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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 20:53

Près de mille personnes ont assisté à l'hommage civil qui a été rendu, hier, à Michel Mazéas, à l'espace Jules-Verne. Un hommage sobre, digne, sans artifice. L'émotion était dans les discours et les chants.

 

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> L'hommage de Monique Prevost
> L'hommage de Philippe Paul

 

 

« Il s'en est allé, immobile et froid, comme nous partirons tous. Mais sa trace aujourd'hui persiste ». C'est avec ces mots prononcés par Michel Mazéas lui-même, en 1988, lors de l'anniversaire de la mort du poète Georges Perros, que Monique Prévost, ancien maire, a entamé un long et poignant monologue, s'adressant au disparu. Elle a d'abord retracé sa vie d'homme, son enfance, sa mère ouvrière d'usine, son père marin-pêcheur. « C'est cette lignée de femmes et d'hommes, c'est ce sang de marins et d'ouvrières qui coulait dans tes veines qui ont forgé ton identité, qui t'ont inscrit profondément dans l'histoire de Douarnenez, qui ont fait de toi l'incarnation rare de cette ville qui t'a vu naître, grandir et mourir ».

Des anonymes,des personnalités

Dans un registre plus intime, Monique Prévost a évoqué avec tendresse sa rencontre entre la jeune institutrice qu'elle était et l'instituteur que Michel Mazéas a été aussi, avant d'être professeur. Puis est venu le récit de l'engagement pour la ville avec son complice Jean Peuziat... « Nous sommes dépositaires de la mémoire vivante que tu as été parmi nous. Tes discours résonneront dans nos mémoires, tes écrits resteront bien en vue dans nos bibliothèques et, surtout, nous qui restons, nous promettons de continuer ton combat pour un monde de paix plus juste, plus humain, plus fraternel et plus solidaire ».« Toi et moi, Michel, c'est une vieille histoire, a ensuite enchaîné le maire, Philippe Paul. Tout aurait pu nous séparer. En fait, tout nous rassemblait. Tu faisais partie de ces gens, rares, hors du commun, extraordinaires, que l'on croise dans la vie. On t'adorait ou, pour faire court, tu insupportais. Et tu le savais. Tu t'en amusais quelquefois. Je vois d'ici ton sourire... ». Philippe Paul a évoqué son chagrin, mais aussi « le bonheur d'avoir croisé ta route. Nous continuerons notre discussion, complices, plus tard, ensemble, et désormais d'une manière différente ».Dans la foule recueillie, de nombreux anonymes. Et des personnalités. Des anciens ministres, Ambroise Guellec, Kofi Yamgnane. Des militants communistes : le Brestois Louis Aminot, le Carhaisien Jean-Pierre Jeudy, le Quimpérois Piero Raneiro... Et nombre de ses « enfants », comme ceux des équipes successives de la MJC. Et, bien sûr, les personnalités politiques locales de tous bords. Et enfin, formant une garde émouvante et fière autour du cercueil, des délégations de la SNSM, dont il a fait partie, et des anciens combattants, dont il était. La cérémonie a duré une heure environ. Michel Mazéas a, ensuite, été inhumé dans l'intimité familiale, dans sa terre natale, à Ploaré.

 

Marie-Line QUEAU

 

 

 

 

 

Propos injurieux : le sénateur-maire saisit la justice

Au conseil municipal, réuni hier soir, le sénateur-maire, Philippe Paul, a annoncé qu'il avait « informé, par courrier, le procureur de la République de Quimper des propos scandaleux publiés à l'encontre de Michel Mazéas », sur un site internet hébergé aux États-Unis. Par communiqué, la fédération départementale du PCF, condamnait également ces écrits, parlant de « rejet fondamental des valeurs républicaines et humaines les plus élémentaires ».L'animateur de ce site a été récemment condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, ainsi qu'à 17.000 € de dommages et intérêts pour « diffamation, provocation à la discrimination raciale et menaces de violence ».

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 22:36

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Il était militant communiste. Mais il était avant tout « Monsieur le maire ». Même quand il ne l'était plus. L'action était son moteur, bien plus que les dogmes. Les Douarnenistes étaient tous ses enfants et ils l'ont aimé. Longtemps.

Dans les années 1970-1980, il était l'un des membres du Parti communiste français « pour qui l'union de la gauche était une évidence », rappelle Jean-Yves Le Drian dans son hommage (lire en page 11).Une union à laquelle Michel Mazéas a donné forme en conduisant les affaires de la ville avec le socialiste Jean Peuziat. Mais la force qui l'animait, la puissance de son désir d'agir pour son prochain ont retenti bien au-delà. C'est sans doute là qu'est la singularité du personnage, qui a déteint sur la ville.

