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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:12

150126-KKE.jpgArticle AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La vague. La radicalisation de la population grecque face à une insupportable austérité, l'effondrement de la social-démocratie traditionnelle et une certaine complaisance médiatique ont permis à SYRIZA de remporter un triomphe électoral. Le KKE a fait mieux que résister.

 

L' « Union sacrée » derrière SYRIZA ?Jamais une nouvelle n'avait été accueillie avec autant d'enthousiasme en France.De Moscovici à Hamon, de Le Pen à Mélenchon, de Libération à l'Humanité, les communiqués se multiplient, louant cette surprise attendue.

 

François Hollande s'est fendu d'un communiqué très politique sur « son désir de poursuivre une coopération étroite entre nos deux pays au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans un esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au cœur des valeurs européennes que nous partageons. »

 

L'électorat social-démocrate radicalisé : du PASOK à SYRIZA

 

Sauver l'Europe, à tout prix.C'est l'objectif partagé de Tsipras, Hollande tout comme de Mario Draghi qui a lancé un vaste plan de rachat de dettes, de relance monétaire (« Quantitative easing ») compatible avec le programme de SYRIZA : un peu moins d'austérité, une dette allégée, mais des « réformes structurelles » pour les investisseurs, le maintien de l'Euro.

 

Il est vrai que le score de SYRIZA était inimaginable il y a 5 ans. En 2009, le parti était en crise avec 4,5 % des voix, 13 sièges. En mai 2012, il passe à 16 % des voix (52 sièges), en juin 2012 à 27 % (79 sièges). Cette fois, en 2015, il réalise un score historique : 36 %, 149 sièges.

 

Ce n'est pas un hasard, les résultats du PASOK (Parti socialiste) suivent exactement la courbe inverse : de 43,9 % en 2009 (160 sièges), à 12,3 % en 2012 (33 sièges), puis 4,7 % en 2015 (13 sièges). Par un système de vases communicants, les voix du PASOK sont passées à SYRIZA.

 

Derrière SYRIZA, la droite incarnée par la Nouvelle démocratie (27 %, en baisse de 2 points), suivent trois partis dans un mouchoir de poche : les néo-nazis de l'Aube dorée (6,3 %, 17 sièges), le nouveau parti pro-européen de centre-droit la Rivière (6 %, 17 sièges) et le Parti communiste de Grèce/KKE (5,5 %, 15 sièges).

 

Le KKE progresse, dépasse le PASOK et bat l'Aube dorée à Athènes !

 

Pour le KKE, c'est une progression par rapport aux résultats de 2012 : il passe de 4,5 à 5,5 %, de 270 000 à 300 000 voix, gagnant 2 députés. Dans un contexte de vague SYRIZA, le résultat est plus qu'honorable. Il arrive même à devancer le PASOK, une première depuis la fin de la dictature.

 

Dans nombre de régions, ce fut un bras de fer. Ce fut le cas à Athènes où – si on cumule les deux circonscriptions – le KKE a battu d'un fil l'Aube dorée. Les deux partis ont 4 députés, mais le KKE obtient 75 000 voix contre 68 000 pour les néo-nazis, avec un peu plus de 6,6 % des voix.

 

Le Parti communiste grec obtient son meilleur score dans ses bastions que sont les îles de Samos (15 %), Lesbos (11 %), Lefkada (10 %), Céphalonie (9 %) et Zante (8,6 %). Il obtient également de très bons scores dans la deuxième circonscription, industrielle, du Pirée (8 %).

 

Au niveau national, si l'Aube dorée recule – passant de 6,9 à 6,3 % (de 420 à 340 000 voix) – le symbole est contre-balancé par le fait qu'elle est désormais formellement la troisième force du pays, rassemblant encore des parties importantes de la population, en sous-prolétarisation accélérée.

 

SYRIZA vers un gouvernement de coalition avec la « nouvelle droite » ?

 

Le discours de Tsipras à l'annonce des résultats partiels a été lyrique. Il a parlé de « changement de cap », de «  la fin de la troika », du jour « où le peuple grec a écrit l'histoire ».

 

Pour tout de suite, mettre les choses au clair : « il va négocier avec les partenaires européens, pour un plan de réformes sans déficit, ni excédent irréalisable ».SYRIZA sera un bon élève de l'Europe.Magnanime, « sans vainqueurs, ni vaincus », il élaborera un « gouvernement de tous les Grecs ».

 

Du lyrisme pour les foules, on va vite passer au réalisme politique et aux manœuvres de couloir. Selon les dernières estimations, SYRIZA n'obtiendra pas la majorité absolue des 151 sièges. Il doit donc négocier ferme.

 

Ce sera sans les partenaires naturels sociaux-démocrates de DIMAR, recalés, ni le PASOK infréquentable. Le KKE refuse de participer à un gouvernement de coalition. Mais Tsipras ne désespère pas d'obtenir un « vote de tolérance » au moment de l'investiture gouvernementale.

 

Tsipras va donc se tourner vers la droite. Mais vers qui ?

 

La Rivièrea déjà fait les yeux doux. Animé par le médiatique présentateur télévision S.Teodorakis, parti de centre-droit, résolument pro-européen, libéral économiquement mais aussi libéral sur les mœurs, La Rivière se présente comme un parti neuf, moderne, responsable.

 

Son leader a affirmé à l'annonce des résultats qu'il était prêt à négocier avec Tsipras pour former un gouvernement de coalition.Il semble néanmoins refuser un accord avec les nationalistes des Grecs indépendants, jugés trop « anti-européens ». L'accord avec cette formation semblait le plus plausible, indiquant un virage nettement pro-européen, modéré de Tsipras.

 

Les dernières nouvelles, très tard dans la soirée, iraient plutôt vers la possibilité d'un gouvernement de coalition entre SYRIZA (Coalition de gauche radicale) et … les Grecs indépendants (ANEL) de Panos Kamenos, une scission de droite de la Nouvelle Démocratie.

 

Les Grecs indépendants sont présentés comme « populistes », « euro-sceptiques », combinant positions anti-immigration et anti-austérité, avec sa proximité avec l’Église orthodoxe. Le rejet du mémorandum, celui de la Troika, de la « colonisation allemande » est fondateur du parti.

 

Au niveau européen, les Grecs indépendants se sont rapprochés ces derniers mois du UKIP de Nigel Farage– dont il ambitionne de jouer un rôle semblable en Grèce. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si Marine Le Pen, qui rêverait d'un schéma similaire dont elle serait la force hégémonique, a salué une potentielle victoire de SYRIZA.

 

La presse grecque évoque une rencontre entre Tsipras et Kamenos à 10 h 30 lundi, avec en discussion un pacte de gouvernement SYRIZA-ANEL, et l'octroi aux Grecs indépendants d'un ministère important.

 

Les prochains mois avec la révélation du véritable agenda de SYRIZA, sans doute même les prochains jours avec le dévoilement du nouveau gouvernement, risquent d'être révélateurs d'un nouveau cap peut-être éloigné de celui de millions d'électeurs. Après (ou avec) la vague SYRIZA, c'est aussi à la vague droitière qu'il faut résister. Avec un KKE fort.

 

 

source   solidarite-internationale-pcf.fr

26/01/2015

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.E.
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:17

 

150126-akropoli-11febr12-300x199-copie-1.jpgLa victoire de Syriza en Grèce crée une situation politique nouvelle.


Le peuple grec a, en votant pour Syriza, exprimé sa volonté de rupture avec la politique imposée au peuple grec par l’UE, la Troïka et l’oligarchie capitaliste grecque.


En votant pour Syriza il ne s’est pas donné le meilleur gouvernement pour ce faire.


En effet Syriza refuse la sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN. Ce parti se pose en remplaçant présentable du réformisme social-démocrate.


150126-kke-kaisarianh-ekloges-7-300x174.jpgCela dit à partir de cette victoire une dynamique populaire peut, animée par le parti communiste de Grèce (KKE) et le mouvement syndical de lutte regroupé dans le PAME, porter le mouvement populaire vers une orientation fermement anti-capitaliste et anti-UE.Notons que le KKE progresse de 1 %.


Les faits démontreront cette nécessité historique aux yeux du peuple grec, de sa classe ouvrière éclairée par son avant-garde.


150126-LOGO-PRCF-INI-300x181.jpgUne période de grands affrontements sociaux et politiques va s’ouvrir, les illusions se dissiperont et l’élan du peuple grec peut balayer ceux qui ne veulent pas aller au bout du chemin du changement démocratique, de la souveraineté populaire et nationale dans la perspective du socialisme.

Communiqué de la Commission Internationale du PRCF.

25 janvier 2015 – 22h00

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 21:14

150125-AKROPOLI1.jpg

 

l faut un KKE fort au lendemain des élections !

Pour une opposition populaire forte et la lutte pour la rupture avec ce système !

 

Communiqué du Parti communiste de Grèce (KKE)

 

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Ouvriers, employés, travailleurs indépendants, chômeurs, paysans, retraités, jeunes gens et femmes des couches populaires : nous en appelons à votre soutien afin de renforcer le KKE lors des prochaines élections.

 

Vous devez penser au fait que dès le lendemain des élections, quelle que soit la couleur du gouvernement, l'UE et les « mémorandums permanent », avec les mesures anciennes ou nouvelles qui seront exigées par le capital afin de le rendre plus compétitif sur le marché capitaliste mondial, seront toujours là et continueront à saigner le peuple.

 

Les lois anti-populaires seront toujours en place, dans leur intégralité. Des lois qui ont été votées par tous les gouvernements et qu'ils ne sont pas prêts de remettre en cause.



La dette insoutenable sera toujours là, ce que reconnaissent ND, PASOK, SYRIZA et les autres partis qui soutiennent l'UE. Ils appellent le peuple à la payer. Ceux qui n'en sont pas à l'origine et qui ne doivent rien.

 

Les contradictions et les chicanes dans la zone euro seront là. Des querelles qui tournent atour de la gestion des déficits et des dettes qui ont été créées par les capitalistes et sont remboursées dans le but d'accroître les profits capitalistes, le pouvoir des plus forts, toujours aux dépens des intérêts du peuple.

 

Surtout, le capital, les monopoles, à la fois locaux et étrangers, seront là. Ce sont eux qui ont les clés de l'économie, le véritable pouvoir et qui vont demander plus de privilèges dans la phase de reprise, toujours aux dépens du peuple. Ils vont demander une main d’œuvre moins chère et plus soumise, en échange de leurs investissements. Le chômage sera là, même s'il y a de nouveaux investisseurs.



Le pouvoir du capital sera là, l’État qui sert toujours les intérêts des monopoles au dépens du peuple et délimite le rôle de chaque gouvernement.



Quelle que soit la teneur des négociations avec la Troïka et la transition à une nouvelle phase de contrôle, les monopoles demandent de nouvelles mesures anti-populaires, telle que le démantèlement intégral du système de sécurité sociale, de nouvelles baisses de salaire et des revenus populaires, des privatisations, les restrictions sur les activités syndicales.

 

Pour cette raison, il n'y aura pas d’amélioration pour les travailleurs dans la crise ou la phase de reprise sans lutte, sans confrontation avec les intérêts du capital.

 

Pour cette raison, les travailleurs ont besoin d'un KKE fort après les élections au parlement, partout, une force pour la résistance des travailleurs et du peuple, pour la riposte.



C'est la garantie certaine, au beau milieu de l'incertitude et l'insécurité, sur laquelle les travailleurs et le peuple peuvent s'appuyer.



Un KKE fort, pour ouvrir la voie à la seule solution pour le peuple, l'annulation unilatérale et complète de la dette, le retrait de l'UE et de l'OTAN, la socialisation des monopoles, pour la prospérité du peuple, avec la classe ouvrière et le peuple au pouvoir, la perspective socialiste.

 

Le peuple a besoin de son propre gouvernement – pouvoir populaire, avec le KKE jouant un rôle dirigeant. Afin que les idéaux et les valeurs du peuple puissent devenir une réalité, pour une société libérée de l'exploitation de l'homme par l'homme.

 

Un KKE fort,afin que le peuple ne soit pas trompé à nouveau par le chantage et les illusions. Car ils auront à affronter des gouvernements qui proposeront une forme ou une autre de gestion bourgeoise, qui non seulement ne garantissent pas la reconquête de ce que le peuple a perdu, mais suivront la même voie qui mènera à des périls encore plus grands et tentera de nous amadouer avec des miettes.

 

Le KKE jouera un rôle dirigeant, dans et hors du parlement, afin qu'il puisse y avoir une opposition populaire combative qui puisse exercer une réelle pression sociale. C'est quelque chose qui n'a pas existé jusqu'alors, faute à des hésitations ou illusions semées.

 

Un KKE fort, car il s'agit d'une force qui, sans capitulation ni reniement, joue un rôle dirigeant dans l'organisation des luttes populaires pour l'abolition de toutes les lois liées au mémorandum et pour la reconquête des acquis populaires.



Elle lutte de façon cohérente et désintéressée pour la juste cause des ouvriers, employés, pour les droits des jeunes, des femmes, des chômeurs, des travailleurs indépendants, des petits paysans afin d'organiser la solidarité populaire.



Un KKE fort,car il lutte contre la participation de la Grèce aux alliances et guerres impérialistes qui ont lieu ou se préparent dans l'intérêt des grands groupes privés. Il défend le intérêts souverains du pays, contre l'OTAN et l'UE, contre ceux qui essaient de piéger le peuple en disant que ces organisations impérialistes protégeront les droits souverains du peuple, la paix et la sécurité. Il lutte pour le départ de la Grèce de l'OTAN. Il lutte pour que la Grèce arrête de soutenir et de participer à des interventions militaires au détriment des peuples.

 

Un KKE fort, afin que le mouvement populaire et ouvrier connaisse un nouvel élan, afin que l'alliance sociale populaire contre les monopoles et le capitalisme puisse être mise sur pied et renforcée. Il lutte pour isoler et vaincre l'idéologie et l'activité fasciste de l'Aube dorée nazie.



Travailleurs et travailleuses, jeunes gens, chômeurs et retraités.



Dans la bataille électorale, le gouvernement de coalition ND-PASOK et les figures de l'UE se confondent en propos alarmistes afin de piéger le peuple et lui soutirer son consentement à la poursuite de la même ligne anti-populaire.

