d’un dossier solidement étayé, au contraire, par les sources françaises et par des fonds allemands présents en France même.


Ainsi y dispose-t-on de la série AJ 40 des Archives nationale, dite « archives du Majestic », qui a constitué l’une des bases d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation. M. Fridenson, à défaut de d’avoir lu ce livre, en connaît l’existence, de même que celle de tous mes travaux sur l’économie de l’Occupation parus depuis 1986 (« Les grandes banques françaises de la collaboration à l’épuration, 1940-1950 », revue d’histoire de la deuxième guerre mondiale, 1986 : « I. La collaboration bancaire », n° 141, p. 3-44 ; « II. La non-épuration bancaire 1944-1950 », n° 142, p. 81-101) : son intervention depuis 1994, soit contre leur publication, soit pour les (faire) critiquer à l’occasion de leur parution, l’atteste.


Certains des textes qui vous sont ici présentés sont extraits des fonds de la Haute Cour de Justice (instruction des procès des ministres et secrétaires généraux de Vichy) relatifs à Lehideux et au COA, dont le neveu de Louis Renault fut le « directeur responsable » du 30 septembre-1er octobre 1940 à son arrestation, le 25 août 1944, 3 W 217-234, série que j’ai intégralement dépouillée. Parmi eux figurent les documents 2, 5, 6, 8, comptes rendus de services allemands, traduits en français, explicites sur la réparation puis sur la fabrication des chars Renault au service de la Wehrmacht (voir également mon article déjà cité « Louis Renault et “la fabrication de chars pour la Wehrmacht” »).


Vous recevrez d’autres documents, classés par thème de justification des héritiers Renault. Je vous remercie, cependant, Madame, Messieurs, de noter d’ores et déjà que je conteste l’exclusivité que votre station accorde aux falsifications historiques répandues par ceux-ci, démontrées par les sources d’archives originales qui forment l’étai de mes propres travaux. M. Ferrand a, le 3 août 2011, laissé M. Dingli me mettre nommément en cause sur Europe 1, avant de le féliciter pour son rôle dans la croisade contre les historiens acharnés à « salir la mémoire de Louis Renault ». Les erreurs et contrevérités multipliées au cours de cette émission, l’agression de M. Dingli et les félicitations de M. Ferrand ont motivé mon courrier, fort courtois (copie ci-jointe [2]), adressé à ce dernier le 4 août, auquel je n’ai, à cette date, pas reçu réponse.


Je vous demande à nouveau, Madame, Messieurs, d’être invitée à informer vos auditeurs des faits historiques qui leur ont été ainsi celés, et ce, dans un premier temps, dans les mêmes conditions que vos interlocuteurs uniques les 3 août et 14 décembre 2011. Pour le reste, je suis naturellement ouverte au débat ou à la discussion, à l’encontre de ce qu’a affirmé M. Dingli le 3 août 2011. Dans la phase finale de l’interview du 14 décembre, M. Poincaré a évoqué l’énorme indemnisation qui résulterait d’un succès juridique des héritiers Renault, pesant sur le contribuable et jugée légitime par l’héritière Renault. Ce sujet intéresse les Français plus que mes opinions politiques, stigmatisées par M. Dingli sur vos ondes, et ailleurs : pareille méthode relève de la délation, pas du débat historique, qu’elle aide d’ailleurs à proscrire. Je conteste pour ma part les déclarations de M. Dingli démenties par les sources originales, non ses options politiques, qui m’indiffèrent.

Je m’étonne que les media qui, légitimement, ne signalent pas les orientations politiques de mes collègues, échelonnées de l’extrême droite à la gauche non-communiste, dénoncent les miennes. Je m’étonne plus encore qu’ils n’aient pas, votre station comprise, mentionné le grave conflit d’intérêts qui entache les interventions réitérées de Laurent Dingli : cet historien, spécialiste d’histoire moderne passé à l’histoire contemporaine en raison de ses liens avec une héritière qui assigne l’État en indemnisation, verrait son sort financier considérablement amélioré par le succès de l’entreprise. Je suis moi-même, dans cette affaire, indépendante, désintéressée et exempte de tout conflit d’intérêts.