Le drapeau rougeà l'extérieur de l'église

Notre confrère, le journaliste douarneniste Jean-Jacques Chapalain, raconte cette anecdote. « Ma mère était ouvrière d'usine et catholique pratiquante. Et elle votait pour Michel Mazéas. « On est du même monde », disait-elle à son propos, avant d'aller se confesser pour avoir voté pour un communiste... Quand il allait aux enterrements, le drapeau rouge restait à l'extérieur de l'église et c'est lui qui chantait le plus fort, se souvient encore Jean-Jacques Chapalain. Il connaissait tous les cantiques en latin ».

L'amitiéavec Philippe Paul

Cette volonté de dépasser les clivages, Michel Mazéas en aura fait la démonstration jusqu'au bout. Il entretenait une amitié sincère avec celui qui est aujourd'hui dans le fauteuil de maire, l'UMP Philippe Paul. Le ciment de cette amitié, c'est leur passion commune pour l'aviation. « Après mon passage dans l'Armée de l'air, je suis venu le voir à la mairie. Je savais qu'il pilotait. Je voulais qu'il me fasse rencontrer des gens. Plus tard, je peux en faire la confidence aujourd'hui, quand j'étais adjoint de Jocelyne Poitevin et lui dans l'opposition, le dimanche, nous allions ensemble aux meetings aériens. Lui, moi et mon fils Ludovic. Et quand je suis devenu conseiller général, il me présentait à tout le monde aux meetings en le précisant. Les gens devaient trouver ça drôle... ». Philippe Paul a du mal à cacher son émotion, quand son regard se pose sur la photo au-dessus de son bureau de maire. Un B17, à bord duquel il y a Michel Mazéas. « C'est lui qui m'avait demandé de prendre cette photo... Nous ne parlions quasiment jamais de politique. Mais je l'avoue, il m'arrivait parfois de l'appeler pour lui demander conseil ».

Une empreinte indélébile

Hugues Tupin, élu PC douarneniste a rejoint l'équipe de Michel Mazéas en 1989. « J'ai adhéré au parti cette même année. J'avais 32 ans. Là, j'étais à l'école ! », se souvient celui qui repart à l'assaut de la ville aujourd'hui, dans une liste d'union citoyenne. « J'ai pu constater qu'une équipe en place peut faire, bâtir, transformer la vie des gens. L'échelle de la ville, c'est la bonne. C'est là que tout commence. Michel était convaincu de ça. Qu'on pouvait faire des choses. Et il les a faites. Au fond, la ville a peu changé depuis lui. L'hôpital, la MJC... Il a apporté aux habitants ce dont ils avaient besoin. Ce qui a permis à la ville de s'ouvrir vers l'extérieur. Aujourd'hui encore, grâce à lui, l'image de Douarnenez à l'extérieur est bonne. Michel Mazéas, c'est une empreinte de la ville, belle et indélébile ».

 

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Homme d'action et de passions

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« Mich'», homme d'action et de passions. Action pour développer sa Ville et faire bouger tous les quartiers. Passions pour la voile, la mer, l'histoire, la culture et l'éducation. Témoignages et hommages.