 

Ils invoquent la stabilité et le besoin supposé de ne pas mettre en péril les sacrifices faits par le peuple grec. Leurs intimidations ne tournent pas fondamentalement autour de leurs querelles politiciennes avec SYRIZA.

 

Le gouvernement sait très bien que SYRIZA ne remet pas en cause l'UE et le système capitaliste. Leurs chantages s'adressent surtout au peuple, et visent à s'assurer la soumission du peuple à la même ligne anti-populaire et aux nouveaux périls qui s'annoncent.

 

Le gouvernement ment lorsqu'il prétend que le nouvelles mesures anti-populaires peuvent être empêchées, si la stabilité politique et les créanciers sont assurés. Car les vieilles comme les nouvelles mesures anti-populaires ne sont pas juste des exigences des créanciers.

 

Il y a eu pendant de nombreuses années des directives de l'UE, intégrées à la stratégie du grand capital en Grèce et en Europe afin que la force de travail soit encore moins chère. De telles réformes anti-populaires sont menées dans tous les pays de la zone euro, de l'UE par des gouvernements de droite (Allemagne) comme sociaux-démocrates (France, Italie).

 

C'est pour cette raison aussi que le gouvernement et les autres centres de l'establishment (les médias, la Fédération des industriels grecs etc.) parlent constamment du « besoin de continuer les réformes, même si on n'exige pas cela de nous ». SYRIZA occulte cette réalité au peuple. Les réformes qu'il propose suivent les désirs de l'UE et des hommes d'affaires.

 

SYRIZA ne représente pas une solution alternative pour le peuple. Dans sa quête pour la victoire électorale, il a rapidement achevé sa transformation en un parti bourgeois, prêt à une gestion anti-populaire du système. Il occulte les causes de la crise économique capitaliste et exonère la face exploitatrice du capitalisme, le pouvoir du capital.

 

La direction de SYRIZA non seulement apporte des garanties aux créanciers, à l'UE, aux « marchés » sur le fait qu'il n'agira pas unilatéralement, mais il les enjoint à les croire et à soutenir un gouvernement SYRIZA car il pourra mieux défendre leurs intérêts (voir les rencontres avec des fonds d'investissement à la City de Londres).

 

Il a, même au niveau des slogans, abandonné les déclarations sur l' « annulation » et l' « abolition » du mémorandum et de la législation qui y est liée, sur la reconquête des acquis populaires, le retour du 13 ème et 14 ème mois de salaire, du 13 ème et 14 ème mois de retraite, l'abolition des impôts injustes. Il ne remet pas en question les mécanismes de contrôle de l'UE ou l'équilibre budgétaire, les semestres européens, soit les « mémorandums permanents » au dépens du peuple. Dans ce cadre-ci, il s'engage à des alliances avec d'anciens cadres, ministres, députés du PASOK, la Gauche démocratique (Dimar) qui a soutenu les mémorandums et les mesures anti-populaires.

 

Dans le même temps, en profitant de la trompeuse rhétorique « radicale » de certaines forces opportunistes en son sein, en particulier la « Plate-forme de gauche », SYRIZA essaie de piéger les gens de gauche, les jeunes travailleurs qui sont conscients et ont une position politique militante.

 

C'est une répétition des tactiques bien connues de la social-démocratie, du PASOK dans la passé, qui présente une « tendance de gauche » qui est censée faire pression sur la direction mais en réalité lui apporte une caution de gauche. Dans la même veine, les alliances électorales formées par Antarsya sont trompeuses. Ils pointent certains objectifs, comme « la sortie de l'Euro », sans rupture avec le cadre économique contrôlé par le pouvoir du capital aujourd'hui.

 

SYRIZA, tout particulièrement après les deux dernières années, s'est révélé utile au capital pour casser le mouvement ouvrier et populaire. Ce n'est pas juste qu'il n'utilise pas ses bons scores pour renforcer les mobilisations populaires, mais au contraire il renforce le discours du « wait and see » (attendons et voyons)du peuple qui livre son sort entre les mains d'autres acteurs, limitant l'intervention populaire à la participation aux élections et au choix du gouvernement qui mettra en place les politiques anti-populaires. Cela démontre qu'il n'a aucun désir de rentrer en conflit avec les intérêts capitalistes en Grèce et en Europe. L'expérience a montré que plus les scores de SYRIZA sont bons, plus il agit contre la lutte ouvrière et populaire.



Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités,

 

Il est devenu encore plus évident dans la période récente que la lutte entre le gouvernement et SYRIZA se concentre sur les « marchés », c'est-à-dire sur le capital, en particulier sur qui des deux obtiendra ses « faveurs ». Ils cherchent à jouer le rôle du médiateur le plus compétent dans les intérêts du capital, pas dans ceux du peuple. Les deux parlent de « consensus national », ce qui signifie paix de classe/sociale, assujettissement du peuple aux intérêts du capital.

 

Les différences portent sur la formule de gestion du développement capitaliste. Les deux enjolivent son contenu de classe et anti-populaire. SYRIZA demande le relâchement de la discipline fiscale stricte, rejoignant la France et l'Italie, qui prennent pourtant des mesures contre leurs peuples, afin d'exercer plus de pression sur l'Allemagne.

 

Dans le même temps, toutefois, tant le gouvernement que SYRIZA ne disent pas que ni la restructuration de la dette ni le relâchement de la discipline fiscale ne conduiront à l'amélioration du sort du peuple, mais au renforcement du soutien de l'Etat envers les groupes industriels locaux et les investisseurs. L'allégement de la dette, que ce soit par la proposition de la droite ou celle de SYRIZA, ne se produira que par un accord avec les partenaires, et sera donc accompagné par de nouveaux engagements anti-populaires, comme pour le « haircut » du PSI en 2012, et comme cela s'est produit également dans d'autres pays.

 

Cependant, aucun changement dans la formule de gestion du système ne pourra effacer la crise ou mener à un développement capitaliste en faveur du peuple. Les exemples des Etats-unis et du Japon le prouvent.

 

Le gouvernement de coalition ND-PASOK comme SYRIZA, en dépit de leurs différences, trompent le peuple, promettant la même chose : que si l'économie capitaliste se renforce, le peuple en profitera. Ils mentent. Toute forme de reprise économique se construira sur les ruines des droits des travailleurs et des gens, elle ne garantira pas un travail décent aux millions de chômeurs. Les soi-disant avantages « comparatifs » pour la reconstruction de l'économie du pays qui sont invoquées par SYRIZA sont liés à la potentialité pour le grand capital d'améliorer sa rentabilité.

 

La reprise, si elle se concrétise, sera faible et se produira dans une période de récession pour les plu grandes économies capitalistes et l'endettement des Etats qui présage d'un nouveau cycle de crise encore plus aigu. Pour cette raison, le capital insiste aussi sur le « consensus national », qui n'est pas rejeté par ND-PASOK et SYRIZA, piégeant les gens dans le carcan des intérêts du capital. La querelle porte sur qui aura le dessus.

 

Le peuple n'aura que des miettes de ce nouveau festin du capital. Le gouvernement et SYRIZA ne rivalisent pour ne promettre que des miettes pour les personnes en « extrême pauvreté », qui ne se matérialiseront que par la saignée des autres travailleurs et s'évaperont le lendemain avec toutes les mesures anti-populaires adoptées. Et les deux camps défendent la ligne politique de l'UE et du capital, avec les mesures de ce type qui « prennent aux pauvres pour aider les démunis » et qui ne coûtent rien au capital. Ils servent l'objectif du capital, qui est que la base pour les salaires et les retraites doit être le revenu minimum garanti de pauvreté.

 

L'un distribue des « dividendes sociaux », l'autre promet des soupes populaires et le retour du 13ème mois des retraites pour les plus démunis. Même la proposition de salaire minimum portée par SYRIZA est un mot creux, puisqu'il ne touche pas les milliers de travailleurs, en particulier les jeunes, qui travaillent dans la précarité et ne reçoivent même pas le salaire minimum réduit. Elle renforce, dans le fond, la propagande réactionnaire sur les travailleurs « privilégiés » et « non-privilégiés » ouvrant la voie à une attaque plus forte contre la majorité des travailleurs qui ont des salaires plus élevés. De plus, la hausse du salaire minimum dans de nombreux pays de l'UE seul, sans retour aux accords de conventions collectives, a été utilisée pour réduire les salaires moyens.

 

On ne doit pas s'engager pour des miettes. Les besoins des gens, de leurs enfants doivent être un critère décisif dans la lutte. Un critère important doit aussi être les énormes possibilités qu'offre la technologie, la science, le potentiel de développement du pays afin de satisfaire les besoins populaires, si toutes ces choses étaient placées au service du peuple.

 

Travailleurs, travailleuses, jeunes gens, chômeurs, retraités.

 

Nous nous adressons à vous, comprenant votre aspiration à être libérés des mémorandums, des politiques injustes et des gouvernements anti-populaires. Nous ressentons votre anxiété sur votre avenir, vos enfants, avec l'espoir de pouvoir vivre des jours meilleurs.

 

Nous avons confiance dans le peuple, sa force. Le peuple a la force et la responsabilité non pas d'être des spectateurs passifs ou désillusionnés des attaques anti-populaires menées par les gouvernements de l'UE et du capital. Il peut tirer des conclusions lucides et empêcher que ne se répète le système bi-partisan, anti-populaire que l'on a connu.

 

Nous avons besoin d'un KKE fort, partout, car c'est le seul réel adversaire des monopoles, de leur pouvoir, des mémorandums permanents de l'UE, des gouvernements anti-populaires. Il y aura un gouvernement après les élections. En tout cas, il y a plusieurs formations, à la durée de vie limitée, qui sont prêt à y contribuer. Ce qui est important pour le peuple, c'est qu'il y ait un KKE fort, afin que le peuple puisse lui-même être fort.

 

Vous savez que le KKE est une force cohérente, indéfectible dans la lutte contre toute les offensives anti-ouvrières, anti-populaires. Vous savez ce que le KKE a fait depuis 96 ans et qu'il est la seule force de l'opposition populaire et ouvrière, dans et hors du parlement sur ces trois dernières années, depuis les élections de 2012. Où que vous portiez votre regard, vous voyez la contribution et l'impact des luttes des communistes. Cependant, vous savez que l'inflexion électorale du KKE a eu un impact négatif sur le dynamisme et le caractère de masse du mouvement ouvrier et populaire. Vous savez qu'en dépit de tout cela, le KKE ne lâche pas. Il soutient les employés, les paysans, les travailleurs indépendants, les retraités, les étudiants, les lycéens pour leur droit à la santé, à la sécurité sociale, aux retraites, à l'éducation, à la défense de leurs revenus, à leur logement, aux biens des travailleurs indépendants et de paysans pressés par les prêts usuriers et les taxes. Le KKE n'a jamais menti aux gens.

 

Nous nous adressons en particulier à ceux qui pensent à juste titre que la situation ne peut plus continuer comme cela, qu'ils « doivent s'en aller tous ». Nous devons rejeter le gouvernement actuel en rejetant la stratégie de l'UE du capital et non en choisissant un autre gouvernement qui mettra en place la même stratégie, avec certaines différences qui n'affectent pas la peuple de façon positive. Il nous faut tous considérer la chose suivante : ces dernières années les gouvernements de coalition sont passés, soutirant les voies populaires souvent par la peur du « pire » ou par les illusions sur le « moindre mal ». Qu'est-ce qui a changé pour le peuple ? Tant qu'un gouvernement gère le sort du peuple et du pays, enserré dans les chaînes de l'UE et du type de développement capitaliste, qui est obsolète et pourrissant, ce piège du moindre mal continuera à mener à de nouveaux gouvernements anti-populaires. Le peuple doit se libérer de tous les gouvernements anti-populaires et de leur ligne populaire, il doit prendre le pouvoir. La situation actuelle, en Grèce comme au niveau international, ne nous permet pas de perdre de temps.

 

Nous nous adressons à ceux qui se sentent radicaux, de gauche, progressistes, qui ont de l'expérience et de la mémoire, et ont participé à des luttes et qui aujourd'hui pensent voter pour SYRIZA, avec le cœur gros et peu d'espoir, sur la base du raisonnement du « moindre mal ». Aujourd'hui, vous pouvez voir plus clairement ce que la direction de SYRIZA, avec les assurances qu'il apporte au capital et aux organisations impérialistes, coupe tout lien avec l'histoire du mouvement populaire. Il offre l'opportunité aux forces les plus réactionnaires de cracher sur les traditions militantes de notre peuple. Il prend rapidement la place de la social-démocratie, et même une version pire qu'avant car la situation du capitalisme est pire, et que la situation dans le mouvement ouvrier est encore pire.

 

Nous nous adressons à vous qui n'êtes pas d'accord avec le KKE sur tout ou avez des réserves sur certaines de ses positions, mais qui comprennent que le KKE est la force qui défend de façon cohérente les intérêts du peuple. Tout ce qui a été gagné par le peuple l'a été par des luttes, dont le KKE a été en première ligne. Quand le mouvement et le KKE s'affaiblissent, le peuple perd.

 

Pensez à la force demain qui sera la prochaine à être en première ligne de la lutte pour les salaires, les emplois, leurs droits.

 

Le KKE appelle tout jeune conscient, tout travailleur ou retraité, tous ceux qui ne sont pas accablés par la misère et le défaitisme à joindre ses forces aux nôtres.

 

Il vous appelle à voter pour le KKE et à le renforcer partout. Afin que le peuple soit plus fort et que la résistance et la lutte populaire soient renforcées. Afin que l'Alliance populaire contre les monopoles et le capitalisme soit renforcé, afin que l'on puisse ouvrir la voie à la perspective d'un pouvoir ouvrier et populaire.

 

 

source: solidarité internationale-pcf

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.E.
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 20:46

150125-arton2696-7c534-copie-1.jpgPour les 96 ans du KKE, une grande manifestation politico-culturelle organisée par la fédération d’Attique du parti communiste grec, a eu lieu le 11 janvier 2015 au stade du Pirée. Le secrétaire général du KKE, Dimitris Koutsoubas, y a tenu un discours.