Bien cordialement,


Annie LACROIX-RIZ, le 23 décembre 2011.
Professeur émérite d’histoire contemporaine
Université Paris 7-Denis Diderot
http://www.historiographie.info/

 

 

source: initiative-communiste.fr 

  lundi 2/01/2012

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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 01:29

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  Louis Renault présente un prototype à Hitler et Göring au salon de l'auto de Berlin en 1939

 

 

 

"L'Hermine Rouge"  soutient l’action de l’association « Esprit de Résistance ».


Le 16 janvier 1945, le général de Gaulle, Président du Gouvernement provisoire de la République française, signa une ordonnance de nationalisation des usines Renault pour cause de collaboration avec l’ennemi.


L’ordonnance n°45-68 parue au Journal Officiel du 17 janvier 1945 expose ainsi les fondements de la nationalisation (p. 222-224) :

« Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt. »


L’ordonnance fixe ensuite les objectifs de la nationalisation :

-dissolution de la Société Anonyme des Usines Renault (SAUR) ; confiscation de ses biens et de ceux de son président, Louis Renault, qui est décédé avant sa comparution en justice et dont la complicité avec l’occupant nazi est pleinement établie;


-institution de la Régie Nationale des Usines Renault, acte majeur de la poursuite et du développement des activités de cet ensemble industriel; l’article 7 des statuts précise que la Régie Nationale « a pour objet de continuer dans l’intérêt exclusif de la Nation l’exploitation de la société dissoute… »


L’ordonnance 45-68 prévoit de plus le règlement de la question des biens de L. Renault qui ne sont pas dévolus à la Régie Nationale (article 6). Un accord définitif est conclu entre l’État et les héritiers, le 15 mars 1947.


Aujourd’hui, les petits-enfants de Louis Renault renient cet accord. Ils ont porté plainte contre l’État en utilisant pour ce faire la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont ils demandent l’application rétroactive. Ils sollicitent ainsi des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros, et qui seraient à la charge des contribuables. Ils montrent ainsi que leur principale motivation n’est pas la défense de la mémoire d’un grand-père qu’ils n’ont pas connu, comme ils le prétendent sur les plateaux de télévision, mais un simple intérêt financier.


Cette demande d’indemnisation s’appuie sur une campagne de presse unilatérale, disposant du soutien de nombreux médias, y compris ceux du service public audio-visuel, de blanchiment de Louis Renault, champion de la collaboration industrielle française au service des armées nazies. Cette campagne porte atteinte à l’honneur de la Résistance et de la France qui signa à Berlin la capitulation sans condition du IIIe Reich.


La vérité ressort des archives de 1935 à 1944, aujourd’hui consultables. Elles mettent en lumière le rôle déshonorant de pourvoyeur des armées du IIIe Reich que Louis Renault assuma avec un zèle inégalable dès août 1940 et jusqu’en août 1944.


De même, Louis Renault fut le plus féroce organisateur de la répression anti-ouvrière. Dès l’avant-guerre il se distingua contre les « Renault », notamment à Billancourt après la grève de novembre 1938. Pendant l’occupation, il mit ses réseaux de mouchardage et de délation au service de la chasse policière aux résistants, aux militants politiques clandestins et aux syndicalistes. Traqués, dénoncés nommément par la direction de la SAUR à la police, arrêtés, torturés, livrés à la Gestapo, certains comptèrent parmi les fusillés du Mont Valérien, les autres furent internés et déportés. Par son acharnement à fournir aux Nazis toujours plus d’armes en multipliant sa production, Louis Renault porte l’entière responsabilité dans les bombardements anglo-américains sur ses usines, bombardements qui firent à partir de mars 1942 de nombreuses victimes chez les travailleurs et leurs familles.


Ceux et celles qui veulent que la flamme de la Résistance française brille toujours ne peuvent oublier que le président de la SAUR apporta, sans contestation possible au vu des rapports de police de décembre 1941 à juillet 1942, une odieuse contribution à l’effroyable répression pétainiste et hitlérienne. Cette répression frappa les résistants, des gaullistes aux communistes, les syndicalistes, les Juifs promis à l’extermination, les francs-maçons, les républicains et les patriotes, croyants et non-croyants.


Pour l’ensemble de ces raisons, que fait connaître l’association « ESPRIT DE RESISTANCE », l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945 ne doit pas être annulée. Elle vous appelle à signer l'appel ci-joint et à le faire connaître.