Jean-Michel Le Boulanger. « L'incarnation de Douarnenez ». Actuel vice-président de la Région, Jean-Michel Le Boulanger a fait ses premières armes aux côtés de Michel Mazéas. Il a été son adjoint de 1989 à 1995. « Des moments très denses et je lui dois beaucoup ». Une époque politique surtout marquée « par le duo indissoluble que formaient Michel Mazéas et Jean Peuziat (NDLR : disparu le 17 avril 2008). L'un était prof, l'autre ouvrier ; l'un était laïc, l'autre catholique ; l'un était communiste et l'autre socialiste ». Des différences mais « les deux avaient leur ville chevillée au corps et ont toujours su dépasser leurs contradictions pour se retrouver au service des autres. Avec Michel, nous partagions aussi la même passion : l'Histoire ». Les deux ont participé, avec Fanch Hascoët, aux publications des « Mémoires de la Ville » : des ouvrages de référence. Jean-Michel Le Boulanger retient surtout la personnalité d'un « vrai patron qui a incarné la Ville ; comme le sont parfois les grands hommes politiques. Avec le décès de Michel, c'est la page d'un siècle et demi d'histoire qui se tourne ».Daniel Bouër. « Le développement du tissu associatif ». Le socialiste Daniel Bouër a été adjoint de Michel Mazéas de 1977 à 1989 au sein d'une Union de la gauche avant l'heure. Des années de cohabitation qui « n'étaient pas toujours très faciles ». Comme cette opposition au sujet de la centrale de Plogoff. « Élu communiste, Michel était pour l'installation de la centrale alors les élus socialistes étaient contre. Michel était un grand homme d'action et pragmatique. Il a toujours cherché à développer le tissu social et associatif de Douarnenez. Comme la construction de l'hôpital ou encore le développement de la MJC ou celui de la voile scolaire ».Joël Perrot. « Un grand homme de la mer ». Entre Joël Perrot et Michel Mazéas, les rapports ont souvent été vifs. Durant trois mandats, et dans des formations politiques opposées, Joël Perrot et Michel Mazéas se sont « souvent pris la tête lors de conseils municipaux ». Mais « finalement, on s'aimait bien et on se respectait beaucoup ». Et surtout, « on partageait la même passion de la mer et de la vie des marins-pêcheurs. J'étais patron pêcheur et Michel était fils de pêcheur ». Un monde qui les rapprochait. « À partir des années 2000, on se retrouvait à 9 h, tous les matins, cinq jours par semaine, pour prendre un café au Bar de la criée. On parlait de tout, de la pêche, des bateaux, des marins et de nous ». Dominique Le Bihan. « Par tous les temps ». Vice-champion du monde de windsurf dans les années 1980, Dominique Le Bihan avait douze ans en 1967 quand il est entré à Jean-Marie-Le Bris, où Michel Mazéas était prof d'histoire-géo. « Il venait de monter une section voile. Mes parents m'y ont aussitôt inscrit. Le samedi et le mercredi, avec son fils Loulou, il nous encadrait. Il n'avait pas peur de nous envoyer en mer par tous les temps. On a commencé à faire des régates, des championnats. De fil en aiguille, il s'est retrouvé responsable de l'équipe de France d'Optimist. Nous étions plusieurs Douarnenistes dans l'équipe, dont François Bonizec, Bernard Conan... Et nous avons été deux à être sélectionnés pour le championnat du monde en 1969 ». Une carrière sportive internationale s'annonçait pour Dominique Le Bihan et la voile scolaire venait de naître à Douarnenez, autour de l'Optimist, un petit bateau dont l'usage n'était pas encore répandu en France. Michel Mazéas a fait construire la flottille qui a équipé le centre nautique dans les années 1960-1970.

 

 


 

« Il a fait apparaître de véritables quartiers dans toute la ville »

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14 février 1928. Naissance à Ploaré dans un foyer de marin pêcheur.De 1948 à 1983. Instituteur des écoles publiques puis professeur de collège.1969. Entrée en politique comme conseiller municipal. Maire de 1971 à 1995. En 1995, il est battu par Joseph Trétout de 51 voix. Il restera conseiller municipal jusqu'en 2008.« Toute la ville a bougé ». « Tout a bougé dans tous les quartiers sous ses mandats », disait, hier, un ancien cadre des services municipaux. Avec notamment de nombreux lotissements communaux comme Le Carbon, Listrouarn, Ploaré, Bréhuel. Des lotissements « qui ont fait apparaître de véritables quartiers ». Sous les mandats de 1977. Michel Mazéas également : construction de la MJC, une des premières du Finistère. Construction de l'hôpital et du foyer-logements du Golven. Construction de la nouvelle mairie et déménagement des services de la mairie installée dans la Maison Charles-Tillon.Le Port-Rhu. Aménagement de tous les quais du Port-Rhu en 1990 et 1991 pour créer le Musée du bateau inauguré en 1992.1993. Achat du site des Plomarc'h pour en faire un conservatoire des animaux de ferme bretons.

Une cérémonie publique d'hommage est organisée vendredi 20 décembre, à 15 h, dans la salle Jules-Verne, avant une inhumation dans l'intimité familiale, au cimetière de Ploaré.

 

 

source: letelegramme.fr

(19/12/2013)

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:30

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mémorial de la grande guerre patriotique Kiev,

monument à la mémoire des massacrés de Babi yar*

 

 

 

Lettre de Francis Arzalier au directeur de l’Humanité

Une insulte à l’histoire de l’Ukraine soviétique

dimanche 15 décembre 2013

par Francis Arzalier

 

à Patrick LE HYARIC, Directeur du journal l’HUMANITE.

 

Monsieur le Directeur,

 

Je lis l’Humanité depuis ma jeunesse, en 1957, quand ce quotidien était le seul assez courageux pour dénoncer la guerre coloniale menée par la France contre le peuple algérien. Avec ses défauts, ses qualités, l’Humanité a depuis ce temps-là survécu heureusement pour porter la voix des communistes français pour la paix, contre l’impérialisme et l’exploitation capitaliste. Cela, je pense, me donne le droit de protester avec indignation contre une dérive inacceptable dans le numéro du 12/12/2013 à propos des événements d’Ukraine.