Des milliers de personnes de tous âges, des travailleurs, des chômeurs et des jeunes ont rempli le Stade, donnant ainsi un message clair pour un KKE fort et une forte opposition populaire au lendemain des élections.


À la manifestation ont assisté des syndicalistes de la FSM, les ambassadeurs de Cuba, Osvaldo Cobacho Martinez, du Venezuela, Farid Fernandez, de la Palestine, Marwan Toubasi, ainsi que des représentants des ambassades du Vietnam et de Chine. Ont aussi assisté Alejandro Castro Espin, le fils du président Raul Castro et les maires de Petroupoli, de Chaidari et de Kaisariani, ainsi que des femmes et des hommes des milieux culturels et académiques.

 

150125-kke_96_anniversaire_2.jpg

 

Avant que ne soit lancé le riche programme culturel, incluant la participation de quelques 200 personnes, musiciens et danseurs, le secrétaire général du KKE, Dimitris Koutsoubas, a présenté son discours. Extraits :

« 96 ans ! Ce n’est pas peu de temps… Cela nous permet de tirer des enseignements de notre histoire héroïque ; nous sommes restés engagés dans notre cause, l’abolition de l’exploitation d’homme par homme. Nous utilisons de façon créative les enseignements que nous avons tiré de cette lutte immense de notre peuple, avec le KKE au premier rang ! ».

Sur les développements politiques, il a dit : « Au lendemain des élections, un gouvernement sera mis en place, que ce soit avec la Nouvelle Démocratie (droite) ou SYRIZA comme force majoritaire. Ce gouvernement prendra le relais du précédent, et même si le chemin qu’il suivra sera légèrement différent, il aura le même départ et la même destination, celle de la stratégie de l’UE, de la profitabilité des monopoles et de la voie de développement capitaliste.

 

C’est pourquoi ce gouvernement sera contre le peuple par défaut – il appliquera les engagements de l’UE. Il fera des négociations sur la dette, parce qu’il la considère comme une dette du peuple et du pays. Il défendra les intérêts de grands groupes.

 

Ce n’est pas le KKE qui le dit, mais ce sont eux-mêmes qui l’avouent. D’un côté, la ND dit : "nous ferons nous-mêmes les réformes sans qu’on nous le demande et nous ferons plus encore que nos engagements". De l’autre côté, SYRIZA dit : "nous négocierons dans le cadre de l’UE et des institutions européens !". »


Dimitris Koutsoubas a ensuite présenté en détail la stratégie antipopulaire commune que la ND et SYRIZA partagent, malgré leurs différences sur des sujets spécifiques, en soulignant : « La ND, avec son expérience gouvernementale et SYRIZA, avec son expérience de travail de sape du mouvement social, font tout pour devenir les bien-aimés de l’UE et des monopoles ». Il a surtout rappelé la promesse du président de SYRIZA, A. Tsipras, à la télé britannique : que "SYRIZA fera tout ce qu’il faudra pour sauver – comme il dit – notre maison commune, l’UE". C’est pourquoi, a-t-il rajouté, « SYRIZA promet de donner des "miettes" au peuple ».


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Le secrétaire général du KKE a aussi parlé du refus du parti de participer ou de soutenir un gouvernement "de gauche :

 

« Que tous se rappellent : ces dernières années, des gouvernements composés d’un seul ou de plusieurs partis ont alterné au pouvoir, toujours avec des chantages pour obtenir le vote populaire, tantôt avec la "peur du pire" et tantôt avec la logique du "moindre mal".

 

Aujourd’hui, il s’agit du même conte de fées. Ils veulent qu’on se mette d’accord sur 2 ou 3 questions pour être tolérants envers eux. Mais les 2 ou 3 questions dont ils parlent sont déterminées par les grandes questions stratégiques.

 

Ce qu’ils veulent en réalité du KKE, c’est qu’il soutienne un tel gouvernement, pleinement, sur la totalité de son agenda. Il est bien connu qu’un gouvernement doit traiter toutes les questions et que les développements ne se résument pas en 2 ou 3 points.


Il devra traiter les problèmes de l’économie, de la Santé, de l’Éducation, de l’immigration, de la répression, de la justice, de la politique internationale etc.

 

Il y a ceux qui disent que même si SYRIZA ne résout qu’un seul de ces problèmes, ce n’est déjà pas si mal. Mais un gouvernement n’a pas à gérer qu’une ou deux questions. Il devra traiter une large palette de problèmes concernant l’UE, l’OTAN, les relations avec la Turquie, la mer Égée, le problème de Chypre, les interventions militaires et les conflits dans la région et plus largement, c’est-à-dire tout. Franchement, est-que ça existe, un gouvernement qui est jugé sur une ou deux questions seulement ?


Nous devons être clairs sur ce point : tant qu’un gouvernement gère le destin du peuple et du pays, englué dans l’UE qui est en train de se décomposer et la voie de développement capitaliste, le piège du "moindre mal" conduira à de nouveaux gouvernements anti-populaires.

Il est impératif pour le peuple d’être libéré de tous les gouvernements anti-populaires et de leur politique, et de prendre lui-même le pouvoir. La situation actuelle – en Grèce et au niveau international – ne permet pas que du temps soit perdu à nouveau. »


Dans une référence à la valeur du vote pour le KKE, D. Koutsoubas a dit : « Le KKE est la garantie pour que le peuple ne soit pas dupé une nouvelle fois. Il ne faut pas céder aux chantages et aux illusions.


Il faut que le KKE soit fort partout, parce qu’il est le seul véritable adversaire des monopoles et de leur pouvoir, de l’UE avec ses mémorandum de longue durée et des gouvernements anti-populaires. Le lendemain des élections, il y aura sûrement un tel gouvernement. D’ailleurs, il y a beaucoup de partis et de formations éphémères qui se portent volontaires pour aider à la formation d’un gouvernement. Un KKE fort : voilà ce qui compte pour que le peuple lui-même soit fort.


Vous avez connu le KKE comme une force solide et inébranlable devant toute attaque contre les ouvriers et le peuple. Vous savez ce qu’a fait le KKE depuis l’élection de 2012, en étant une force solide d’opposition ouvrière et populaire, aussi bien dans le Parlement qu’en dehors.

La contribution et l’influence de la lutte des communistes sont partout. Or, vous avez vu que la baisse électorale du KKE a pesé lourd sur la dynamique et la participation au mouvement ouvrier et populaire.


Malgré cela, vous avez vu que le KKE ne s’est pas résigné. Il a soutenu les salariés, les paysans, les travailleurs indépendants, les retraités, les élèves, les étudiants, pour le droit à la santé, pour la Sécurité Sociale, pour la retraite, pour l’Éducation, pour l’augmentation des revenus et le droit au logement, contre les prêts à taux usuraires et les taxes intenables.

Le KKE n’a jamais menti au peuple. Nous nous adressons surtout à vous qui pensez à juste titre que cette situation est intenable et que le gouvernement actuel "doit partir". En rejetant le gouvernement actuel, vous devez rejeter la stratégie de l’UE et du capital. Il ne faut pas simplement choisir un autre gouvernement qui implémentera la même stratégie avec des différences sans importance pour le peuple.


Aujourd’hui, vous pouvez voir plus clairement que la direction de SYRIZA coupe tout lien avec l’histoire du mouvement populaire en donnant des garanties au capital et aux organismes impérialistes. Il offre aux forces les plus réactionnaires, l’opportunité de calomnier les traditions de lutte de notre peuple. De plus en plus vite, SYRIZA prend la place de la social-démocratie, en pire, parce que la situation du capitalisme et du mouvement ouvrier ont empiré.


Le KKE est le soutien sans défection du peuple. Tout ce que le peuple a gagné, il l’a gagné seulement à travers les luttes où le KKE était au premier rang. Quand le mouvement et le KKE ont été affaiblis, le peuple a perdu. Réfléchissez bien sur ce point : quelle force sera demain à côté du peuple, au premier rang dans la lutte pour les salaires, le travail, ses droits.


Le KKE invite les jeunes inquiets de l’avenirs, les travailleurs, les retraités qui ne se compromettent pas avec la misère et le défaitisme, à s’unir avec lui. Il les invite à voter pour le KKE et à le renforcer partout. Pour renforcer le peuple, la lutte et la résistance populaire, l’Alliance Populaire contre les monopoles et le capitalisme, pour ouvrir la voie à la perspective d’un pouvoir ouvrier et populaire. »

 

 

source:lepcf.fr

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Publié par L'Hermine Rouge - dans M.C.E.
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:32

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« Syriza est prête à assumer la responsabilité historique de gouverner le pays », déclare Alexis Tsipras, le jeune président de la Coalition de la gauche radicale grecque. Celle-ci s’est constituée en parti lors de son congrès de fondation du 10 au 14 juillet 2013. Selon les derniers sondages, Syriza pourrait devenir le premier parti du pays et former le prochain gouvernement. Pour certains1, elle représente « la seule lueur d’espoir » pour la Grèce et « l’alternative » pour l’Europe.


Créée en 2002 en tant que coalition électorale, Syriza, ou Coalition de la gauche radicale, est devenue un parti. Sa principale composante est Synaspismos, une dissidence du Parti communiste de Grèce (KKE), devenue parti en 1991. Synaspismos regroupait les eurocommunistes, inspirés par la mutation des partis communistes français ou italien, favorables à l’intégration dans l’Union européenne et ne considérant plus le socialisme comme alternative de fond au capitaliste. Ce noyau a été rejoint par une série d’organisations et de petits partis de tendance trotskiste, d’inspiration anarchiste, écologiste, maoïste…


Lors des dernières élections législatives, Syriza fait une percée impressionnante : elle passe de 4,9 % en 2009 à 26,9 % en juin 2012. Syriza a fait campagne sur la proposition d’un gouvernement de gauche anti-austérité, qui renégocierait la dette de la Grèce, rétablirait les salaires et les emplois dans le secteur public, supprimerait les taxes injustes, tout en restant dans la zone euro et dans l’Union européenne. Son discours était servi par son jeune dirigeant, Alexis Tsipras (39 ans), alliant charme et phrases-chocs pour séduire ses électeurs.


Forte de ce succès, qui en a fait la seconde organisation politique de Grèce après la Nouvelle démocratie (droite), Syriza a décidé de devenir un parti afin de concrétiser son projet de « gouvernement de la gauche ». Et ce statut de parti, plutôt que de mouvement, lui permet aussi, en cas de victoire électorale, d’obtenir les cinquante sièges supplémentaires attribués au parti qui a recueilli le plus de votes. L’organisation et le programme de Syriza ont été débattus lors d’une conférence en décembre 2012, puis lors du premier congrès du parti, du 10 au 14 juillet 2013.

Négocier la dette avec l’Union européenne

« Effacer une grande partie de la dette » est un des axes adoptés par le congrès de Syriza. Son programme économique de 2012 précise : « ajuster la dette accumulée et créer les conditions pour un futur financement du développement, en effaçant une large part de la dette… Cet ajustement sera mené dans le cadre d’une solution européenne commune à la dette publique de tous les pays de l’Union européenne, sur base de négociations bilatérales2. »


La Plate-forme de gauche au sein de Syriza (voir encadré « Divisions internes ») a introduit un amendement stipulant que « Syriza doit rejeter la totalité de la dette de la Grèce, promouvoir l’annulation de tous les accords de prêt avec la Troïka et se préparer à cesser tout paiement si nécessaire pour soutenir l’annulation de la dette ». Cet amendement a été rejeté, mais a toutefois obtenu 40 % des voix au congrès de 2013.


« Lors de l’élection de juin dernier [2012], le parti avait insisté sur le fait qu’il abrogerait le mémorandum imposé par la Troïka s’il parvenait au pouvoir. Cette position a évolué dans les cercles dirigeants de Syriza », estime Philippe Marlière3, professeur à l’University College de Londres et membre du Front de gauche français. Il poursuit : « La dette ne serait plus annulée, mais un gouvernement de gauche réclamerait un délai supplémentaire pour l’honorer. » Lors de sa visite en Allemagne en janvier 2013, Tsipras a confirmé cela ; dans une interview avec la radio Deutsche Welle, il a déclaré que son parti n’annulerait pas unilatéralement la dette, mais négocierait surtout de nouveaux accords de prêts. « Un important montant de la valeur nominale de la dette doit être effacé », a-t-il encore récemment déclaré4.


Divisions internes

Le congrès de fondation de Syriza en juillet 2013 a rassemblé 3 430 délégués. Ceux-ci ont eu moins d’un mois pour se prononcer sur les textes préparés par la direction du parti. Le congrès a consacré la plus grande part de ses débats à des questions internes, principalement celle de la dissolution des partis et organisations qui composent Syriza. Face à une forte opposition et dans un climat tendu, le congrès a finalement défini Syriza comme un parti regroupant des « tendances multiples », dont le sort sera décidé après des « consultations mutuelles » qui prendront « un temps raisonnable ».

Loin de renforcer l’unité, le congrès a montré les profonds clivages entre les composantes de Syriza, notamment entre l’aile majoritaire, dominée par Synaspismos et la Plate-forme de gauche, regroupant plusieurs organisations, la plupart de tendance trotskiste. Celle-ci représente 30 % des voix au dernier congrès, alors qu’elle obtenait 25 % à la conférence de décembre 2012. Le Congrès a rejeté les amendements de la Plate-forme de gauche, qui ont toutefois obtenu 30 à 40 %.

Ces amendements5 étaient les suivants :

  • Syriza doit rejeter la totalité de la dette de la Grèce, soutenir l’annulation de tous les accords de prêt avec la Troïka et se préparer à mettre fin à tout paiement si nécessaire pour réaliser l’annulation de la dette.
  • Syriza doit soutenir la nationalisation, sous contrôle des travailleurs et du peuple, de tout le système bancaire et de tous les secteurs stratégiques de l’économie, comme un moyen nécessaire de rencontrer les besoins des travailleurs et de riposter aux attaques des capitalistes contre la classe ouvrière.
  • Syriza doit appeler à la formation d’un gouvernement de gauche qui doit préparer la rupture avec la zone euro et l’Union européenne.
  • Syriza doit appeler à un front uni des partis de gauche, y compris le Parti communiste et Antarsya, mais doit refuser de coopérer avec toute force politique et avec tout politicien qui a mené ou accepté les politiques d’austérité, y compris Dimar.