« Association contre toute révision de l’ordonnance n° 45-68 du 16 Janvier 1945 » Association n° W 751 210 676

 

e-mail : contact@espritderesistance.fr

Tél. 01 42 01 45 99 Fax 01 42 01 45 99

47, avenue Mathurin Moreau 75019 Paris

 

 

 


 

Appel pour la fidélité à l’œuvre de la Libération

 

A l'attention de M. le Premier Ministre, M. le Président de l'Assemblée Nationale

En 1945, le général de Gaulle signa l'ordonnance de nationalisation des usines Renault pour cause de collaboration,avec comme exposé des motifs : « Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt. »

L’ordonnance fixait les objectifs de la nationalisation et prévoyait le règlement des biens de L. Renault non dévolus à la Régie Nationale. Un accord définitif est conclu entre l’État et les héritiers, le 15 mars 1947.

Reniant cet accord, les petits-enfants de Louis Renault ont assigné l’État et tentent d'utiliser la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont ils demandent l’application rétroactive. Ils sollicitent ainsi des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros, et qui seraient à la charge des contribuables. Ils montrent ainsi que leur principale motivation n’est pas la défense de la mémoire d’un grand père qu’ils n’ont pas connu, comme ils le prétendent sur les plateaux de télévision, mais un simple intérêt financier.

La vérité ressort des archives de 1935 à 1944, aujourd’hui ouvertes qui mettent en lumière le rôle de pourvoyeur des armées du IIIe Reich que Louis Renault assuma avec un zèle inégalable dès août 1940 et jusqu’en août 1944, et la contribution de Renaultà la répression qui frappa les résistants, de toutes opinions et de toutes confessions.

Les soussignés déclarent solennellement que la décision de nationalisation des usines Renault prise le 16 janvier 1945 (ordonnance 45-68) sous l’autorité du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République française, fut ratifiée dans le cadre de toutes les autres nationalisations lors du vote souverain du peuple de France pour la Constitution du 27 octobre 1946. Quelles qu’aient été les évolutions ultérieures de la Régie Renault, dans un cadre historique différent, cette décision de 1945 doit être respectée et ne peut être annulée.

Pour signer l’appel cliquez ici

 

 


 

Paris, le samedi 31 décembre 2011,

de 11 h 30 à 13 h 30

sur Radio libertaire : 89,4 MHz

ALR-libertaire.jpg 

Annie LACROIX-RIZ, historienne

spécialiste de la "collaboration économique"

participera aux :

"Chroniques syndicales" de Radio Libertaire

sur le dossier Renault.

Soyez à l’écoute !

Pour écouter « Radio-Libertaire » sur internet

cliquez ici !


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Publié par L'Hermine Rouge - dans Histoire-Mémoire
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 20:09
111228-P Bavencove & P OutteryckPascal Bavencove et Pierre Outteryck n'oublient pas que Paul Lafargue est mort il y a cent ans.
 

Son nom a été donné à l'une des rues les plus cossues de Roubaix. Paul Lafargue, le gendre de Marx, ne s'y sentirait certainement pas à l'aise. Pierre Outteryck et Pascal Bavencove, cent ans après son suicide, expliquent en quoi Lafargue a   façonné la pensée communiste.



L'Histoire est un grand cimetière. S'y côtoient les célébrités qui disposent d'une concession perpétuelle dans la mémoire collective et les autres, les titulaires des concessions provisoires qui irrémédiablement se retrouveront forcément dans la fosse commune de l'oubli. Il y a cent ans, Paul Lafargue et son épouse Laura Marx, la fille de Karl, se donnaient la mort dans leur pavillon de Draveil dont ils s'étaient rendus acquéreurs grâce à l'héritage d'Engels afin d'échapper à la vieillesse et à la décrépitude.


Beaucoup, même chez les militants de gauche, ont oublié l'apport essentiel de Paul Lafargue à la pensée marxiste. Inventeur du Droit à la paresse - à ne pas confondre avec le pouvoir de glander - Lafargue fut sans doute le précurseur de la notion de temps libre, le pionnier de la réduction du temps de travail, même si en ces temps de crise, les trois heures de travail quotidiennes qu'il préconisait peuvent paraître surréalistes.


Auteur d'une biographie de la résistante communiste nordiste Martha Desrumaux, Pierre Outteryck qui prépare par ailleurs une histoire des cent ans de l'union départementale CGT ne pouvait qu'être séduit par la personnalité de Paul Lafargue, son compère, Pascal Bavencove se penchant pour sa part sur l'origine de sa désuétude.