Les reportages quotidiens de l’envoyé spécial à Kiev ont apporté des éléments d’analyse utiles aux lecteurs du journal, y compris la position très nuancée du Parti communiste d’Ukraine (interview du 9 décembre 2013), qui ne choisit pas entre la peste et le choléra, l’allégeance aux « oligarques » russes ou à ceux de l’Union Européenne. J’ai donc sursauté à la lecture dans le numéro du 12 décembre, dans l’encart titré « Cactus », de trois colonnes en demi-page, signées de Pierre Louis Basse, « journaliste et écrivain » ( ?) qui sont l’expression du plus virulent nationalisme ukrainien d’extrême droite, portées à Lviv et Kiev par le parti Svoboda, qui a récemment organisé une cérémonie commémorant « le sacrifice » des SS ukrainiens face à l’Armée rouge en 1944. Je cite : « aimer l’Ukraine, c’est d’abord s’obliger à comprendre des décennies de souffrance et d’identité bafouée ». Suit une justification de ceux qui ont collaboré avec les nazis, excusés par les turpitudes de l’URSS dont l’Ukraine faisait partie : « pouvoir stalinien organisant des famines monstrueuses – plusieurs millions de victimes – des familles mangeant leurs propres enfants ». Mieux, après ces exagérations tirées du Livre noir du communisme, vient le couplet sur « l’antisémitisme d’état » de Staline, en oubliant de rappeler que les massacres de Juifs en Ukraine ont été le fait de nazis et de leurs supplétifs ukrainiens, nationalistes dévoyés jusqu’au nazisme, jusque dans les camps d’extermination. Cette insulte à l’histoire de ce que fut l’Ukraine soviétique, est aussi une insulte aux millions d’Ukrainiens morts dans la guerre contre le nazisme et ses alliés, les partisans de Bandera et autres antisémites et antisoviétiques.


Ce pamphlet outrancier n’a pas sa place dans le quotidien des communistes français.

 

Je vous demande de publier mon courrier parmi ceux des lecteurs de l’Humanité et de veiller à stopper ce genre de dérives, qui n’ont rien à voir avec un quelconque esprit d’ouverture.


Veuillez croire à mon attachement à l’Humanité, le journal de Jaurès, de Péri et de Marcel Cachin


Francis Arzalier

 

 

 

*Le massacre de Babi Yar (banlieue de Kiev) est le plus grand massacre "de la Shoah par balles" menée par les Einsatzgruppen nazis en URSS :

33 771 personnes (juifs, prisonniers de guerre soviétiques, communistes, Roms) furent assassinés par les nazis et leurs collaborateurs locaux, ceux dont les factions ukrainiennes d'aujourd'hui revendiquent l'héritage.

Massacres qui eurent lieu principalement les 29 et 30 septembre 1941 aux abords du ravin de Babi Yar.

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 23:28

Les premières ignominies d'Onfray remontent à mars dernier.

Mais il a pu avec complaisance déployer sa vindicte sur de nombreux plateaux de télévision et les médias en général sans qu'aucune contradiction ne lui soit opposée.C'est pourquoi nous nous faisons un devoir avec nombre de sites alternatifs de faire écho à la réponse du résistant Léon Landini.


En signalant par ailleurs sa belle et poignante participation au film qui est actuellement projeté en France de manière militante, les grands médias continuant à l'ignorer : "Les jours heureux " .

 

 


 

 

Lettre ouverte de Léon LANDINI pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars dernier où était invité Onfray.

 

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Bagneux le 25 mars 2013

Lettre ouverte Teleparis

4 bis, rue Descombes 75017 Paris

 

Monsieur,

 

C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous sommes.

 

Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs. Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ». Oser prétendre, comme il l’a dit, que peu ou prou nous aurions participé à la Shoah, relève de la diffamation.

 

Il est intolérable que vous rendiez ces vilenies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion de se donner en spectacle dans votre émission. Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais accusé les communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes. D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ».

 

En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir raconter ces saloperies dans une de nos réunions et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces insanités.

 

Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté (unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste. Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des fusillés de l’Affiche Rouge.

 

Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.

 

Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les vilenies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance contre les nazis.

 

Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer. Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien avant l’attaque contre l’Union Soviétique.

 

Commençons par le début.

 

Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement. Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte. Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté de notre pays. En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a attribué la Carte de Combattant.

 

Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ». Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

 

Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise. Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations, opérées dans les rangs de PCF. Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien. Voici quelques phrases de cet appel : « Mais le peuple français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous sommes le nombre nous seront la force. Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez vous dans l’action ». Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile d’ajouter que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.

 

En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy, à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance. Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves ».

 

En août 1940 : « Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand ». Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au préfet de l’Aube : « Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins ».

 

Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : «Que le communisme est devenu le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale. Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris, signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte activité ».

 

Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre l’occupant.