Le congrès a élu Alexis Tsipras comme dirigeant du parti avec 72 % des voix. Plus d’un quart des délégués ne l’ont pas soutenu. Un relativement piètre score pour un nouveau dirigeant, candidat au poste de premier ministre de surcroît.

Les vieilles recettes keynésiennes

« Nous allons restaurer et renforcer l’État-providence », déclare aujourd’hui Syriza. « Nous allons annuler les mémorandums et les lois d’application. Nous allons mettre en œuvre un programme de restauration sociale et économique, de reconstruction productive et environnementale, qui va guérir les blessures infligées à la classe ouvrière et restaurer graduellement les conditions d’emploi stable et de vie décente, avec des salaires et pensions adéquats, créer de nouveaux emplois. Tous les salariés (du public) qui ont été licenciés sont nécessaires et seront réintégrés. »


Pour financer ce programme, Syriza envisage de remettre au goût du jour deux mécanismes d’aide. Au Forum Kreistky à Vienne le 24 septembre 2013, Alexis Tsipras les explique : « Un gouvernement Syriza mettra sur la table un plan Marshall européen, qui comprendra une union bancaire autonome, la centralisation de la dette publique par la Banque centrale européenne et un programme massif d’investissement public. Avant tout, nous réclamerons une conférence spéciale sur la dette européenne, en analogie avec la Conférence de Londres de 1953 sur la dette allemande de l’époque, qui a décidé d’en amputer une large part, ainsi qu’un moratoire sur le paiement des intérêts et une clause de croissance. »


Est-ce un programme réalisable ? « D’une part, on imagine mal aujourd’hui quels pays accepteraient de mettre en œuvre un nouveau plan Marshall », explique Philippe Marlière8. « Les conditions économiques et géopolitiques aujourd’hui ne sont pas comparables à celles du début de la Guerre froide, sur fond de compétition soviétique. » « Tenté par le pillage de l’Allemagne de l’Ouest après-guerre, le capital atlantique avait finalement opté pour le redressement économique contre le bloc communiste à l’Est, pour en faire la tête de pont d’une Europe de l’Ouest capitaliste, libérale et anticommuniste », comme l’expliquent des communistes français9.


« D’autre part, une annulation partielle de la dette grecque comparable à celle de l’Allemagne (en 1953) n’est pas acquise non plus, poursuit Philippe Marlière. Le comportement inflexible de la Troïka et de l’Allemagne jusqu’à présent n’incite guère à l’optimisme. »


Comme le commissaire européen à la politique économique et financière Olli Rehn l’a rappelé en octobre 2013, le contrôle européen sur les finances grecques ne prendra pas fin à l’expiration de l’accord de prêt. Commentaire d’un quotidien grec : « Si un éventuel gouvernement Syriza voulait mettre en œuvre des politiques keynésiennes, il devrait d’abord convaincre tous ses partenaires de la zone euro d’accepter un changement du cadre législatif actuel ou alors quitter la monnaie commune. En d’autres termes, si Syriza tentait de s’écarter de “l’orthodoxie économique”, la Grèce serait traînée devant la Cour européenne de justice, devrait payer des amendes et même les subsides de l’UE selon l’accord financier multiannuel (2014-2020) seraient suspendus10. »

Le Pasok nouveau est-il arrivé ?

La restauration de l’État-providence, ce ne serait pas la première tentative en Grèce. « En 1981, année de la première accession des socialistes grecs au pouvoir, le Pasok, armé d’un agenda d’inspiration keynésienne de relance de la demande totale, tentait de dynamiser la croissance économique et de mettre en œuvre ce qu’il appelait “la troisième voie vers le socialisme”. Une pièce centrale dans le dispositif économique et social du Pasok, centrale aussi pour l’image politique du parti, a été la politique de redistribution en faveur des couches populaires. Le Pasok a mis l’accent sur la création d’un État-providence fort, avec en point d’orgue la fondation du système national de santé en 198311. »


Mais qu’est devenu le programme de relance du Pasok de 1981 ? La Revue socialiste estime que « l’échec patent du Pasok à limiter la grande fraude fiscale a creusé le déficit public et la dette de façon dramatique. La dette, de 28,6 % du PIB en 1980, [… a atteint] le niveau d’alarme après la fin du second mandat du Pasok (80,7 % du PIB en 1990). La gestion du Pasok se trouve bien à la racine de la crise actuelle de la dette. En général, les gouvernements socialistes de la décennie 1980 ont géré les finances publiques de manière irréfléchie, entraînant l’échec de leurs objectifs redistributifs (ce qui a été donné d’une main aux couches populaires dans la période 1981-83 leur a été repris de l’autre par la politique d’austérité de la période 1985-87 et par une politique fiscale trop laxiste, profitant largement au monde de l’entreprise, aux professions libérales et à l’économie noire). Non seulement les choix de gauche du Pasok, largement rhétoriques, n’ont pas mis en cause les privilèges d’un microcapitalisme grandement inégalitaire, mais ils ont fortement augmenté la richesse des classes moyennes “indépendantes”12. »


Dans un premier temps, le Pasok a récompensé ses électeurs. En endettant l’État grec, il a développé l’emploi public, augmenté les salaires et étendu les droits sociaux. Cette politique a permis une certaine amélioration des conditions de vie du peuple et une augmentation de la consommation. Mais en même temps, le Pasok a pris soin de préserver les intérêts et privilèges des armateurs, des grands monopoles et de l’Église orthodoxe, de préserver la classe capitaliste monopoliste. À son tour, cette classe en a réclamé davantage. Le Pasok ne pouvait ménager à la fois la chèvre et le chou : pour rester au pouvoir, il a préféré s’assurer le soutien des monopoles grecs et des bailleurs de fonds européens et il a adopté des mesures d’austérité contre le peuple, ce qui a entraîné sa chute vertigineuse. Alors qu’il remportait 43,92 % des voix aux législatives de 2009, il n’obtient plus que 13,18 % en 2012. Débarrassé de son masque de gauche, le Pasok est aujourd’hui allié à son « ennemi » d’autrefois, la Nouvelle démocratie, et applique avec zèle les recettes de la Troïka.


Selon les besoins, les partis sociaux-démocrates prônent l’intervention massive des États ou au contraire deviennent les chantres du marché, comme on l’a constaté ces dernières décennies. Mais en définitive, que ce soit avec des partis sociaux-démocrates ou libéraux-conservateurs au pouvoir (ou les deux), la bourgeoisie internationale réussit toujours à sécuriser le taux de profit et l’extension du capital des monopoles.


Le salut dans l’Union européenne ?

Syriza veut « refonder le projet européen en direction d’une construction et d’un fonctionnement démocratique, de la justice sociale et du socialisme ». La résolution politique du congrès de fondation de Syriza en 2013 fait référence au socialisme à trois reprises, vertu morale plutôt que système politique.


Syriza concentre ses critiques sur le gouvernement grec de coalition et « les forces politiques du merkelisme13 ». Mais elle ne remet nullement en question les principes fondateurs de l’Union européenne. Tsipras précise : « Notre proposition d’une alliance européenne la plus large possible contre l’austérité rejoint la quintessence du processus d’intégration européenne, incarnée par Jean Monnet, l’architecte de l’Union européenne qui déclare : “Nous ne coalisons pas des États, nous unifions des hommes”. » En réalité, le banquier Jean Monnet prônait la création des « États-Unis d’Europe », selon le modèle américain. C’est grâce à ce farouche atlantiste que les États-Unis ont pu influencer directement la construction de l’Union européenne. C’était un partisan d’institutions supranationales dans des secteurs essentiels de l’économie14. Aujourd’hui, sur les traces de Monnet et d’autres de ses fondateurs, l’Union européenne est plus que jamais l’expression politique des multinationales des pays qui la composent.


Devant les sociaux-démocrates autrichiens, Tsipras a proposé des changements pour « sauver la zone euro, sans rompre aucun des traités actuellement en vigueur15 ». On ne touchera donc pas aux traités, depuis celui Maastricht jusqu’à celui de Lisbonne. Ces traités soumettent les États membres aux institutions et au fonctionnement de l’Union européenne, à ses objectifs, à ses principes budgétaires, à ses décisions aux niveaux économique, social et judiciaire ou encore à sa défense commune, qui renforce l’intégration militaire et consacre la coopération avec l’Otan.


Comment dans ces conditions, Syriza, arrivée au pouvoir, pourrait-elle tenir ses promesses ? Dans son programme économique publié en 201216, le parti déclare : « Nous allons faire face aux déficits de manière efficace et socialement juste, en donnant la priorité à la redistribution et à la croissance respectant l’environnement et en tentant d’augmenter progressivement les salaires et les dépenses sociales. »


Mais le financement de ce programme de relance reste très vague : « Les revenus de l’État viendront de la taxation de la fortune, des bénéfices nets, des hauts revenus, des grandes propriétés et de la propriété de l’Église. » Suffira-t-il de mettre en place un « cadastre des fortunes », et d’amener « les taux d’imposition et des barèmes d’imposition des revenus des personnes physiques et juridiques… à la moyenne européenne » ? Est-ce que les autres pays européens, aux taux d’imposition plus élevés, mènent une politique de relance ? Pour récupérer l’argent des Grecs riches, planqué en Suisse, Syriza prône « la signature d’un accord bilatéral avec la Suisse sur l’imposition des épargnes des citoyens grecs présents dans ce pays ». Cet accord est négocié depuis longtemps et n’aboutira évidemment pas. Syriza ne propose même pas de sanctionner les riches qui placent leur argent en Suisse en expropriant, par exemple, leurs avoirs en Grèce. Syriza ne propose pas l’annulation pure et simple du régime « zéro impôt » pour les armateurs et l’Église, mais va rechercher un accord « avec la branche de l’industrie maritime et les milieux des armateurs, dans le but de supprimer les 58 exemptions fiscales différentes et de créer un système fiscal solide et durable qui réponde au devoir constitutionnel de tous les citoyens grecs de contribuer aux impôts ».


Syriza n’explique pas comment le gouvernement, sans le soutien d’un large mouvement extra-parlementaire, serait même capable d’imposer ces mesures. Comme le reconnaît le vieux militant antifasciste et député de Syriza, Manolis Glezos : « Les gens me demandent d’où viendra l’argent, mais je crains que notre réponse ne soit pas convaincante17. » En finir avec l’austérité est impossible sans une politique de rupture avec le système qui génère cette politique, en Grèce ou ailleurs en Europe. C’est impossible sans une stratégie de lutte, avec les travailleurs et la population exploitée, contre la classe qui continue à s’enrichir malgré la crise. Or Syriza propage l’illusion d’un système capitaliste réformable et acceptable pour les masses populaires pourvu qu’il soit géré selon des valeurs humanistes.


Il n’est pas question dans son programme de mobilisation populaire, avec des mots d’ordre clairs contre les grandes fortunes. Il n’est pas question non plus de mobiliser les travailleurs contre la résistance que la classe bourgeoise manifestera inévitablement. Enfin, il n’y est pas mentionné que tourner le dos à l’austérité, c’est impossible sans remettre en question le rôle de l’Union européenne comme puissance impérialiste, qui a fait de la Grèce un laboratoire antiouvrier.

Le socialisme de Syriza

En 1981, le Pasok parlait de « troisième voie vers le socialisme ». Aujourd’hui, Syriza parle de « socialisme du 21e siècle ». Il s’agit, selon le programme de Syriza, d’ « une voie alternative de salut social, de reconstruction sociale, productive et environnementale au bénéfice de la grande majorité sociale ». Mais ni l’un ni l’autre ne veulent s’attaquer aux racines de la crise, c’est-à-dire au système capitaliste lui-même. Sans une stratégie de lutte dirigée par la classe ouvrière contre l’infime minorité qui détient les richesses, c’est-à-dire contre la grande bourgeoisie, le programme de Syriza subira le même sort que celui du Pasok.


Syriza veut « annuler les privatisations en cours, restaurer le contrôle public sur les entreprises stratégiques qui ont été privatisées ». Formulé ainsi, il s’agit d’un vœu pieux. Que signifie en effet « restaurer le contrôle public » si ce n’est pas s’attaquer à la question de la propriété du capital ? Dans sa résolution politique18, Syriza évoque brièvement la crise capitaliste de suraccumulation, « principalement caractérisée par l’inflation du secteur financier » et dénonce le « capitalisme néolibéral », caractérisé principalement par la « flexibilisation du travail » et les « privatisations d’entreprises en difficulté ».


L’analyse de Syriza a heurté Philippe Marlière19 : « Alexis Tsipras répète inlassablement que l’Europe fait face à une “crise structurelle du capitalisme et de son modèle néolibéral”. Les mesures de rééchelonnement de la dette permettraient-elles de relancer l’économie et d’augmenter sans tarder les salaires ? Constitueraient-elles une étape anticapitaliste vers le socialisme ? Rien n’est moins sûr. » « Les mesures d’urgence sociale, frappées du bon sens, s’inscrivent dans un cadre réformiste radical. Aucun projet de dépassement du capitalisme n’apparaît clairement, surtout dans le corset budgétaire et institutionnel de la zone euro », estime Philippe Marlière. La vision de Syriza ménage le système capitaliste en lui-même. La source de la crise économique de surproduction relative, accompagnée de suraccumulation des capitaux, se situe dans les rapports de production capitalistes, dans la contradiction entre ceux qui produisent la richesse, c’est-à-dire les travailleurs, et ceux qui accaparent cette richesse, la classe capitaliste, menée par les grands monopoles.


À la notion de « lutte de classe », totalement absente de son discours, Syriza préfère celle de « subversion » : ce terme revient même douze fois dans la résolution politique du congrès. C’est un terme vague qui désigne la contestation du système, terme particulièrement prisé par le courant anarchiste et antiautoritaire qui est bien présent en Grèce et dans Syriza. La subversion s’oppose à l’organisation de la classe ouvrière dans un parti d’avant-garde et dans des syndicats. Le terme « subversion » a acquis une connotation plutôt culturelle dans le mouvement altermondialiste et désigne un mouvement de citoyens contre la société de consommation, contre l’injustice.