Tous deux sont venus parler dernièrement du gendre de Marx devant des militants communistes et cégétistes roubaisiens qui, il faut bien le reconnaître ne s'étaient guère déplacés en force.

L'agitateur de Fourmies


Pas de quoi désarçonner pour autant Pierre Outteryck. Autant hagiographe que biographe ce prof d'histoire s'est pris de passion pour Paul Lafargue. Au point que l'ambassade de Cuba compte recourir à ses services, Lafargue étant né à Santiago en 1842.


Mais Lafargue, l'internationaliste qui a longtemps navigué entre Bordeaux et Paris en passant parfois par la case prison fut autant un nordiste que Jules Guesde, l'autre leader de ce qu'on appelait alors le parti ouvrier. En 1891, il participe à trois importants meetings dans le sud du département. Et il sera rapidement désigné comme l'instigateur de l'émeute du 1er mai à Fourmies qui fera neuf morts parmi les manifestants ouvriers.


Lafargue est en prison à Sainte-Pélagie quand il est... élu député de Lille. Il ne sera parlementaire que deux ans, mais il aura été le premier député en France se réclamant du Parti ouvrier. Il incarnera également un courant original par rapport à ceux de Jaurès et de Guesde, participera au débat sur les relations entre partis politiques et organisations syndicales, s'intéressera également de près à la place de la femme dans la société à et à son émancipation.


Dépassé, Lafargue ? Après l'exposé de Pierre Outteryck et de Pascal Bavencove s'est produit dans la salle Pellevoisin un groupe de hip-hop lillois... les Paula Fargue.w « Paul Lafargue, passeur de la pensée Marx », par Pierre Outteryck et Pascal Bavencove aux éditions du Geai bleu. 5 E. On peut se le procurer à l'espace Paul-Éluard, 2, rue Léon-Allart

 

source: le blog d'Hervé Poly

27/12/2011

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 22:28

Niles_02.JPGPar Odette Nilès, résistante internée à Châteaubriant, Présidente de l’association Pour l’Amicale de Châteaubriant.


C’est par ces mots écrits sur les planches de la baraque numéro 6 avant de partir pour la carrière (des fusillés) que le jeune Guy Môquet s’exprima : « Soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir. »


Au-delà de son jeune âge, c’est le symbole du courage et surtout de la Résistance française contre le nazisme et la barbarie dont il est question.


Comment comprendre le peu de cas dont vous avez fait preuve à l’égard de ces résistant(e)s fusillé(e)s, en ignorant totalement cet événement sur toutes les chaînes de la télévision publique française. Pour votre information, notre 70e commémoration a permis le rassemblement de 7 000 personnes sur le lieu du massacre.


Que penser, dès lors, des vœux du président de la République française, qui, dès sa prise de fonction, a fait part de son admiration, justement, pour le jeune Guy Môquet ? et surtout a encouragé tout le corps enseignant à honorer sa mémoire et, par là même, celle de tous ses camarades morts au combat !


Bien sûr, comme vous, je souhaite que l’indépendance de l’information soit sans ambiguïté, et que les ordres ne viennent pas d’en haut, mais, tout de même, convenez avec moi que justement le travail de mémoire pour toutes les générations doit s’inscrire dans l’histoire, et surtout mérite une attention toute particulière sur son traitement et la place qu’il lui revient à la télévision française.


chateaubriant fusillesCe 70e anniversaire, dans une période anxiogène pour les peuples en général, et pour notre pays en particulier, doit pouvoir s’appuyer sur les faits majeurs et la place de la Résistance, qui a permis de donner le rang qu’il occupe aujourd’hui, en particulier sur la mise en place d’une véritable politique sociale et publique au service de et pour tous !


Au nom de tous les fusillés, de tous mes camarades résistant(e)s, au nom de l’Amicale que j’ai l’honneur de présider, des représentants politiques et syndicaux présents, de tous les artistes et équipes techniques, de tous les invités, dont de « grands témoins », y compris bien sûr, tous les bénévoles, ainsi que tous les enfants, je veux, par ce courrier, vous exprimer mon indignation et surtout ma colère de ne pas avoir pu donner la parole à celles et ceux qui sont morts avec courage, et faire en sorte que ce 70e anniversaire soit un hommage de la nation tout entière grâce à la télévision française publique, dont vous avez la charge, par la volonté, à présent, du président de la République !