 

La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942. Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ». Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à Allemagne ». Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon, les groupes de l’O.S. dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne. Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de commerce de Brest. Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari. Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante » à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées. Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à Lambersart. Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans les Vosges. Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande drève des mineurs. Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur, Michel Brûlé, Julien Hapiot, Charles Debarge. Dans le Pas-de-Calais cette grève rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d’une importante quantité de charbon. Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE on peut lire : « Abat l’antisémitisme ! ». Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes.

 

Ces quelques exemples démontrent que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les fascistes. Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet, voici quelques documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray : Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix », Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » : « Le fascisme c’est la guerre. La marche des évènements depuis quelques années confirme absolument cette vérité première …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la France, l’Angleterre, l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? ». Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et combattre le fascisme. Guy Môquet. Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939. Cette arrestation est un évènement marquant qui renforce l’ardeur militante de Guy.


Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy

 

Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait, relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus emblématiques de la résistance française. Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards. Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard*. Cela n’est pas une insulte mais une constatation.


*Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble ».



Léon Landini


Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole-Liberté

Officier de la Légion d’Honneur –

Médaille de la Résistance –

Grand Mutilé de Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement)

Membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny. Ces communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

 


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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 20:39

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Il y a des matins où il est difficile d’écrire…


Il est mort en paix à un âge quasi inespéré vu les souffrances que lui a infligées l’apartheid.


Son peuple et les siens, du moins les images que l’on nous renvoie, semblent plus dans la célébration sereine que dans la douleur, et pourtant cela n’empêche pas les yeux de s’embuer irrésistiblement depuis que la nouvelle est connue.


Inlassablement la presse et les « grands » de ce monde parlent de « l’icône mondiale de la réconciliation et du pardon » : signe qu’ils se situent peut-être inconsciemment dans le camp de celles et ceux qui ont des choses à se faire pardonner et qu’ils sont reconnaissants à Madiba de l’avoir fait ?


Les mêmes qui parlent aussi de Mandela comme « apôtre de la non-violence » alors qu’il avait déclaré « On ne peut détourner l’attaque d’une bête sauvage les mains nues. »  [1] et fondé en 1961 la branche armée de l’ANC suite à son constat que la stratégie non-violente suivie jusqu’alors ne menait à aucun succès. Oubli ou peur que des hommes et des femmes de notre temps que le combat de Mandela inspire ne recourent à la violence pour combattre les injustices d’aujourd’hui ?


Les résistants, terroristes d’hier, deviennent héros quand leur combat se fait victoire.


Celles et ceux qui, bien avant Le Pen à qui ils font semblant de faire la leçon aujourd’hui, traitaient Mandela et l’ANC de terroristes s’unissent dans l’hommage aux combattants de tous les pays pour la justice et l’égalité. Qui se souvient ce matin de Pierre André Albertini, ce français mis en prison pour avoir soutenu le combat de l’ANC et pour lequel, les communistes bien seuls (à part quelques exceptions notables) menèrent bataille pour sa libération ?


Qui se souvient que Mandela fut arrêté en 1962 grâce à des informations fournies par la CIA au régime de Pretoria ?


Qui se souvient du refus d’accorder en 1989 le prix Nobel de la paix à un Nelson encore en prison ce qui aurait accéléré sa libération [2] ?


Je fais partie, et c’est une chance, de celles et ceux pour qui Mandela évoque les années de lutte contre l’apartheid que nous menions comme nous pouvions dans des pays aux chefs d’état hostiles à l’ANC et soutiens affirmés au régime raciste de Pretoria, de la France aux Etats-Unis en passant par l’Angleterre et Israël. Celles et ceux qui ont boycotté les oranges outspan, distribué des milliers de tracts, ont fait signer des milliers de pétitions, ont acheté le pin’s en métal doré à l’effigie du plus vieux prisonnier du monde (avant que ce titre peu envié ne lui soit ravi par George Ibrahim Abdallah qui croupit au mépris de toute justice dans les geôles françaises), ont participé à des meetings, à des marches, à des rassemblements, celles et ceux qui étaient non seulement profondément émus le jour de la libération de Madiba mais regardaient ces images inoubliables comme un moment qui leur appartenait un tout petit peu, fourmis que nous étions dans ce combat que nous gagnions avec les habitants de la fourmilière du monde.


C’est la force de ces souvenirs, de ces combats, de ces émotions, de tous ces 21 mars en mémoire du massacre de Sharpeville et de ce racisme que d’aucuns s’acharnent à vouloir sans cesse faire revivre pour perpétuer leurs intérêts de classe, l’apartheid qui sévit à nouveau, dans un autre pays, Israël, bénéficiant des mêmes soutiens que ceux de l’Afrique du Sud raciste, le long calvaire de George Ibrahim Abdallah que nous arriverons bien un jour à faire cesser, c’est tout cela qui embue nos yeux ce matin.