On voudrait espérer que Syriza a bien l’intention de ne pas répéter les erreurs du Pasok et qu’elle va s’attaquer aux privilèges du capital. Mais comment comprendre les propos que Tsipras a tenus aux patrons grecs, lors de l’assemblée annuelle de la Fédération des entreprises grecques (SEV) ? Certes, il a promis de rétablir le salaire minimum à 751 euros ainsi que les conventions collectives ; mais il était surtout là pour rassurer le patronat sur le fait que « Syriza est prête à assumer la responsabilité historique de gouverner le pays ». Il lui a tenu le discours suivant : « Le consensus social et la stabilité sont l’oxygène de l’économie. L’absence de garantie empêche la dynamique de production, plus que tout autre facteur […] Nous allons lancer des investissements publics à performance rapide. Non pour déloger le secteur privé, mais pour l’encourager. Nous, en tant que prochain gouvernement du pays, nous voulons faciliter les investissements productifs d’initiative privée ; l’initiative privée qui prend le risque du marché. Pas l’initiative pirate20… » On est bien loin de la « subversion » !

« Nous allons mener la bataille au parlement »

Pour Syriza, la classe ouvrière n’est qu’une des composantes du peuple. Dans sa résolution politique, Syriza n’évoque la « classe ouvrière » que comme une couche sociale particulièrement victime de l’austérité. Le mouvement ouvrier n’a pas de rôle particulier à jouer dans le projet d’un « gouvernement de la gauche ». Ce dernier sera le produit d’un « mouvement social de masse multiforme, qui repoussera les attaques quotidiennes du gouvernement sur chaque front, traçant les conditions pour la grande subversion sociale et politique. Le gouvernement de la gauche émergera comme résultat de cette grande initiative et mobilisation populaire. » Avec lyrisme, Syriza cite en exemple « le large courant populaire de luttes pour la subversion qui a mené la bataille contre les mémorandums et la dette de manière massive, sur les places, les lieux de travail, les quartiers ». Mais pas un mot sur les luttes ouvrières les plus importantes, comme celle des sidérurgistes qui ont réussi à faire plier le gouvernement après neuf mois de grève (2011-2012), ni celle des matelots qui ont imposé le maintien des conventions collectives (2012).


Les sidérurgistes d’Aspropyrgos, près d’Athènes, ont fait grève contre le plan d’austérité du patron, qui voulait leur imposer de travailler cinq heures par jour pour un salaire de 500 euros. Ils ont tenu le coup grâce au soutien du PAME — le Front militant des travailleurs, proche du KKE — et au soutien des travailleurs de toute la Grèce. Mais ne leur parlez pas de Syriza. « À Volos, l’autre usine sidérurgique du groupe, Syriza, par l’intermédiaire de son représentant syndical, a voté contre la grève et pour le plan d’austérité du patron », comme nous l’a expliqué Yannis, sidérurgiste d’Aspropyrgos. Même constat pour les ouvriers des chantiers navals, affiliés au PAME en grande majorité. En 2012, ils ont dû affronter un « bloc de gauche » dont faisait partie Syriza, qui leur proposait d’accepter un recul du temps de travail et des salaires. Cette proposition n’a récolté que 26 voix sur les 400 métallos de l’assemblée21.


Grâce au transfert de nombreux syndicalistes du Pasok, Syriza s’est renforcée en tant que quatrième force syndicale du pays. Mais le PAME reste la troisième force syndicale22 du pays et la première force dans certaines régions ou certains secteurs. Cela s’est confirmé aux dernières élections syndicales de 2013 pour les travailleurs du Pirée (port d’Athènes), du secteur du bâtiment ou de celui de l’alimentation. Les syndicats affiliés au PAME y ont renforcé leur position de première force syndicale. Lors des élections des travailleurs de l’industrie alimentaire, la liste affiliée au PAME a triomphé avec 80 % des voix devant une coalition regroupant des syndicalistes de Syriza, du Pasok et de la Nouvelle démocratie23, une liste « anti-PAME » en quelque sorte.


De même, si Syriza peut compter sur un électorat plutôt jeune, son implantation parmi les étudiants reste très faible. La liste AP.EN., soutenue par Syriza, ne fait que 6,45 % dans les universités et 2,07 % dans l’enseignement supérieur non universitaire lors des élections des syndicats étudiants du 17 avril 2013. Ce n’est que la cinquième force, derrière les listes soutenues par la Nouvelle démocratie, le Pasok, la Jeunesse communiste et Antarsya. Elle est loin derrière la liste soutenue par la Jeunesse communiste (KNE), qui a remporté 15,77 % des voix (+1,64 %) dans les universités et 18,4 % (+2,9 %) dans l’enseignement supérieur non universitaire.


Interrogé en 2012, Georges Stathakis, un des dirigeants de Syriza explique le rôle de son parti : « La politique d’austérité va continuer, c’est une certitude… Les Grecs manifesteront peut-être. Mais à Syriza, nous allons mener la bataille par notre travail d’opposition au parlement, sans appeler les gens à aller dans la rue24. »


En résumé, Syriza mise toutes ses forces sur la conquête du gouvernement, pas sur la construction d’un mouvement d’opposition au sein des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, de tous ceux qui ont été frappés par la crise.

Du « gouvernement de la gauche » à un gouvernement de « salut national »

Vu le rapprochement de Syriza avec les thèses de l’ancien Pasok, il n’est pas surprenant que des anciens ministres et membres en vue du Pasok soutiennent voire rallient Syriza. Syriza présente le « gouvernement de la gauche » comme « alternative radicale » pour la Grèce et pour l’Europe. Mais qui va composer ce « gouvernement de la gauche » ?


En septembre 2012, interviewé par un journal argentin25, Tsipras déclarait : « La social-démocratie est incapable d’apporter des solutions aux problèmes sociaux réels du peuple. En Grèce, le parti qui représente la social-démocratie, le Pasok, n’est pas différent de l’aile droite. C’est une copie. » Pourtant, moins d’un an plus tard, Tsipras fait appel à la social-démocratie et même aux libéraux. Dans son discours d’introduction au congrès de fondation de Syriza26, il énumère les trois courants qu’il veut gagner à son projet de « guider le pays et le peuple vers la lumière post-mémorandum ». Il s’agit du KKE, le Parti communiste de Grèce, mais aussi de ceux « qui ont un jour placé leur espoir dans le Pasok… mais qui n’ont jamais trahi leur foi et leur engagement pour la démocratie, la souveraineté populaire, l’indépendance nationale et la justice sociale » ainsi que « des citoyens inspirés par les idées du libéralisme politique… qui comprennent l’importance de la menace contre la démocratie aujourd’hui en Grèce ». Pour obtenir la majorité et former un « gouvernement de gauche », Syriza envisage donc une alliance avec des forces issues du Pasok et de Dimar, la Gauche démocratique, parti centriste qui a participé au gouvernement d’austérité27. En revanche, la Plate-forme de gauche au sein de Syriza estime pour sa part que « Syriza doit former un front uni avec les partis de gauche, y compris le Parti communiste et Antarsya, mais doit refuser de coopérer avec les forces politiques ou les politiciens qui ont mené ou accepté des politiques d’austérité, y compris Dimar28. »


À plusieurs reprises, Tsipras a aussi évoqué l’éventualité d’un « gouvernement de salut national avec Syriza ». Un autre membre de la direction de Syriza a été plus loin en proposant un « gouvernement de salut national, excluant seulement les néonazis et la fraction d’extrême droite de la Nouvelle démocratie29 ».

Il n’est dès lors pas surprenant que d’anciens ministres et membres en vue du Pasok rallient ou soutiennent Syriza. On peut citer Louka Katseli, ministre de l’Économie puis ministre du Travail de Georges Papandreou (de 2009 à 2011). Elle a soutenu le premier plan d’austérité qui consistait notamment à démanteler les droits des travailleurs. Puis elle a pris ses distances avec son parti, notamment en critiquant le projet de référendum sur les mesures d’austérité. « Le gouvernement sortant a commis l’erreur énorme de ne pas présenter aux Grecs une feuille de route claire. Ce qui m’a également frappé est que l’exécutif sortant remette en cause l’accord donné au plan européen du 27 octobre en lançant l’idée d’un référendum. Je suis connue pour avoir été une dure négociatrice avec la Troïka quand j’étais ministre, mais j’estime que, quand on parvient à un accord, il faut s’y tenir30. » Elle a aussi exprimé ses craintes de voir l’austérité mener à une explosion sociale. « La récession est profonde. On risque des grèves, qu’elles soient explicites ou qu’elles ne disent pas leur nom. Les confédérations syndicales n’ont pas les moyens de prévenir une explosion sociale, car elles sont peu représentatives sur le terrain, notamment dans le secteur privé. Le risque associé est que le Parti communiste capitalise la colère. »


Après avoir refusé de voter le second plan d’austérité, elle a été exclue du Pasok. « J’ai voté contre, car les clauses qu’il comprenait allaient approfondir la récession, augmenter le déficit budgétaire et rendre la dette insoutenable, dit-elle. C’est une mauvaise recette. En outre, pour la première fois de l’histoire, un paquet économique de ce type incluait le démantèlement des conventions collectives qui font pourtant partie du pacte social européen. Enfin, certaines de ses dispositions sont anticonstitutionnelles, car elles donnent le droit à nos bailleurs de saisir les biens publics si la Grèce a des retards dans le paiement de ses créances à l’avenir31. »


Ensuite, elle a créé avec Harris Kastanidis un nouveau parti social-démocrate, Pacte social. Kastanidis a été ministre de l’Intérieur (1985-86), des Transports (1996-97), porte-parole du Pasok (2004-2007), ministre de la Justice (2009-2011) puis de l’Intérieur (2011). Le parti Pacte social soutient la formation d’un gouvernement avec Syriza. Louka Katseli : « Nous espérons qu’il pourra impulser des réformes avec justice et équité, et qu’il mettra un terme à cet État corporatiste et au clientélisme qui existent en Grèce depuis longtemps. Il faudra mettre un terme aux baisses des salaires et des pensions et à la hausse des taxes, instaurer une réforme fiscale et lutter contre l’évasion fiscale, favoriser l’investissement, réorganiser le secteur public32. » Pour Katseli, il n’est pas question de rejeter la dette ni les plans d’austérité imposés par la Troïka. « Nous avons un partenariat basé sur la confiance et je pense que les deux parties ont intérêt à ce qu’il soit fructueux. Pour cela, nous avons besoin de prendre en compte d’abord la crise de l’emploi et la crise économique réelle et de voir comment nous pouvons rétablir la croissance dans l’économie, pour que la consolidation fiscale qui est essentielle puisse être réaliste et effective33. »


Parmi d’autres personnalités du Pasok qui soutiennent un gouvernement avec Syriza, on retrouve aussi Gerasimos Arsenis, mari de Louka Kastseli, ancien ministre de l’Économie (1984-85), de la Défense (1993-96) et de l’Éducation (1996-2000), Marilisa Xenogiannakopoulou (ministre de la Santé, 2009-2010), Spyros Kouvelis (vice-ministre des Affaires étrangères, 2009-2011) et Lambros Michos (ancien député). Des dirigeants syndicaux, connus de longue date pour leur appartenance au Pasok, ont aussi rallié Syriza.

Gouverner avec le Pasok ne serait pas un fait nouveau pour Syriza. Lors des élections municipales de 2010, Syriza s’est alliée au Pasok dans trois communes urbaines d’Athènes et de Thessalonique. Sur l’île d’Ikaria, Syriza s’est alliée avec le Pasok et la Nouvelle démocratie contre la liste communiste du KKE, majoritaire sur l’île depuis des décennies. Elle a même reçu et accepté le soutien du parti d’extrême droite Laos qui a retiré son candidat. Le KKE a récolté à lui seul 49,5 % des voix et n’a été devancé que de quelques centaines de voix par l’alliance anti-KKE.


Syriza prétend donc sortir le peuple grec de l’austérité en s’alliant avec d’anciens ministres du Pasok, qui ont approuvé les accords avec la Troïka et les plans d’austérité qui en découlent. Cette ouverture envers la social-démocratie vaut également au niveau européen. « Un gouvernement de la gauche en Grèce tendra la main aux sociaux-démocrates européens, aux libéraux libres-penseurs d’Europe, à tous les Européens qui ne veulent pas que l’Europe s’enfonce dans un cauchemar. Et nous leur demanderons de nous rejoindre dans un projet commun : le projet de stabilisation de la zone euro — une première étape vers une Europe ouverte, démocratique et unie34 », déclare Tsipras devant les sociaux-démocrates autrichiens.

Gauche radicale ? Pas tant que ça…

« Notre tâche est de clarifier notre position… qui ne constitue nullement une menace envers les États-Unis ni une tentative de déstabiliser la géopolitique de la région », déclare Alexis Tsipras lors de sa visite aux États-Unis en janvier 2013. Il ajoute : « Au contraire, nos politiques sont complémentaires des initiatives internationales, y compris de celles de l’administration Obama dans le contexte d’une stabilisation macro-économique large et globale35. » Dans une carte blanche du New York Times, deux professeurs américains, James K. Galbraith et Yanis Varoufakis, écrivent que « Syriza n’a pas l’intention de quitter l’Otan ni de fermer les bases militaires américaines36 ». Ils se basent sur les propos tenus par Tsipras lors de ses rencontres aux États-Unis.


« Alexis au balcon… Tsipras dans les salons37 », titrait un quotidien grec en octobre 2013. Le président de Syriza a en effet appris à jongler avec le double discours : des slogans et des promesses accrocheuses pour ses électeurs et des propos rassurants envers les dirigeants européens et étasuniens, et envers les cercles financiers. Devant son public, surfant sur la vague nationaliste, Syriza présente la Grèce comme une « colonie » allemande par la dette et présente l’euro « comme le vecteur de la politique allemande ». Pour démocratiser l’Europe, il faudrait essentiellement la dégager de la « domination allemande ». Mais lors de son voyage en Allemagne en janvier 2013, Tsipras a rencontré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Il a voulu faire comprendre aux dirigeants allemands que son projet de « gouvernement de la gauche » assurerait une gestion de crise et resterait fidèle aux structures fondamentales de l’Union européenne.