Si vous ne pouvez pas « refaire » l’actualité, et donc revenir en ce jour anniversaire du 23 octobre 2011, rien ne vous empêche d’organiser, avec l’aide de notre Amicale, une émission consacrée à cet épisode douloureux, ce qui, vous en conviendrez avec moi, n’est tout de même pas impossible à réaliser et qui atténuerait ma colère, et qui permettrait de réparer cet oubli inacceptable !


Je suis certaine que vous comprendrez ma démarche, et j’espère compter sur vous pour finaliser cette émission.


Odette Nilès

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 21:51

111219-carrel.jpg

 

 

Journaliste depuis les premiers jours, André Carrel fut pendant de longues années, de 1957 à 1981 rédacteur en chef de l'«Humanité Dimanche», après être rentré à l'Humanité fin 1946. Son activité de résistant lui valut, en août 1944, d'être nommé à la vice-présidence du Comité parisien de libération qui déclencha l'insurrection contre les occupants nazis. Il est disparu ce 17 décembre 2011.


Journaliste, puis résistant puis journaliste, André Carrel est ensuite devenu vice-président du musée de la Résistance, président des amis de l'Humanité, président de l'Association nationale de la Résistance... Il a été promu, le 14 juillet 1995, officier de la Légion d'honneur.


A l'occasion du 63ème anniversaire de la libération de Paris, André Carrel revenait dans l'Humanité sur son passé de résistant, son engagement communiste et son implication majeure dans les événements d'août 44. Lire : « La population était prête pour l'insurrection »


Mais surtout, en 2009 André Carrel publiait son autobiographie : Mes humanités. Itinéraire d'un homme engagé, aux éditions L'OEil d'or et musée de la Résistance nationale. Il y revient sur « ses deux vies ». Celle du résistant, comme celle du journaliste communiste engagé à l'Humanité. Et sur le Carrel journaliste, Charles Silvestre écrivait à la sortie de l'ouvrage : « Le parcours à l'Humanité, à la Marseillaise, puis à l'Humanité Dimanche, sa « maison », est un parcours vécu comme exaltant et tendu, plutôt discipliné, fidèle à « l'esprit de parti » de cette époque, dont on parle parfois un peu légèrement, au contact de l'appareil qui lui fit avaler quelques couleuvres, mais avec lequel il fut tout du long dans le combat : luttes sociales, guerres coloniales, surtout à Marseille au temps de l'Indochine, anti-impérialisme. Les enceintes de justice, le box des accusés, il connaît... » Lire l'intégralité de l'article.

 

Voir aussi le portrait en vidéo du résistant, fait par France 3 en 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • André Carrel en quelques dates
    1917 : le 12 août, naissance.
    1936 : journaliste au " Peuple ", alors quotidien de la CGT.
    1944 : participe à la direction du Comité parisien de la Libération ; l'un des signataires de l'appel à l'insurrection nationale.
    1945 : prend la direction de " la Marseillaise ", hebdomadaire du Front national.
    1946 : entre à " l'Humanité " comme chef de la rubrique politique.
    1956 : devient rédacteur en chef de " l'Humanité Dimanche " et le restera jusqu'à son départ à la retraite, en 1981.
    1989 : fait paraître " l'Huma ", aux éditions Messidor.
    1998 : publie " Jean Effel ou la joie de vivre ", aux éditions Cercle d'Art.
    2009 : publie  Mes humanités, aux éditions L'Œil d'or.
  • Sur André Carrel dans l'Humanité
    La trace du rêve d'André Carrel, par Charles Sylvestre
    André Carrel : « La Résistance, un événement fondamental »
    Aubrac-Carrel : L'année 1944 expliquée par deux témoins
    Questions à André Carrel, alors président des Amis de l'Humanité, en 1997, sur l'avenir de la Presse

 

source: l' humanite.fr

 

à voir également: le site du Muse de la Résistance Nationale

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 21:00

111215-RENAULT-HITLER.jpgMercredi 14 décembre 2011, a été diffusée sur France 3 à 20 h 35 une nouvelle émission sur Renault (et Citroën), suivie d’un débat : http://programmes.france3.fr/documentaires/

Au débat, déjà enregistré, ont participé entre autres : Laurent Dingli, historien hagiographe de Louis Renault, mari d’une petite fille de ce dernier, Hélène Renault-Dingli née Renault ; ainsi qu’Hélène Renault-Dingli elle-même.