Rouge midi n’avait pas préparé de Une spéciale comme un vautour médiatique attend la mort de sa proie pour diffuser ses mots choisis. C’est juste notre émotion que nous écrivons aujourd’hui en espérant que vienne ce « jour d’épaule nue où les gens s’aimeront »


« J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Nelson Mandela, procès de 1964.


 

Charles HOAREAU

source : rougemidi


 

[1] Dans son livre Un long chemin vers la liberté. Dans le même ouvrage il écrit « Un combattant de la liberté apprend de façon brutale que c’est l’oppresseur qui définit la nature de la lutte, et il ne reste souvent à l’opprimé d’autre recours que d’utiliser les méthodes qui reflètent celles de l’oppresseur. » (p. 203)

[2] lui préférant cette année-là le14ème dalaï lama dont chacun peut juger l’action pacifiste…


 
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 22:58

 

Intervention de Léon LANDINI

 

 

 

Débat 1

 

 

Débat 2

 

 

 

Débat 3

 

 

Débat 4

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 22:23

Léon Landini est un résistant FTP MOI, président de l’amicale des bataillons FTP-MOI Carmagnole liberté.Résistant de toujours, communiste,  il est également président du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF).Voici un entretien donné par Léon Landini à Michelle Dessenne lors des Universités d'automne 2013 du M'PEP..

 

 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 22:05

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Idéaliste assumé et Indigné convaincu, Gilles Perret a remonté le fil du programme du Conseil national de la Résistance. De ses entretiens avec Stéphane Hessel, Raymond Aubrac, François Hollande ou encore Jean-François Copé est né « Les jours heureux ». Un documentaire entre utopies d'hier et « escroquerie politique » actuelle.



Qu'est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l'histoire du Conseil national de la Résistance ? Y a-t-il eu un déclic précis ?


Cela remonte à 2004. J'étais tombé sur un appel lancé par Attac pour le soixantième anniversaire du CNR. Il était passé complètement inaperçu. Ces résistants avaient porté en eux un véritable projet de société, fait preuve d'une force humaniste et politique incroyable et on ne s'en souvenait même pas. Quelques années plus tard, je me suis retrouvé sur le plateau des Glières pour mon documentaire, « Walter, retour en résistance ». C'était en 2008. On avait fait venir Stéphane Hessel (à droite ci-dessus) et personne ne le connaissait ! J'ai trouvé profondément injuste que cette histoire, dont nous bénéficions tous les jours encore, pour la retraite, la sécurité sociale, les congés, n'ait jamais été racontée jusqu'à présent.

Il y avait une certaine urgence à recueillir une mémoire encore vivante...


Oui. La preuve en est : Raymond Aubrac et Stéphane Hessel sont décédés pendant le montage du documentaire. Ils tenaient à ce projet. Je trouve ça terrible d'être dans l'urgence pour faire un film qui aurait pu être réalisé il y a quarante ans.

Totalement en retrait pendant toute la première partie du film, vous finissez par apparaître lorsque vous abordez la question de l'actualité et de l'avenir du programme du CNR. La posture de l'Indigné chère à Stéphane Hessel ?


Je voulais faire un film pour raconter hier mais aussi pour interroger le monde d'aujourd'hui et de demain. J'assume le fait de l'avoir réalisé avec un parti pris. Si je ne fais pas partie de l'Histoire, je fais partie du présent. Et je revendique le droit d'en être aussi acteur.

Un acteur parfois malmené par les politiques qu'il interroge sur la situation économique et sociale du pays....


Certains, comme Jean-François Copé et François Bayrou se sont énervés très vite. Mais je n'ai pas l'habitude de lâcher le morceau. Surtout quand je sais que je connais très bien mon sujet. Je ne les ai pas pris en traître, je n'ai pas été irrévérencieux, je leur ai juste posé des questions d'ordre politique et fondamentales pour moi. Ce n'est pas le tout de parler de la Résistance pour faire bien dans le discours, il faut aussi être en accord avec les actes et les directives politiques.

Il n'en est donc pas un qui ait trouvé grâce à vos yeux ? Tous coupables d'« escroquerie politique », selon vos termes ?


Même si je leur ai laissé le même temps de parole, c'est sûr que quelqu'un comme Mélenchon est au-dessus du lot. Il est brillant sur la question du CNR et connaît parfaitement l'histoire. Nicolas Dupont-Aignan connaît également bien cette question.

Certains risquent de ne pas apprécier votre film, notamment François Hollande que vous tournez en dérision en ponctuant son interview par une phrase complètement anodine du genre que l'on coupe généralement au montage...


Vous trouvez ? Je ne l'ai pas fait pour me moquer de lui mais pour le montrer à hauteur d'homme. Montrer que c'est un mec sympa. Le problème, c'est que ce n'est pas ce qu'on attend de lui. On lui demande un peu plus de fermeté. Même quand j'essaie de le réveiller en lui disant qu'il pourrait être l'homme qui a laissé une trace dans l'Histoire, il me répond par une pirouette. Quand on est le président de la France on ne peut pas dire qu'on ne peut rien. Il faut bien, qu'à un moment, quelqu'un s'attaque au mal profond de la société, à la domination de l'argent sur l'être humain et le bien commun.


Certains vous reprochent d'être idéaliste et de ne pas tenir compte du fait que le contexte économique et social n'a plus rien à voir avec celui de 1943. Vous assumez là encore ?


Bien sûr. Les résistants sont les premiers à le dire : ils étaient des utopistes lorsqu'ils ont décidé de changer le monde. N'était-ce pas utopiste de vouloir donner accès à la santé à tous alors qu'ils étaient enfermés dans des cachots ? Je continue et continuerai à penser que les valeurs portées par le CNR sont intemporelles.

 

Propos recueillis par Laurence Texier

source: letelegramme.fr

5/12/2013

 

NB-Les Jours heureux en Bretagne-cliquez ici

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 21:42

Après avoir accompagné dans les salles du réseau Walter, retour en résistance et De mémoires d'ouvriers, Gilles Perret est de retour en Bretagne avec son nouveau film Les Jours Heureux. Avec son monteur Stéphane Pierrot, ils présenteront dans douze salles ce documentaire passionnant sur une utopie réalisée : celle du programme du Conseil National de la Résistance.

 

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Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ».
 

Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc.


Ce film vise à retracer le parcours de ces lois, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Raconter comment une utopie folle dans cette période sombre devint réalité à la Libération. Raconter comment ce programme est démantelé depuis, questionner la réalité sociale d’aujourd’hui, et voir comment les valeurs universelles portées par ce programme pourraient irriguer le monde demain...

Les jours heureux

Un film de Gilles Perret
France - 2013 - 1h37

Les Rencontres avec Gilles Perret

Les Rencontres avec Stéphane Pierrot, monteur du film

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:06

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Colombe de la Paix-Picasso

 

A l'heure où commencent les célébrations du centenaire de la guerre 14-18 et où une campagne visant à camoufler les causes de cette boucherie se met en place, les communistes français, dont une des matrices fut la lutte contre cette guerre impérialiste où, comme le disait Anatole France « on croit mourir pour la patrie; on meurt pour les industriels », ne manqueront pas d’intervenir dans ce qui doit devenir un débat démocratique. Il faudra en effet contrer le poison idéologique qui va se répandre dans le pays par les canaux des médias bourgeois, propriétés des grands groupes capitalistes qui sont les mêmes que ceux qui envoyèrent les Français à l’abattoir.


En ce 11 novembre 2013 nous saluons les millions de sacrifiés à l’autel du capital, les héros qui tentèrent de s’opposer à la guerre, de Jaurès aux mutins de 17, aux participants des Conférences de Zimmerwald en 1915 et de Kiental en 1916, où Lénine dénonça et la guerre impérialiste et la trahison, la faillite de la Deuxième Internationale.


Nous n’oublions pas les leçons de l’histoire! Faisons connaître la vérité et actualisons ces leçons à l’heure où de Sarkozy à Hollande, de l’UMP au PS, de Libye en Syrie et en Iran, le capitalisme et ses fondés de pouvoir de droite et de « gauche » de droite chaussent les bottes du bellicisme le plus brutal et le plus imbécile.


Oui, en ce 11 novembre nous disons: à bas la guerre ! A bas l’impérialisme !

 

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A l’époque de Lénine, la seule réponse au chauvinisme de la bourgeoisie impérialiste et au social-chauvinisme des dirigeants de la II ème Internationale fut le défaitisme révolutionnaire (« transformer la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire contre l’impérialisme »). Celui-ci est plus que jamais de saison dans nos pays où les forces de progrès doivent s’opposer au bellicisme aventuriste des Sarkozy et autre Hollande, fauteurs de guerres incessantes contre les pays arabes et africains. Mais à l’heure où la grande bourgeoisie actuelle proclame sa volonté de liquider l’Etat-nation au profit des euro-régions et de l’Europe supranationale, c’est aussi par patriotisme bien compris qu’il faut appeler à la défaite de « nos » impérialistes, ennemis principaux du peuple français dont nos grands capitalistes détruisent les institutions républicaines, les conquêtes sociales et démocratiques, et jusqu’à la langue et au territoire national historiquement constitué (« régions transfrontalières »). Pour ces gens, « l’ennemi principal est leur propre pays ». Pour nous communistes et progressistes véritables qui aimons la France et son peuple, « l’ennemi principal est dans notre propre pays » et c’est pour sauver à la fois notre peuple et les peuples qu’il écrase qu’il convient d’abattre « nos » propres maîtres qui font plus que jamais le choix de la défaisance française.

 

source: initiative-communiste.fr

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La grève qui nous sèvre!

par Floréal

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...à propos des bénéfices secondaires de la grève à Radio-France

Dans Télérama, des lecteurs branchés s’affrontent à fleurets mouchetés (comme il sied dans l’hebdo culturel de l’élite) à propos de la grève dure à Radio-France: si les uns déplorent à mots couverts que la grève les prive inhumainement de leur lot quotidien de boboïsme branché, d’autres, un peu plus à gauche, appuient mollement la grève : ne vise-t-elle pas à défendre ce cher « service public » sans lequel, de leur propre aveu, certains « Téléramistes » ne supporteraient plus le dur fardeau d’exister ?

Quant à nous, bourricots de bolcheviks obtus que nous sommes, nous soutenons sans réserves cette grève. Et cela pour de tout autres raisons que l’élite téléramiste :

  • la première raison est que la grève à Radio-France est un des trop rares exemples d’action DE CLASSE déterminée contre les effets antisociaux de l’austérité hollando-maastrichtienne (même si hélas, trop de journalistes appuient la manœuvre de diversion lancée par Fleur Pellerin pour faire de M. Gallet le bouc émissaire des décisions gouvernementales). Cette grève illimitée montre que des travailleurs peuvent encore se battre pour GAGNER et pas pour « témoigner de leurs aspirations » à l’occasion de « journées d’action » sans lendemain qui laissent d’avance le dernier mot au MEDEF et Valls-MEDEF.
  • La seconde raison est que cela fait un bien énorme au moral que de savoir que chaque jour que le Bon Dieu fait, des millions de braves gens qui se croient « de gôôôche », ne recevront pas leur injection matutinale de social-libéralisme, d’anticommunisme secondaire et d’’euro-atlantisme « humanitaire » administrée par MM. « Pat Co » et B. Guetta, ; grâce à ces irresponsables de grévistes, les intoxiqués de Patricia Clark et de ses « kids » seront frustrés de leur dose quotidienne de frenglish (dans l’émission « Come on ! » rebaptisée « Alive »). En vérité, ce SEVRAGE idéologique de masse est presque aussi salutaire que celui qu’a subi naguère notre pays tout entier quand la grève ouvrière de mai 68 eut « coupé le jus » (et le micro !) aux anticommunistes professionnels de feue l’ORTF !

Pourtant notre bonheur reste incomplet : car pendant que les euro-prédicateurs de Radio-bobo sont réduits au silence, les Radio-beaux-beaufs du privé continuent d’occuper le « temps de cerveau disponible » : entre deux pubs assourdissantes, RTL, Europe 1, RMC, ont tout loisir pour marteler leurs propos antisyndicaux, pour poursuivre leur ramdam anti-fonctionnaires et pour organiser leur promo même plus larvée du FN et de Sarkozy (cherchez la différence !). Se déverse ainsi à plein jet sur le tamtam permanent du MEDEF et de la droite contre les acquis sociaux, les « assistés » (sic) et le code-du-travail-d’où-nous-vient-tout-le-mal ;  sans oublier bien sûr  l’éloge permanent des « States », la célébration émue de la « Belle-Europe-que-v’là », la diabolisation incessante des « ennemis-de-l’Occident » (Russes, Cubains, Coréens, cocos, « islamistes », grévistes de tous poils, etc.), l’éternelle question posée à tout bout de champ par le « journaliste » de service : « mais-que-font-nos-voisins-anglo-saxons-à-ce-sujet ? », l’allégeance obsédante à Frau Merkel, le tout sur fond de bain linguistique anglo-américain…

 

Alors s’il vous plait, travailleurs des radios privés, mettez-vous vite en grève aussi : pas seulement pour soutenir vos vaillants camarades du public (ça s’appelle la solidarité de classe), mais pour faire pleuvoir sur toute la France un bienfaisant mutisme réparateur.  Vite, vite, croisez-vous les bras aussi et rendez ainsi aux citoyens le plaisir de penser par eux-mêmes. Ils auront peut-être alors – qui sait ? – l’idée de revendiquer un audiovisuel public démocratisé et véridique qui soit enfin soustrait au duopole des oligarques du privé et d’une propagande d’Etat aussi doucereuse qu’omniprésente !

Floréal, le 1er/04/2015

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Initiative Communiste n°155 (Avril 2015)

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Frédéric LORDON/France-Culturel/ 26-11-2013
Jacques SAPIR-10/12/2013 (blog)
La Guerre Sacrée

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ALR-libertaireSamedi 31 décembre 2011 de 11 h 30 à 13 h 30

Annie Lacroix-Riz , historienne, participera

à l’émission « Chroniques syndicales » 

consacrée au dossier Renault

sur Radio Libertaire

89,4 MHz FM en Ile-de- France

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