Tsipras a tenu des propos similaires lors de son voyage aux États-Unis en janvier 2013. Le congrès de Syriza s’est néanmoins prononcé pour le « retrait de l’Otan et la fermeture de toutes les bases militaires étrangères ». Mais, selon Philippe Marlière, « la gauche de Syriza reproche à Alexis Tsipras de déjà rechercher des compromis avec les institutions du capitalisme financier. Son voyage à Washington a soulevé une certaine émotion à gauche. Tsipras y a rencontré des représentants du département d’État, à qui il a assuré que la Grèce resterait membre de l’Otan si Syriza parvenait au pouvoir. Il s’est également entretenu avec des responsables du Fonds monétaire international. Sa conférence à la Brookings Institution, un think tank très social-libéral, a été également été perçue comme une initiative visant à promouvoir une image d’homme d’État respectable et pragmatique… La gauche anticapitaliste grecque n’est pas loin de penser qu’Alexis Tsipras est déjà dans la peau d’un premier ministre social-démocrate38. »


P>Au cours des deux dernières années, le programme de Syriza s’est sensiblement modifié. Prenons, par exemple, les revendications concernant le secteur public. Avant les élections du 6 mai 2012, Syriza avait placardé des affiches dans tout le pays revendiquant « 100 000 emplois maintenant, dans les écoles, les hôpitaux et les services publics ». Après les élections, la revendication d’embauches figurait toujours au programme, mais sans chiffre. En juillet 2013, il n’est plus question d’embauches supplémentaires, mais d’annuler les licenciements. La résolution politique du congrès mentionne que « tous les employés qui ont été licenciés seront réembauchés » et que « le premier objectif sera de restaurer les relations de travail, les conventions collectives, les salaires minimums, les allocations de chômage et les allocations familiales au niveau d’avant les mémorandums ».


Ces dernières revendications ne sont plus guère mentionnées dans les discours récents de Syriza. En décembre 2013, devant la Chambre de commerce américano-hellénique, Tsipras appelle le monde des affaires à aider à « reconstruire le pays ». Il explique les trois réformes qu’une administration de gauche mettra en œuvre : un système de taxation « simple, transparent, stable et effectif » ; une administration publique « antibureaucratique et efficace » qui serait « débarrassée de la dépendance envers les partis, des échanges de faveurs et du manque de méritocratie » et la lutte contre les cartels « avec une législation anti-oligopolistique et une commission de recrutement réellement indépendante39. » Ces propositions sont tout à fait acceptables pour la majorité de la classe politique, des sociaux-démocrates aux libéraux.


En résumé, à mesure que Syriza se rapproche du pouvoir, son programme perd ses aspects radicaux pour devenir acceptable pour une partie de la bourgeoisie grecque et européenne.

 


Cécile Chams (cecile.chams at gmail.com) est membre du département des Relations internationales du Parti du Travail de Belgique. Elle suit l’actualité politique en Grèce depuis des années.



1 C. Durand et R. Keucheyan, « Syriza ou le moment de changer l’Europe », Libération, 14 mai 2012, http://www.liberation.fr/monde/2012/05/14/syriza-ou-le-moment-de-changer....

2 « The Economic Program of Syriza-EKM », 12 juin 2012, Greek Left Review, http://greekleftreview.wordpress.com/2012/06/12/the-economic-program-of-....

3 P. Marlière, « Alexis Tsipras entre radicalisme et “réalisme” », Médiapart, 22 mars 2013, http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/220313/alexis-tsipras-e....

5 P. Petrou, « The battle for SYRIZA goes on », 31 juillet 2013, http://socialistworker.org/2013/07/30/the-battle-for-syriza-goes-on.

6 Nicolas Mottas, « Le charme caché de l’opportunisme », 5 avril 2013 (en grec), http://leninreloaded.blogspot.be/2013/04/blog-post_3049.html.

7 Z, mai 2013, http://law-constitution.web.auth.gr/kamtsidou/2013/06/29/tout-le-pays-va-devenir-une-zone-franche-συνέντευξη-με-τον-α-καϊδατζή-σ/.

8 P. Marlière, 22 mars 2013, op. cit.

9 Solidarité internationale PCF, 13 octobre 2013, http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-alexis-tsipra....

11 G. Moschonas et A. Pantazopoulos, « Le Pasok et le rêve brisé de la Grèce », La Revue socialiste, no 39, 5 octobre 2010, http://www.revuesocialiste.fr/2010/10/05/le-pasok-et-le-reve-brise-de-la....

12 G. Moschonas et A. Pantazopoulos, op. cit.

13 Alexis Tsipras : « Comme Grec, je suis fier de diriger la gauche de l’Europe », EurActiv, 26 novembre 2013, http://www.euractiv.com/eu-elections-2014/alexis-tsipras-greek-proud-lea....

14 Werner Wüthrich, « La “méthode Monnet”, une clé pour comprendre la crise de l’euro », Horizons et Débats, 19 décembre 2011, http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3035.

15 Forum Kreisky, Vienne, 24 septembre 2013, op. cit.

16Le programme économique de Syriza, 12 juin 2012, Greek Left Review, http://greekleftreview.wordpress.com/2012/06/12/the-economic-program-of-....

17 Ekathimerini, 31 octobre 2013.

18 Political resolution of the first Congress of Syriza, 5 août 2013, http://left.gr/news/political-resolution-1st-congress-syriza.

19 P. Marlière, Médiapart, 22 mars 2013.

20 902, Ta Nea et Ekathimerini, 13 mai 2013

21 Rizospastis, 24 avril 2012.

22 Après les forces syndicales proches de la Nouvelle Démocratie et du Pasok.

23 Communiqué du KKE, 1er mars 2013.

24 La Tribune, 29 juin 2012. Op. cit.

25 Alexis Tsipras, « Interview with leader of the Greek Syriza Party: ‘The Euro is a Powder Keg that is Going to Explode!’ », Greek Left Review, https://greekleftreview.wordpress.com/2012/10/01/interview-with-leader-o...

26 10 juillet 2013, http://links.org.au/node/3448.

27 La Gauche démocratique (Dimar) est issue d’une scission de droite de Synaspismos. Jusqu’au 21 juin 2013, elle faisait partie du gouvernement formé par la Nouvelle Démocratie et le Pasok. Dimar a voté l’essentiel des lois d’austérité.

28 P. Petrou, « The battle for Syriza goes on », 31 juillet 2013, http://socialistworker.org/2013/07/30/the-battle-for-syriza-goes-on.

29 P. Petrou, « The battle for Syriza goes on », 31 juillet 2013, http://socialistworker.org/2013/07/30/the-battle-for-syriza-goes-on.

32Ibid.

34 Alexis Tsipras au forum Kreisky, Vienne, 24 septembre 2013, http://yanisvaroufakis.eu/2013/09/24/alexis-tsipras-at-the-kreisky-forum....

35 AlterNet, 12 février 2013,

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 10:17

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 19:44

L’appel de 100

responsables communistes, cadres syndicaux, intellectuels marxistes

 

 

141012-PCI

 

1– Nous sommes des camarades de générations différentes qui ont pris part, dans divers partis ou sans parti, à l’histoire de plus en plus critique et tourmentée du mouvement communiste en Italie, ces trente années.


Dans le contexte actuel de fragmentation de la gauche italienne, nous occupons des positions diverses, mais nous partageons, sur la question « Que faire ? », deux convictions fondamentales :


Face à la crise structurelle et systémique du capitalisme, la plus profonde depuis celle de 1929, qui a des dimensions mondiales et de graves répercussions également dans notre pays ; et face à l’évolution néo-centriste du Parti démocrate, qui porte l’Italie vers le modèle américain et détruit les fondements de la Constitution républicaine et anti-fasciste, il est encore plus urgent de donner corps à une présence unitaire de la gauche : qui rassemble toutes ses composantes (communiste, anti-capitaliste, socialiste et anti-libérale, ainsi que les formations anti-capitalistes présentes de façon importante dans la gauche italienne, bien que non-organisées) sur un programme minimum partagé ; et qu’on reconstruise une représentation politique du monde du travail et des classes subalternes, écrasées par l’offensive de classe déclenchée depuis plus de deux décennies par le capital, national et international ;


Il est indispensable qu’à l’intérieur d’une gauche ainsi rassemblée, sous la forme d’un vaste front structuré et agissant de façon unitaire, se reconstruise et se consolide une présene communiste autonome, qui propose sa réorganisation en parti, qui sache unir dans ce processus toutes les forces communistes avec une culture politique similaire, qui de façon diverse se revendiquent, en l’actualisant, du meilleur du patrimoine politique et idéologique de l’expérience historique du PCI, de la gauche de classe italienne et du mouvement communiste international et de la meilleure tradition marxiste, à partir de la contribution de Lénine et de Gramsci. Avec une position clairement internationaliste et anti-impérialiste ; conscients que, face à un impérialiste qui vise à faire sauter la souveraineté nattionale de nombreux pays pour en briser la résistance, la défense de cette souveraineté prend à notre époque une importance particulière, c’est la condition préalable à l’affirmation d’un rôle actif pour les peuples.


Vingt-trois ans après la fin du PCI et indépendemment de l’insuffisance réelle des expériences ultérieures qui se sont revendiquées de façon différente de cette grande histoire, naît l’exigence de repartir de l’objectif de construction d’un parti communiste qui en retrouve les meilleures caractéristiques, en les replaçant dans les conditions italiennes et internationales actuelles.


Nous savons qu’il s’agira d’un processus graduel, non de court-terme (mais qu’il faut commencer MAINTENANT) qui mettra sur pied une seule force communiste régénérée, capable de surmonter la fragmentation actuelle et, avec elle, son insignifiance politique et sociale de plus en plus évidente.


Une force politique communiste unifiée, et non sectaire ni subalterne à l’opportunisme des modes du moment, qui se place dans un rapport de dialogue constructif (mais d’un point de vue autonome) dans le cadre de la gauche d’alternative ; sans concession de souveraineté sur les questions de fond, mais capable de trouver ainsi une synthèse structurée, et non pas occasionnelle, de l’unité d’action.


2 – Le dépassement du seuil du barrage électoral (4 %) obtenu de justesse par la liste Tsipras aux récentes élections européennes – quelque soit le jugement que l’on peut porter sur cette expérience électorale, sur les divisions profondes apparues avant et après le vote – démontre au moins qu’en dépit des fortes limites subjectives des forces en présence, il y a un espace également politico-électoral, militant et d’opinion, à la gauche du PD de Renzi. Et il existe également un espace objectif pour son expansion, dans des directions diverses :


 >à l’égard de ces vastes secteurs populaires qui choisissent de plus en plus l’abstention comme forme de protestation anti-système ;
 >à l’égard d’une partie de l’électorat populaire, ouvrier et de gauche du PD, peu enthousiaste face leur direction liquidatrice de l’identité même de la social-démocratie, mais qui se révèle de façon compréhensible peu attirée par les diverses alternatives à la gauche du PD ;
 >à l’égard de cette grande partie du peuple de gauche (parfois d’extrême-gauche) qui vote 5 étoiles (de Beppe Grillo), attiré par le vote de colère et de protestation, lui aussi déçu par l’absence de grandes alternatives crédibles à gauche.


Le vote dans une bonne partie des pays européens nous prouve qu’il existe, et qu’il peut s’étendre y compris dans de brefs délais, un espace social et politique durable, avec des bases de masse, pour un soutien aux communistes et aux forces de la gauche anti-capitaliste : et c’est uniquement à cause de graves responsabilités subjectives de tous les groupes dirigeants qu’un tel espace en Italie – dans ces trente dernières années qui nous séparent depuis la mort de Berlinguer – ne s’est pas construit.


Dans ce contexte régressif, les graves contradictions dans lesquelles s’est drapée la liste Tsipras, avant et après le vote, montrent que la voie menant à un rassemblement de la gauche de classe est longue et tortueuse. Et que cela rend nécessaire non pas des alchimies électoralistes improvisées, mais la construction de fondements solides dans le monde du travail et dans le conflit de classe mais aussi une pensée forte, réaffirmée à travers le temps : voilà le seul terrain sur lequel peuvent naître des groupes dirigeants unis et solidaires, soudés non par des circonstances politiciennes contingentes.


Il faut construire sur ces bases-là un processus unitaire crédible qui comprenne la gauche partisane, syndicale, associative, de mouvement, également dans la lutte électorale : laquelle doit redevenir – si l’on veut obtenir un soutien qui ne soit pas éphémère – un moment unitaire dans notre vie politique, non son présupposé ni son point d’arrivée.


3 – Dans un tel processus – de façon inséparable de celui-ci, et dans le cadre d’une phase qui, à gauche, apparaît caractérisé par un taux élevé de volatilité politique – nous estimons fondamental le travail de reconstruction en Italie d’un parti communiste digne de ce nom : d’une force organisée non sectaire, attentive aux évolutions de la dynamique politique, liée organiquement au monde du travail et non opportuniste, qui se pose comme étant en mesure d’orienter et de conditionner à partir d’un point de vue de classe le processus de rassemblement de la gauche.


Nous sommes conscients des limites lourdes qui ont caractérisé l’expérience de ces vingt dernières années, en particulier l’échec et les faiblesses originelles d’une « refondation communiste », pourtant entreprise avec passion et dévotion aux lendemains de la liquidation du PCI.


La fragmentation croissante et la multiplication des divisions ont dissipé un patrimoine militant, avec un incroyable turn-over qui a dans son ensemble pu concerner quelque chose comme 500 000 adhérents et dilapidé une influence électorale qui avait atteint dans la seconde moitié des années 1990 plus de 3,2 millions de voix et qui projettait d’arriver aux 10 %. La preuve de combien il est facile de dissiper en quelques années un grand patrimoine électoral, quand cela ne repose pas sur des fondements solides.


Aujourd’hui, nous avons conscience des causes principales (mais aussi des erreurs des groupes dirigeants) qui ont été à la base de cet échec : à commencer par une faiblesse idéologique et d’un éclectisme dès les origines, qui ont empêché une synthèse graduelle, la formation d’une culture politique commune, capable de donner au parti sa cohésion dans les moments de fort débat politique interne, comme cela se produit au contraire dans les autres partis communistes du monde.


A cela s’est ajouté, contribuant à l’échec, la déception progressive liée à la participation des communistes au gouvernement du pays, qui n’a obtenu aucun résultat important dans les intérêts de nos classes sociales de référence. Dans un contexte social caractérisé par de profonds changements sur le plan structurel, de la constitution sociale et des cultures politiques, que les communistes n’ont pas su saisir dans toute leur portée. Une déception accentuée par des formes de carriérisme politique, de luttes internes et de la formation de couches politiques séparées des militants de base sincères, qui ont causé un certain découragement et déformé la gestion interne de ces organisations communistes, leur transparence, leur coutumes, leur moralité.


Il y a donc nécessité d’une relégitimation des communistes, une tâche d’autant plus urgente, quand la crise systémique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui immergés continue à toucher avant tout les travailleurs et les travailleuses, privés d’une représentation anti-capitaliste adéquate.


4 – Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’ouvrir une réflexion sérieuse sur ces limites (et c’est la seule façon de chercher à sauver et régénérer ce qu’il peut y avoir de bon dans les expériences déjà décrites) : de cela dépend la possibilité de ne pas répéter les erreurs du passé et de relancer dans les formes possibles le processus de recomposition unitaire de dizaines de milliers de militants communistes, de parti et sans parti, de formations sociales, actives dans les conflits du travail et sur les territoires et dans les mouvements. De cela dépend la reconstruction d’un parti communiste qui dépasse – en les régénérant – les positions actuelles ; et qui sache être complémentaire, donc non alternatif et encore moins opposés, à la reconstruction d’une gauche unitaire de classe et du travail. Ces les deux jambes de la reconstruction sont différentes, mais inséparables.


Ce n’est donc pas par nostalgie ou par idéologisme abstrait que nous soutenons la nécessité de reconstituer un point de repère organisé et unifié des communistes. Nous savons que nous devons faire avec les couches sédimentaires idéologiques que l’hégémonie capitaliste a déposé sur la défaite du mouvement ouvrier : en le coupant du monde du travail, en générant la désagrégation éthique de la société. De tout cela est né ce qu’on appelle l’anti-politique.


Aux communistes incombe donc une grande responsabilité, celle de défendre une analyse à la hauteur des innovations du capitalisme et l’explication de propositions pour son dépassement ; en isolant la nouvelle composition de classe, et les formes organisationnelles efficaces pour affronter les nouvelles contradictions.


Et c’est en particulier aux communistes, organisés en parti, que revient la tâche de porter dans la lutte sociale et dans le débat politique une vision générale des contradictions du développement capitaliste, mais aussi une perception mature des dynamiques internationales et de la perspective mondiale.


Il s’agit d’éléments de conscience générale qui ne se forment pas spontanément et qui tout simplement s’affaibliraient ou même s’effaceraient sans la présence d’une force communiste organisée.


Nous savons bien que ce que nous avons devant nous n’est pas l’oeuvre d’un jour, que cela demande patience et une vision claire, au-delà de tout esprit de clocher partisan aux effets dévastateurs.


En cela, nous estimons que la constitution d’une Association, portée par des militants de bonne volonté et sans arrière-pensée à court-terme – des communistes, tout simplement – qui ont comme objectif primordial, stratégique et de longue haleine, la reconstruction en Italie d’un parti communiste digne de ce nom, qui puisse être dans cette période historique particulière l’instrument juste : un instrument ouvert à tous ceux qui désirent encore faire partie de l’entreprise communiste, sans que cela ne remette en cause les positions actuelles respectives (dans et hors des partis actuels) mais qui dès maintenant œuvrent pour une recomposition. Avec intelligence, sans exclusive ni renoncements, et dans le cadre plus large de processus unitaires à gauche.


Communistes unis, pour la reconstruction du parti communiste, dans une gauche de classe et du travail, unie et unitaire.


Ce sont les faits, les évolutions concrètes de la situation politique italienne et mondiale qui définiront, dans les prochains mois, les modalités et les temporalités de l’avancement et/ou de la précipitation d’un tel processus. Nous entendons activement en faire partie.


 *PRC = Parti de la refondation communiste
 **CGIL = Confédération générale italienne du travail
 ***USB = Union syndicale de base
 **** PdCI = Parti des communistes italiens
 ***** FIOM = Fédération des employés-ouvriers de la métallurgie

 

 

Les 100 signataires :
 Piergiovanni Alleva (Professeur en droit du travail, responsable à l’aide juridique CGIL)
 Marco Amagliani (ex-conseiller régional dans les Marches, PRC)
 Pietro Antonuccio (avocat, ex-membre du Comité de défense et de relance de la Constitution)
 Enzo Apicella (dessinateur de BD)
 Banda Bassotti (groupe musical)
 Giovanni Sante Baron (Syndicat d’entreprise de Baxi – métallurgie – à Bassano del Grappa, drection régionale de Vénétie de la FIOM)
 Tiziana Bartimmo (Conseil politique national du PRC, ex-conseiller provincial de Livourne)
 Maurizio Belligoni (médecin, secrétaire régional des Marches PRC)
 Alessandro Berardinelli (ouvrier de la FIOM, Syndicat d’ Indesit – électronique – Fabriano, Ancône)
 Fulvia Bilancieri (Conseil politique national, PRC)
 Stefano Borromeo (Syndicat Fincantieri – chantiers navals – La Spezia, Ligurie)
 Maurizio Brotini (dirigeant de la CGIL)
 Daniele Burgio, Massimo Leoni, Roberto Sidoli (Association la Chine rouge)
 Maria Rosa Calderoni (journaliste)
 Luca Cangemi (Direction nationale, PRC)
 Mariella Cao (Comité sarde Contre les bases)
 Giuseppe Carroccia (cheminot de l’USB, ex-secrétaire de la Fédération de Rome du PRC)
 Andrea Catone et Luigi Marino (co-directeurs de la revue Marx XXI)
 Patrizia Cecconi (présidente du Croissant rouge palestinien)
 Claudia Cernigoi (historienne)
 Pino Ciano (secrétaire de la Fédération de Reggio Calabria du PRC)
 Pasquale Cicalese (économiste)
 Luca Corsini (délégué syndical Rsa – centres de santé – Pistoia, Toscane)
 Lorenzo Cosimi (secrétaire de la Fédération de Livourne, du PRC).
 Leonardo Cribio (Jeunes communistes, secrétaire du cercle PRC d’Affori, à Milan)
 Aurelio Crippa (ex-sénateur PRC)
 Salvatore d’Albergo (professeur émérite de l’Université de Pise)
 Massimo d’Angelo (« Le syndicat est autre chose », CGIL Vicenza)
 Angelo d’Orsi (enseignant à l’Université de Turin)
 Marco Del Bufalo (historien)
 Silvia Di Giacomo (secrétaire du Latium et Conseil politique national du PRC)
 Flavio Di Schiena (Coordinateur des Jeunes communistes du PRC province de Barletta, Pouilles)
 Mimmo Dieni (Syndicat des communaux de Rome)
 Manlio Dinucci (journaliste)
 Mirko Donati (Syndicat Teseco – énergie – Pise)
 Ada Donno (présidente de l’Association femmes de Méditerranée)
 Rolando Dubini (avocat, Conseiller national de l’Assemblée italienne environnement-sécurité)
 Ferdinando Dubla (historien)
 Gianni Favaro (ex-secrétaire régional PRC, Piémont)
 Orestis Floros (chercheur en neuro-science Université Karolinska, Stockholm)
 Gianni Fresu (Université d’Etat de Sao Paulo – Marilia, Brésil)
 Simonetta Friani (enseignante)
 Stefano Friani (secrétaire de la Fédération de Livourne du PRC)
 Nino Frosini (ex-conseillère régionale Toscane du PdCI)
 Francesco Galofaro (sémiologue, PRC Bologne)
 Mauro Gemma (directeur du site Marx XXI)
 Marcello Gentile (Comité contre la guerre, Milan)
 Silvia Gesses (Secrétaire du cercle Rosignano Prc)
 Rolando Giailevra (directeur de la revue Gramsci Oggi)
 Ruggero Giacomini (historien)
 Vittorio Gioiello (directeur Cespi-Centro d’études politiques internationales)
 Michele Giorgio (journaliste)
 Alessandra Kersevan (éditrice et historienne)
 Alexander Hoebel (historien)
 Alessandro Leoni (Comité régional Toscane, PRC)
 Nicola Limoncino (secrétaire Fedération Reggio Calabria PRC)
 Domenico Losurdo (philosophe, président de l’Association internationale Hegel-Marx pour la pensée dialectique)
 Vladimiro Mannocci (ex-Directeur de l’Association nationale des entreprises portuaires)
 Francesco Maringiò (président international du Centres d’études Correspondances Internacionales)
 Paolo Marini (conseiller régional de Toscane)
 Dario Matiussi (historien)
 Sara Matijacic (opératrice culturelle slovène)
 Omar Minniti (ex-conseiller provincial Reggio Calabria Prc)
 Luigi Moggia (docker, secrétaire du cercle des Ports du PRC, Livourne)
 Giusy Montanini (dirigeant de la FIOM-CGIL)
 Maurizio Musolino (porte-parole du Comité « Pour ne pas oublier Sabra et Chatila »)
 Carla Nespolo (président de l’Institut historique Résistance d’Alessandria)
 Guido Oldrini (chercheur à l’Université de Bologne)
 Dmitrij Palagi (Coordination nationale Jeunes communistes PRC)
 Alba Paolini (Conseiller politique national PRC)
 Marco Veronese Passarella (économiste)
 Gianluigi Pegolo (Conseil politique national PRC)
 Vittorio Pesce Delfino (anthropologue)
 Flavio Pettinari (directeur du site Pour l’Ukraine anti-fasciste)
 Renzo Pietribiasi (exécutif régional USB Vénétie)
 Marco Pondrelli (PRC Bologne, ex-conseiller provincial)
 Francesco Porta (Conseil politique national PRC, Secrétaire régional du Trentino)
 Spartaco Puttini (historien)
 Claudia Rosati (PRC Florence)
 Rossano Rossi (dirigeant CGIL)
 Luca Rovai (Conseiller municipal PRC à Montelupo, Toscane)
 Aldo Rupel (journaliste slovène)
 Bassam Saleh (journaliste)
 Luigi Alberto Sanchi (chercheur Histoire du droit, CNRS Parigi)
 Donatello Santarone (chercheur, Université Rome 3)
 Rita Scapinelli (Secrétaire PRC à Mantoue)
 Nadia Schavecher (La Maison rouge, Milan)
 Lorenzo Schiavi (Syndicat Acamtel – Télécoms – La Spezia, Ligurie)
 Bruno Settis (doctorant en histoire, Ecole Normale de Pise)
 Simone Seu e Michela Caria (présidente et secrétaire de l’Association A. Gramsci, Cagliari)
 Bruno Steri (directeur de la revue Essere Comunisti)
 Laura Stochino (dirigeant Flc/écoles-CGIL)
 Elio Tedesco (Syndicat M-Dis Rcs – journaux – Milan)
 Luciano Traversi (PRC Toscane)
 Francesco Vaia (Centre culturel Concetto Marchesi)
 Vladimiro Vaia (économiste, Milan)
 Gianni Vattimo (professeur émérite de l’Université de Turin, ex-député européen)
 Gilberto Vlaic (secrétaire de l’Association « Ce ne sont pas des bombes, seulement des bonbons »)
 Alessandro Volponi (économiste)

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 22:18

140929-PC-Russe.jpgCommuniqué du PC de la Fédération de Russie

 

 

Le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) n'arrête pas sa solidarité envers les populations d'Ukraine aux déclarations de principe, sa solidarité s'inscrit dans des pratiques de solidarité concrètes. Nous vous communiquons ici leur déclaration :

 

« Nous souhaitons vous informer que notre solidarité a un caractère très concret, un côté pratique (NdT : le KPRF a en effet produit des analyses fort intéressantes sur la situation en Ukraine, que nous ne manquerons pas de traduire ultérieurement)

 

Le Parti communiste de la Fédération de Russie a jusqu'à présent déployé 15 caravanes d'aide humanitaire en direction de la population des régions de Donetsk et Lugansk.

 

Chaque semaine, des dizaines de tonnes de produits alimentaires, de vêtements, de médicaments et de manuels scolaires pour les élèves ont été envoyés aux gens du peuple vivant dans la région. En tout et pour tout, le KPRF a envoyé plus de 1 500 tonnes de produits de première nécessité.

 

Ceux qui ont à survivre maintenant dans la partie sud-est de l'Ukraine ont aussi désespérément besoin d'un soutien moral, c'est pourquoi le KPRF a commencé à recueillir des messages de solidarité qui leur sont adressés. Plus de 10 000 messages ont déjà été envoyés à nos frères et sœurs ukrainiens.

 

Sur la voie conduisant au Donbass, les caravanes du KPRF parties de Moscou sont passées par plusieurs villes, villages où des citoyens ont aussi rejoint la campagne de solidarité et apporté ce qu'ils pouvaient à l'action du KPRF.

 

Jusqu'alors, l'aide humanitaire du KPRF équivaut à peu près à ce qui a été fait au niveau gouvernemental.



Le KPRF continuera à fournir toute l'aide possible à la population de la région de Donbass et à lancer des appels à la solidarité internationale avec ces gens courageux luttant contre le fascisme en Ukraine. »

 

No pasaran !

 

source: http://www.solidarite-internationale-pcf.fr [26/09/2014]

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 21:59

Sous ce titre le site "Solidnet" a publié, en langue anglaise, une déclaration de Pedro Guerreiro, membre du comité central du Parti communiste Portugais et responsable des relations internationales de ce parti. Ci-dessous la traduction en français effectuée par la rédaction du Lien (journal du PADS.)

 

 

140813-paz.jpgPour marquer les 69 années du lancement des bombes atomiques US sur Hiroshima et Nagasaki- les 6 et 9 août 1945 - le Parti communiste Portugais attire l'attention sur les graves développements internationaux qui surgissent de l'escalade des ingérences, de l'agression et de la guerre conduite par l'impérialisme US.

 

En créant et en promouvant une vaste flambée de tension et de déstabilisation, pratiquement dans les régions du monde, les Etats Unis et leurs alliés de l'OTAN et de l'Union européenne encouragent l'agression et déclenchent une guerre contre tous ceux qui, défendent la souveraineté et l'indépendance nationale et qui résistent à leurs objectifs d' imposer la domination du monde.

 

Dans ce cadre, l'agression israélienne contre la population Palestinienne de Gaza est particulièrement grave. Après un mois de bombardements méthodiques et sans discrimination, les écoles, les hôpitaux, les Mosquées et même les services des Nations Unies n'ont pas été épargnés. Ces bombardements ont déjà tué 2 000 Palestiniens et laissé plus de 9 000 blessés - y compris des milliers d'enfants. Ils ont détruit des habitations et plusieurs infrastructures de base qui sont essentielles pour assurer des conditions de vie à la population Palestinienne.

 

Ce nouveau massacre et cet acte de terrorisme déclenché par Israël avec le soutien des Etats Unis et de l'Union européenne exigent la plus ferme condamnation. L'interruption de l'offensive militaire de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza n'est pas la fin de l'agression sioniste. L'illégale occupation criminelle et l'oppression des Palestiniens se poursuivent. Il est inacceptable que le gouvernement portugais, ignore le devoir explicite constitutionnel. Non seulement il n'a pas condamné l'agression israélienne, mais il garde le silence sur la demande d'application des résolutions des Nations Unies qui exigent le retrait d'Israël des territoires arabes occupés en 1967 et la reconnaissance du droit du peuple Palestinien à son indépendance et à un Etat souverain.

 

En réaffirmant sa solidarité avec la cause et la lutte de l'héroïque peuple Palestinien contre l'oppression de l'Etat d'Israël, le PCP appelle à la participation à des actions publiques pour " une Palestine libre et pour la fin de l'agression et de l'occupation". Plusieurs organisations l'ont fait  ce matin 7 août en serassemblant devant l'ambassade d'Israël à Lisbonne.

 

En outre, le coup d'Etat de février - suite  à l'instigation et au soutien des Etats Unis et de l'OTAN, matérialisé avec la participation décisive de forces s'assumant de nature néo-Nazie et fasciste- se poursuit en Ukraine, sous une chape de silence et d'une déformation préméditée de la réalité, une campagne brutale de répression contre les personnes qui rejettent le fascisme et qui ne se courbent pas aux pouvoirs. Cette campagne  est le résultat du coup d'Etat. L'opération militaire criminelle que les autorités de Kiev ont accéléré contre la population Ukrainienne de la région du Donbass - impliquant des groupes militarisés néo-fascistes- a déjà causé, après le massacre d'Odessa, des milliers de victimes et des centaines de milliers de réfugiés. Une opération militaire qui est une partie de l'énorme  campagne de violation des droits fondamentaux et des libertés, qui comprend des actions systématiques d'intimidation, de persécution et de violence contre les communistes et d'autres démocrates. Son but déclaré est la mise hors la loi du Parti communiste d'Ukraine.

 

Le développement grave de la situation en Ukraine est une partie de l'avancée vers l'Est de l'impérialisme à la suite de la défaite dramatique du socialisme et de l'escalade dangereuse de la tension et de la confrontation des Etats Unis et de l'Union européenne avec la Fédération de Russie, qui, si elle n'est pas arrêtée, représenterait une grave menace pour la paix en Europe et dans le monde.

 

Soulignant la nécessité d'engager un processus politique entre les partis, le PCP réitère sa solidarité avec les travailleurs Ukrainiens et les autres forces démocratiques, sa solidarité avec ceux qui en Ukraine résistent et se positionnent  pour la défense de leurs droits, contre le pouvoir, l'oppression des oligarques, contre l'impérialisme et la menace néo-fasciste.

 

L'agression militaire israélienne contre la population Palestinienne dans la Bande de Gaza et la détérioration préméditée de la situation en Ukraine sont une partie intégrale de la stratégie globale de domination de l'impérialisme, qui comprend la destruction de la Yougoslavie, la guerre et l'occupation en Afghanistan, en Irak et en Libye et la décomposition de ces pays comme Etats souverains ; l'opération contre la Syrie et les menaces contre l'Iran; l'ingérence croissante, l'interventionnisme militaire et les opérations de re-colonisation en Afrique; la militarisation galopante en Extrême-Orient visant la Chine; la tension permanente dans la Péninsule Coréenne,; le revanchisme et l'expansionnisme japonais; ou le blocus contre Cuba et l'ingérence et la déstabilisation du Venezuela et des autres pays d'Amérique Latine.

 

Avec hypocrisie, les Etats Unis et leurs alliés instrumentent les "droits de l'homme" et le "devoir d'une intervention humanitaire" en utilisant d'énormes campagnes de désinformation et de manipulation qui cherchent à blanchir leurs objectifs criminels et leurs actions. Ils violent la Charte des Nations Unies et le droit international en attaquant la souveraineté des Etats et les droits des peuples. Ils intensifient l'exploitation, ils appliquent des mesures antidémocratiques, promeuvent et préparent des guerres criminelles.

 

Avec l'approfondissement de la crise du capitalisme, l'impérialisme cherche à assurer et à contrôler l'exploitation des ressources et des positions géostratégiques, en réprimant la résistance et la lutte des ouvriers et des peuples dans la défense de leurs droits inaliénables et de leurs aspirations légitimes - une politique à laquelle les gouvernements successifs du Portugal ont été engagés. Le Portugal doit rompre avec la politique de soumission aux Etats Unis, à l'OTAN et à l'Union européenne qui l'implique dans les opérations agressives de l'impérialisme, qui ruine le pays et mine toute la souveraineté et l'indépendance du Portugal.

 

Les cercles les plus agressifs de l'impérialisme lancent l'humanité dans une spirale d'exploitation, d'oppression et de guerres. Les mains des peuples doivent les arrêter. 69 années après le lancement des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki, le PCP réaffirme l'actualité et l'urgence de la lutte pour la paix et son engagement pour contribuer au renforcement du mouvement de la paix et sa solidarité avec les peuples qui sont victimes de l'agression impérialiste. En se souvenant de Hiroshima et Nagasaki ne sont pas oubliés ses centaines de milliers de victimes. A leur mémoire, il faut intervenir afin que l'humanité n'est plus jamais à souffrir d'une horreur nucléaire.

 

En cette année qui marque le 40 ème anniversaire de la Révolution d'Avril, qui a mis fin à la dictature fasciste, le PCP appelle tous les démocrates et patriotes à intensifier le combat contre le fascisme, contre le militarisme, contre les ingérences impérialistes et la guerre, pour la paix, le désarmement,- particulièrement le désarmement des armes nucléaires- pour la résolution pacifique des conflits, la fin des bases militaires étrangères, la dissolution des blocs politiques et militaires, le respect de la souveraineté et de l'indépendance nationale,pour le progrès social et l'amitié et la coopération entre les peuples.

 

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source: http://www.lien-pads.fr/

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 21:51

1. Le Comité central du KKE a évalué le cours du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) au cours de la période récente et la situation objective qui résulte de la composition du Parlement européen après les élections européennes et a décidé que les députés du KKE ne vont pas adhérer à un groupe au Parlement européen. Le Comité central réaffirme l'engagement principal du KKE en faveur du peuple grec: révéler les plans antipopulaires qui sont concoctés par l'UE et surtout contribuer au renforcement de la lutte des peuples contre l'UE impérialiste, pour la socialisation des monopoles, le désengagement de l'UE, pour que les peuples conquièrent leur propre pouvoir. La participation des députés du KKE dans des groupes dont la ligne principale est d'embellir et de soutenir l'UE ne peut pas servir cet engagement.

 

2. Le KKE jusqu'à récemment participait au groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL). La participation du parti à ce groupe depuis 1994, dans des conditions différentes par rapport à aujourd'hui, a été dictée par la nécessité de faciliter l'intervention des députés du KKE au Parlement européen et utiliser les possibilités qui existaient pour la coordination avec d'autres partis communistes. Dès le début, le groupe GUE/NGL a été formé sur une base confédérale, sans aucune plate-forme politique idéologique commune ou convergence des programmes, tandis que les partis conservaient leur indépendance idéologique et politique et s’accordaient sur des questions techniques liées aux interventions au Parlement européen. Au cours de ces deux décennies et surtout après la fondation du Parti de la gauche européenne (PGE) il y avait une confrontation constante dans le groupe GUE/NGL entre le KKE et les forces qui participent au PGE. Ces forces cherchaient à imposer leurs positions comme des positions du groupe alors qu'ils ont essayé à plusieurs reprises de violer le caractère confédéral du groupe. Les partis du PGE ont joué le rôle principal dans cet effort, en particulier le parti allemand Die Linke et SYRIZA.

 

3. Cette situation s'est considérablement aggravée dans la période récente. Plus précisément:

 

  • Le caractère confédéral de la GUE/NGL en réalité a été modifié, car les partis du PGE ont une ligne politique unique, ils sont regroupés, et ils parlent dans les commissions et les sessions plénières sur la base d'une plate-forme commune, en promouvant des positions politiques du PGE comme des positions de la GUE/NGL. La situation s’aggrave alors que l'UE, dans le cadre du renforcement de son caractère réactionnaire, donne la priorité au fonctionnement des partis européens qui protègent la poursuite du renforcement de la Commission et de ses mécanismes aux tentacules multiples.
  • Il y a eu des attaques contre le KKE et des tentatives de déformer et de dissimuler ses positions par GUE/NGL.
  • Des « positions communes » sont promues sur des questions importantes qui sont liées à la politique de l'UE et aux développements internationaux, malgré les désaccords exprimés par le groupe parlementaire européen du KKE, dont les positions ont été dissimulées dans plusieurs cas par GUE/NGL.
  • Des tentatives de coopération sont en cours entre la GUE/NGL et les groupes politiques des Socialistes et des Verts pour la formation d’un prétendu «bloc de gauche», ce qui ressort également des déclarations du candidat du PGE à la présidence de la Commission, A. Tsipras. En outre, des résolutions communes ont été signées dans le Parlement européen sur des questions très graves, parfois même avec la participation du Parti populaire européen et des Libéraux (par exemple, la résolution commune sur l'accord politique relatif au Cadre financier pluriannuel 2014-2020).
  • Des forces de la GUE/NGL, comme le parti allemand Die Linke, participent à la campagne anti-communiste de l'Union européenne, à la falsification de la vérité historique, à l'équation anti-historique entre communisme et fascisme, à la diffamation de la construction socialiste et des acquis de la classe ouvrière.

 

4. Toutes ces années le groupe du Parlement européen du KKE s’est opposé à ces choix dangereux. Ella a combattu la position inadmissible des partis et des députés, qui participent au groupe GUE/NGL et qui ont supporté la guerre en Lybie, l’intervention de l’UE à la République Centrafricaine, aux affaires intérieures de la Syrie ou la campagne de subversion contre Cuba, qui n’ont pas condamné l’intervention de l’UE en Ukraine. Il a combattu la position du PGE qu’une gestion en faveur du peuple est possible alors que les monopoles restent au pouvoir. Il a été en conflit avec des positions qui embellissent le caractère impérialiste de l’UE et prétendent que cette union des monopoles peut devenir une union en faveur des peuples. Cependant, et malgré les efforts du KKE, le groupe GUE/NGL est utilisé comme un instrument du PGE. Tout cela a pour résultat la formation d’une situation totalement négative et de nouvelles conditions  qui compliquent objectivement la continuation de notre participation  au groupe GUE/NGL. Le maintien du KKE dans un groupe, où ces forces prédominent, constituerait une entrave pour l’autonomie idéologique, politique et organisationnelle du Parti au parlement européen,  pour la promotion de la stratégique en faveur de la classe ouvrière et des couches populaires dans notre pays et en Europe, pour le regroupement du mouvement communiste en Europe. En même temps, la continuation de la participation du KKE à la GUE/NGL serait utilisée comme un « alibi gauchiste » pour l’imposition de la politique opportuniste et social-démocratique des partis qui agissent en faveur de l’UE et acceptent l’atrocité impérialiste.

 

5. Le fait que le KKE ne va pas adhérer à un des groupes existants, mais aussi le cadre  suffocant dans lequel le parlement européen fonctionne, ne peuvent pas empêcher l’intervention du KKE.  Les députés européens du KKE continueront, sans aucun engagement, la lutte pour les intérêts et les droits de la classe ouvrière, par opposition à l’UE et sa politique, en combattant l’atrocité capitaliste et en assurant le droit à une action idéologique-politique du KKE autonome et plus efficace. Ils continueront à dévoiler le caractère de l’UE, mais aussi le rôle néfaste des partis qui se rassemblent autour du PGE, des partis qui ont quitté la lutte contre l’UE et pour le renversement du pouvoir du capital dans leur pays et en général. Ces forces, par la politique d’embellissement de l’UE, par leur position en faveur des monopoles dans le mouvement, leur participation aux gouvernements antipopulaires (comme en Italie, en France, comme les gouvernements locaux en Allemagne, en Espagne), non seulement n’ont pas du tout contribué à la promotion des intérêts du peuple, mais au contraire ils ont mené le mouvement ouvrier-populaire dans leurs pays à la soumission et à la retraite.

 

6. Le KKE continuera infatigablement les efforts pour le regroupement du mouvement communiste, pour le développement des relations bilatérales avec les Partis communistes représentés au Parlement européen, avec des dizaines de Partis Communistes en Europe et dans le monde entier. Il participera activement aux Rencontres Internationales et Régionales et améliora son travail dans le cadre de l’INICIATIVE des 29 Partis communistes et ouvriers en Europe, contre l’Union Européenne, ses partis et sa politique, pour le développement de l’action commune en faveur des intérêts des peuples.

 

 

source: fr.kke.gr

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

Pétition

Halte à la fascisation en Ukraine

Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale

pour signer la pétition

cliquer ici

140812-CISC-copie-1

Billets

A lire ....

150406_ic-155-avril2015-copie-1.jpg

Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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BP 30111-62802 LIEVIN

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La Guerre Sacrée

Radio Libertaire 89.4

ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

Pour écouter sur internet cliquez ici !