Il se trouve que les sept petits-enfants de Louis Renault ont engagé depuis plusieurs années une campagne médiatique, puissamment organisée, dont les seuls éléments relatifs à 2011 comprennent au moins : le 8 janvier 2011, un dossier de 5 pages, extrêmement favorable, signé de Pascale Robert-Diard et Thomas Wieder du Monde Magazine, intitulé : « Renault. La justice révise les années noires » ; le 2 mars, un dossier, aussi favorable, de France 2 dans le « 20 heures » ; le 26 avril, une autre émission, sur la famille Renault spoliée, à 20 h 35, où France 2 a accueilli longuement les héritiers de Louis Renault ; des articles de presse écrite, et des émissions de radio, « Europe 1 » en particulier, où Frank Ferrand a accueilli le 3 août Laurent Dingli, petit-fils par alliance.

Le 9 mai 2011, les mêmes petits-enfants, qui s’étaient déclarés jusqu'alors exclusivement attachés à défendre la mémoire et l’honneur d’un grand-père qu’ils n’avaient pas connu, ont assigné l’État devant le Tribunal de Grande Instance de Paris en réparation du préjudice subi du fait de l’application de l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945. Il se trouve qu’une audience du TGI de Paris est prévue pour le matin de ce même 14 décembre 2011.

C’est donc la troisième fois en neuf mois que les petits-enfants de Louis Renault ont accès à France 2 et France 3. Ce n'est pas la présence au « débat » de l’historien Patrick Fridenson, spécialiste du Renault d’avant-guerre, auteur, le 23 novembre 2011, sur France Info, de déclarations très complaisantes sur le bilan d’Occupation de Louis Renault, qui contribuera à établir la réalité du débat entre thèses opposées.

Pour ma part, historienne spécialiste de la « collaboration économique », auteur, notamment, d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999, 661 p., je m’étonne d'autant plus de ne pas avoir été conviée au débat que M. Dingli, sur son site Louis Renault, consacre un onglet de « réponse à Annie Lacroix-Riz » en page d’accueil, et m’attaque régulièrement dans les nombreux media qui l’invitent.

Or, il ne s'agit pas en l’espèce de la simple censure d’un débat de nature civique et scientifique, mais de la défense des intérêts financiers des petits-enfants de Louis Renault, dans un procès dont l’issue favorable pour ces derniers se traduirait par une charge de plusieurs milliards d’euros pesant sur le contribuable français.

Sur le fond, et pour permettre aux citoyens de se forger une opinion sur le dossier, je communique ci-joints douze documents sélectionnés à partir de récentes découvertes d’archives. Certaines pièces, consultables en dérogation, ne peuvent être que transcrites (ni photocopiées ni photographiées). D’autres, provenant des Renseignements généraux de la Préfecture de police (série BA), figurent en copie.

Elles complètent les deux précédents articles publiés sur le net ces derniers mois :

- Louis Renault et la fabrication de chars pour la Wehrmacht  ;
- De la réhabilitation de Louis Renault à l'indemnisation de ses héritiers.

Annie Lacroix-Riz
http://www.historiographie.info/

 

 

Les douze documents :

Renault et le sabotage de la production de guerre, 25 novembre 1939, BA 2136, Renault, APP

- Renault et la réparation des chars pour la Wehrmacht, 1er et 4 août 1940, AN, 3W 217, Haute-Cour, Lehideux

- Renault, état d'esprit communiste résistant, 16 mai 1941, BA 2136, Renault, APP

- COA et commandes allemandes de chars à Renault et autres, 27 mai 1941, AN, 3 W 225, Lehideux

- Bénéfices exceptionnels de la SAUR, WI RÜ STAB, 13 janvier 1942, AN, 3 W 232, Haute-Cour, Lehideux

- Augmentation permanente des capacités et constructions de la SAUR, avec l'appui allemand, 26 janvier 1942, AN, 3 W 231, Lehideux

- Liste de 24 arrêtés Renault, 24 juillet 1942, BA 2136, Renault, APP

- Contingents pour construction de la fonderie des usines Renault au Mans, pour chenilles de chars, 17 novembre 1942, AN, 3 W 227, Haute-Cour, Lehideux

- Réunion franco-allemande du 26 août 1943 au RÜSTUNG- UND BESCHAFFUNGSTAB, Hôtel Astoria, Louis Renault insiste sur l'évacuation de Billancourt, AN, 3 W 227, Haute-Cour, Lehideux

- Développement des capacités de la SAUR, effectifs 1940-1943, service statistique du COA, 4 novembre 1943, AN, 3 W 229, Haute-Cour, Lehideux

- Renault mourant, Neuilly-sur-Marne, 16 octobre 1944, BA 2135, Renault, APP

- Renault autopsie, Isorni à l'ouverture du cercueil, 13 février 1945, BA 2135, Renault, APP

 

 

Courrier adressé le 9 décembre dernier à Rémy Pfimlin, Président de France Télévisions, par l'Association Esprit de Résistance : ici.

 

source:  agoravox   (mercredi 14 décembre 2011)

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:35

111209_lafargue.jpgIl y a 100 ans, Paul Lafargue et son épouse, Jenny Marx, disparaissaient, choisissant de mettre fin à leurs jours le 3 décembre 1911. Paul Lafargue avait été un infatigable propagateur du marxisme en France. On sait qu’il est l’auteur du fameux « Droit à la paresse » qui n’a rien d’une négation du droit au travail. Il fut communard. Il fut plusieurs fois emprisonné, notamment après le 1er mai tragique de Fourmies en 1891. Il fut aussi député du Nord.

 Des sections du PCF rendent hommage à la mémoire de Paul Lafargue. Elles ont raison. Lénine eut l’occasion de rencontrer Jenny et Paul lors de son séjour en France. Au nom de son parti, il leur rend un hommage à l’occasion de leurs obsèques. Nous le reproduisons dans la traduction officielle de 1968 (tome 17).

 

 

DISCOURS PRONONCE AU NOM DU POSDR PAR LENINE AUX OBSEQUES DE PAUL ET LAURA LAFARGUE, LE 3 DECEMBRE 1911 

 

Camarades,

 

Je prends la parole au nom du POSDR pour exprimer la peine profonde que nous ressentons devant la mort de Paul et Laura Lafargue.  Dès l’époque de la préparation de la révolution russe, les ouvriers conscients et tous les social-démocrates de Russie avaient appris à éprouver pour Lafargue le profond respect dû à l’un des propagateurs les plus doués, les plus profonds des idées du marxisme, ces idées que l’expérience de la lutte des classes lors de la révolution et de la contre-révolution russes a si brillamment confirmées. Le détachement d’avant-garde des ouvriers russes s’est détachés sous le drapeau de ces idées, sa lutte de masse organisée a porté un coup à l’absolutisme, il a défendu et défend les idées du socialisme, la cause de la révolution, de la démocratie, en dépit de toutes les trahisons, intrigues et hésitations de la bourgeoisie libérale.

 

Aux yeux des social-démocrates russes, la personnalité de Lafargue aura réuni deux époques : celle où la jeunesse révolutionnaire de France se joignait aux ouvriers français pour monter à l’assaut de l’Empire au nom des idées républicaines, et celle où le prolétariat français, guidé par les marxistes, a mené la lutte de classe énergique contre tout le régime bourgeois, se préparant à la lutte finale contre la bourgeoisie, pour le socialisme.

 

Nous social-démocrates russes, qui subissons le joug d’un absolutisme pénétré de barbarie asiatique, et qui avons eu le bonheur d’aborder directement, dans les œuvres de Lafargue et de ses amis, l’expérience et la pensée révolutionnaires des ouvriers européens, nous voyons maintenant avec une netteté particulière combien se rapproche le triomphe de la cause à la défense de laquelle Lafargue a consacré sa vie. La révolution russe a inauguré une époque de révolutions démocratiques de l’ensemble du monde civilisé. En Europe même, des indices de plus en plus nombreux annoncent que l’époque de la domination du parlementarisme bourgeois soi-disant pacifique tire à sa fin pour laisser la place à l’époque des batailles révolutionnaires du prolétariat, organisé et éduqué dans l’esprit du marxisme, qui renversera la domination de la bourgeoisie et établira un régime communiste.

 

 

source: vive le pcf (9 décembre 2011)

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

150406-radio-france-en-greve-

 

...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

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cliquer ici

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Billets

A lire ....

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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A voir et écouter...

Les cons ça ose tout !
L'âge de la retraite
La grève surprise

A voir et écouter

L'Internationale en breton
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L'affiche rouge-l'armée du crime
Le chant des partisans (Marc Ogeret)
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Frédéric LORDON-Médiapart
Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !